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05/10/2019

L'événement : synode des évêques sur l'Amazonie

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Convoqué par le pape François, le synode des évêques sur l’Amazonie se tient du 6 au 27 octobre à Rome. C'est un événement catholique de grande importance à tous points de vue, comme l'explique (dans l'hebdomadaire du diocèse de Paris) l'évêque français de Cayenne, Mgr Emmanuel Lafont. Extraits :


 

►  Vous êtes l’un des évêques français à participer au synode sur l’Amazonie. Dans quel état d’esprit arrivez-vous ?

Je rends grâce au Seigneur et au pape François pour cette initiative extrêmement importante pour l’Amazonie et pour l’Église. Ce synode met la périphérie au centre de la vie de l’Église, ce qui est profondément évangélique. L’Église est ici dans son rôle humain, prophétique et spirituel. Car le monde ne sera pas en paix tant que les pauvres ne le seront pas. À Rome, je viens moi-même aux côtés d’Aïkumale Alemin, chef de village amérindien de Guyane, de l’ethnie Wayana, que j’ai eu la joie de baptiser il y a plusieurs années. Il se prépare aujourd’hui au diaconat permanent pour le diocèse de Cayenne. Vivre ce synode avec lui est spirituellement et humainement très fort. C’est sans doute la première fois qu’à ce niveau de l’Église, il y a 55 auditeurs et auditrices extérieurs, venant d’Amazonie pour la plupart. C’est pourquoi j’ai une grande confiance dans la démarche d’écoute de l’Église envers les peuples de la forêt. Ces derniers sont touchés par cette attention et ont de grandes attentes, car leur vie sociale, culturelle et économique est très difficile, et ils ont peu d’alliés...

 

►  Qu’attendez-vous de ces trois semaines d’échanges ?

[...] Dans le diocèse de Cayenne vivent 15 000 Amérindiens avec six langues différentes ; il est difficile d’atteindre leurs communautés catholiques, mais il y a des choses à faire, comme traduire la Bible dans ces langues. Nous sommes appelés à annoncer l’Évangile au sein même de leur culture, à l’image du Christ qui s’est fait proche de chaque homme par son Incarnation. Mais il n’y a pas qu’en Amazonie où l’Église catholique ne se fait pas suffisamment proche. Nous sommes tous appelés à une conversion à travers ce synode. J’espère aussi une mise en valeur de la profonde sagesse humaine et spirituelle des Amérindiens, de leur complicité avec une nature qu’ils savent respecter, qu’ils connaissent admirablement. Le rapport spirituel entre l’homme et la nature est très présent dans leur culture, et doit éclairer notre théologie de l’écologie.

 

► Le synode doit aborder la question sensible de l’ordination d’hommes mariés « mûrs » (ou 'viri probati'). Qu’en pensez-vous ?

Nous devons faire attention à ne pas analyser cette question sous notre prisme européen. Je ne pense pas que l’Église doive changer sa règle sur le célibat des prêtres. Mais, comme toute règle, il est parfois utile de l’adapter à des circonstances propres au terrain. C’est dans cet esprit là que nous allons discuter de la possibilité d’ordonner prêtres des hommes mariés : pour que des communautés ne soient pas privées de l’eucharistie durant plusieurs mois d’affilée. En Amazonie guyanaise, nous n’avons toutefois pas ce problème : les prêtres peuvent rejoindre les villages. Il ne s’agit donc pas de tout révolutionner mais plutôt de se demander : que faisons-nous pour que nos communautés vivent de la vie chrétienne dans toute sa plénitude ?  >>

 

(Extraits de Paris Notre-Dame, 3/10)

 

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Commentaires

'L'OBS'

> https://www.nouvelobs.com/societe/20191005.OBS19352/le-pape-francois-contre-les-ultras.html
Pendant ce temps, 'L'Obs' fait de la désinformation : où ont-ils vu que le pape François entendait "dialoguer avec les spiritualités indigènes" ?
Ils roulent pour Burke ?...
PV


[ PP à PV – L'idée de dialogue avec les spiritualités indigènes n'a rien d'aberrant :
c'était déjà l'intuition de Las Casas au XVIe siècle,
des jésuites en Chine au XVIIe,
et c'est clairement indiqué par le 2e concile du Vatican...

