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25/02/2020

En marge du procès Fillon : le scandale du soutien catholique à son programme anti-social (2016-2017)

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Trocadéro 2017 : le crépuscule d'un fantasme catho

Le soutien de dizaines de milliers d’électeurs catholiques à la candidature Fillon (dont le programme tournait le dos à la pensée sociale catholique) montre une pathologie intellectuelle et morale qu'il serait urgent de soigner :


Passons sur le procès Fillon qui s’ouvre demain, en rappelant tout de même que l’ex-politicien est accusé d’avoir détourné un million d’euros d’argent public : grief non encore validé par un jugement, mais qui aurait dû calmer les cathos de droite en 2016-2017 ! Ce ne fut pas le cas, comme on le vit au Trocadéro lors du mirage monté par 'Sens commun' avec une fraction des MPT (5 mars 2017)... Mettons cette cécité au compte d’une erreur invincible propre à la “vraie droite” (qui ne peut croire que 2+2 fassent 4 si c’est la gauche qui le dit) ; et regardons l’autre scandale : celui qui est avéré. Je veux parler du soutien de milliers d’électeurs catholiques – et en tant que catholiques ! – à la candidature Fillon, dont le programme tournait le dos à la pensée sociale catholique.

En février 2017, le directeur de Radio Notre-Dame tentait de m’interdire d’exprimer des réserves (à l’émission du vendredi) sur M. Fillon et son programme. Le 5 mars, le site de Famille chrétienne annonçait : “Le rassemblement pro-Fillon, organisé au Trocadéro, a dépassé les espoirs des organisateurs”…  Extrait de ce reportage :

<< Une foule plutôt âgée, avec des grappes de jeunes enthousiastes, occupe la Place et déborde vite sur les artères voisines. « C’est la Manif Pour Tous ! », s’écrie un participant. Il devient difficile de se déplacer dans cette masse humaine. « Vous êtes journaliste ? Chez qui ? Famille Chrétienne ? Alors c’est bon ! », interrogent les manifestants suspicieux, mais néanmoins volubiles sur leur adhésion au candidat de droite…>>

Le 24 avril 2017, Famille chrétienne constatait :

<<  Plus de la moitié des catholiques pratiquants réguliers (55%) ont voté pour le candidat Les Républicains au premier tour de l’élection présidentielle, dimanche 23 avril. C’est ce que révèle un sondage IFOP pour Le Pèlerin sur les votes par confession au premier tour. Emmanuel Macron arrive loin derrière le candidat de la droite avec seulement 19% des voix des catholiques pratiquants réguliers…>>

En quoi ce vote était-il aberrant de la part de catholiques ? La presse catholique ne le disait pas. Ni les grands médias, adeptes de l’irréelle équation “catholique = ultralibéral”. Seuls les lecteurs du très laïque Marianne avaient été prévenus de l’aberration, par un article du 12 février 2017 signé d’Eve Charrin :

 

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Programme du "chrétien" Fillon : Jésus était-il ultralibéral ?

<< Posons une question candide, une question de fond qui survivra aux soubresauts de la campagne présidentielle : comment le catholicisme bon teint d'une bonne part de l'élite française peut-il s'accommoder de tant d'enthousiasme pour une réforme libérale “radicale” ? Comment croire avec une égale ferveur au Christ et au marché ? Par quelles voies impénétrables concilier les valeurs de l'Evangile avec celles du Medef, la doctrine sociale de l'Eglise et le catéchisme néo-thatchérien de la dérégulation ? La contradiction reste solidement enracinée.

Rendre le marché du travail plus flexible, supprimer l'impôt sur la fortune que paient les riches pour augmenter la TVA que paient même les pauvres, réduire à peau de chagrin la fonction publique et la Sécurité sociale, le tout au nom de la sacro-sainte compétitivité des entreprises en vérité, le programme de Fillon ne paraît pas très catholique ! Car, face à la détérioration de l'environnement, face au creusement des inégalités, "il faut éviter une conception magique du marché qui fait penser que les problèmes se résoudront tout seuls par l'accroissement des bénéfices des entreprises ou des individus". Les lignes qui précèdent n'ont pas été écrites par Jean-Luc Mélenchon, mais bien par le pape François dans sa dernière encyclique Laudato Si’ publiée en juin 2015.

