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25/08/2019

Idées kitsch : nos passéistes ressortent le Péril Rouge

rouge.jpg

Pour contredire les catholiques sociaux, on exhume des abracadabra conceptuels et des consignes datant des années 1950 :


Le pape ayant dit qu’une Eglise engagée dans le concret – au risque de recevoir des coups – valait mieux qu’une Eglise de prétendus “purs” derrière leurs théorèmes, les tenants de la seconde attitude cherchaient une riposte.

Ils l’ont trouvée : dans les pseudo-concepts cartilagineux du néo-thomisme 1900, qui est à la dynamique de Thomas d’Aquin ce que Barbedienne (1810-1892) fut à Michel-Ange.

À l’aide de ce système, ils démontrent que soutenir les victimes socio-économiques ferait de nous les dupes d’un “marxisme” toujours en embuscade… Et ils décrivent, avec une précision maniaque, le catholique social tombant dans ce piège rouge : danger numéro 1 (comme on sait) pour le paroissien d'aujourd’hui.

621pssst1.jpgC’est une chimère. Comment la crée-t-on ?  À coups de sophismes, par celarent et baralipton comme les logiciens de Molière. En voici quelques-uns, entendus en divers lieux au printemps dernier :

il serait peccamineux, voire hétérodoxe, d’accuser des structures socio-économiques : car ce serait “nier le péché personnel des hommes” [1]

reconnaître qu’il y a des profiteurs et des laissés-pour-compte, ce serait “dialectiser la société” en “supprimant des nuances” et en mettant “le bien dans un camp et le mal dans l’autre”

se placer aux côtés des opprimés face aux oppresseurs, ce serait “créer une logique binaire pour nous forcer à choisir un camp”

au Salvador en 1980, saint Oscar Romero a dû choisir le camp des opprimés face aux massacreurs de l’oligarchie ? sans doute, mais prendre exemple sur lui ne serait admissible qu’à condition de savoir "faire le choix inverse, si la situation était inverse”…

[Ce dernier sophisme montre à quel point les idéologues anti-François sont coupés du monde réel. Dans celui-ci on ne voit jamais la situation “inverse” : les petits paysans pauvres n’oppriment les grands propriétaires terriens que dans les discours surréalistes du président Bolsonaro.]

Comble de factice, ce dernier sophisme, entendu lui aussi de mes propre oreilles :

“À l’époque des théologies de la libération, tout était politisé à partir des sciences sociales et selon une grille marxiste. Aujourd’hui tout est politisé par la dialectique du Genre, qui remplace la lutte des classes par la lutte des femmes contre les hommes. Et c’est toujours la politique marxiste…”

Ce sophisme-là appelle deux commentaires, par ordre d’importance :

1. Peut-être que des post-marxistes zombis ont laissé tomber le prolétariat pour suivre désormais les activistes des “minorités”... Mais ces derniers s'inspirent de sources pour le moins étrangères à Marx. Et surtout, les “nouvelles mœurs” (p. ex. la vogue imposée du transsexualisme) ont pour vrai moteur, non le marxisme, mais l’industrie biotechnologique ; et pour espace sociétal l’hyper-individualisme issu du système néolibéral ! Nier cela est esquiver la réalité : c'est ce que font – comme par hasard – les théoriciens conservateurs.

2. Médiatiquement obsédantes, les “nouvelles mœurs” sont substituées au politique comme pour l’empêcher de parler d’autre chose, de se réveiller et de faire à nouveau contrepoids aux pouvoirs économiques et financiers. Que les “nouvelles mœurs” soient dites aujourd'hui “sujet politique” ne se comprend que dans cette perspective d’invasion-substitution... Il y a donc naïveté, ou rouerie, à prétendre que l’invasion de la scène publique par le Genre soit “un retour de la politique” (et d’une politique “marxiste”) !

Ainsi la riposte des immobilistes à l’enseignement du pape pèche, à la fois, par facticité des arguments et archaïsme des références. Exhumer en 2019 l’épouvantail rouge est un aveu de faiblesse d’esprit, et peut-être aussi d’autre chose : s’il s’agit de se garder “purs” de tout compagnonnage extérieur, c’était aussi l’obsession des pharisiens d'il y a deux mille ans – et ce n’est pas trop catholique.

__________

[1]  Ce qu’ont pourtant fait les quatre derniers papes !

[2] La notion théologique de “structures de péché” montre pourtant que des ensembles de décisions humaines finissent par se cristalliser en structures qui prennent ensuite l’ascendant sur quiconque dépend d’elles. Remarquable acquis de la théologie morale, cette notion apporte un élément décisif à la critique chrétienne de l'idéologue libérale. Elle contribue aussi à débarrasser le catholicisme français de sa déviance individualiste bourgeoise héritée du XIXe siècle.

 

 

 

Entendu : "N'utilisez même pas les mots suspects !"