► 'Ad Gentes' § 22 :
« ...La semence, qu’est la Parole de Dieu, venant à germer dans une bonne terre arrosée de la rosée divine, y puise la sève, la transforme et l’assimile pour porter enfin un fruit abondant. Certes à l’instar de l’économie de l’Incarnation, les jeunes Églises enracinées dans le Christ et édifiées sur le fondement des Apôtres, assument pour un merveilleux échange toutes les richesses des nations qui ont été données au Christ en héritage (cf. Ps 2, 8). Elles empruntent aux coutumes et aux traditions de leurs peuples, à leur sagesse, à leur science, à leurs arts, à leurs disciplines, tout ce qui peut contribuer à confesser la gloire du Créateur, mettre en lumière la grâce du Sauveur, et ordonner comme il le faut la vie chrétienne [59].
Pour réaliser ce dessein, il est nécessaire que dans chaque grand territoire socioculturel, comme on dit, une réflexion théologique soit encouragée, par laquelle, à la lumière de la Tradition de l’Église universelle, les faits et les paroles révélés par Dieu, consignés dans les Saintes Écritures, expliqués par les Pères de l’Église et le magistère, seront soumis à un nouvel examen. Ainsi on saisira plus nettement par quelles voies la foi, compte tenu de la philosophie et de la sagesse des peuples, peut « chercher l’intelligence », et de quelles manières les coutumes, le sens de la vie, l’ordre social peuvent s’accorder avec les mœurs que fait connaître la révélation divine. Ainsi apparaîtront des voies vers une plus profonde adaptation dans toute l’étendue de la vie chrétienne. De cette manière, toute apparence de syncrétisme et de faux particularisme sera écartée, la vie chrétienne sera ajustée au génie et au caractère de chaque culture [60], les traditions particulières avec les qualités propres, éclairées par la lumière de l’Évangile, de chaque famille des peuples, seront assumées dans l’unité catholique. Enfin les nouvelles Églises particulières, enrichies de leurs traditions, auront leur place dans la communion ecclésiale, la primauté de la Chaire de Pierre, qui préside l’universelle assemblée de la charité [61], demeurant intacte.
Il faut donc souhaiter, – bien plus, il convient tout à fait –, que les conférences épiscopales, dans le cadre de chaque grand territoire socioculturel, s’unissent de telle manière qu’elles puissent, en plein accord et en mettant en commun leurs avis, poursuivre ce propos d’adaptation. »

► 'Gaudium et Spes' § 44 :
« Dès les débuts de son histoire, (l’Eglise) a appris à exprimer le message du Christ en se servant des concepts et des langues des divers peuples et, de plus, elle s’est efforcée de le mettre en valeur parla sagesse des philosophes : ceci afin d’adapter l’évangile, dans les limites convenables, et à la compréhension de tous et aux exigences des sages. A vrai dire, cette manière appropriée de proclamer la parole révélée doit demeurer la loi de toute évangélisation. C’est de cette façon, en effet, que l’on peut susciter en toute nation la possibilité d’exprimer le message chrétien selon le mode qui lui convient, et que l’on promeut en même temps un échange vivant entre l’Eglise et les diverses cultures. »

► Commentaire d'un théologien africain :
"L’universalité dont vit l’Eglise n’est donc nullement abstraite, nous l’avons dit, mais concrète et intégrative des diversités légitimes dans un nouveau principe d’unité organique : celui-là même qui provient de l’Homme nouveau. H. U. von Balthasar a dit du Christ de ce point de vue qu’il était l’Universel concret."
(Barthélemy Adoukonou, in : http://www.cultura.va/content/dam/cultura/docs/pdf/Adoukonou/Inculturation%20option%20axiale%20_2_.pdf )

...Et mon commentaire :
Quand les prélats Burke, Pell, Brandmüller etc voient de l'hérésie dans la démarche du synode, c'est un aveu de leur part : ils avouent qu'ils n'ont toujours pas accepté Vatican II.
Ils restent enfermés dans leur bunker d'abstractions. ]

réponse au coimmentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 05/10/2019

AUTORITÉ MORALE

> Devinez quelle autorité morale du Sacré-Collège vient de condamner le synode Amazonie comme "abîmant la Tradition" ?
Le cardinal George Pell, du fond de la cellule australienne où il purge une condamnation définitive pour violences sexuelles sur mineurs (commises dans une sacristie). C'est dans
'Le Monde' des 6-7/10.
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Écrit par : Bernard Gui / | 05/10/2019

