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17/09/2019

Un livre à étudier dans les paroisses (3)

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Revisiter les notions d’amour, de liberté – et le rôle de la famille chrétienne en tension avec une société “mondialisée, technocratisée et démocratisée”... Notre troisième aperçu (cf. notes précédentes) des pistes ouvertes par le président de la CEF :


Poursuivant son tour d’horizon des nouvelles tâches chrétiennes, Mgr de Moulins-Beaufort   applique sa méthode de relecture aux notions actuellement dominantes que l’on oppose couramment au catholicisme. Par exemple la version contemporaine de la liberté, qui manque son but et n’accouche que d’un rêve technoïde de maîtrise sans limite : jusqu’à l’artificialisation de la reproduction humaine et à l’utopie transhumaniste… Mais l’appel à un absolu de liberté est autrement plus exigeant et demande d’autres réponses ; pourquoi pas la réponse chrétienne, “l’intensité formidable de la vie de Dieu” : la vie éternelle dès ici et maintenant ? L’enjeu sera, pour le chrétien, de parvenir à en témoigner par sa vie et à en “donner les raisons” à qui voudra les connaître (1ère lettre de Pierre) : apostolat qui n’a rien à voir avec les crampes identitaires.

La version contemporaine de l’amour ouvre aussi des perspectives. Sans doute elle se confond aujourd’hui avec le ressenti – donc l’éphémère – et ne saurait rien fonder de durable. À quoi serviront les chrétiens dans ce contexte ? À montrer que le Christ, par le sacrement, donne la force de vivre la vie de couple comme une aventure longue, donc insolite dans la société actuelle :  “les baptisés savent que cette aventure vaut la peine d’être vécue jusqu’au bout parce que chacun est promis à la résurrection”, souligne le président de la CEF. Les désillusions et les déceptions de l’existence (fatales aux mariages fondés sur le ressenti éphémère) se traversent et se transcendent si le Christ vient “renouveler et purifier” le lien affectif. De même, la relation au Christ donne à l’égalité femme-homme un sens autre que le ressentiment d’un genre envers l’autre…

Mgr de Moulins-Beaufort répond de façon roborative au malaise des croyants devant une époque perçue comme hostile. Pourquoi, par exemple, cette hostilité de notre société envers ce que l’on appelait ‘la famille’ ? Si aujourd’hui le législateur satisfait “toutes les demandes relativisant la cellule familiale”, et si les changements de majorité politique n’amènent aucun correctif, c’est qu’une logique est à l’œuvre : celle du système économique qui “sape les fondements” de la structure familiale parce que le type de relations qu’elle créait (devoirs, gratitudes, solidarités) échappait à la rationalisation collective. Face à cela, les familles animées par la foi chrétienne montrent qu’il est “bon de dépendre des autres” : témoignage de solidarité insolite à l’ère des affrontements concurrentiels généralisés…

Je termine ces quelques échantillons d’un livre particulièrement fertile, par trois citations de son introduction qui donnent la perspective de l’ensemble :

“Une vue théologique de l’histoire ne peut en rester à regarder la course du temps comme une décadence qui s’accélère, ni à analyser le choix des civilisations comme un rejet croissant de leurs sources chrétiennes… [L’histoire] est bien plutôt le lieu de la rencontre entre le mouvement des hommes et la Parole que Dieu leur adresse...”

“L’Eglise, et l’humanité avec elle, n’est pas tant à la fin d’un cycle qu’au début d’un cycle nouveau…”

“Un pari est à faire – qui est un acte de foi : Dieu oblige les fidèles du Christ à vivre ce qu’ils résistent à vivre lorsqu’ils sont dans l’abondance.”

 

 

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Commentaires

VATICAN NEWS

> Mgr de Moulins-Beaufort sur le débat français de bioéthique: https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2019-09/france-projet-loi-bioethique-conference-eveques-de-france-debat.html
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Écrit par : Raphaël R. / | 17/09/2019

PROUE

> Cela fait plusieurs années que l'on entend dire que l'Eglise de France n'a pas (ou n'a plus) de tête de proue : peut-être l'avons-nous trouvée dans le nouveau président de la conférence épiscopale.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 18/09/2019

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