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19:24 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (35) | Tags : social, sociétal

Commentaires

Ne me demandez pas les noms ni les circonstances ! Je ne les donnerai pas, par égard pour d'autres qui se trouveraient impliqués alors qu'ils ne sont pas responsables.
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Écrit par : PP / | 25/08/2019

LE CARDINAL SARAH

> Patrice, j'ai une très mauvaise nouvelle pour les personnes que vous évoquez. Je suis en train de lire 'Le soir approche et déjà le jour baisse' du cardinal Sarah . Sur les questions économiques et sociales, il dit exactement les mêmes choses que le pape François (que, par ailleurs, il cite abondamment dans son livre).
Pour tout dire, j'ai l'impression que cet homme n'a rien à voir avec l'image de prélat "cléricalo-conservateur de salon" qu'on a parfois de lui. Devenir évêque à 34 ans, succédant à un homme mort sous la torture dans les geôles de Sékou Touré, ça doit vite vous forger un caractère..
En plus, il est francophile !

Feld


[ PP à Feld – C'est ce que j'ai toujours perçu à son sujet. Ceux qui le prennent pour l'anti-François ne l'ont ni lu ni compris. D'ailleurs ils ne lisent guère en général – et comprennent encore moins... ]

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Écrit par : Feld / | 25/08/2019

CAMARADES

> "Il y a donc naïveté, ou rouerie, à prétendre que l’invasion de la scène publique par le Genre soit “un retour de la politique” (et d’une politique “marxiste”) !"
Oui, c'est évident. Maurice, Jeannette (Georges et Liliane aussi, vous ne serez pas trop de quatre), réveillez-vous, ils sont devenus fous !

Feld


[ PP à Feld – On imagine les invectives de la camarade Jeannette si elle avait pu connaître le groupe LGBT.
Elle citait souvent la phrase peu connue (on se demande pourquoi) de Lénine : "La pédérastie est un vice bourgeois qui sera éliminé par la lutte des classes". Eh oui... ]

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Écrit par : Feld / | 25/08/2019

VIEILLE DROITE

> Cela me fait penser à un prêtre français avec qui je discutais il y a quelques mois à Taïwan. Il est en communion avec Rome mais de tendance traditionaliste, ce qui n'est pas un problème en soi sauf s'il s'agit de tirer à boulets rouges sur le pontife actuel, ce qu'il fit à propos de la politique de rapprochement engagée par le Saint-Siège avec la Chine. Pas une seule fois dans notre conversation il ne fit mention des mots "régime chinois" ou "Chine", employant exclusivement le terme "communistes" : "Parolin est bien trop naïf vis-à-vis des communistes", "le Vatican veut nouer des relations diplomatiques avec les communistes", etc. On se serait cru en 1950.
Certes, le président chinois n'est pas un enfant de chœur, mais quiconque connaît un peu la Chine sait qu'elle n'a plus grand-chose de marxiste-léniniste : elle y applique officiellement un socialisme aux caractéristiques chinoises, sorte de paravent cachant un 'enrichissez-vous' à la Guizot pour peu que le peuple ne se mêle pas de politique.
Pour ce prêtre, les rouges étaient encore l'ennemi à abattre ; il me semble que la volonté de dialogue du pape actuel est préférable à cette posture datée, comme l'illustre la rencontre avant-hier à Rome des autorités vietnamiennes (et "communistes" !) et des prélats de la Secrétairerie d'État, pour le bien de l'Église locale.

PV


[ PP à PV – La vieille droite a perdu sa raison d'être avec la disparition du communisme soviétique et le virage impérial-capitaliste du communisme chinois.
Elle ne s'en remet pas.
Certains de ses membres ont choisi de retourner par l'esprit habiter les années 50 : ils font carrément le complexe d'Hibernatus. ]

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Écrit par : Philippe de Visieux / | 26/08/2019

@ Feld

> Regretteriez-vous ces larbins du stalinisme, complices du goulag par omerta, au moins ?
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Écrit par : PF Huet / | 26/08/2019

MANICHÉISME

> Concernant le sophisme relatif à saint Oscar Romero (et au "choix inverse"), il a comme un air de manichéisme : si vous choisissez le camp des opprimés, c'est que vous êtes un dangereux révolutionnaire.
Or, pour un chrétien, choisir le camp des opprimés peut leur éviter de céder à une tentation révolutionnaire, qui pourrait en faire les complices momentanés d'autres oppresseurs, dont ils seraient ensuite les victimes. Ce peut être aussi se faire l'avocat de ces opprimés face à leurs oppresseurs, ne serait-ce qu'en rappelant à ces derniers que s'ils ne souhaitent pas tomber sous les coups d'une révolution (situation "inverse" ?), ils ont intérêt à s'amender.
On pourra citer à ces immobilistes "kitsch" (et ils le sont, en effet, avec peut-être même un arrière-goût de 1850), cette phrase du bienheureux Ozanam :

"si c’est la lutte de ceux qui n’ont rien et de ceux qui ont trop, si c’est le choc violent de l’opulence et de la pauvreté qui fait trembler le sol sous nos pas, notre devoir, à nous chrétiens, est de nous interposer entre ces ennemis irréconciliables."