PELL

> Pour ce qui est de trahir le pape en lui prêtant des idées qui ne sont pas les siennes, Pell est costumier du fait comme dirait Nadine Morano. Juste après la publication de 'Laudato Si"
il avait démoli cette encyclique au nom du dogme néolibéral, et cela dans un entretien au... 'Financial Times'.
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Écrit par : José Sarmiento / | 05/10/2019

à Patrice :

> Merci pour ces précisions. En effet, il va de soi que dans toute démarche de recherche de la Vérité, qu'elle soit aristotélicienne, bouddhique, animiste, etc., l'Esprit saint est à l'œuvre. Le dialogue avec les traditions non chrétiennes est par conséquent un chemin d'évangélisation : la Vérité est le Christ, qui se découvre peu à peu à ceux qui le cherchent avec un cœur sincère.
Si cette démarche est nécessaire, elle ne doit pas faire oublier la difficulté d'une authentique évangélisation en milieu non chrétien. La qualité des traductions employées est un aspect essentiel de l'opération car une mauvaise traduction, surtout si elle renvoie à une réalité païenne, nuit à l'évangélisation. J'en ai fait l'expérience il y a cinq ans à Taïwan lorsque, visitant la cathédrale catholique de l'Immaculée-Conception de Taïnan avec un groupe d'amis (locaux, non chrétiens), je leur ai expliqué le sens du mobilier liturgique. Un ami me signala alors que le gigantesque panneau au-dessus de l'autel, "la Sainte Mère qui est aux Cieux" (天上聖母 ou 'Tianshang Shengmu' en chinois) désigne la déesse Mazu, protectrice des marins et communément adorée dans toute la Chine méridionale sous ce nom. Bien entendu, le panneau renvoyait en l'occurrence à la Vierge Marie mais cette homonymie avait semé le doute parmi mes auditeurs, fréquents adorateurs de Mazu : j'eus droit à la conclusion trop facile "au fond, toutes les religions se valent". Le syncrétisme à la chinoise avait eu raison de ma modeste tentative.
En matière funéraire également, beaucoup de prêtres étrangers sont parfois mal à l'aise avec les rites chinois autorisés depuis Pie XII dans la liturgie : beaucoup de fidèles n'adorent pas Dieu à travers cet acte, ils rendent un culte à leurs ancêtres, comme le font tous leurs voisins et amis non chrétiens. Le vieux fond polythéiste est encore bien présent, y compris dans des familles baptisées depuis des générations.
L'évangélisation n'est pas simple et elle doit effectivement être inculturée ; il faut cependant veiller à éviter tout risque de relativisme ou de syncrétisme car ces deux écueils privent la foi chrétienne d'une partie de son contenu, en associant celle-ci à des croyances qui lui sont étrangères.

Le chœur de la cathédrale de Taïnan :
https://farm8.staticflickr.com/7360/16489387722_1e2a4a44c9_b.jpg

... et un temple dédié à la déesse Mazu :
https://c.share.photo.xuite.net/peehoho/1cdb676/12914860/653859530_m.jpg

PV



[ PP à PV :

Vous avez certainement raison de vous en inquiéter.
Mais ce problème est constant dans le christianisme depuis deux mille ans.
Par exemple : si l'Eglise a fini par rayer du sanctoral une partie des "saints bretons", c'est qu'il s'agissait de superstitions agraires non évangélisables ; en revanche elle a laissé "survivre" saint Cornély, très bizarre avatar de l'authentique saint Cornelius (pape de mars 251 à juin 253) devenu - en Bretagne - protecteur des bêtes à cornes en raison de son nom... On peut voir sa statue dans diverses églises du Morbihan, ainsi celle de Baden : elles représentent "saint Cornély" coiffé de la tiare mais flanqué d'un boeuf. A Carnac, la légende précise que Cornély poursuivi par les soldats romains, les transforma en menhirs, d'où les célèbres alignements...
– Si saint Cornély n'a pas été épuré par l'Eglise au XXe siècle, c'est que son identification avec un pape le catéchisait.
– Saint Tupetu en revanche (sulfureuse entité du Léon) fut supprimé. On comprend pourquoi en consultant les folkloristes du XIXe :
"En breton Tu-pe-tu veut dire 'd'un côté ou de l'autre'. Une fois l’an on s’y rend en pèlerinage, afin d’obtenir, par l’entremise du saint, le dénoûment fatal de toute affaire nouée : la délivrance d’un malade tenace ou d’une vache pleine ; ou, tout au moins, quelque signe de l’avenir : tel que c’est écrit là-haut. Puisque cela doit être, autant que cela soit de suite… d’un côté ou de l’autre : Tu-pe-tu. L’oracle fonctionne pendant la grand’messe : l’officiant fait faire, pour chacun, un tour à la Roulette-de-chance, grand cercle en bois fixé à la voûte et manœuvré par une longue corde que Tupetu tient lui-même dans sa main de granit. La roue, garnie de clochettes, tourne en carillonnant ; son point d’arrêt présage l’arrêt du destin : d’un côté ou de l’autre."