De fait, «le principe de la maximalisation du gain, qui tend à s'isoler de toute autre considération, est une distorsion conceptuelle de l'économie», insiste le souverain pontife, qui dénonce à l'envi "l'argent idole", ce "fumier du diable", et fustige «l'emprise absolue des finances». Des propos révolutionnaires de la part du jésuite argentin… >>

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Marianne aurait pu pousser son enquête et découvrir que les propos de François développaient une position magistérielle (constante et croissante) de l’Eglise catholique depuis Léon XIII : position actualisée, et exprimée de façon plus percutante, par le “jésuite argentin”. Alors la question est : pourquoi cette position reste-t-elle théorique ? Autrement dit : de quel droit les catholiques de la droite libérale (nombreux parmi les catholiques français) se permettent-ils de tourner le dos à la position socio-économique du Magistère – et cela en se proclamant parfois “les-catholiques-en-politique”, par un ahurissant détournement du sens des mots ?  On sait que notre blog pose souvent cette question. Et comment il y répond. L’actualité nous fait un devoir d’en parler une fois de plus : l’omertà ecclésiale a assez duré, sur ce sujet précis comme sur quelques autres.

 

 

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12:58 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : fillon, catholiques

Commentaires

FLOU

> > Dérisoire, la phrase rapportée dans l'article de 'Famille chrétienne' :
le meeting Fillon c'était "comme la Manif pour tous".
Et à la Manif pour tous, j'entendais des jeunes dire : "C'est comme le pèlerinage de Chartres".
Quand c'est flou, y a un loup.
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Écrit par : Annelise / | 25/02/2020

MILIEU

> Ce micro milieu de la petite bourgeoisie catholique que je connais bien vote par réflexe, par tropisme tel le tournesol qui cherche le soleil. Dès la naissance, c’est : « mon fils tu voteras à droite ».
Ils ne connaissent pas le magistère si ce n’est ce qui touche aux « mœurs » et encore…quant au social, alors là c’est le grande vide intersidéral… : Léon XIII ? connais pas !
Encore une fois , la pensée sociale est trop peu enseignée et diffusée dans les paroisses de ce milieu, de peur de faire fuir les ouailles : « ouh la la, notre curé est communiste, il nous parle de social !» peut être ?
L’endogamie grandissante de ce milieu n’allant pas dans le bon sens, j’ai bien peur que le titre de votre livre soit prémonitoire : Cathos, ne devenons pas une secte…
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Écrit par : Tangui / | 25/02/2020

DG ET PDG

> La filiation gaulliste, le passé séguiniste de Fillon expliquent pour une large part la méprise de 2015-2017… Quant à son programme décalqué du Medef, j'avais du mal à y croire et j'y voyais plutôt un moyen de séduire les milieux d'affaires, qui salivaient déjà devant l'offre Macron…
Le fait est que les cathos pratiquants, en France, votent à droite… Combien de DG et PDG croisez-vous, cher PP, à la messe du dimanche ?
La paroisse où je communie vote à l'évidence à droite, ce qui ne l'empêche pas de se mobiliser pour de justes causes, comme, par exemple, celle de l'installation et de l'intégration de réfugiés chrétiens irakiens (et, croyez-moi, voir et entendre une adolescente irakienne animer dans un parfait français les chants de la messe dominicale, cinq ans après son arrivée dans notre banlieue, fait plutôt chaud au cœur).
Au final, en France, la droite est gauche et la gauche maladroite, sauf exception nommée… Charles de Gaulle (si vous voyez quelqu'un d'autre, merci de m'éclairer).
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Écrit par : Denis / | 25/02/2020