Sur un autre ton, s'ils ne comprennent pas, on pourra leur rappeler la conclusion de "L'archiconfrérie de la bonne mort", de Léon Bloy : "le catholicisme ou le pétard".
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Écrit par : Sven Laval / | 26/08/2019

Mgr AILLET

> Oui, ce que vous rapportez n'a semble-t-il pas grand chose à voir avec Saint Thomas d'Aquin.
En attendant, voici ce que pense Mgr Aillet, qu'apprécient comme vous nous l'avez rapporté, beaucoup de personnes telles que celles que vous combattez ici, du G7:http://diocese64.org/actualites/item/1757-mgr-marc-aillet-sur-le-g7-de-biarritz-je-peux-comprendre-la-colere-des-altermondialistes?fbclid=IwAR189tdF-0CHtTrClQfo1qLBuEPIYUsIV6rSpkEb3iORhZVeo2rmtmhJf-c
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Écrit par : ND / | 26/08/2019

LA CHINE

> Sur le prêtre taïwanais, il faut quand même noter que communistes ou pas communistes, les autorités en place en Chine n'ont guère d'affection pour la liberté religieuse, a fortiori celle des chrétiens et musulmans, et que l'accord du pape met les chrétiens clandestins dans des positions difficiles.


Edel


[ PP à Edel – Cet "accord du pape" avait été préparé sous Benoît XVI. C'est avec les régimes hostiles qu'il faut avoir des concordats : c'est à cela que servent ces traités, et c'est la pratique constante de l'Eglise depuis le XIXe siècle... ]

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Écrit par : Edel / | 26/08/2019

HIBERNATUS

> Embarqué cette année dans une visite à une paroisse voisine, j'ai porté le dais au-dessus du Saint-Sacrement pour la Fête-Dieu organisée par un jeune abbé de la Fraternité Saint-Pierre... Outre l'impression d'agitation sacrée (faire pour faire, recueillement presque impossible sous le soleil de plomb, etc.) coordonnée par ce bon père, j'ai été scié quand il a lu une prière des prêtres déportés par le régime révolutionnaire vers 1800, devant le Saint-Sacrement, avec la petite précision que, certes, nous n'avons sans doute pas les mêmes difficultés qu'eux de nos jours, mais bon, c'est transposable, hein... Bref, parfois ils sont restés congelés bien avant 1950.
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Écrit par : Alex / | 27/08/2019

VRAIMENT ?

> Ce n'est pas le retour du péril rouge (encore qu'il arrive à certains virus de muter pour survivre) mais c'est le retour du "Dies Irae" avec Greta Thunberg. Après des décennies où on insistait partout -dans l'Eglise et dans la société- sur la bienveillance, l'accueil sans jugement, le rejet de la menace, la dédramatisation, le vivre ensemble, voici le grand retour, avec Greta, des "prophètes de malheur", qui ne parlent qu'en termes d'accusation, de culpabilisation, de peur, de vision pathétique du salut....
Greta prophète de malheur et d'angoisse; bientôt on pourra dire aux enfants "mange ta soupe sinon je vais chercher Greta".

BH


[ PP à BH – Discutez avec des lycéens ayant pris part à son mouvement ici. Vous verrez que ce ne sont pas des traumatisés. Leur désir est d'être responsables. On ne peut en dire autant des adultes. ]

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Écrit par : B.H. / | 27/08/2019

L'ÉTAPE SUIVANTE

> La lutte des classes a été gagnée par les riches et l'étape suivante, le génocide des milliards de pauvres que compte notre planète, a déjà commencé. Voilà ce que nous en dit Monique Pinçon Charlot dans une interview récente, (L'Humanité Dimanche de cette semaine), répondant à la question de l'inaction des dirigeants face au dérèglement climatique alors que le GIEC ne cesse pourtant de les alerter:

"... le projet qu'il y a derrière, c'est bien la destruction de la partie la plus pauvre de l'humanité(...) ils n'ont plus besoin de ces 3500 millions d'êtres humains les plus pauvres pour faire rebondir le système capitaliste. Ce sont des bouches qui ont faim, qui ont soif et qui sont inutiles."
On comprend mieux dans ce cadre la manipulation à l'origine du 17 novembre, manipulation qui a échoué, dont j'ai été témoin interne chez nous: un 17 novembre organisé par le pouvoir par le biais des FDO et plus précisément des réseaux dits d'extrême droite qui y prospèrent comme poisson dans l'eau depuis belle lurette, avec dans le même temps mot d'ordre communiqué par les officiels des syndicats dits d'extrême gauche de ne pas s'y associer sous prétexte que c'était d'extrême droite, le peuple ignorant de tout cela étant programmé pour retourner sa colère légitime sur les étrangers et les plus pauvres qu'eux (" les assistés"), bref, comme d'habitude; peuple programmé pour exprimer sa colère et ses revendications en Leclercnovlang: le combat pour "le pouvoir d'achat".
Sauf que les réseaux dits d'extrême droite ne se sont pas montrés à la hauteur, qu'ils se sont vite débinés parce qu'ils sont de bravade et non de bravoure, sauf que le peuple s'est montré beaucoup plus instruit par son quotidien que ne le laissent à voir des sondeurs victimes de leur propre jeu d'illusions en miroir, peuple doué d'une impressionnante capacité à apprendre sur les champs de bataille de nos samedis et dans nos AG, arènes démocratiques d'une qualité d'échanges que l'on ne voit pas dans nos assemblées d'élus, peuple attaché à son pays non par ignorance de la mondialisation mais par une connaissance factuelle de ce qu'elle détruit du quotidien des pauvres, peuple sachant reconnaître sur le terrain un frère d'exploitation, toutes différences de couleur, d'orientation sexuelle, de croyance et de parti disparaissant dans les nuages de gaz où nous nous relevons et soignons les uns les autres, une fraternité de combat se forgeant bien plus forte que la communauté d'intérêts capitalistes de nos dirigeants.
Un autre élément révélateur de cette guerre programmée des pauvres entre eux pour hâter leur disparition sur fond de famines, de conflits internationaux et d'épidémies, est, après la division par deux du prix du permis de chasse, sa gratuité en certains endroits, d'où la multiplication des chasseurs (promus en "aides" des FDO). Donner des armes à qui a faim c'est pousser les pauvres à s'entretuer en jouissant du spectacle depuis ses quartiers privatisés.
Les universités d'été et camps anti G7 laissent entrevoir ce que peut-être la contre-offensive, LFI, EELV et GJ travaillant enfin ensemble, ANV COP 21, XR, ATTAC notamment comme liants, le regard porté sur le monde en flammes, tandis que de leur côté grâce à l'action militante d'étudiants les grandes écoles font leur pré-rentrée avec un outil pédagogique prometteur, réalisé à partir des données du GIEC: "La Fresque du Climat".
https://fresqueduclimat.org/
Face à l'effondrement programmé et aujourd'hui voulu par un capitalocène darwinien en haine de toute vulnérabilité et donc de la vie, nous savons que la seule issue possible est dans l'entraide universelle:
"Ne nous suicidons pas, rejoignons-nous".
______

Écrit par : Anne Josnin / | 27/08/2019

LES MOTS SUSPECTS

> Franck Lepage, de la SCOP du "Pavé", partisans de "l'éducation populaire", avec des talents de comédien en prime, explique bien en quoi le capitalisme est devenu incritiquable depuis la fin des années 1960. Le philosophe Marcuse a senti venir une imposture langagière, née aux USA, qui fait qu'on ne nomme plus un chat un chat, rendant la pensée très difficile. On ne dit plus "capitalisme", mais "développement durable", on dit plus "récession", mais "croissance négative"...
Il cite aussi une étude de linguistes qui portait sur les manuels de management. Dans les années 1960, le mot-clé le plus récurrent était celui de "hiérarchie", ce qui paraît logique, dans les manuels des années 2000, le mot a disparu. A la place on parle des "partenaires", comme si le patron et l'ouvrier était sur un pied d'égalité. On fait disparaître la dissymétrie, on ne nomme plus la hiérarchie, même si elle existe toujours, pour qu'on ne puisse plus avoir idée de la critiquer.
De même, on dit plus "plan de licenciement", mais "plan de sauvegarde de l'emploi". Il est très difficile de se proclamer contre un "plan de sauvegarde de l'emploi".
On ne dit plus "exploité", mais "défavorisé", en effet, avec le premier mot, la question qui vient tout de suite à l'esprit est "qui est l'exploiteur" ? tandis que dans le deux cas, on se dit juste que la personne n'a pas eu de chance.
Dans une de ses vidéo, il explique comment peut faire un élu si, d'aventure, un personnage non conformiste réussit à saisir le micro pendant la séance des questions d'une conférence, où il oserait prononcer des mots retirer du vocabulaire, tels que "lutte des classes", "capitalisme", "exploités"... Il a deux solutions, la première : faire une blague qui assimile le poseur de questions importun à un nostalgique de l'URSS ("vous réjouissez, sans doute Monsieur, comme moi de la chute du Mur de Berlin...")
Deuxième façon (courtoise et malhonnête avec une compréhension feinte) : prendre une pose polie et concentrée et déblatérer ceci : "Ecoutez Monsieur, j'entends la question, je ne m'y déroberai pas. Je connais les mots que vous employez, je les ai moi-même utilisés à une époque... Simplement, on ne peut plus penser les problèmes d'aujourd'hui avec les mots d'hier..." Et voilà, une censure discrète du vocabulaire.
______

