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27/11/2019

Vigano : le malfaisant se démasque

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Carlo Maria Vigano (à droite) manifestant aux côtés du cardinal Burke

En septembre 2018, son inqualifiable attaque contre le pape avait été saluée avec respect (aux USA et en France) par les médias cathos bien-pensants. En novembre 2019, l’ex-nonce Vigano ressort de l’ombre et attaque... Vatican II ! L'imprécateur n'était finalement qu'un intégriste mal-comprenant qui fait son coming-out :


Sur le site intégriste US InsidetheVatican.com, Vigano publie un texte halluciné pour accuser le pape d’apostasie et de syncrétisme. Au détour de son pamphlet, l’ex-nonce en cavale se démasque en écrivant, contre le concile Vatican II lui-même, ces lignes caractéristiques que n’auraient pas renié les défunts Marcel Lefebvre et George de Nantes (célébrités intégristes des années 1970) :

<<  The comparison between the pre-conciliar Magisterium and the new teachings of 'Nostra Aetate' and 'Dignitatis Humanae' – to mention only those – manifest a terrible discontinuity, which must be acknowledged and which must be amended as soon as possible. Adjuvant Deo ('with God's help'). >>

Traduction : « La comparaison entre le Magistère d’avant le concile et les enseignements nouveaux de ‘Nostra Aetate’ et ‘Dignitatis Humanae’ – pour ne mentionner qu’eux – manifeste une terrible discontinuité, qui doit être reconnue et doit être amendée aussi vite que possible, avec l’aide de Dieu.»

Si elle existait réellement, une “terrible discontinuité” ne pourrait être “amendée”, mais seulement annulée... Carlo Maria Vigano exige donc l’annulation du deuxième concile du Vatican, un an après avoir exigé la démission du pape.  Ces prétentions sont en elles-mêmes un symptôme de dérèglement psychique. Et surtout une ineptie ! La “terrible discontinuité” n’existe en effet que dans la vision intégriste du concile : et précisément dans la vision des plus obtus des intégristes, ce qui mène loin en matière de sous-information.

Les tradis informés savent en effet depuis 1995 qu'en théologie et en ecclésiologie, Vatican II a marqué un tournant mais non une “terrible discontinuité”. Ils le savent depuis la publication par un docteur en théologie de l’université romaine de la Sainte-Croix, dom Basile Valuet (moine du Barroux), d'une étude décisive  sur le concile et la liberté religieuse ! Publié aux éditions Sainte-Madeleine sous le titre Le droit à la liberté religieuse dans la Tradition de l’Eglise, cet ouvrage exhaustif mettait fin au faux débat intégriste, en montrant que le tournant conciliaire est en réalité “un développement doctrinal homogène”. [*]

Près de vingt-cinq ans plus tard, qui peut encore refuser ce constat ?  Les plus obtus des intégristes… et les progressistes invétérés. Les uns comme les autres tiennent à ce que Vatican II ait été une rupture. Les progressistes veulent à tout prix que depuis le concile le Christ ne soit plus “la Voie, la Vérité, la Vie”. Les intégristes trouvent plus simple de faire du concile (dont eux non plus ne savent rien) la cause de tous les maux –  le pire mal à leurs yeux étant “Bergoglio, collabo des migrants”... Car les mobiles de ces deux factions pseudo-religieuses ne sont pas théologiques : ils sont socio-politiques.

 

__________ 

[*]  L'ouvrage de dom Basile Valuet osb, présenté par l’éditeur :

<<  Le concile Vatican II, dans la fameuse déclaration Dignitatis humanæ , “déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse.[...] et que tous les hommes doivent être exempts de coercition de la part tant des individus que des groupes sociaux et de tout pouvoir humain : et ce, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit ni forcé à agir contre sa conscience, ni empêché d’agir selon sa conscience en privé comme en public, soit seul, soit associé à d’autres, à l’intérieur de justes limites ». Cet enseignement s’oppose-t-il à la pratique et à l’enseignement antérieurs de l’Église ? Selon la déclaration Dignitatis humanae elle-même, il s’agit en réalité d’un développement doctrinal homogène...  SOMMAIRE : 1. Introduction générale ; 2.Théologie positive. Le prédicat de la question. Tradition et Magistère antérieur à DH ; 3. Théologie spéculative. Le sujet de la question : la doctrine de DH sur le droit à la liberté  morale et civile en matière religieuse >>

 