LA SITUATION

> Dépourvu de toute compétence en matière d'analyse socio-politique mon commentaire se bornera à une réflexion que plus de 70 ans de vie catholique m'autorise en sachant que je suis issu du milieu "des gens qui ne sont rien".
Le vote " de droite" fut le réflexe de cette couche populaire croyante à la dissolution du MRP et en réponse aux attaques constantes de la IVe République contre l'école privée catholique.
De Gaulle rallia ses suffrages et par la suite la chose alla presque de soi d'autant plus que la querelle scolaire de 1984 (voir le dernier numéro de Codex) renforça par effet boomerang cette habitude.
La droite était alors confondue avec les défenseurs de l'école libre, donc de l'Eglise.
Depuis tous ces repères ont disparu. Demeurent un catholicisme de culture BCBG très souvent ultra-libéral, un catholicisme de circonstances (par ex les JMJ) qui s'efface rapidement, un catholicisme dit du "Renouveau charismatique" où l'on est bien entre-soi, un catholicisme d'éducation et de conviction (les plus âgés) et un catholicisme de convertis ou néo-convertis.
Quant à l'impact de tout ce petit monde il est à la mesure des efforts de chacun et non de l'institution qui aujourd'hui, au temps de la "non-discrimination", est la seule à pouvoir être ridiculisée sans vergogne et médiatiquement sans que pouvoirs publics, justice, ou associations diverses la défendent....
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Écrit par : Albert E. / | 25/02/2020

LA FAUTE ?

> Aberrant, oui, mais c'est pas la faute à Fillon, c'est pas la faute à la MPT, c'est pas la faute à Sens Commun.
C'est même pas la faute à Macron.
C'est l'application de l'ouverture des frontières et le dumping social qui en résulte qui provoquent la dégradation sociale.
Ce n'est pas moi qui le dit:
« Il n'y a plus de politique intérieure nationale »(Viviane Reding, commissaire européenne, devant l'Assemblée Nationale, 15 octobre 2012). Lire:
https://blogs.mediapart.fr/eric-jalade/blog/171012/lunion-europeenne-la-mise-sous-tutelle-des-peuples-europeens
Euh... qu'en dit l'épiscopat français ?
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Écrit par : PF. Huet / | 25/02/2020

à PF Huet

> Et tous les scandales politico-financiers crapoteux et/ou sanglants des IIIe, IVe et Ve Républiques : Panama, Hanau, Oustric, les bons de Bayonne, Félix Gouin, l'affaire des piastres, Broglie, la Garantie foncière, Urba Gracco (je m'arrête avant le traité de Maastricht) : c'était aussi la faute au supranational (et bien entendu aux évêques) ?
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Écrit par : Géronte / | 25/02/2020

NOUS SOMMES EN TRAIN DE PERDRE LA CLASSE MOYENNE

> Je n'ai pas la chance d'avoir l'expérience d'Albert E, mais je suis en train de lire un livre sur Francisque Gay. Et le jeune premier que je suis se réjouis que le catholicisme de cet homme ait existé. Je découvre que l'Eglise de France n'a pas toujours été l'aumônerie des écoles de commerce.
Au lendemain de la Manif pour tous à l'été 2013, jusque dans les milieux les plus missionnaires, certains n'hésitaient pas à dire qu'il s'agissait du retour en force du catholicisme. Sans voir que leur démarche avait quelque chose de sectaire car elle excluait de fait ceux qui ne pensaient pas comme eux ("La France qui bosse", "le mai 68 de la droite ou de l'Eglise"...). S'agissant d'une Manif "pour tous", on fait mieux (et je ne râle pas contre le fait d'avoir protesté contre la loi Taubira mais contre l'effet de cloisonnement en caste du mouvement). Aujourd'hui, les catholiques ont disparu des radars. Même la mission proprement kérygmatique en a pris un coup.
Dans l'Eglise, en France, on témoigne surtout des bienfaits de la gratitude, de l'importance de l'estime de soi et de la bienveillance.
Tant mieux,tout cela est très bien.
Sauf qu'en France, actuellement, il y a une marée humaine de pauvres qui luttent contre le rouleau-compresseur des premiers de cordée. Il y aurait de quoi se souvenir que l'Eglise prône l'option préférentielle aux pauvres. Et les catholiques sont... aux abonnés absents, ou presque. Voire carrément du côté du système. Nous avions perdu la classe ouvrière, nous sommes en train de perdre la classe moyenne.
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Écrit par : Cyril B / | 26/02/2020

PAS D'ACCORD

> Une aberration, une contradiction, un paradoxe, une incohérence, d’accord. Un scandale, non. Ce terme est trop fort et, malheureusement, nous avons déjà trop souvent l’occasion de l’employer (cf. le « triste dossier » que vous avez traité en début de semaine).

