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01/03/2020

“À Dieu seul tu rendras un culte…”

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A l'heure où surgit un effarant "néo-paganisme de campus" (made in USA)

Les lectures de ce dimanche jettent (notamment) une lumière sur de nouveaux débats de société, auxquels les catholiques doivent prendre part mais avec des idées claires et des yeux ouverts :


Matthieu 4,1-11 :

<< Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : “Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi.” Alors, Jésus lui dit : “Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte.”  >>

Commentant les lectures de ce dimanche, Hans Urs von Balthasar écrit que, par la rédemption en Jésus – donc aussi son refus de rallier les puissances de la terre et leurs normes –, les hommes sont libérés de l’esclavage du péché : “ils reçoivent en don la grâce de la justice, de l’état d’enfants de Dieu, la liberté offerte par grâce de se décider pour cette justice. Et par là aussi la liberté de choisir de suivre le Christ dans le temps de pénitence du Carême.”

En termes évangéliques (sermon sur la montagne), justice veut dire “justesse” : conformité à ce que Dieu attend de nous et qui englobe toutes les exigences de la charité. Au sens qu’elle a chez saint Paul, la justification (contraire de ce mot dans son sens actuel de “se justifier”) est notre ajustement au Sauveur : “la justification par la foi en la grâce de Dieu dans le Christ, bien loin de nous dispenser de vivre dans la sainteté de Dieu, l’exige de nous et nous en rend capables” (Louis Bouyer).

Désormais le converti au Christ rejettera, de plus en plus instinctivement, la tentation de s’aligner sur les puissances du siècle et leurs normes. Y compris quand ces normes auront l’air de servir une autre idée de la justice, le mot étant cette fois pris dans son sens actuel : celui d’une “morale” et de “valeurs” qui mériteraient d’être interrogées, bien qu’elles soient devenues la doxa d’une classe dirigeante…

Ainsi – exemple parmi d’autres – ce que véhicule un certain ultra-féminisme (annexe du lobby LGBTQ+ lié à l’industrie biotech), très loin des trop réelles difficultés que subissent les femmes réelles.

 

unnamed.jpgJ’ai ainsi entendu une philosophe universitaire expliquer que Laudato Si’ n’est rien car il faudrait : 1. que l’Eglise renonce à “ses fondements monothéistes et ses dogmes”, notamment au “vieux bateau de Jésus mort et ressuscité”, ainsi qu’à “la Trinité” pour “y faire de la place au féminin” en créant des déesses ; 2. car  sans déesses il y a rupture avec “le féminin” donc avec “le monde” : ce en quoi le christianisme est coupable de tout le saccage actuel de la planète ; 3. et qu’il faudrait renouer avec l’esprit des anciens cultes de la fécondité : nécromancies, mystères d’Eleusis, culte chtonien de Dionysos etc ; l’oratrice n’a tout de même pas fait l'éloge des carnages de Tenochtitlan.

N’aboutissant qu’à un "néo-paganisme de campus" made in USA, ce fatras montre – chose déconcertante de la part de gens si péremptoires –  une ignorance du contenu de la foi chrétienne.

Mais de cette ignorance, les ménades à lunettes et le LGBTQ+ n’ont pas le monopole : elle est la marque de l’époque, et c’est en partie la faute de catholiques inaudibles parce que fourvoyés dans deux impasses : l’illusion du bunker (pour les uns) et la capitulation face à l’époque (pour d’autres).

Pour la majorité des catholiques, qui ne relèvent d’aucun de ces deux excès contraires, l’heure serait donc à un réveil. Vivre concrètement les lignes de force de Laudato Si’ et de la Lettre du pape François au peuple de Dieu : ce sera non seulement une “conversion écologique”, comme disait Jean-Paul II, mais un  recentrage évangélique, une redécouverte de la dimension cosmique de l’eucharistie (voir le livre de Ratzinger L’esprit de la liturgie) ; et une évolution profonde dans les structures de l’Eglise pour y donner une place beaucoup plus grande aux laïcs, aux femmes et à l'écoute.  D’où la nécessité d’une nouvelle Réforme catholique, même si ce terme irrite les épidermes conservateurs.