Dans le genre confusionnisme, Tupetu vaut Mazu...
Il a toujours fallu faire le tri dans les "inculturations" du christianisme, et il faudra toujours le faire.
Mais ça n'invalide pas la nécessité des inculturations, sans lesquelles les esprits ne sont pas évangélisés mais colonisés : ça ne dure qu'un temps et ça crée des équivoques. Entendu d'un curé camerounais : "Chez nous les paroissiens disent : il y a des curés qui parlent vrai et il y en a qui font le Blanc". ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 06/10/2019

à Patrice :

> Tout à fait : le chant grégorien, dans un latin quasiment imprononçable pour des fidèles ne parlant que le mandarin, m'a toujours paru incongru dans les messes chinoises. "Vous n'annoncez pas l'Europe, vous annoncez le Christ" disait Benoît XIV ; ceci vaut sans doute aussi maintenant dans la France déchristianisée, où l'inculturation semble également de mise dans certains territoires.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 06/10/2019

MISSION

> Les périphéries...Je crois que c'est le mot clé pour comprendre ce pontificat et sa vision du monde et de l'Eglise. Périphéries des existences humaines, soçiale, soçiétales, périphéries de l'Eglise, géographiques, économiques, enfin tout tourne toujours autour de ceux qui ne sont justement jamais au centre de l'attention dans le monde ou même dans l'Eglise.
Très instructif est aussi de regarder les dernières nominations de cardinaux du pape François, faîtes comme par hasard la veille de l'ouverture du Synode. Quasiment tous le même "profil" , périphérique si on peut dire. Engagés envers les pauvres, les migrants, les homos. Matteo Zuppi, 63 ans, archevêque de Bologne en Italie, membre de la communauté Sant'Egidio très impliquée dans l'accueil des migrants prône en outre un accueil chaleureux des fidèles homosexuels au sein de l'Eglise. Il avait écrit la préface d'un livre à succès du jésuite américain James Martin, défenseur actif des catholiques LGBT, reçu d'ailleurs en début de semaine par le pape François dans son bureau. James Martin lui même ostracisé par toute une frange du catholicisme américain dont il est question dans le livre de Nicolas Sénèze...
Le pape François lui-même a passé sa vie, non dans le sérail romain et ses scléroses conservatrices, mais dans les périphéries de Buenos Aires...loin du centralisme romain (dont paraît-il il a pû avoir à "souffrir" ou en tout cas à en mesurer les dysfonctionnements)..
Certains cardinaux de Curie devraient sortir de temps en temps prendre l'air... ça leur ferait sûrement du bien ! De voir que le mal n'est pas partout dans tout ce qui ne leur ressemble pas..
Et d'ailleurs le Christ allait aux périphéries des existences, la Galilée elle même était aux périphéries de l'empire romain.
Le pape François a une grande cohérence qui manque beaucoup dans un certain milieu catholique : il est faux à mon avis de dire qu'il change de doctrine, ou de l'opposer comme certains tentent de le faire à ses prédécesseurs, je crois que nous avons seulement un pape des périphéries, très cohérent encore une fois dans ce qu'il fait et dit, le souci des périphéries qu'il souhaite remettre au centre de l'Eglise.
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Écrit par : Marie-Do / | 06/10/2019

HELDER CAMARA

> Quel chemin parcouru depuis l'admiration de Mgr Helder Camara pour l'aménagement de l'Amazonie !
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Écrit par : PF Huet / | 07/10/2019

CHEVILLE

> A Gargilesse dans le Berry il y avait un pèlerinage à saint Greluchon (sic) dans lequel une femme qui voulait un bébé allait gratouiller une cheville plantée dans la statue du saint à un endroit stratégique.