Écrit par : Aurélien Million / | 27/08/2019

[ PP à PF Huet
Votre question à Feld a déjà été mise en ligne, ne la renvoyez pas indéfiniment...
Par ailleurs, le parti communiste français des années 1950 avait sur la famille et la sexualité des positions qui passeraient aujourd'hui pour inadmissiblement réactionnaires. C'est un fait, même s'il ne change rien à la question du "goulag"...(Mentionner cette question chaque fois qu'il est question du PCF n'aide pas à comprendre l'histoire de la politique française). ]

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Écrit par : à PF Huet / | 28/08/2019

> Il me semble quand même que les avant-gardes se revendiquant du marxisme-léninisme ont toujours cherché à subvertir la structure familiale "traditionnelle" ainsi que les représentations associées à l'altérité sexuelle, dans un combat bien plus politique que sociétal.
Que tout cela ait été digéré comme le reste par le Golem du turbocapitalisme, dans une synthèse "lib-lib", cela ne fait aucun doute, mais réduire la matrice de nos maux sociétaux à son versant néoliberal c'est quand même faire peu de cas des coups de boutoir idéologiques et politiques venus du marxisme contre l'humanisme d'inspiration chrétienne.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 28/08/2019

DEUX POINTS

> Quand l'Eglise signe un concordat c'est pour limiter les dégâts.
Le concordat de juillet 33 avec l'Allemagne, prévu depuis longtemps d'ailleurs (après les ravages du Kulturkampf où il y a tout de même eu des membres du clergé emprisonnés !), n'est pas le signe d'une quelconque sympathie et encore moins d'un ralliement (puisque justement, il s'agit de fixer les choses pour ne pas laisser faire).
On n'en dira pas autant d'une autre organisation comme le rappelle si bien Natalia Trouillier : https://twitter.com/ntrouiller/status/1166642338472574976

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Le désir d'engagements des collégiens est bon et louable.
Reste que bcp doivent encore aller jusqu'au bout et comprendre qu'on ne peut chanter avec Ariana Grande "I see it I like it I want it I buy it", véritable hymne au consumérisme tranquille (et en aucun cas, sa dénonciation), et militer pour le climat.

le bal des faux culs chante pour l'écologie...
https://www.parismatch.com/People/Justin-Bieber-Ariana-Grande-Leonardo-Di-Caprio-ils-chantent-pour-le-climat-1619775

... après s'être acheté un petit pied-à-terre :

-Ariana Grande : https://www.youtube.com/watch?v=jT8Oawa5EVo

-Leonardo Dicaprio https://www.closermag.fr/people/photos-decouvrez-l-incroyable-villa-de-leonardo-dicaprio-806481#img1

-Justin Bieber : https://www.parismatch.com/People/La-sublime-villa-de-Justin-Bieber-et-Hailey-Baldwin-qui-attire-les-fans-1618714

Sans oublier la Kardashian qui pour le bien de la planète veut que son corps soit recyclé après sa mort (sachant qu'il doit bien contenir un fort taux de silicone...) et dont le mode/train de vie est plutôt éloigné de celui de P Rabhi

Les jeunes ! Vous ne pouvez pas les admirer, participer à leurs succès commerciaux et militer pour l'écologie !
Boycottez leurs disques, et militez pour l'écologie.
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Écrit par : E Levavasseur / | 28/08/2019

@ PP

Ce qui compte, ce n'est pas la position d'un mouvement (communiste ou autre) dans un pays ou il n'etait pas au pouvoir, mais ce qu'il fait ou a fait quand il y était. Cela s'applique aussi aux questions familiales.

PH


[ PP à PH – Et quelle politique familiale au juste reprochez-vous au PCF d'après-guerre ?
Sur la politique générale du PCF de ces années-là (et la suite) je me permets de vous rappeler l'analyse nuancée proposée par ce site qui ne doit pas être inconnu de vous :
https://www.upr.fr/dossiers-de-fond/quelle-etait-lanalyse-du-parti-communiste-francais-leurope-les-annees-1947-1980/ ]

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Écrit par : PF Huet / | 28/08/2019

