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11/01/2020

Évangéliques et politique américaine : une contagion ?

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Campagne évangélique pour le soutien inconditionnel à Donald Trump (2018)

“Fondamentalisme évangélique et intégrisme catholique, un œcuménisme surprenant” : publié dès 2017, un article de la revue jésuite Civiltà Cattolica donnait le contexte de l’idylle entre Trump le cynique et ces milieux religieux. L'article dénonçait l’influence hallucinogène des ultras protestants sur les ultras catholiques :


 

http://www.paroleetsilence.com/La-Civilta-Cattolica-une-revue-de-pont-et-de-culture_news_279.html

A. Spadaro s.j.- M. Figueroa, La Civiltà Cattolica (été 2017), extraits :

 

<<  Religion, manichéisme politique et "Apocalypse"

Le terme « fondamentalisme évangélique », que nous pouvons aujourd’hui assimiler à celui de droite évangélique ou de théoconservatisme, trouve ses origines dans les années 1910-1915. À cette époque, un millionnaire du sud de la Californie, Lyman Stewart, publia douze volumes intitulés Fundamentals. Il cherchait à répondre à la « menace » représentée par les idées modernistes de l’époque, en résumant la pensée d'auteurs dont il appréciait la doctrine. De cette manière, il illustrait la foi évangélique sous ses aspects moraux, sociaux, collectifs et individuels. Il fut apprécié par différents dirigeants politiques et notamment […] Ronald Reagan et George W. Bush.

La pensée des groupes religieux inspirés par des auteurs comme Lyman Stewart considère les États-Unis comme la nation bénie par Dieu, et n’hésite pas à fonder la croissance économique du pays sur l’adhésion littérale à la Bible. Cette pensée s’est en outre nourrie de la stigmatisation d’ennemis diabolisés de l’American way of life. Dans ce rôle se sont relayés au fil du temps : l'esprit moderniste, les droits des Noirs, le communisme, les mouvements hippies, les mouvements féministes, et ainsi de suite jusqu’à arriver, aujourd’hui, aux migrants et aux musulmans. Pour soutenir le niveau du conflit, cette exégèse biblique s'est de plus en plus orientée vers des lectures décontextualisées des textes vétéro-testamentaires sur la conquête et sur la défense de la « terre promise »,  plutôt que d’être guidée par le regard incisif et empli d’amour du Jésus des Évangiles...

Ce qui pousse au conflit n’est pas banni par cette pensée. Elle ne tient pas compte du lien entre capital, profit et ventes d’armes : dans sa vision manichéenne, les armes peuvent revêtir une justification théologique, et il ne manque pas aujourd’hui aussi de pasteurs pour chercher à cela un fondement biblique, en utilisant des passages de l’Écriture sainte comme prétextes hors contexte.

Un autre aspect intéressant des choses est la relation que ce milieu religieux (composé principalement de Blancs d’origine populaire issus du Sud profond de l’Amérique) entretient avec le créé. Il existe comme une sorte d’anesthésie vis-à-vis des désastres écologiques et des problèmes engendrés par les changements climatiques. Le « dominationisme » qu’ils professent – et qui considère les écologistes comme opposés à la foi chrétienne – plonge ses racines dans une interprétation littérale des récits de la création du livre de la Genèse : placer l’homme dans une position de « domination » sur le créé, tandis que ce dernier demeure soumis à son arbitraire, dans une « sujétion » biblique. […]

Il s’agit [aussi] de combattre les menaces qui pèsent sur les valeurs chrétiennes américaines et d'attendre la « justice imminente » d’un Armageddon : un règlement de compte final entre le Bien et le Mal, entre Dieu et Satan. Dans cette optique, tout processus (de paix, de dialogue, etc) s’évanouit devant l’urgence de la fin, de la bataille finale contre l’ennemi. Et la communauté de la foi (faith) devient communauté de la bataille (fight). Une telle lecture unidirectionnelle de textes bibliques peut conduire à anesthésier les consciences [envers] les situations les plus atroces et les plus dramatiques vécues dans le monde, ou contribuer activement à celles-ci...