EL


[ PP à EL - Cf aussi le culte de "saint Foutin" ici et là, ou le culte de pierres levées phalliques plus ou moins christianisées... ]

réponse au commentaire

Écrit par : E Levavasseur / | 07/10/2019

@ PP et Ph de Visieux

> « Ne faites aucune tentative, ni ne cherchez aucunement à persuader ces peuples de changer leurs coutumes, leur façon de vivre, leurs usages, quand ils ne sont pas manifestement contraires à la religion et à la morale. Il n’y a rien de plus absurde que de vouloir apporter en Chine la France, ou l’Espagne, ou l’Italie, ou quelque autre partie de l’Europe. N’apportez rien de tout cela, mais la foi. »

(Alexandre VII aux premiers vicaires apostoliques en 1659)

C'est un problème aussi en France où l'on cherche à américaniser les catholiques français sous prétexte de les moderniser.
Quelquefois aussi en voulant faire comme en Afrique : "en Afrique on danse pendant la messe".
En Afrique, oui ça leur est naturel mais ici ce serait artificiel ; on ne doit pas chercher à "avoir l'air" mais à "être".
La catholicité dans le monde, ce n'est pas Disneyland, un zoo humain où l'on se montre pour plaire à ceux qui nous voient ; on est, c'est tout.

"Chaque langue apporte un trésor sur sa terre" (Jean-Paul II)
(car chaque langue apportant des nuances que les autres n'ont pas, les langues se complètent pour parler de la Vérité)
https://pbs.twimg.com/media/DXsksstX0AAtihn?format=jpg&name=large
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Écrit par : E Levavasseur / | 08/10/2019

LÉVI-STRAUSS

> Relisant Lévi-Strauss, je réalise combien l’Amazonie représente une humanité en profonde communion avec la nature, à l’image d’Adam et d’Eve vivant dans le jardin d’Eden : en tout autochtone d’Amazonie, nous retrouvons nos origines humaines. Il y a cette émouvante phrase de ‘Tristes Tropiques’, que je me permets de reproduire ici, qui illustre combien la vision par l’anthropologue d’un couple d’indiens Nambikwara nus, dans la nuit, sous la pluie, se serrant l’un contre l’autre autour d’un modeste feu était à l’image de l’humanité toute entière, angoissée face au scandale de la mort, de la maladie, de la souffrance, d’une humanité qui, depuis ses origines et partout sur la Terre, s’interroge sur l’absurdité de son existence, mais également d’une humanité que le croyant que je suis sait sauvée par le Dieu trinitaire, dont la lumière est l’unique Espérance luisant dans la nuit de nos détresses, l’alpha et l’oméga, sens véritable de toute vie terrestre.

« Dans la savane obscure, les feux de campement brillent. Autour du foyer, seule protection contre le froid qui descend, derrière le frêle paravent de palmes et de branchages hâtivement plantés dans le sol du côté d’où on redoute le vent ou la pluie ; auprès des hottes emplies des pauvres objets qui constituent toute une richesse terrestre ; couchés à même la terre qui s’étend alentour, hantée par d’autres bandes également hostiles et craintives, les époux, étroitement enlacés, se perçoivent comme étant l’un pour l’autre le soutien, le réconfort, l’unique secours contre les difficultés quotidiennes et la mélancolie rêveuse qui, de temps à autre, envahit l’âme nambikwara. Le visiteur qui, pour la première fois, campe dans la brousse avec les Indiens, se sent pris d’angoisse et de pitié devant le spectacle de cette humanité si totalement démunie ; écrasée, semble-t-il, contre le sol d’une terre hostile par quelque implacable cataclysme ; nue, grelottante auprès des feux vacillants. Il circule à tâtons parmi les broussailles, évitant de heurter une main, un bras, un torse, dont on devine les chauds reflets à la lueur des feux. »

Claude Lévi-Strauss, ‘Tristes tropiques’, Plon, 1955, p. 345.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 09/10/2019

à Bernard Gui :

> https://www.australiantimes.co.uk/at/opinion-the-truth-about-george-pells-prison-letter/

Voici le verbatim de la lettre du cardinal Pell, avec cette phrase : « Amazonie ou pas Amazonie, dans toute région, l’Eglise ne peut tolérer de confusion, et encore moins d’enseignement contraire, conduisant à porter atteinte à la tradition apostolique. »
De sa geôle, Pell accuse le pape de bafouer la tradition en suggérant de réfléchir à l’ordination de ‘viri probati’.
Ignore-t-il que les prêtres de l’Eglise latine ont été des hommes mariés pendant onze siècles, jusqu’à la réforme grégorienne, et qu’ils continuent de l’être dans les Eglises orientales ?
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 09/10/2019