@ PF Huet

> Non, bien sûr que non ! Ce que voulais simplement dire, en en appelant aux mânes de ces quatre personnes, c'est que la "remise en cause des tabous (moraux)" n'était pas vraiment dans l'ADN de la gauche ouvrière... et du PCF en particulier.
De mémoire, M. Thorez a été le dernier homme politique à avoir osé qualifier publiquement les homosexuels de "dégénérés".
Quant à dame Jeannette, elle avouait être favorable à l'abolition de la peine de mort "sauf pour les avorteuses".
Perso, je suis persuadé que nos "avancées sociétales" (IVG, mariage gay, ... je ne parle même pas de la GPA et de la PMA) font horreur aux "vieux communistes" que l'on trouve encore çà et là. A mon avis, rien de tel chez les cadres et militants de LFI.
Quelque chose qui m'a également frappé chez un certain nombre de communistes français, c'est l'absence de véritable animosité vis-à-vis du christianisme. Jésus, vu comme le "premier communiste" était celui qui avait fondé un parti qui, malheureusement, avait vite abandonné les idéaux premiers... Mais on était moins "écrasons l'infâme" que dans la sphère rad-soc socialiste (les "communistes non pratiquants", pour reprendre l'expression de Frossard).
______

Écrit par : Feld / | 29/08/2019

à Edel :

> Il ne s'agissait pas d'un prêtre taïwanais mais d'un prêtre français présent à Taïwan depuis trente ans.
Ce point est capital : aucun prêtre taïwanais n'aurait parlé des "communistes" à propos des autorités de Chine continentale, décrites généralement comme telles en mandarin ;
j'ajoute que ce prêtre français a dans la même conversation déversé des torrents de boue sur les jésuites, accusés de déformer la liturgie (je venais de lui préciser que je fréquentais la paroisse jésuite : horresco referens !).
À ce prêtre, j'ai répondu que je comprenais la démarche engagée sous Benoît XVI en 2007 avec sa 'Lettre aux catholiques chinois' et poursuivie par François : les deux pontifes rappellent qu'il n'est aucunement souhaitable pour une Église locale d'être en état de clandestinité quasi-permanent. C'est pourtant le cas d'une bonne partie de nos frères chinois depuis soixante ans, qui vivent parfois leur foi dans la peur de la dénonciation sinon dans la crainte de la répression.
L'accord provisoire sino-vatican de 2018 porte ses fruits : deux évêques ont tout récemment été ordonnés avec mandat pontifical (et approbation de Pékin). Rendons grâce pour ces débuts prometteurs.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 29/08/2019

à Ph. de Visieux

> Si l"humanisme d'inspiration chrétienne" ne s'était pas confondu de longue date avec le pire conformisme bourgeois qui était pourtant son contraire, se coupant ainsi des milieux ouvriers, le PCF n'aurait pas pu se présenter comme l'ami des familles ouvrières.
Voir par exemple la célèbrissime affiche de 1936 : "Pour que la famille soit heureuse, votez communiste" : https://oac.cdlib.org/ark:/28722/bk0007t5n3m/?brand=oac4
Résultats : mis en chantier dès le début du Front populaire, le Code de la famille et de la natalité françaises (décret-loi du 29 juillet 1939), première tentative d’une véritable politique familiale en France. Et la création des allocations familiales (1938).
Sans parler de la création des cantines scolaires, des congés payés avec billets de train à tarif réduit, etc.
Historique !
La volonté de détruire la famille ne se trouvait pas chez les "stals" mais chez les trotskistes. D'où leur action aujourd'hui au profit des "nouvelles moeurs", malgré leur nature bobo et ce que Lénine disait de l'homosexualité.
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Écrit par : Eglantine / | 29/08/2019

@ Feld

Le PCF ne s'est opposé à aucune loi dite " sociétale ". FI, c'est une autre génération, et c'est bien.

@ PP

Oui, je connais bien le site et le parti en question.
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Écrit par : PF Huet / | 29/08/2019

à PF Huet

> Le PC des lois sociétales n'a plus rien de "communiste". Depuis au moins Robert Hue.
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Écrit par : Stef Marchiani / | 29/08/2019