 

 Penthée massacré par les bacchantes : le rêve freudien du LGBTQ+ ?

Luigi Ademollo - Pentheus is torn apart by Bacchantes or Penteo Lacerato dall - (MeisterDrucke-230563).jpg

 

La religion aztèque aussi avait pour but de "régénérer le cosmos"...

catholiques,écologie,féminisme

...pourquoi l'éco-féminisme n'ose-t-il pas la prôner avec les autres cultes ?

 

 

Commentaires

LE SACERDOCE ET LE POUVOIR

> Aussi complètement allumée, si je comprends bien, que l'olibrius vegan qui expliquait qu'il fallait obliger les lions à devenir végétariens pour qu'ils ne mangent plus de gazelles. Je suppose qu'il avait prévu de les enfermer dans un camp de concentration… Enfin passons.
Ceux et celles qui réclament des prêtresses dans le catholicisme pour partager le pouvoir n'ont rien compris.
De nature, la femme aime rendre service, l'homme a tendance à se faire servir (même si maintenant, ce n'est plus aussi vrai, on conditionne les femmes en leur mettant dans la tête qu'elles doivent devenir prédatrices pour être l'égal des hommes). Jésus dit qu'il est venu pour servir, il dit que le plus grand parmi ses disciples sera celui qui se fait serviteur de tous. Le prêtre doit être au service de la communauté, ainsi il incite les hommes de la communauté à devenir également serviteurs. Le prêtre qui se fait servir a tourné complètement le dos à sa mission.

Bernadette


[ PP à B. – D'où l'urgence d'une Réforme catholique qui séparerait radicalement la notion de sacerdoce de la notion de pouvoir. La confusion entre les deux était un legs du XIXe siècle "contre-révolutionnaire"... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Bernadette / | 01/03/2020

LE SENS DU MOT

> Tout dépend évidemment du sens qu'on donne au mot "religion". S'il s'agit de symbolisme utilitaire ("dieux" et "déesses" servant à sacraliser des modes humaines), le polythéisme souhaité par l'écoféminisme existe déjà virtuellement : dieux-déesses de l'argent, de la consommation, de la technologie, etc. Evidemment ce n'est pas écolo du tout : mais si la première urgence est d'éradiquer la religion chrétienne, les LGBTQ+ christophobes devront faire avec l'argent, la consommation et la technologie. C'est d'ailleurs déjà ce qu'ils font en militant pour la PMA et bientôt la GPA.
Mais si par "religion" on entend désigner une autre chose que l'utilitarisme, la société d'aujourd'hui la disqualifiera d'un mot : "dogmatisme".
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Écrit par : BLC / | 01/03/2020

LE MIROIR VIDE

> https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2020/03/01/le-mythe-de-la-sorciere-ou-le-retour-au-feminin-sacre_6031417_4497916.html
Les voies du Seigneur sont impénétrables ! 'Le Monde' publiait hier cet article, témoignant d'un renouveau du Nouvel Âge soixante-huitard. Croyance adaptée à l'individualisme libéral puisque chacun crée son propre 'credo', hors de tout dogme imposé, elle est en vogue parmi des gens qui se disent "spirituels mais non religieux", comme si religion était un gros mot. Il est de bon ton de "méditer", en faisant le vide à la façon bouddhique, évidemment loin de tout cœur à cœur : comment évangéliser dans un tel contexte ?
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 02/03/2020

POLYTHÉISME ?

> Vouloir en revenir au polythéisme serait une idée amusante si ce n'était pas un très vieux lieu commun, selon lequel le christianisme aurait détruit une pacifique et poétique religion de la nature. Cette religion n'a pas plus existé que le paradis de l'american way of life. Les aspects les plus intelligents de l'ancien polythéisme survivent beaucoup mieux dans le catholicisme que dans les fantasmes LGBT.
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Écrit par : Guadet / | 02/03/2020