R.J. Rushdoony (1916-2001) est le père du « reconstructionnisme chrétien » qui a exercé une influence importante sur la vision théopolitique du fondamentalisme. Cette doctrine alimente des organisations et des réseaux politiques comme le Council for National Policy [1]  La doctrine de Rushdoony soutient la nécessité théocratique de soumettre l’État à la Bible, dans une logique identique à celle qui inspire le fondamentalisme islamique. Au fond, la narration de terreur qui alimente l’imaginaire des djihadistes et celui des néo-croisés s’abreuve à des sources qui ne sont pas très éloignées l’une de l’autre... La théopolitique dont l’État islamique fait la propagande se fonde sur le même culte d’une apocalypse à précipiter dès que possible. […]

 

Théologie de la prospérité

Un autre phénomène marquant, à côté du manichéisme politique, est le passage du piétisme puritain originel [...] à la « théologie de la prospérité », promue par des pasteurs millionnaires et médiatiques et par des organisations missionnaires qui exercent une importante influence religieuse, sociale et politique. lls annoncent un « évangile de la prospérité » selon lequel Dieu désire que les croyants soient riches et en bonne santé […]  Le pasteur Norman Vincent Peale (1898-1993) […] a inspiré des présidents comme Richard Nixon, Ronald Reagan et Donald Trump. Il a célébré le premier mariage de l’actuel président des États-Unis et les funérailles de ses parents. C'était un prédicateur à succès : il a vendu des millions d’exemplaires de son livre La puissance de la pensée positive (1952), ouvrage rempli de phrases comme : […] « Si vous répétez ‘Dieu est avec moi, qui peut être contre moi ?’, rien ne vous arrêtera », « Imprimez dans votre esprit l’image de votre succès, et le succès arrivera », etc. De nombreux téléprédicateurs de la prospérité mélangent marketing, direction stratégique et prédication, se focalisant plus sur le succès personnel que sur le salut ou sur la vie éternelle.  […]

 

Un "oecuménisme de la haine"

S’appuyant sur les valeurs du fondamentalisme, une étrange et surprenante forme d’œcuménisme est en train de se développer entre fondamentalistes évangéliques et catholiques intégristes, rapprochés par la même volonté de voir s’exercer une influence religieuse directe dans le domaine politique. Certaines personnes se déclarant catholiques s’expriment d’une manière inconnue de leur tradition et beaucoup plus proche des tonalités évangéliques. En termes d’influence de masse électorale, ces électeurs sont qualifiés de value voters. […] La perspective la plus dangereuse de cet étrange œcuménisme est sa vision xénophobe et islamophobe, qui réclame des murs et des déportations purificatrices.  […]  L’énorme différence entre ces concepts et l’œcuménisme encouragé par le pape est évidente : organisé autour de différents référents chrétiens et membres d’autres confessions religieuses, cet oecuménisme se situe dans la perspective de l’inclusion, de la paix, de la rencontre et des ponts.

Ce phénomène d’œcuménismes opposés, avec des perceptions antagonistes de la foi, et des visions du monde où les religions jouent des rôles inconciliables, est peut-être l’aspect le plus méconnu et en même temps le plus dramatique de la diffusion du fondamentalisme intégriste. […]

 

La tentation de la "guerre spirituelle"

[…]  Confondre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel revient à asservir l’un à l’autre. Une caractéristique claire de la géopolitique du pape François consiste à ne pas offrir d’appuis théologiques au pouvoir pour s’imposer ou trouver un ennemi, interne ou externe, à combattre. Il faut fuir la tentation, transversale et "œcuménique", de projeter la divinité sur le pouvoir politique qui s’en revêtira à ses propres fins. Le pape François vide de l’intérieur la machine narrative des millénarismes sectaires,  qui prépare au « choc final [2] ». La mise en avant de la miséricorde comme attribut fondamental de Dieu exprime cette exigence radicalement chrétienne.