MARXISME ET MOEURS

> Peut-être de quoi "réconcilier" tout le monde, si tant est que soit nécessaire. On sait effectivement que le PCF avait une politique nataliste, et nous connaissons tous ses affiches électorales en faveur de la famille ou encore les sorties de Jeannette Vermeersch contre l'avortement.
Ce qu'il faut cependant considérer ici, c'est l'effet attendu. Ce qu'attendaient les communistes chez nous c'était le comportement génésique des masses populaires qui devait avoir un effet démographique afin que les prolétaires plus nombreux remportent la révolution: au plus il y avait d'enfants de prolétaires, au plus ils risquaient d'être en faveur du communisme, etc.
Il faudrait vérifier, mais il ne serait guère surprenant que l'on trouve ce réflexe plus fort encore, par définition dans les pays de social-démocratie. Un débat entre historiens visionné laissait quand même apparaître qu'en URSS, par exemple, les gens simples étaient soumis à une "morale" plus traditionnelle, quand les dirigeants vivaient eux parfaitement comme ils l'entendait, ce qui était tout de même le véritable but du communisme. On se souviendra ainsi de tous ces hommes est-allemands qui venaient en Allemagne de l'Ouest fin 1989 et qui ...cherchaient par tous les moyens à se procurer des magazines pornographiques.
Pour aller plus loin on pourra lire cette fiche de lecture, sur un ouvrage que je n'ai pas lu, mais qui semble particulièrement bien documenté sur le sujet: https://journals.openedition.org/lectures/16753
Pour le reste certains mentionnent ici un "aspect chrétien" du marxisme ou du moins une certaine proximité de certains marxistes avec les chrétiens. Je m'en tiens pour ma part à ce que rapporte Jacques Maritain: il était de coutume d'appeler le marxisme "la dernière hérésie chrétienne". Maritain le dit, on y trouve bien quelque chose du christianisme. Mais cela ne va tout de même pas très loin. Il est tout à fait possible, que l'on trouve par ailleurs des marxistes peu au fait du marxisme, comme l'on trouve des chrétiens peu au fait du christianisme, et qui sont tout à fait des personnes charmantes. Je pense que le pape François, ne dirait pas le contraire.

ND


[ PP à ND – Sur l'aspect "messianisme sécularisé" de la pensée de Marx, lire l'excellent roman de l'écologue bavaroise Ilona Jerger, 'Marx dans le jardin de Darwin', qui vient de paraître aux éditions de Fallois. Je le recommande. En plus c'est d'une très bonne écriture romanesque ! ]

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Écrit par : ND / | 29/08/2019

> Églantine a parfaitement raison, ce sont les Trotskistes et leurs délires libertaires et pour le coup, ces délires sont dans les gènes du trotskisme, en fait, à force de tout remettre en cause.
On peut lire avec profit ce que dit Bartholomé Bennassar sur les trotskistes qui rivalisaient de délires "sociétaux" avec les anarchistes pendant la guerre d'Espagne.

Pour ce que disaient les époux Thorez sur les homosexuels, cela rejoint ce que disait Che Guevara, l'idole actuelle des bobos pro LGBTQ et des fils à papa-saperlipopette-je-suis-un révolutionnaire-moi-eh-tu-as-vu-mon-nouveau-smartphone.

Les époux Thorez le disaient-ils depuis leur villa avec vue sur le parc de Sceaux qui permettaient à leurs fils d'aller à Lakanal en voiture avec chauffeur ?
ou depuis leur coquet pavillon de Choisy le Roi ?
ou depuis leur villa au-dessus de Cannes ?
Et l'autobiographie de Thorez qui s'intitulait "fils du peuple"...
Le fils du peuple qui n'a travaillé comme mineur que moins d'un an et encore, au tri, donc pas au fond du trou.
Quelle imposture.
La vérité c'est que, cramponnés à leurs privilèges de vieux caciques du parti, en forte phase d'embourgeoisement, un bon commentaire bien "popu" faisait remonter la cote.

Perdre sa place, ses avantages, son image, Thorez avait beau rouler des mécaniques, il a eu peur toute sa vie.
A commencer de Staline pour qui il nourrissait, en connaissance de cause, une fascination aussi canine que terrorisée, ce qui l'a poussé à cacher les rapports sur les crimes du Vojd qu'il a connus avant tout le monde : apeuré à Moscou, il ne sortait pas de chez lui et se rassurait en se contentant de la propagande sur les réussites du régime.
La vérité c'est que ce conformiste n'a cessé de fermer sa gueule devant les injustices dès qu'elles étaient commises par le parti.
Se mentant à lui même, comment aurait-il pu avoir des idées ? et donc dire ce qu'il pensait ?
Rejetant tout esprit critique, un cerveau lui était inutile, être une moelle épinière lui était suffisant.
Il s'est contenté d'obéir aveuglément, "minuscule parasite d'une immense imposture" (ça n'a pas été dit de lui mais de Debord).

Donc non, le communisme n'est pas un danger actuel, c'est grotesque et quand il était omniprésent, il était dangereux uniquement par le vide social que l'égoïsme lui avait abandonné.

« Comment vous, pédérastes, avez-vous le culot de venir nous poser des questions ? Allez-vous faire soigner. Les femmes françaises sont saines ; le PCF est sain ; les hommes sont faits pour aimer les femmes »
Jacques Duclos
https://www.monde-diplomatique.fr/mav/118/BREVILLE/47101
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Écrit par : E Levavasseur / | 30/08/2019