Thomas Mousset


[ PP à TM :
"Scandale" se dit de celui qui fait trébucher moralement ou spirituellement son prochain.
C'est ce que font ceux qui se déclarent "catholiques dans la cité" tout en prônant, dans la cité, des actes de gouvernement se trouvant être :
1. socialement injustes (ce qui pousse l'opinion à accuser les catholiques de connivence avec l'idole Argent),
2. contraires aux encycliques sociales (ce qui donne au catholicisme l'image d'une théorie que personne n'applique).
Le résultat est scandaleux au sens étymologique.
Il y a scandale aussi "en interne", entre catholiques, lorsque l'on voit nombre d'entre nous traiter comme quantité négligeable l'effort séculaire des papes pour ouvrir une autre voie que le capitalisme libéral ! (et que le socialisme d'Etat, mais celui-ci ne représente plus une menace nulle part ou à peu près)... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Thomas Mousset / | 26/02/2020

@ Géronte

> Les scandales que vous énumérez, je les connais comme tout le monde.
Mais ma préoccupation, c'est l'irruption du "rouleau-compresseur des premiers de cordée" (expression de Cyril B.), du libéralisme doctrinaire, en particulier chez les catholiques.
Et si on ne veut pas de ce libéralisme, il faut en refuser un des outils essentiels: le libre-échange international. Si on veut garder des salaires et une protection sociale qui tienne la route, il ne faut pas mettre notre appareil de production en concurrence avec le quasi esclavage de pays tels que le Bengladesh ou le Vietnam... Et cette situation est une conséquence directe de l'abandon de notre politique entre les mains de Bruxelles. Et, comme me l'a écrit Mgr Ribadeau-Dumas, "le projet européen fait partie depuis des décennies du discours de l'Eglise."
Je n'y peux rien c'est comme ça !
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Écrit par : PF. Huet / | 26/02/2020

EXPOSITION À St-GABRIEL (PARIS 20e, PAROISSE VERTE)

> Bonjour Patrice, j'ai le plaisir de vous inviter au vernissage de l'expo le 14 mars 11h30 à St Gabriel :

EXPO PHOTO LAUDATO SI'- "L'urgence et la beauté" -
Du 14 au 29 mars 2020
Eglise et jardin St-Gabriel - Paris xxeme
Photographies de Jacques Bihin.
Textes de Pape François, encyclique Laudato Si'.

Cette exposition, artistique et ludique, vise à sensibiliser tous les publics à la beauté de la nature et l'urgence d'en prendre soin.
Sont présentées une centaine de photographies prises sur une petite île au large de Cannes, l'île Saint-Honorat dont la beauté des rivages et la diversité de la végétation sont exceptionnelles.
Par un procédé dit stéréographique, les vues panoramiques des paysages apparaissent sous forme sphérique comme des petites planètes ou des tunnels tournés vers le ciel, nous invitant à réfléchir sur notre rapport à la nature.
L'évènement se veut un éveil "à la grandeur, l’urgence et la beauté du défi qui se présente à nous“.
Les évènements de la quinzaine : 3 conférences, des fresques du climat, 1 nocturne chants du monde... à découvrir ici http://www.saintgab.com/paroisse-verte/

J'espère vous re voir à St Gabriel le 14!

Le P. Frédéric Louzeau des Bernardins a confirmé sa présence.
Sans doute des représentants du Dorothy, CUT, Eglise Verte, CCFD, etc..


