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04/09/2020

“Avec le pape, des Français unissent leurs convictions pour protéger la Terre”

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Vatican News : “Une délégation de seize Français d’horizons divers, emmenés par le président de la Conférence des évêques de France et archevêque de Reims, Mgr Éric de Moulins-Beaufort [debout sur la photo], a rencontré le pape François ce jeudi 3 septembre au Vatican pour parler avec lui de la sauvegarde de la maison commune. Ils reviennent sur le contenu de cette rencontre, marquée par l’authenticité et la volonté de bâtir des ponts pour défendre la cause environnementale..." :


 

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

<<  Une actrice, un archevêque, un économiste, un jeune agriculteur du Loiret, et d’autres profils aussi différents les uns des autres, croyants ou non : à les entendre, ces seize personnalités rassemblées par un combat commun, celui pour la protection de l’environnement, ont vécu un passage à Rome marquant, et qui bien que bref, leur a permis de renforcer des liens… entre eux, avec l’Église et notamment l’évêque de Rome, et dans l’élaboration d’une réflexion jamais achevée sur l’écologie intégrale.

Arrivés jusqu’à la capitale italienne en bus et train, par souci de cohérence avec leurs convictions, ces Français ont vécu en fin de matinée le point d’orgue de leur voyage: une rencontre avec le pape François, dans la Bibliothèque du Palais Apostolique, où le Saint-Père a engagé avec eux une discussion informelle, consignant le discours qu’il avait préparé pour l’occasion.

Ce que leur a dit le pape François

Lors de la conférence qui s’est tenue suite à cette rencontre, le P. Gaël Giraud, jésuite, économiste et directeur de recherche au CNRS, a résumé en quelques points les propos du pape: d’abord un témoignage personnel de la part de François, celui d’une conversion écologique vécue «comme un chemin» à partir de la conférence d’Aparecida organisée par le Conseil épiscopal latino-américain (CELAM) en 2007; ensuite la mise en avant de la sagesse des peuples autochtones, et de leur capacité à utiliser en harmonie la tête, les mains et le cœur; le thème de l’intelligence artificielle et de ses limites, notamment concernant son incapacité à imiter ce qui vient du cœur de l’homme, sa tendresse; puis l’importance de la solidarité intergénérationnelle, à cultiver par le dialogue et la prise de conscience de ses racines personnelles; enfin la différence entre le combat politique et le combat pour la sauvegarde de la maison commune – pour le premier, les compromis sont indispensables, tandis que pour le second, ils sont inacceptables.

La profondeur des échanges, et la simplicité avec laquelle chacun a pu s’exprimer est un aspect qui a touché les invités de François. «Le pape a montré beaucoup de sagesse, d’humilité», confie le chercheur Pablo Servigne, théoricien du concept de “l’effondrement”, pour qui l’encyclique Laudato Si’, publiée il y a cinq ans, constitue un «remarquable écrit». Damien Nodé-Langlois, professeur de SVT, apiculteur, travaillant à la protection judiciaire des jeunes à Bobigny, a apprécié les propos du Saint-Père sur les racines, dont les jeunes semblent souvent déconnectés, alors qu’il est «nécessaire de savoir d’où l’on vient pour porter du fruit».

Une occasion de réconciliation

Pour Maxime de Rostolan, entrepreneur écologiste engagé depuis l’âge de 17 ans, cette rencontre, et plus largement cette expérience commune depuis le départ du sol français semblent avoir amorcé une «réconciliation avec l’Église et la religion». C’est bien là la force de l’esprit insufflé par l’encyclique Laudato Si’, dont le retentissement a largement dépassé le cadre de l’Église depuis sa parution: construire des ponts, bâtir une fraternité universelle au sein de la maison commune, révéler un visage de la foi attentionné, libre de toute querelle ou intérêt personnel, engagé dans les défis actuels tout en restant fidèle à ses convictions.  La plupart des invités restent toutefois discret sur la dimension spirituelle qu’a pu revêtir leur rencontre avec le successeur de Pierre.

«Cette expérience montre combien il est important que nous, chrétiens, rencontrions des personnes de bonne volonté», témoigne quant à lui Laurent Landete, directeur général délégué du Collège des Bernardins. «Ce qui me peine, ajoute-t-il en expliquant que le Saint-Père avait douloureusement acquiescé à sa remarque, c’est l’indifférence écologique de certains catholiques», la difficulté de faire des liens entre les «disciples missionnaires» et les disciples de Laudato Si’. Les médias ont une «responsabilité (…) pour faire avancer les chrétiens dans leur responsabilité écologique», estime-t-il.

Et après ?