PELL

>Dans la situation où il est, que Pell ose donner des leçons de religion !
ça fait jaillir les yeux des orbites.
L'ultradroite se croit vraiment tout permis.
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Écrit par : Yvon Daumas / | 09/10/2019

INCULTURER

> https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2019-10/inculturation-evangelisation-2-eveques-d-amazonie-temoignent.html

Ce témoignage illustre la nécessité d'inculturer tout en n'acceptant que ce qui est compatible avec la foi dans le Christ : « Cela n’a pas été un grand mélange mais l’assimilation de certaines valeurs de la communauté indigène cohérentes avec les valeurs chrétiennes. Bien sûr, nous ne pouvons pas sacraliser tout ce qui est indigène mais nous ne pouvons pas non plus tout sataniser ».
Notons que les évangéliques n'ont pas tous ce souci d'inculturation : l'article précise que certains pasteurs aux méthodes "agressives" auraient "interdit aux indigènes de parler leur langue, qualifiée de « langue du diable », ou critiqué leurs peintures corporelles".
Les cardinaux Burke, Müller, Brandmüller, etc., perçoivent-ils que refuser une réforme urgente de la structure ecclésiale revient à favoriser la présence des évangéliques ?
Le problème ne se pose pas qu'en Amazonie, mais dans toute l'Amérique latine, en Afrique et en Asie : il faut voir l'évangélisation à trente ans, notamment sous l'angle du rapport de force qui existe en de nombreux endroits avec les communautés évangéliques dont certaines usent effectivement de méthodes agressives, sont peu enclines à l'œcuménisme et ne portent pas particulièrement les catholiques dans leur cœur...
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 11/10/2019

SITES

> Dans la campagne de dénigrement en cours, il circule une histoire de statuettes païennes placées dans une église, dérobées et jetées dans le Tibre, repêchées, etc... qu'en est-il ?

PFH


[ PP à PFH – Vu ce que sont les sites qui diffusent cette histoire, elle ne mérite qu'indifférence ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : PF Huet / | 26/10/2019

à PF Huet :

> https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/Le-pape-demande-pardon-statuettes-indiennes-jetees-Tibre-2019-10-25-1201056669
Le pape vient de demander pardon pour la destruction de ces objets, exposés "sans intention idolâtrique" (ce qui allait de soi, l'adoration n'étant due qu'au Dieu trinitaire).
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 26/10/2019

AUSSI

> Il y a aussi des sites sérieux qui relatent cette histoire :
https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2019-10/pape-francois-statuettes-synode-amazonie.html
Amicalement :-)
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Écrit par : Jean-Marie / | 26/10/2019

Réponse à PFH :

> Ces statuettes sont issues de la culture amazonienne, de la culture indigène. Elles donnent des boutons à ceux qui ne sont jamais sortis de leur petit monde renfermé !
Faut-il rappeler à tous ces censeurs qui voient du "paganisme" partout que Noêl est à l'origine une fête païenne, christianisée ?
Et la Toussaint que nous allons célébrer dans quelques jours ? Au VIIe siècle, l'Eglise catholique fait du Panthéon de Rome une église dédiée à Sainte-Marie des martyrs. Ainsi, au culte des divinités romaines se substitue le culte des saints catholiques.
Bon cela ne choque évidemment personne....Que ces statuettes aient une importance dans la culture indigène, et alors ? Cela les rend-il moins catholiques que d'autres ?
Il n'y a pas qu'une unique manière d'être catholique, il doit y avoir une unité, DANS LA DIVERSITÉ, dans les différentes cultures, les différentes identités. Ces censeurs ne voient le catholicisme que par le petit bout de la lorgnette, un prisme traditionaliste européen. Catholicisme= universel....
Voilà ce qu'avait dit au début du synode le pape François:
« J’ai été très peiné, hier, d’entendre un commentaire moqueur sur cet homme pieux qui apportait les offrandes avec des plumes sur la tête. Je me suis dit : quelle différence y a-t-il entre porter des plumes sur la tête et la barrette utilisée par certains officiels de nos dicastères ? »
C'est le pape qui a raison. Tout le reste est écoeurant de bêtise, de sentiment de suffisance et d'intolérance.
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Écrit par : Marie-Do / | 26/10/2019