[…] La spiritualité ne peut se lier à des gouvernements ou à des pactes militaires, car elle est au service de tous les hommes. Les religions ne peuvent pas considérer certaines personnes comme des ennemis jurés ni d’autres comme des amis éternels. La religion ne doit pas devenir la garantie des classes dominantes… Mais c’est précisément cette dynamique (à saveur théologique illégitime) qui tente d’imposer sa propre loi et sa propre logique au domaine politique.

Ainsi les rédacteurs de Church Militant, plate-forme digitale américaine à succès, ouvertement orientée en faveur d’un ultra-conservatisme politique et utilisant les symboles chrétiens pour s’imposer ; [...] cette instrumentalisation est présentée comme « l’authentique christianisme ». […] Les élections américaines, dans cette optique, sont interprétées comme une « guerre spirituelle [3] ». […] Church Militant se demanda si la victoire de Donald Trump pouvait être attribuée à la prière des Américains : la réponse suggérée fut positive. La consigne indirecte adressée au président Trump, nouveau Constantin, était claire : il devait agir en conséquence ! Ce message très direct cherchait à conditionner la présidence en lui conférant les traits d’une élection « divine »… 

Aujourd’hui plus que jamais, il est nécessaire de dépouiller le pouvoir de cet accoutrement confessionnel : le schéma théopolitique fondamentaliste veut instaurer le règne d’une divinité ici et maintenant, et cette divinité est évidemment la projection idéale du pouvoir établi. […] Au contraire, le véritable schéma théopolitique chrétien est eschatologique, c’est-à-dire qu’il regarde vers l’avenir et qu’il cherche à orienter l’histoire présente vers le Royaume de Dieu, royaume de justice et de paix. [...]

[…] Ainsi, les racines chrétiennes des peuples ne doivent jamais être comprises de manière ethniciste. Les notions de « racines » et d’« identité » n’ont pas le même contenu pour le catholique et pour l’identitaire néo-païen. L’ethnicisme triomphaliste, arrogant et vindicatif, est même le contraire du christianisme. Le pape, le 9 mai, dans une interview accordée au quotidien français La Croix, a dit : « L’Europe, oui, a des racines chrétiennes. Le christianisme a pour devoir de les arroser : mais dans un esprit de service comme pour le lavement des pieds. Le devoir du christianisme pour l’Europe, c’est le service. » […]

 

Contre la peur

Sur quel sentiment la tentation persuasive d’une alliance illégitime entre politique et fondamentalisme religieux s’appuie-t-elle ? Sur la peur de la fracture de l’ordre établi et sur la crainte du chaos. Elle fonctionne même grâce au chaos perçu. Hausser le ton de la conflictualité, exagérer le désordre, agiter les âmes du peuple avec la projection de scénarios inquiétants, au-delà de tout réalisme, devient la stratégie politique pour le succès. La religion deviendrait alors garante de l’ordre, et une face politique en incarnerait les exigences. […]

Il convient donc de lutter contre la manipulation de cette anxiété et de cette insécurité. C’est pour cela que, de manière courageuse, le pape n’accorde aucune légitimation théologico-politique aux terroristes, en évitant toute réduction de l’islam au terrorisme islamiste. Et il ne l’accorde pas non plus à ceux qui veulent une guerre sainte ou construisent des barrières : pour le chrétien, le seul fil barbelé est celui de la couronne d’épines que le Christ porte sur la tête. >>

 

__________ 

[1] cf. la vision apocalyptique que William Strauss et Neil Howe ont théorisé dans leur ouvrage The Fourth Turning : What Cycles of History Tell Us About America’s Next Rendezvous with Destiny. Cf. également N. Howe, « Where did Steve Bannon get his worldview?  From my book », in The Washington Post, 24 février 2017.