Documents en téléchargement :

Dossier de presse - L'intention de l’exposition (word) : https://www.dropbox.com/s/65c0c9q7dpcvmqr/Dossier%20de%20presse.docx?dl=0
Le programme de la quinzaine (word): https://www.dropbox.com/s/4lyb16x9xw8dhcl/Programme_Expo.docx?dl=0
Visuels de l'exposition (Affiches, extraits photos, tract ...) : https://www.dropbox.com/sh/vuv2xmet44lejoh/AAAwfLAHYs6mQsuD0wCitMToa?dl=0

Site de la paroisse St Gabriel : http://www.saintgab.com/paroisse-verte/
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Écrit par : Delepine Pierre-Benoit / | 26/02/2020

Bonjour,
Où est la surprise ? Il y a longtemps que l'Eglise catholique est aux mains de la classe dirigeante et de ses alliés des catégories socioprofessionnelles supérieures. Longtemps qu'elle a été désertée par les couches populaires. A l'église du quartier il n'y a pratiquement plus que des vieux. Au conseil paroissial de ma "grande paroisse", les laïcs sont tous chefs d'entreprise, ingénieurs, etc. à part ma camarade de l'Action Catholique Ouvrière. Pour eux, la foi catholique n'est qu'affaire de dévotion au "coeur immaculée de Marie", grandement encouragés en cela par le clergé local d'ailleurs. Tous ces coeurs purs sautent assez vite les passages de Laudato Si critiquant radicalement le droit de propriété capitaliste. Il n'en a pas été question lors de la conférence à ce sujet par un brave curé du cru lors de sa publication.
Annick

Annick L.


[ PP à AL – Ce n'est pas partout ainsi (je connais des paroisses "bourgeoises" qui ont étudié loyalement 'Laudato Si'), mais c'est ainsi en trop de lieux.
La raréfaction (quasi-disparition en beaucoup d'endroits) du catholicisme populaire est un problème de fond, dans la mesure où trop de bourgeois catholiques mettent leur doxa "libérale-conservatrice" à égalité avec le Magistère, quand ils ne la lui substituent pas. Cf ceux qui lisent le Fig-Eco dans l'église en attendant la messe de 11 h30 (j'ai vu ça)...
Comment sortir de cette impasse ?
En mettant tous les paroissiens au pied du mur, c à d en les confrontant explicitement et courtoisement à la parole socio-économique du Magistère (cf Laudato Si'), avec rappel de la directive de Jean-Paul II ('Christifideles laici') : les fidèles catholiques sont tenus de recevoir cette parole sociale "avec une docilité aimante" ! Evidemment, cette pastorale suppose un certain non-conformisme de la part du curé et des animateurs paroissiaux, etc.
Ça ruera évidemment dans les brancards, mais on verra qui marche avec l'Eglise et qui refuse de le faire. (Pour ces derniers il y a de la place dans les chapelles dissidentes chic, protégées du vulgaire, de "Bergoglio" et de Vatican II). ]

réponse au commentaire

Écrit par : Annick L. / | 27/02/2020

@ Yannick et PP

> Je partage complétement votre analyse pour la vivre de l'intérieur, une remarque, le Fig Eco est devenu "has been" pour parler globish, ils lisent l'Opinion maintenant !
Je pense aussi que le "recrutement" des clercs est de plus en plus endogène, cela ne va pas les aider à ruer dans les brancards.
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Écrit par : Tangui / | 27/02/2020

LE LITIGE

> J'ai une autre position sur Fillon, elle peut se résumer à une question :
Sur quoi revient-on le plus facilement : une erreur économique ou une erreur sociétale ?
Sur le volet économique, je suis d'accord : Fillon ne vient-il pas de déclarer qu'il aurait fait plus fort et plus vite que Macron.
Sur le volet judiciaire et sur la question de l'emploi de sa femme, parler de détournement de fond est déjà une prise de position... Faut-il rappeler qu'à la même époque plus 20% des députés employaient leur épouse. Faut-il rappeler que la mise en examen a battu tous les record de vitesse par ... un parquet qui n'avait pas pour mission de s'occuper de ce genre d'affaires. Enfin cela a débouché sur une nouvelle "loi de moralisation de la vie politique" qui ... interdit à un député d'employer sa femme mais lui laisse tout loisir d'employer sa maitresse !!!
Franz

[ PP à Franz – Le point litigieux est moins le fait que Fillon ait fait salarier sa femme, que l'absence de la moindre preuve de la réalité de ce travail. Ce que confirme apparemment l'embarras de l'intéressée, entendue lors de l'audience du 27 février...
Si emploi fictif il y a eu, au nom de quoi Fillon devrait-il échapper au sort de Juppé en 2004 (prison avec sursis et inéligibilité) ? ]

réponse au commentaire

Écrit par : franz / | 27/02/2020

@ Annick L.