@ Marie-Do

> La date de Noël, à quelques jours près, a été fixée dans l'antiquité et confirmée au XXe siècle à partir des tours de service du groupe de prêtres auquel appartenait Zacharie. (Analyse des registres du Temple retrouvés à Qumran).
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Écrit par : PF. Huet / | 26/10/2019

RACISME CULTUREL

> L'épisode des statuettes est conséquence logique des ritournelles à la mode sur les réseaux des "vrais catholiques de toujours", par exemple celles qui rappellent en boucle l'horreur des sacrifices humains chez les Incas,(nous c'était pour l'or hier, le pétrole aujourd'hui, rien à voir of course).
Or ces vrais catholiques de toujours montrent une tendresse émue envers les groupes néo-païens de tradition indo-européenne (par exemple le groupe Les Brigandes) qui en appellent aux elfes et autres esprits de la nature.
Ne nous y trompons pas: il ne s'agit donc pas de lutte contre les paganismes, encore moins de défense du catholicisme, mais d'idolâtrie d'un mythe: celui d'un Occident suprême, dont le catholicisme n'est qu'un moment, Occident aujourd'hui menacé par le grand remplacement sous la pression démographique de ces sauvages de l'hémisphère Sud, et par le relativisme de notre époque dont l'Eglise Françoisienne serait un suppôt.
Bref, pour faire simple: c'est du pur racisme culturel.
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Écrit par : Anne Josnin / | 27/10/2019

à Marie-Do :

> Parmi les Douze, aucun ne portait de barrette. La foi est indifférente à toutes ces marques extérieures.
Dans un autre registre, il fut un temps où certains en France se sentaient supérieurs à leurs peuples colonisés, c'était le cas de Jules Ferry ; le Tigre eut à ce propos une belle réplique que nous pourrions méditer et adapter à cette navrante affaire des statues - aux yeux du Père, en effet, nous sommes tous égaux en dignité :
« Races supérieures ! Races inférieures ! C’est bientôt dit. Pour ma part, j’en rabats singulièrement depuis que j’ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Français est d’une race inférieure à l’Allemand. Depuis ce temps, je l’avoue, j’y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou civilisation inférieure ! »
Georges Clemenceau (30 juillet 1885)
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 27/10/2019

ANNEAUX

> Cela est fort bien dit concernant les prétendues races supérieures et inférieures.
Montaigne déjà, disait quelque chose comme : de ce côté-ci de l'océan, on se met des anneaux de métal aux oreilles, on est civilisé, de l'autre côté de l'océan on se met un anneau dans le nez, ce sont des sauvages. (toutes mes excuses pour l'approximation de la citation).
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Écrit par : Bernadette / | 28/10/2019

Réponse à PFH :

> Ces statuettes sont issues de la culture amazonienne, de la culture indigène. Elles donnent des boutons à ceux qui ne sont jamais sortis de leur petit monde renfermé !
Faut-il rappeler à tous ces censeurs qui voient du "paganisme" partout que Noêl est à l'origine une fête paienne, christianisée ? Et la Toussaint que nous allons célébrer dans quelques jours ? Au VIIe siècle, l'Eglise catholique fait du Panthéon de Rome une église dédiée à Sainte-Marie des martyrs. Ainsi, au culte des divinités romaines se substitue le culte des saints catholiques.
Bon cela ne choque évidemment personne....Que ces statuettes aient une importance dans la culture indigène, et alors ? Cela les rend-ils moins catholiques que d'autres ? Il n'y a pas qu'une unique manière d'être catholique, il doit y avoir une unité, DANS LA DIVERSITÉ, dans les différentes cultures, les différentes identités. Ces censeurs ne voient le catholicisme que par le petit bout de la lorgnette, un prisme traditionaliste européen. Catholicisme= universel....
Voilà ce qu'avait dit au début du synode le pape François:
« J’ai été très peiné, hier, d’entendre un commentaire moqueur sur cet homme pieux qui apportait les offrandes avec des plumes sur la tête. Je me suis dit : quelle différence y a-t-il entre porter des plumes sur la tête et la barrette utilisée par certains officiels de nos dicastères ? »
C'est le pape qui a raison. Tout le reste est écoeurant de bêtise, de sentiment de suffisance et d'intolérance.
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Écrit par : Marie-Do / | 31/10/2019

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