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09/11/2020

Droite : les fans français virtuels de Donald Trump

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Comment des internautes français (d'ultradroite) peuvent-ils répéter passionnément les punchlines d'un politicien qui combat les intérêts économiques et géopolitiques de la France ? Mon éditorial de ce lundi matin à RCF :


https://rcf.fr/.../les-fans-francais-virtuels-de-donald...

<< "Si les Ricains n’étaient pas là", comme chantait Sardou il y a cinquante ans, si les Ricains n’étaient pas là depuis la semaine dernière avec leur western présidentiel et sa prolongation jusqu’en janvier, les télévisions nous enfermeraient dans un seul sujet : le Covid et encore le Covid. Heureusement qu’il y a Trump battu par Biden, et que Trump prolonge le western ! Pour les télés, Trump est le meilleur des bons clients : il fournit des actus extravagantes, et les journalistes tiennent à lui presque autant que les millions de membres de son fan-club sur Twitter, Facebook et Instagram.

Sur ces millions de fans, il n’y a pas que des Américains... On peut le constater par exemple sur Facebook où pas mal de Français, depuis le 4 novembre, ont relayé les imprécations de Trump contre le simple fait qu’on ait pu continuer à dépouiller des bulletins de vote qui pouvaient être favorables à M. Biden : Joe l’endormi ("Sleepy Joe") comme l’appelait Trump, quand il ne l’envoyait pas à l’asile sur un fauteuil roulant, entre autres amabilités.

Mais pourquoi des Français, lus par des Français, épousent-ils avec passion la cause d’un parti étranger, et cela bien que ce parti républicain américain et son leader (comme d’ailleurs le parti démocrate et son leader) sont hostiles aux intérêts français et européens, sur des problèmes graves comme l’agro-alimentaire ou la taxation des géants du numérique ? Oui, pourquoi ? C’est une question. Je ne vois pas la réponse. Sauf peut-être celle-ci, qui n’est pas politique mais technologique : toutes ces imprécations, fake news et rumeurs toxiques naissent sur les réseaux sociaux, dans le monde du virtuel où l’on peut vitupérer à l’aveuglette loin des réalités. Est-ce qu’à force d’être rivés sur les écrans, nous ne finissons pas par nous sentir citoyens du virtuel plus que du réel, déménageant ainsi notre esprit dans une sorte de quatrième dimension internet où les pays ne comptent plus et où les fictions les plus invraisemblables (déguisées en "faits alternatifs") circulent à la vitesse de l’électronique ? Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais on peut s’interroger. >>

 

 

 

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19:33 Publié dans Trump | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : trump, droite

Commentaires

HIS LAST TRUMP

> Donald Trump est expert dans la désignation de boucs émissaires, qui est l'un des moteurs principaux des réseaux sociaux.
Il est aussi adepte d'une stratégie du chaos qui n'a pour tout objectif que d'imposer partout les règles du bizness US, qui soumet tout à la loi du plus fort et du plus riche, de plus gros actionnaire, du meilleur twitter… Et il faut le comprendre : le voilà confronté, comme principal actionnaire de la start-up Oncle-Sam, à une OPA hostile !
La contestation du vote par correspondance des tout-petits actionnaires (si encore ils twittaient) est son dernier atout, his last trump, son ultime coup de poker.
Manque de pot pour lui, Joe Biden (Joe-le-Patient), principal "acheteur" de la start-up Oncle-Sam, est quelqu'un qui a l'habitude d'endurer, c'est d'ailleurs le sens même, la racine étymologique de "Biden". Patience et longueur de temps - mais oui, mon cher Donald, recomptons les bulletins - font plus que force ni que rage…
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Écrit par : Denis / | 10/11/2020

LE DÉSORDRE NUMÉRIQUE

> Oui Patrice, votre hypothèse tient complètement la route. Les études se multiplient sur l'impact exceptionnellement nocif que les réseaux sociaux et des nouvelles technologies sur lesquelles ils s'appuient font peser sur nos sociétés démocratiques. Je renvoie au livre récent d'Olivier Babeau , 'Le nouveau désordre numérique', ou comment les nouvelles technologies font exploser les inégalités.
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Écrit par : FX Huard / | 10/11/2020

UNE MACHINE À DILATER L'EGO

> Les réseaux dits sociaux sont en réalité une machine à dilater l'ego, à transformer l'internaute en un Narcisse permanent : il suffit de jeter un œil sur Facebook ou Instagram pour se rendre compte que leurs utilisateurs n'y publient que ce qui les met le plus en valeur. Il y a quelque temps, j'entendais deux collègues évoquer cela : l'une avouait faire un complexe d'infériorité en voyant tel ou tel poster ses photos de lune de miel passée aux Maldives ou un autre pavoiser devant sa nouvelle voiture dernier cri.
Facebook dilate ce péché capital qu'est l'envie, a contrario permet difficilement d'appréhender une personne dans sa complexité, par définition faite de hauts et de bas, de réussites et d'échecs. On ne montre que le beau, que le radieux, à la manière de beaucoup d'Américains sommés de paraître sûrs d'eux et tout sourire en public même si cela ne correspond pas à leur état intérieur du moment - un Joe Biden au sourire 'Polident' en est l'exemple-type.
Nos journalistes bidenolâtres devraient réaliser que M. Trump n'a toujours pas reconnu sa défaite et qu'il peut encore se passer bien des choses avant l'élection du président dans un mois puis son investiture en janvier (seuls les grands électeurs avaient été élus la semaine dernière). Si Trump venait à l'emporter par voie judiciaire (très improbable mais pas impossible), ce serait un séisme sur le plateau de BFM.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 11/11/2020

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