 Le livre du Barroux que les intégristes n'ont pas lu

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Commentaires

MÊME FELLAY

> "Près de vingt-cinq ans plus tard, qui peut encore refuser ce constat ?"
Il me semble que même le précédent supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, Mgr Bernard Fellay, était plus ou moins prêt à se rallier à Rome en échange, cela va de soi, de l'acceptation par la fraternité du concile Vatican II. Fellay aurait refusé, moins par conviction personnelle que par souci d'éviter un schisme au sein même des lefebvristes, ce qui n'aurait rien changé en pratique à la situation existante.
Aujourd'hui, c'est un prêtre italien qui est à la tête de la FSSPX ; s'ils cherchent un évêque, il y a dans "l'Église conciliaire" un nonce en retraite qui ferait parfaitement l'affaire...
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 28/11/2019

TROIS

>Ils ont même trois prélats dont un cardinal qui sentent le fagot ! Burke, Schneider, Vigano.
Et sans doute faut-il y ajouter Müller.
Certains hauts fonctionnaires de l'Eglise ont vraiment un problème avec l'Evangile.
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Écrit par : Bernard Gui / | 28/11/2019

IDÉE FOLLE

> Cette idée folle et controuvée d'une "discontinuité" de l'enseignement de l'Eglise lors du Concile Vatican II est autant le fait d'un courant progressiste pour lequel on serait passé de l'obscurité à la lumière, que des intégristes invétérés qui y voient un désastre.
Le génial précurseur du concile Vatican II qu'était le cardinal John Henry Newman, béatifié par Benoît XVI et récemment canonisé par François, pourrait sans doute éclairer les uns et les autres tant sur la question du développement du dogme que sur celle du primat de la conscience.
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Écrit par : Michel de Guibert / | 28/11/2019

CHANT

> Rien n est plus beau que le Salve Regina.
Rien n est plus triste que le Dies irae.
Chanter le grégorien comme le préconise Sacro sanctum Concilium (1964) fait sentir la continuité historique de l Eglise.
Contrairement aux intégristes qui prétendent que Vatican II aurait interdit le grégorien (alors qu il l a confirmé au contraire comme il a maintenu accessoirement le latin).

Écrit par : Phil / | 28/11/2019

Primat de la conscience

“La RENCONTRE” Henri Tisot, Presses de la Renaissance 98
Lettre du 11 juin 1940 du cardinal Tisserant au cardinal Suhard :
“J’ai demandé avec insistance au Saint-Siège, depuis le début de décembre, de faire une encyclique sur le devoir individuel d’obéir au dictamen de la conscience, car c’est le point vital du christianisme…” ( la suite p. 277)
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Écrit par : Michel / | 29/11/2019

Primat de la conscience

> à Michel, ce texte déjà cité à bien des reprises
Citation de Newman extraite de sa 'lettre au duc de Norfolk', section 5 :
"Elle [la conscience] est la messagère de Celui qui, dans le monde de la nature comme dans celui de la grâce, nous parle à travers le voile, nous instruit et nous gouverne. La conscience est le premier de tous les vicaires du Christ."
L'extrait de citation complet dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, § 1778 : "La conscience est une loi de notre esprit, mais qui dépasse notre esprit, qui nous fait des injonctions, qui signifie responsabilité et devoir, crainte et espérance. Elle est la messagère de Celui qui, dans le monde de la nature comme dans celui de la grâce, nous parle à travers le voile, nous instruit et nous gouverne. La conscience est le premier de tous les vicaires du Christ."

La 'Lettre au Duc de Norfolk' (1875) a été éditée en 1970 par Desclée de Brouwer et rééditée par Ad Solem.
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Écrit par : Michel de Guibert | 29/11/2019

IGNARE

> Cher PP,
c'est vous qui vous démasquez : votre religion n'est pas la religion catholique mais celle de Vatican II !
Sincèrement,
X229

[ PPà tous – Bel exemple de ce qui caractérise la secte : anonymat et dialectique d'ignares. L'auteur peut avoir 18 ans ou 88 ans. Micro-climat d'un micro-milieu... ]

