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22/07/2021

Le Motu proprio : 6. réflexions catholiques américaines

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Les sites intégristes américains explosent de haine contre le pape et la forme ordinaire du rite de la messe ! (nous avons les mêmes agités en France : ils occupent Facebook depuis la semaine dernière). Ci-dessous l’analyse de l’excellent Sean P. Winters, du National Catholic Reporter :


<<  Que nous disent les réactions à Traditionis Custodes (le motu proprio du pape François restaurant les restrictions d’avant 2007 à la célébration de la messe latine [de 1962]) sur la nécessité de ce document ? Il est important de distinguer entre ceux qui trouvaient simplement dans le vieux rite un confort par rapport à un monde changeant, ou ceux pour qui la messe traditionnelle offrait une esthétique introduisant au divin – et ceux pour qui la liturgie tridentine était une sorte d’affirmation théologique soutenant leur opposition au second concile du Vatican. Il est facile de localiser ce dernier groupe. Il a des sites internet. Ces jours derniers ils ont craché du venin, montrant involontairement combien nécessaire a été la décision du pape.

Sur le site de la Society of St. Hugh of Cluny, groupe base dans le Connecticut, Stuart Chessman déverse son mépris sur le pape. Mais les arguments de sa colère, hors de toute théologie catholique, rendent évident qu’il voit l’ancien rite comme une sorte de rempart contre l’Eglise d’après Vatican II… Il écrit : “Le vrai problème n’est pas le traditionalisme, mais les échecs évidents et catastrophiques du concile du Vatican, du Novus Ordo et de l’organisation ultramontaine de l’Eglise catholique”. Nous y voilà ! Rejet de Vatican II, et désir de retour à… quoi ?  les années 1950 ? non, elles étaient bigrement ultramontaines, comme les années 1850 ! Alors : les années 1750 ? voire 1450 ?

Sur le Fr. Z’s Blog, Fr. John Zuhlsdorf écrit que la situation des dévots du vieux rite est semblable, en pire, à celle des Noirs du Sud au temps de la ségrégation… Comparaison indécente et absurde.

Les journalistes de LifeSiteNews qualifient le document papal de “cruel et haineux”…  Mais si vous voulez du haineux, allez sur les fils de commentaires de n’importe lequel de ces sites de la “messe latine traditionnelle” : le vitriol lancé sur François dépasse tout ce que j’ai jamais vu.

Comparez cette hystérie aux réponses mesurées et réfléchies des évêques, qui auront à mettre en œuvre les nouvelles directives du pape. “Je vais, dans la prière, réfléchir sur Traditionis custodes durant les semaines qui viennent, pour m’assurer de comprendre pleinement les intentions du Saint Père et étudier soigneusement leur réalisation dans le diocèse”, a écrit le cardinal de Washington, Wilton Gregory, dans une lettre à ses prêtres : “D’ici là et dans les jours à venir, j’autorise ceux qui célèbrent la messe avec les livres liturgiques d’avant 1970 à continuer jusqu’à ce que de nouvelles normes soient établies.”

L’archevêque José Gomez, président de la conférence épiscopale, a publié un bref communiqué où il indique : “Je me réjouis du désir du Saint Père de promouvoir l’unité des catholiques qui célèbrent dans le rite romain. Tandis que ces nouvelles normes sont mises en œuvre, j’encourage mes frères évêques à travailler avec soin, patience, justice et charité, agissant ensemble pour le renouveau eucharistique dans notre nation.”

L’archevêque Bernard Hebda, de Saint-Paul Minneapolis, a déclaré : “Nous aurons besoin d’un peu de temps pour étudier les nouvelles normes, examiner la situation locale et prendre conseil…”

Ça ne sonne pas trop sévère. Les pasteurs de l’Eglise envisagent pastoralement le problème. Personne n’est jeté à la rue. Aucun blitzkrieg n’est au programme. Une de mes devises pour 2021 est cette phrase favorite du jésuite Mark Massa, directeur du Boisi Center for Religion and American Public Life au Boston College : “Le contraire de ‘catholique’ n’est pas ‘protestant’. Le contraire de ‘catholique’ est ‘sectaire’.”  Nous savons que le mot catholique veut dire universel… La prière de l’Eglise ne traverse pas seulement les frontières nationales, elle traverse les temps, puisque chaque messe nous unit au sacrifice du Christ sur la croix, à l’Eglise à travers les siècles, et à la communion des saints dans l’éternel. […]  L’amour du Christ peut naître et s’exprimer non seulement dans chaque culture mais dans chaque cœur humain. Certains cœurs préfèrent les messes folk à la façon des années 1970, certains préfèrent le chant grégorien, certains préfèrent une messe basse sans musique […] Si la forme liturgique d’avant Vatican II était devenue ce que Benoît XVI espérait, une source d’enrichissement mutuel pour les deux expressions de la même foi catholique, François n’aurait pas eu à faire en sorte de reprendre le contrôle de la célébration dans l’ancienne forme.