> Je recommande vivement la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. C'est ce cœur qui a célébré le Dieu qui "disperse les superbes, renverse les puissants de leur trône, élève les humbles, comble de biens les affamés et renvoie les riches les mains vides."
Au contraire, il y a tout à espérer de l'Immaculée Conception pour purifier l'Eglise des souillures et compromissions qui causent tant de scandales aujourd'hui et sont un contre-témoignage pour la foi.
Même si la seule dévotion ne suffit pas.
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Écrit par : Cyril B / | 28/02/2020

à Annick :

> En vous lisant, je me demande si ce que nous vivons en France (un embourgeoisement de l'Église) n'est pas semblable à ce qui se produit en Amérique du Sud depuis vingt ans : des masses qui ne se reconnaissent plus dans une Église catholique qui, pour ses prélats en tout cas, sont trop proches des élites économiques et politiques pour être audibles dans l'annonce de la Parole de Dieu.
Ajoutons à cela la présence d'évangéliques perçus (à tort sans doute) comme plus proche du peuple : et l'on arrive à l'hémorragie qui touche le catholicisme latino-américain, hémorragie qu'a vécue en son temps le cardinal Bergoglio à Buenos Aires (qui, pour cette raison, conserve une certaine méfiance à l'égard des évangéliques). D'où son approche radicale comme archevêque et la poursuite de celle-ci à la tête de la barque de Pierre.
Prenons garde à ce que l'Église de France ne suive le même chemin : les riches dans le catholicisme, la classe moyenne dans les communautés évangéliques (voire chez les Témoins de Jéhovah). Ce serait une catastrophe au plan ecclésial.
PV


[ PP à PV – Si ce fourvoiement se confirma dans l'avenir, une partie du clergé français l'aura bien cherché.
Je pense par exemple au curé d'une très grande paroisse de la région parisienne déclarant dans une homélie l'an dernier : "...les dirigeants d'entreprise, qui ont toujours de si bonnes idées pour le bien commun..." Bien le bonjour aux périphéries ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 28/02/2020

LE PATAUD RETAILLEAU

> J'ai failli m’étouffer ce matin en écoutant un bel exemple de l'écolophobie "bête et conne" du micro milieu : Monsieur Retailleau sur RND. Cela devient dangereux d'écouter la radio le matin ! bref un beau "libéral-conservateur" comme on les aime...
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Écrit par : Tangui / | 04/03/2020

"ÉCOEURANT À TOUS ÉGARDS"

> Pour donner raison à Michel Audiard, pour qui certains "osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît", la défense du couple Fillon considère que, dans la mesure où l'Assemblée nationale n'était pas l'employeur de Penelope et des enfants Fillon, ces derniers ne lui doivent rien !
Plus d'un million d'argent public détourné par un catholique qui martèle sa foi à hue et à dia et voici sa conception du bien commun ; heureusement que l'habitué de Solesmes, dès 2007, avait annoncé à Calvi être "à la tête d'un État qui est en situation de faillite sur le plan financier, qui est depuis quinze ans en déficit chronique, qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis vingt-cinq ans. Ca ne peut pas durer" : oui, tant d'impudence ne peut plus durer de la part d'un ancien premier ministre qui, s'étant goinfré pendant des années, n'exprime pas le moindre regret ni la moindre demande d'excuses et cherche par tous moyens à ne pas rembourser cet argent indument perçu.
Écoeurant à tous égards !

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/penelope-fillon-et-la-jurisprudence-kerviel-20200309
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 10/03/2020

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