réponse au commentaire

Écrit par : X229 / | 01/12/2019

INQUISITEURS IGNORANTS

> Il faut toutefois reconnaître que certains prêtres non-FSSPX, donc en communion avec Rome, sont loin d'être d'ardents défenseurs du Concile.
Le 3 novembre dernier, j'ai ainsi eu la surprise d'entendre une homélie sur "le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu" (Lc 19, 10) selon laquelle il nous fallait rejeter tout ce qui est contraire aux enseignements de l'Église : le libéralisme, l'individualisme (là, ça va) et... "le modernisme". Ce prêtre est traditionaliste, ce qui n'est évidemment pas un problème, porte la soutane, ce qui n'en est pas un non plus ; ce qui l'est, c'est de raviver une certaine théologie post-Syllabus qui pouvait avoir cours sous saint Pie X, à une époque où l'on faisait réciter le serment antimoderniste, dans une opposition entre traditionalisme et modernisme.
La semaine suivante, le même prêtre axait son homélie sur la défense de la Tradition incarnée par les Pharisiens, à l'opposé les Sadducéens qui rejetaient la résurrection : les Pharisiens auraient été dans le vrai (dans le cadre de l'Évangile du jour) car eux respectaient la Tradition. Certaines nuances auraient été à mon sens nécessaires.
Il ne s'agit évidemment pas de nous faire l'avocat du modernisme, bien au contraire : saint Jean-Paul II, dans 'Fides et Ratio', l'a condamné mais il a tout autant condamné une approche qui refuserait l'ouverture proposée dans les textes conciliaires. Le prêtre en question, dans son homélie, aurait donc dû condamner le modernisme tout en condamnant l'intégrisme ou le dogmatisme ; il ne l'a pas fait.
M. S. Winters avait abordé cette question il y a quelques semaines : selon lui, le motu proprio de 2007 aurait créé un appel d'air qui ne s'est pas limité à instituer la "forme extraordinaire" (qui, en soi, ne pose aucun problème) mais, plus dangereusement, a conduit à tolérer dans l'Église une tendance traditionaliste peu favorable aux textes conciliaires. De cet appel d'air se forgerait d'année en année une fracture entre une majorité de 'conciliaires' et une minorité de prêtres acceptant avec difficulté le Concile ou certains de ses textes. Cette fracture n'est pas saine car elle affecte la communion de l'Église universelle : en toute honnêteté, le 3 novembre, je me suis senti mal à l'aise à l'écoute d'une homélie qui portait une trop lourde insinuation pour être acceptable.

PV


[ PP à PV – La caractéristique première de ce courant est l'ignorance : ils n'ont pas lu les textes du concile, mais ils les condamnent en répétant des éléments de langage datant d'Ecône 1979...
Ignorance totale aussi en ce qui concerne le monde biblique et les judaïsmes du Ier siècle : la notion de "tradition" dans le judaïsme n'a rien à voir avec celle des traditionalistes cathos (proche en fait du fixisme musulman !).
Ils sont d'ailleurs non moins étrangers à la notion de Tradition de l'ecclésiologie catholique authentique...
En être encore aujourd'hui à l'anti-modernisme de 1910 est symptomatique. Surtout si l'on se souvient que cet anti-modernisme voulait faire fermer l'Ecole biblique de Jérusalem et condamner le P. Lagrange !
Les anti-modernistes contemporains – par exemple un polygraphe connu du milieu bergogliophobe – font remonter la "subversion conciliaire" à... Pie XII, gravement coupable de complaisances modernistes (comme chacun sait) depuis l'encyclique 'Divino afflante Spiritu' sur les études bibliques ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 03/12/2019

Primat de la conscience
A Michel de Guibert

> Merci pour ces belles citations du Catéchisme et d’un de ses inspirateurs reconnus.
D’un anonyme décédé en 1905: “Ecoutez la voix de votre conscience, c’est la voix du prophète.”
______

Écrit par : Michel / | 03/12/2019

LA MISÉRICORDE DE DIEU

> ...et pour compléter ce primat de la conscience, cette parole de sagesse de ma grand-mère: "Le Bon Dieu, Il ne pense pas comme nous autres".
Autrement dit: j'ai le devoir de suivre ma conscience, où Dieu me parle oui, mais où je comprends comme je peux, à tâtons parfois, et donc en restant ouvert à l'altérité d'une vision divine elle à 360, multidimensionnelle et venant du fond impensé de nos vies, Dieu qui Seul nous connait tels que nous sommes, nous qui restons à nous-mêmes notre vie durant douloureuses énigmes. C'est pourquoi ce n'est pas notre conscience, aussi vaillante soit-elle, qui nous sauvera, mais bien la miséricorde seule qui se penche sur nos pauvres efforts.
C'est le sens profond de l'acte de foi autant que d'amour de Pierre: "Seigneur tu sais tout, tu sais bien que je t'aime". Il tire son amour pour Jésus non de son propre coeur, dont la défaillance l'a laissé à jamais brisé dans son égo, mais du Coeur même de Dieu. "Tu me connais, tu sais la faiblesse, l'impuissance, la dureté de mon coeur de pierre, contre lequel je suis mort à moi-même en te reniant, tu l'as aussi remplacé par le tien, de chair offerte pour le monde: à présent que c'est ton coeur qui bat en moi, tu sais de quel amour je t'aime."
La conscience ainsi comprise est d'abord conscience de mon indignité et ensuite du don ineffable par lequel je suis dès ici bas Fils-Fille de Dieu, appelé-e à décider souverainement. Quel grand mystère !
______