Je suis sincèrement navré pour ceux qui s’étaient attachés récemment à l’ancienne forme et auront plus de mal à trouver une église où il soit célébré. J’espère qu’ils vont en parler avec leurs pasteurs et voir avec eux si certaines beautés qu’ils appréciaient dans l’ancienne forme ne pourraient pas trouver une expression dans la nouvelle, et si une partie de sa musique ne pourrait pas y être adoptée.  

Mais certaines gens, comme ceux des sites cités plus haut, pensent que leurs opinions comptent plus que les enseignements d’un concile œcuménique. Ils ciblent des séminaristes, avec quelque succès, pour imprimer dans ces jeunes esprits un soupçon quant à l’orthodoxie de l’Eglise depuis Vatican II. Ces gens ne doivent qu’à eux-mêmes la tournure que viennent de prendre les événements.

En conclusion : que ce ne soit pas le temps du blâme mais celui de la croissance ! Pas une croissance en nombre de fidèles assistant à la messe chaque semaine (laissons cela aux inspirations de l’Esprit Saint), mais une croissance en charité réciproque et en renouveau de l’unité de l’Eglise… Il est temps de faire revenir la dimension catholique dans l’Eglise catholique.  >>

 

 

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Commentaires

DEUX CIBOIRES ?

https://mobile.twitter.com/CoolMichel2/status/1417793861481598976

Incroyable ! Je sais votre confrère Michel Cool bien informé. Si ce qu'il affirme est vrai, ce serait une insulte à la communion ecclésiale : deux ciboires ? N'est-ce pas la preuve que les tradis qui approuvent une telle pratique ne se sentent pas appartenir à la même Église ? Je croyais que même sous Summorum, le rite romain était unique, décliné en deux formes : pourquoi donc faire usage de deux ciboires, comme si celui de l'ex-forme ordinaire était moins légitime ?
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 22/07/2021

INDIVIDUALISME LIBÉRAL

https://www.la-croix.com/amp/1201167230?__twitter_impression=true

Encore une excellente analyse.
Les langues se délient : "Il faut aussi prendre conscience de ce que les dispositions de Benoît XVI avaient d’inouï. Pour la première fois dans l’histoire, le choix d’un rite était laissé à subjectivité des croyants, prêtres et fidèles. Paradoxalement, c’est au nom de la tradition que la modernité individualiste et libérale avait annexé un champ nouveau, selon les lois de l’offre et de la demande."
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 22/07/2021

CE SONT DES FAITS

> Quand Benoît XVI avait parlé de la part de violence qu'il y a dans l'Islam, des islamistes indignés de ces cruelles paroles, avaient... mis le feu à des églises.
Quand le pape François dit que des gens se disant "tradis" se comportent en étrangers, en taupes intégristes dans l'Église, des intégroïdes indignés parlent de "ce pape" : "notre Tradition", "ce pape est le pire ennemi l'Église"...
Je suis d'accord avec les évêques pour dire que dans les faits, l’enrichissement mutuel des deux formes n’existe pas.
Le pape a parfaitement compris que l'attrait du rite dit de saint Pie V n'est pas tant dû à ce rite en lui-même qu'au manque de dignité avec lequel est trop souvent encore célébrée la messe dans le rite dit de Paul VI.
J'observe avec tristesse que comme lors de l'affaire Vigano, un hebdomadaire familial catholique, à force de sous-entendus, n'est pas clair dans sa confiance filiale envers le Saint-Père. On va dire ça comme ça.
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Écrit par : E Levavasseur / | 24/07/2021

Une remarque

> Parmi les adversaires du motu proprio on trouve le cardinal Zen...qui est aussi un adversaire du communisme chinois !

Phil


[ PP à Phil – Et alors ? ]

réponse au commentaire

Écrit par : Phil / | 31/07/2021

à Phil :

> Parmi les adversaires du pape, on trouve les comploteurs du 'Pillar' récemment démasqués. Ces gens ne supportent pas les efforts du cardinal Parolin en vue d'une normalisation avec Pékin, dont les fruits sont un cinquième évêque récemment ordonné en Chine avec mandat pontifical et approbation des autorités chinoises. 'The Pillar' (des Chinois américains financés par quelques milliardaires cathos anti-François et cornaqués par Bannon) s'y oppose pour des raisons politiques. Mais s'intéressent-ils au bien de l'Église, à ces frères et sœurs de Chine qui vivent difficilement leur foi depuis soixante-dix ans ? Quelle alternative proposent-ils ? S'ils souhaitent renverser le Parti communiste, qu'ils regardent d'abord le documentaire d'Arte consacré à Xi Jinping : les "communistes" (qui ne le sont que de nom) sont là et le seront pour longtemps. Trouver un modus vivendi est la seule option sur la table et c'est ce que tente de faire Parolin, non sans difficulté.
Quant à Zen, qu'il regarde ce que Pékin a fait de son ancien diocèse depuis deux ans au mépris de la déclaration sino-britannique de 1984 : souhaite-t-il la mort lente du catholicisme chinois, contraint à une clandestinité de moins en moins praticable dans un pays devenu orwellien, alors que les évangéliques caracolent à cent millions de fidèles ?
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 02/08/2021

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