[2] A. Aresu, « Pope Francis against the Apocalypse », in Macrogeo (www. macrogeo.global/analysis/pope-francis-against-the-apocalypse), 9 juin 2017.

[3] « Donald “Constantine” Trump ? Could Heaven be intervening directly in the election ? », in Church Militant (www.churchmilitant.com/video/ episode/vortex-donald-constantine-trump).

 

 

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Commentaires

CULTE DE LA GUERRE

> Lors de votre passage à la 'Foi prise au mot', vous aviez fait passer 'Jesus Camp' : il y était explicitement question de "guerre" : le logiciel de ces fondamentalistes évangéliques est bien éloigné des Béatitudes !
Quant à répéter en boucle "Dieu est avec moi, qui peut être contre moi ?" sans introspection préalable, sans appeler l'Esprit saint à venir habiter son cœur avec humilité, sans se considérer comme pécheur, ne pouvant par conséquent jamais se passer ni de la Parole de Dieu, ni de la grâce, comment un chrétien peut-il se montrer si péremptoire ?
Les Américains sont amenés à être "assertive" dès leur plus jeune âge, a fortiori en faculté de droit comme je l'ai constaté : qualité outre-Atlantique où l'individualisme est exacerbé. Mais face au Trois-fois-saint, qui suis-je, sinon une pauvre créature, perdue hors de la présence de son Créateur, grâce à qui prend sens la vie même ?
Instrumentaliser le Seigneur est à la portée de n'importe qui, mais ce n'est pas une démarche chrétienne. Souvenons-nous de Maurras, qui se disait catholique mais surtout pas chrétien...
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 12/01/2020

SURPRISE

> Très intéressant.
Merci.
Une question : est cela ce qu'on appelle une "surprise de l esprit " ?
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Écrit par : Roger / | 12/01/2020

AUGUSTIN FACE AUX DONATISTES

> De manière générale, il est fallacieux de transposer directement à aujourd’hui des paroles ou des faits de l’Ancien Testament. Saint Augustin offre sur ce point, face aux donatistes, des réflexions capitales: il faut toujours passer par le Christ, centre et clef de lecture de toutes les Écritures. Voir à ce sujet la thèse de doctorat du jeune Josef Ratzinger, ‘Peuple et maison de Dieu dans l’ecclésiologie de saint Augustin’, traduite en français en 2017.
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Écrit par : Jean-Marie Salamito / | 13/01/2020

SITES

> Je fréquente régulièrement plusieurs sites se prétendant antilibéraux et qui ne sont pas trop gauchistes, comme celui-ci. Je remarque que tous tournent le dos à la situation explosive que connaît la France actuellement. On ne voit qu'articles sur Trump, sur Charlie (pour ou contre), des articles contre le nationalisme, exactement comme dans les médias macronistes.
Il se passe pourtant beaucoup de choses en France, le moment est historique et de nombreux sujets devraient être abordés. Tout le monde fait comme si Macron avait déjà gagné sa guerre contre le peuple et qu'il fallait se résigner à l'asservissement.
J'excepte pourtant Aude Lancelin qui fait un très beau travail avec QG.
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Écrit par : Guadet / | 15/01/2020

FACE AUX CHARLATANS

> https://www.la-croix.com/Religion/Protestantisme/Bousculade-Tanzanie-vingt-morts-cours-dune-celebration-evangelique-2020-02-02-1201075748

On comprend pourquoi Mgr Aupetit souhaite développer dans son archidiocèse une pastorale des prières de guérison : il s'agit d'éviter l'intrusion de charlatans dans l'Église.
Charlatan, ce pasteur évangélique l'était peut-être puisque, à ma connaissance, le sacrement des malades n'existe pas dans le protestantisme qui ne connaît en outre ni "huiles saintes" ni eau bénite. Certains évangéliques se "catholiciseraient"-ils ?