«Cette rencontre était un pont, ou plutôt une perche tendue», insiste Pablo Servigne, «très touché par la volonté d’avancer ensemble» qui s’en est dégagée. Mais alors quelle sera la prochaine étape? Difficile à dire, répond Raphaël Cornu-Thénard, architecte et fondateur d’Anuncio et du congrès Mission. Chacun traduisant un peu de sa vocation propre, le père Gaël Giraud évoque une «petite retraite» pour relire ensemble l’expérience, Audrey Pulvar, adjointe à la maire de Paris Anne Hidalgo, espère voir un jour le Saint-Père se rendre dans la capitale française, tandis que Valérie Cabanès, juriste engagée pour la reconnaissance d’un “écocide”, considère que la rencontre au Vatican constitue une étape, «un geste important» dans la reconnaissance de ce crime.

Pour l’heure, le Saint-Père pourra se plonger dans la version espagnole des Dialogues avec l’ange, livre de chevet de Juliette Binoche depuis une trentaine d’années, et que l’actrice a tenu à lui offrir. Mais aussi prendre soin de l’artemisia que lui ont laissé ses hôtes – une plante d’origine chinoise utilisée avec succès pour soigner le paludisme, notamment en Afrique. Une plante à l’image de cette rencontre, «trait d’union symbolique entre le cri de la terre et le cri des pauvres», appelée à donner du fruit à son rythme propre, à rebours de celui qui met à rude épreuve notre mère la Terre.

Écoutez l’actrice Juliette Binoche revenir sur la rencontre de la délégation avec le pape François et son engagement en faveur de l’écologie : https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2020-09/pape-francois-audience-francais-ecologie-laudato-si-conference.html  >>

 

[fin de l'article de Vatican News]

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Je reviendrai sur cet événement (en particulier le diagnostic de Laurent Landete souligné ci-dessus) lundi matin dans ma chronique matinale de Radio Espérance ( à 7 h 49 ). Le texte et le son de la chronique seront publiés aussitôt par ce blog.

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Commentaires

MÉDECINE NATURELLE

> L'idée d'offrir au pape une plante médicinale en pot est excellente ; elle vient sans doute du P. Giraud (en col romain pour l'occasion !) qui souffrit du paludisme lors de son séjour au Tchad, comme il le rappela dans plusieurs de ses interventions.
La médecine par les plantes relève à l'évidence de cette sagesse que mentionne le Saint-Père dans le contexte amérindien. En France, la profession d'herboriste est interdite depuis 1941 ; déjà sous Vichy, le lobby des pharmaciens était puissant puisqu'il tua par ce biais une filière concurrente.
Aujourd'hui, grâce à internet, il est possible à chacun d'acquérir une connaissance de base en phytothérapie et en aromathérapie. À titre personnel, j'y ai bien davantage recours qu'à la pharmacopée chimique, sans évidemment dénigrer celle-ci. Face aux problèmes chroniques, les plantes sont efficaces et ont l'avantage d'être disponibles gratuitement et en quantité : tisanes d'ortie pour la prostate, de feuilles d'olivier, de romarin, d'ail pour lutter contre les infections ; huiles essentielles d'origan pour soutenir le système immunitaire, d'arbre à thé pour venir à bout des mycoses, etc.
Toute cette sagesse laissée par nos anciens à travers leur connaissance des plantes mérite d'être redécouverte ; les Chinois n'ont pas tout abandonné à l'industrie pharmaceutique puisqu'ils ont conservé leur médecine traditionnelle, dont les remèdes se fondent largement sur la phytothérapie.
Se soigner par les plantes, c'est remercier Dieu pour l'infinie diversité de la Création, c'est aussi apprécier et respecter les plantes, c'est enfin s'offrir une alternative heureuse à l'omniprésence des 'big pharma' ultralibérales et pour certaines (Bayer/Monsanto) peu respectueuses de l'environnement.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 05/09/2020

PITEUX PITTE

> http://www.larminat.fr/les2ailes/index.php?option=com_content&view=article&id=546:la-terre-est-vide&catid=19&Itemid=101
En voici, un bel exemple "d'indifférence écologique de certains catholiques".
L'académicien Jean-Robert Pitte aurait pu faire partie de la délégation française pour expliquer au pape, les yeux dans les yeux, que l'encyclique 'Laudato Si' « n’est pas assez réfléchie », qu'il n'y a pas de « tarissement des ressources disponibles », que « l'action humaine sur ces changements climatiques [n'est pas] aussi importante qu’on le dit » et « que l’encyclique du Pape manque un tout petit peu de fondement scientifique ».
M. Pitte vient de sortir un livre, 'La planète catholique' : peu probable qu'il y évoque ces questions pourtant cruciales.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 05/09/2020

RICANEMENTS

> Le bourgeois réac âgé ricane à l'idée de Binoche et Pulvar chez le pape François.
Bizarrement, il le même bourgeois ne s'était pas offusqué de voir Sarkozy emmener Bigard chez Benoît XVI, ce qui était, pour le coup, totalement dénué de raisons.
Surtout quand on se souvient que peu après, Bigard (pote à Sarko) avait tenu des propos odieux sur Benoît XVI en le dépeignant comme un gaga, qu'il n'était nullement.
Mais comme le bourgeois en question ricane aussi à l'idée que Pulvar souhaite une visite du pape à Paris, ça donne la mesure de ce qu'est devenu le catholicisme des beaux quartiers :
"Les injustes se perdront pour toujours", psaume 36 (37).
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Écrit par : Amélien Mazel / | 05/09/2020