PASTAFARISME

> Cette dame est charmante, mais les éléments de la foi d'une religion sont rarement négociables. La foi n'est pas un produit marketing que l'on ajuste aux envies du moment d'une société, ou d'un gourou. Vouloir et exiger, du catholicisme qu'il se plie aux lubies personnelles d'un hurluberlu (fut-il une femme), n'est pas nouveau. En son temps Robespierre et bien d'autres l'ont exigés, y compris par la force.
Pour négocier les nouveaux points de sa religion "merveilleusement bonne pour l'humanité", je l'invite à aller en discuter avec les grands prêtre du Pastafarisme (voir ici https://fr.wikipedia.org/wiki/Pastafarisme pour ceux qui ne connaissent pas).
Cdt,

bergil


[ PP à Bergil – Attention : "charmante" est un terme qui sent son mâle blanc vieux phallocrate, OK boomer etc.
Par ailleurs, pour avoir vu et entendu la dame, je confirme que "charmante" ne lui plairait pas... et que ce n'est pas le terme adéquat. Elle pratique plutôt l'oeil dur et (comme on disait en 1860) le rictus sardonique. ]

réponse au commentaire

Écrit par : bergil / | 02/03/2020

CHARMES

> Oh, je crois qu'il faut en revenir au sens ancien du mot charmant : qui jette des charmes pour fasciner sa victime.
Cela conviendrait à merveille, ce me semble.
Evidemment, cela ne lui plaira pas davantage de se voir ainsi démasquée que d'être affublée d'un terme "sentant son mâle blanc etc."
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Écrit par : Bernadette / | 03/03/2020

AGRESSIVITÉ

> Parlant d'oeil dur et de rictus sardonique, j'ai eu la déconvenue de m'entretenir hier soir avec une ancienne "confrère avocat" qui, s'étant récemment fait baptiser dans une Église évangélique, m'a tenu un discours violemment anticatholique, selon lequel les catholiques ne seraient plus chrétiens, ou en tout cas ne seraient pas les "vrais chrétiens". Discussion quasiment impossible : alors que je m'obstinais à lui rappeler que les catholiques croyant au Christ, ils sont évidemment chrétiens, cette nouvelle convertie me soutenait ce qu'elle avait sans doute entendu dans l'un ou l'autre sermon, à savoir "qu'il y a les chrétiens d'un côté, et les catholiques de l'autre".
Serions-nous, catholiques, trop mous face à ce type de discours ? Je n'ai jamais entendu dans aucune église de prêche anti-protestant, et heureusement ! La réciproque n'est peut-être pas vraie, surtout chez les évangéliques plus radicaux : quelle attitude adopter face à ce qu'il faut bien appeler des préjugés en nombre et, peut-être, une dose de méchanceté ?

PV


[ PP à PV – Je ne crois pas qui'il y ait méchanceté, mais ignorance chez les simples fidèles et esprit de boutique chez les pasteurs de cette nuance-là. Qui d'ailleurs sont souvent (eux aussi) ignorants... Il y a en effet des pasteurs évangéliques bien formés en théologie et en exégèse, mais il y en a aussi – conséquence du caractère inorganique du protestantisme – qui connaissent le christianisme aussi mal que certains imams de banlieue (autoproclamés) connaissent mal la pensée musulmane... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 03/03/2020

@ PV et PP

> Point commun entre protestantisme et islam: il y a tellement de courants sans autorité commune qu'il est assez difficile de parler de LA pensée musulmane ou de LA pensée protestante.
Quand on voit les divergences qu'il y a chez nous, catholiques censés reconnaître l'enseignement de Pierre, alors chez eux....
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Écrit par : PF. Huet / | 03/03/2020

VERS PÂQUES

> "l’illusion du bunker (pour les uns) et la capitulation face à l’époque (pour d’autres)"
C'est extrêmement bien vu de mon humble avis. Mais justement pour ces raisons vos articles comme certains autres semblent des prêches dans le désert. Ce n'est pas une incitation au silence bien au contraire, mais la simple remarque qu'il nous faudra une aide un peu surnaturelle pour nous sortir de ces ornières.
J'en profite, en ces temps de Carême, pour m'acquitter d'une dette envers vous: à deux reprises vous avez par ce blog infléchi ma façon de vivre ma foi, et ce il y a déjà quelques années (je suis donc en retard). La première en constatant qu'il y avait des chrétiens qui écrivaient sur des thèmes sortant du gnangnan catholique bon teint et essayaient de réfléchir, et la deuxième en m'orientant de manière très indirecte certes sur une certaine littérature mystique. Ce qui m'a été très profitable je crois, et m'a apporté une paix trop longtemps inconnue.
Vous avez donc toute ma reconnaissance.
Que la paix du Christ soit sur vous et les vôtres.