Écrit par : Anne Josnin / | 03/12/2019

TOUT

> Tout s'éclaire ici :
http://www.leconcombre.com/movies/guidenoncomp.html

Ou encore, dans la Lettre 166 de saint Augustin à saint Jérôme (4, 1) : "L'âme est également incorporelle, même s'il peut être difficile d'en persuader les mal-comprenants".
______

Écrit par : Alex / | 04/12/2019

à Patrice :

> https://www.golias-editions.fr/2011/08/09/labbe-laguerie-et-vatican-ii/

Une recherche sur internet me fit prendre connaissance de cet intéressant document sur l’abbé Laguérie et Vatican II. Ce prêtre partage avec soeur Emmanuel Maillard une bonne maîtrise de l’outil numérique : comme elle, il a sa propre chaîne Youtube et ses enseignements me sont quotidiennement proposés en marge du dernier message de la « Vierge » à Medjugorje (l’algorithme de Youtube doit donc associer KTO, Vaticannews, Laguérie et soeur Emmanuel mais... c’est une autre histoire).
Depuis 2006, l’abbé Laguérie est en pleine communion avec l’Église universelle. Ceci devrait impliquer son acceptation du magistère dans son intégralité, jusqu’au dernier concile oecuménique ; or, à propos de ce dernier, l’ancien curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet affirme sans grande surprise qu’il s’agit d’un « concile pastoral non contraignant pour la foi (sauf sur les points antérieurement définis), dont la réception authentique est encore en cours ou à venir ».
Quelle différence avec la FSSPX ? Un prêtre en pleine communion avec Rome devrait reconnaître que tous les conciles sans exception sont contraignants pour la foi. Refuser ce principe, c’est faire preuve de relativisme puisque c’est substituer une appréciation subjective à une réalité objective.
Il est probable que certains prêtres de la mouvance traditionaliste en communion avec Rome se reconnaissent dans ces propos de l’abbé Laguérie : la non-reconnaissance de l’intégralité du magistère est un problème grave, proto-schismatique, qui affecte la communion de l’Église universelle car portant sur le contenu de la foi. Avant toute réintégration de la FSSPX, il conviendrait de lever toute ambiguïté quant à la réception du concile par ses membres : prions l’Esprit saint à cette fin !

PV


[ PP à PV – Vous avez raison. Beaucoup de prétendus "ralliés" de 1988 persistent dans le mensonge consistant à dire que Vatican II n'est qu'un "concile pastoral", alors qu'il a promulgué des constitutions dogmatiques de première grandeur.
Ce mensonge disqualifie ceux qui le prolongent aujourd'hui, intoxiquant ainsi des jeunes non formés qui gobent toute cette pollution mentale.
De toute façon, il est disqualifiant d'avoir été le "curé" de St Nicolas, devenu temple de la Bêtise après la mort du discutable mais brillant Ducaud-Bourget. J'en sais quelque chose : j'y étais allé plusieurs fois (j'avais connu Ducaud-Bourget), mais quand j'ai entendu un prédicateur annoncer : "j'aurai plaisir à accueillir Jean-Paul II au Paradis - s'il se repent'"... je n'y ai plus mis les pieds. Il y a des limites à la stupidité prétentieuse. ]

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Écrit par : Philippe de Visieux / | 05/12/2019

à PV

Il y a au moins une chose juste dans ce que dit cet abbé Laguérie, c'est que la réception du concile Vatica II est encore en cours ou à venir, cela a du reste été le cas de tous les conciles à travers l'histoire, il faut souvent du temps avant une pleine réception d'un concile...

à PP

Certes, non seulement il y a deux Constitutions dogmatiques au concile Vatican II "Lumen Gentium" et "Verbum Dei", mais l'aspect pastoral du concile engage aussi, même si c'est à moindre degré, l'adhésion des fidèles...
MG

[ PP à MG – Oui, on est frappé de la faiblesse et des lacunes des connaissances ecclésiologiques (pour ne pas dire théologiques) de ces grands défenseurs de la "Tradition de toujours"... C'est d'ailleurs logique : leur formation initiale était aussi péremptoire que déficiente. Le P. François Réveilhac que j'ai bien connu avait ce mot sévère sur l'enseignement du séminaire d'Ecône à partir de sa quatrième année de fonctionnement : "Des gamins formant des gamins"...]

réponse au commentaire

Écrit par : Michel de Guibert / | 05/12/2019

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