JULIETTE ET SES LECTURES

> "Pour l’heure, le Saint-Père pourra se plonger dans la version espagnole des Dialogues avec l’ange, livre de chevet de Juliette Binoche depuis une trentaine d’années, et que l’actrice a tenu à lui offrir."
J'aime beaucoup Binoche, c'est une actrice magnifique et une femme sublime. Dans une interview ancienne, j'avais lu qu'elle était effectivement fascinée par ce livre, et, par curiosité, je me l'étais procuré dans une bibliothèque. Je l'avais lu attentivement, à l'époque, et dans mon souvenir, c'était quelque chose d'assez spécial, qui m'a inquiété. On était plus proche du discours de certaines sectes, qui me faisait penser aux livres que mon infirmière de l'époque, d'ailleurs très sympathique, m'avait prêtés, espérant me convertir. Donc, je lis aujourd'hui avec stupéfaction que notre très chère Juliette n'en démord pas ! Je dois me fier à l'impression que ce livre m'a donné lorsque je l'ai lu alors. Une impression plutôt négative, un abandon au martyre, à la souffrance physique, au sang qui jaillit des blessures, à la torture nazie, à la mort. Je crois avant tout qu'il faut se révolter contre la violence, résister autant qu'on peut. Néanmoins, j'ai compris évidemment ce qu'une actrice authentique pouvait rechercher et trouver dans un tel livre. Ce serait passionnant que Binoche nous en parle plus avant, longuement, patiemment. Je suis preneur d'une nouvelle interview d'elle là-dessus, que, peut-être, cher Patrice de Plunkett, vous pourriez mener de main de maître !
Je comprenais davantage, en fait, le choix très récent d'une autre comédienne, Astrid Veillon, préconisant dans "Match" un tout autre livre de chevet : "Le chemin le moins fréquenté" de Scott Peck, éditions Robert Laffont, 1978, disponible en livre de poche d'occasion. Le conseil d'Astrid Veillon est beaucoup moins problématique, à mon avis. Reste qu'il faudrait sans doute que je relise ces "Dialogues avec l'ange" attentivement, pour mieux comprendre de quoi il s'agit, et pour faire des progrès dans ma vie spirituelle. Je ne demande qu'à apprendre, surtout de Juliette Binoche -- dont je partage complètement les positions et le combat sur l'écologie. Pour finir, je voudrais vous signaler, vous le savez sans doute déjà, que le pape François va publier une troisième encyclique, le 3 octobre prochain, avec pour sujet la fraternité. On attend cela avec impatience.
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Écrit par : Bégand / | 05/09/2020

TRAIN ET BUS

> Belle et courageuse cohérence de faire le trajet jusqu'à Rome en train et bus
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Écrit par : Isabelle Meyer / | 05/09/2020

@ Amélien Mazel

> Réac âgé et un peu bourgeois, je ne me reconnais pas dans vos propos. Et je ne pense pas que mes pareils aient davantage apprécié le comportement de Sarkozy lors de l'audience de Benoît XVI.
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Écrit par : PF Huet / | 06/09/2020

à PF Huet

> si vous ne vous y reconnaissez pas, c'est que vous n'êtes pas aussi bourgeois-réac que vous ne le dites. Le bourgeois-réac croit (au mépris des faits) que la "défense des valeurs traditionnelles" et le culte du libéralisme économique vont ensemble. Est-ce votre cas ?
Il y a aussi, moins nombreux, des réacs "non bourgeois" qui rejettent le libéralisme parce que sa logique est le relativisme illimité, que prônaient déjà Voltaire et Mandeville à l'aube de la pensée libérale.
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Écrit par : A. Mazel / | 06/09/2020

@ A. Mazel

> C'est que nous avons trop tendance à coller des étiquettes sur les catholiques. Les autres, bien sûr, qui ne sont pas des gens bien. Aussi, j'aime bien me les attribuer moi-même, fussent-elles provocatrice.
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Écrit par : PF Huet / | 07/09/2020

à PF Huet

> Sauf que là l'étiquette n'était pas décernée à des catholiques en tant que catholiques, mais à un milieu social pour son idéologie de classe... Et si des catholiques font l'erreur de suivre cette idéologie, je ne vois pas au nom de quoi on devrait ne pas le dire. Paul ne se gênait pas pour dire leur fait aux bourgeois corinthiens.
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Écrit par : A. Mazel / | 07/09/2020

@ A. Mazel

> C'est vrai. Mais je ne suis pas saint Paul donc je reste sur une certaine réserve.
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Écrit par : PF Huet / | 09/09/2020

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