Catho1728


[ PP à C1728 – Bonne montée vers Pâques à vous et aux vôtres. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Catho1728 / | 03/03/2020

NOS MÉNADES ET MARIE

> Aux "Ménades" actuelles qui voudraient nous gouverner, nous n'avons pas à opposer que le patriarcat. Il nous faut leur rappeler que l'Eglise est la Maison de Marie, cette maison que le successeur de Pierre et ses ouailles habitent avec elle, à la suite et pour l'Amour du Christ.
Laissons-nous gouverner par Marie, la mieux-aimante de toutes les créatures. Avec elle, sous sa protection, dans sa sainte garde, efforçons-nous de mettre au monde des saintes et des saints.
Il est vrai que nos féministes dionysiaques, nos militantes et militants de la PMA "pour toutes", voire de la GPA, qui se recrutent aussi parmi les catholiques dites "progressistes", rencontrent à cet égard un double problème :
- la sainteté, précisément, de Marie de Nazareth et du salut qu'elle nous offre de toute son âme, de tout son corps et de tout son esprit, par son "Fiat" ainsi qu'en Jésus le Christ, Notre Seigneur, dans le sacrifice de la Croix ;
- mais surtout, la référence première et dernière que font les baptisés au "Père éternel" plutôt qu'à une "Mère éternelle", et ce alors même que nos Mamans, nous le savons, sont investies de cette toute-puissance de la maternité vécue, et de la certitude absolue d'être la véritable mère qui va avec - à la différence du père…
Il faut le comprendre : nos Ménades se sentent volées quand l'enfant se détourne du sein maternel pour faire avec Papa l'apprentissage de l'autonomie et de l'altérité. La mère est définitivement "connue", le père est seulement "reconnu"… et ça suffirait à donner à celui-ci le droit de régner, ici et maintenant, et dans les siècles des siècles !?
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Écrit par : Denis / | 03/03/2020

OBLIGATOIRE ?

> https://www.lefigaro.fr/vox/societe/manuel-valls-l-antisemitisme-et-l-antisionisme-plus-que-jamais-a-combattre-20200303
Toujours dans le dossier 'Foi', juive en l'occurrence : un ancien premier ministre français estime que l'antisionisme est "plus que jamais à combattre". L'antisémitisme, évidemment, toujours et partout ! La négation du droit pour Israël d'exister en tant qu'État, également. Mais le sionisme, me semble-t-il, va plus loin : M. Valls souhaite-t-il réellement que tout citoyen français soit "sioniste" ?
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 04/03/2020

AFFLIGEANT

> Dans le genre enfantin et affligeant :
https://www.google.com/amp/s/theconversation.com/amp/la-vierge-marie-est-elle-une-deesse-de-lamour-97906
Surtout le passage sur les mauvais rapports entre Jésus et Marie
Et c'est prof un d'université !
On dirait une mauvaise dissertation de gamin de 13 ans.
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Écrit par : E Levavasseur / | 04/03/2020

BRÉSIL

> https://www.ncronline.org/news/parish/evangelicals-gain-catholics-verge-losing-majority-brazil
Un bien triste constat : le Brésil comptait 90 pour cent de catholiques il y a cinquante ans, il n'en compte plus que 51 pour cent. Effondrement massif et grand exode vers les évangéliques : "l'Église catholique a beaucoup de difficultés à demeurer présente dans la société liquide que nous connaissons aujourd'hui" alors que les évangéliques s'y adaptent fort bien. Cela vaut aussi pour l'Europe : vous aviez raison il y a dix ans, les évangéliques sont bien "à la conquête du monde".
Le catholicisme doit réformer d'urgence son modèle pastoral, sans quoi il pourrait se voir submergé par les communautés évangéliques.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 05/03/2020

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