PV


[ PP à PV – En Afrique, c'est plutôt la perméabilité entre les sectes néo-chrétiennes et les transes du vaudou...]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 02/02/2020

@ Philippe de Visieux

Bonsoir,
Vous écrivez :
"à ma connaissance, le sacrement des malades n'existe pas dans le protestantisme qui ne connaît en outre ni "huiles saintes" ni eau bénite. Certains évangéliques se "catholiciseraient"-ils ?"
Vous avez raison, mais les choses se sont complexifiées avec le pentecôtisme, depuis le début du XXe siècle, qui a réintroduit les huiles saintes et l'eau bénite. Comme les catholiques, ils évoquent l'épître de saint Jacques (Jacq 5, 14-15): "Si l’un de vous est malade, qu’il appelle ceux qui exercent dans l’Église la fonction d’Anciens : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade : le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés, il recevra le pardon."
Maintenant, l'usage pentecôtiste des huiles saintes et de l'eau bénite, dépourvu de signification sacramentelle, contrairement aux catholiques, et administrée par n'importe qui, ouvre la porte aux dérives, surtout dans les cultures afro-antillaises. Mais je suis témoin que certains pentecôtistes le vivent comme les catholiques reçoivent le sacrement des malades (sans toutefois le formuler ainsi).
Paradoxalement, le pentecôtisme emprunte parfois d'autres aspects du catholicisme (vêtements "liturgiques" pour certains pasteurs, croyance en la présence réelle dans la Sainte-Cène), pour appuyer son rapport exacerbé au sensuel (délaissé par le calvinisme strict).
Une de ses stars vieillissantes aux USA, Benny Hinn (par ailleurs, longtemps promoteur de la désastreuse théologie de la prospérité), a même vanté lors d'un sermon dans sa megachurch l'eucharistie catholique, en affirmant qu'elle était davantage pourvoyeuse de guérisons que les impositions de mains pentecôtistes. https://churchpop.com/2016/10/27/pentecostal-benny-hinn-says-catholics-have-more-miracles-credits-eucharist/
Bien à vous,
Pierre Jova
______

Écrit par : Pierre Jova / | 03/02/2020

à Pierre Jova :

> Merci pour ces précisions qui confirment que le protestantisme évangélique ne saurait se confondre théologiquement en tout cas avec un calvinisme strict où seuls le baptême et la sainte-cène sont reconnus comme sacrements (et où, sauf erreur de ma part, l'eau employée pour le baptême est de l'eau 'du robinet', non 'bénite').
Effectivement, la présence de 'sacramentaux' dans le protestantisme est curieuse. Pour avoir côtoyé une aumônerie protestante lorsque j'étais aux États-Unis, j'ai pu constater que si l’on priait volontiers les uns pour les autres (parfois avec imposition des mains), le terme de ‘bénédiction’ n’était jamais employé.
Les pères de la Réforme avaient souhaité éliminer tout intermédiaire entre Dieu et les fidèles en ce que, ces derniers étant prêtres, prophètes et rois, ils pouvaient se dispenser de la hiérarchie cléricale, des sacramentaux et de cinq sacrements sur sept (en limitant l’un des deux restants à la portion congrue).
Le problème, en introduisant huiles saintes et eau bénite dans le protestantisme évangélique, est qu’il n’existe pas de théologie qui leur soit associée contrairement au catholicisme (où le sacrement des malades n’est pas qu’une onction, elle s’accompagne d’une lecture de la Parole de Dieu, de prières, etc.).
Du coup, cela laisse la porte ouverte à toutes pratiques hétérodoxes voire flirtant avec le charlatanisme, sans réelle crainte de sanctions puisque « chaque pasteur protestant est son petit pape » pour reprendre Régis Burnet. Ce n’est pas l’huile sainte en tant que telle qui sauve, sans quoi elle serait magique : seule la foi en Christ conduit au salut.
______

Écrit par : Philippe de Visieux / | 05/02/2020

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