@ E. Levavasseur

> "Les" jeunes, ça n'existe pas. Parmi les rares enquêtes sur les engagements écologistes de la jeunesse, celle de 'Quantité critique' montre que ceux des jeunes qui ont défilé dans la rue pour le climat en France depuis un an sont très majoritairement des enfants de cadres et catégories intellectuelles supérieures.
https://reporterre.net/Qui-manifeste-pour-le-climat-Des-sociologues-repondent
L'enquête réalisée après la manifestation du 15 mars confirmait ces résultats de janvier:
https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/04/18/greves-pour-le-climat-la-mobilisation-des-jeunes-ne-temoigne-pas-d-une-diversification-sociale_5452130_3232.html
Ce ne sont peut-être pas ceux qui passent le plus leurs samedis après-midi dans les centres commerciaux ou à écouter Ariana Grande.
C'est un peu comme les traversées de l'Atlantique comme passagère en Imoca: le capital économique et culturel aide beaucoup.
Il y a des analogies avec les années 1960-1970 où les jeunes qui critiquaient la "société de consommation" ne venaient pas non plus majoritairement des milieux populaires.
Dire ça n'est pas du cynisme. Ça doit faire réfléchir, c'est tout.
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Écrit par : Jean-Michel / | 30/08/2019

@ Jean-Michel

> Vous prêchez un convaincu.
Suivez le fil des conversations et vous verrez que mon commentaire rebondit sur celui de PP sur les lycéens qui manifestaient.
Et vous comprenez bien que je n'allais pas écrire "les-jeunes-enfants-de-cadres-et-catégories-intellectuelles-supérieures", ce serait un peu lourdingue.
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Écrit par : E Levavasseur / | 31/08/2019

CLARIFIONS

> Ce fil de discussion ne me paraît pas clair, du moins pour un non-catholique de passage. Un lecteur qui tombe dessus par hasard comprend que les chrétiens se félicitent de traiter en commun avec les communistes les homosexuels de "dégénérés" qui doivent "aller se faire soigner". C'est la position de l'Eglise ?

Jean-Marc P.


[ PP à JMP :

L'Eglise voit ces questions d'une façon radicalement autre que les communistes d'autrefois. Et bien plus nuancée que ne le croient aujourd'hui les médias... et les intégristes, dont le mode mental est en rupture avec la pensée chrétienne et catholique.
Les phrases qui vous ont heurté relevaient donc de la boutade au second degré.
Si la conversation a dévié vers les postures du parti communiste des années 1950, voire de Lénine au début du siècle dernier, ce n'était naturellement pas pour en faire l'apologie – mais pour rétablir un contexte historique : celui d'un PCF ancien qui était aux antipodes du mouvement actuel des moeurs ; cela non pour des raisons proches de la théologie morale catholique mais liées à l'idéologie de lutte des classes, comme l'a rappelé l"un des intervenants.
Quant au mot "dégénéré", il n'a aucun sens dans la vision chrétienne (où rien sur la terre n'est jamais perdu ni rejeté). Il n'a été employé historiquement que dans le cadre d'idéologies matérialistes : eugénisme et hygiénisme scientistes avant et après 1914, racisme hitlérien, rhétorique stalinienne à l'époque des procès de Moscou... Systèmes de pensée qui tous combattaient le catholicisme, sous divers angles et prétextes, mais en raison de sa vision de l'humain.

Notre blog ne fournit pas de synthèse permanente, étant tributaire de l'actualité. Et les fils de commentaires partent souvent dans toutes les directions, comme c'est l'habitude en général dans les blogs. Excusez celui-ci de vous avoir donné l'impression d'une connivence avec l'impensable, alors qu'il s'agissait (au départ) de boutades au second degré.
Si vous consultez les archives de ce blog par catégories, vous constaterez son éloignement des pensées totalitaires ! Ce qui est logique si l'on se veut chrétiens. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Jean-Marc P. / | 31/08/2019

ARIANA GRANDE

> Je me souviens d'Edouard Philippe, après un attentat à l'issue d'un concert d'Ariana Grande à Manchester (mai 2017), déclarant en interview que ses filles écoutent cette chanteuse...
Nos dirigeants ne peuvent empêcher leurs enfants de vivre comme l'immense majorité des ados bourgeois.
Les plus pauvres écouteraient plutôt divers rappeurs...
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Écrit par : Alex / | 31/08/2019

> Bon, je découvre qu'A. Grande fait aussi des trucs qui ressemblent au rap le plus vulgaire...
Je n'y connais rien, et tant mieux.
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Écrit par : Alex / | 31/08/2019

EXPLICATIONS

> Je vous remercie d'avoir pris le temps de cette longue explication.

Jean-Marc P.

[ PP à JMP – Si vous voulez le point de vue exact et nuancé des éducateurs catholiques sur la question, je vous suggère la plaquette qui vient de paraître aux éditions Salvator :

« "Il les créa homme et femme" : pour un chemin de dialogue sur la question du Genre dans l'éducation »
(Document d'orientation de la Congrégation pour l'éducation catholique, suivi de commentaires par le recteur de l'Institut catholique de Paris et la directrice de l'Institut d'études religieuses de l'Institut catholique de Paris) ]

réponse au commentaire

Écrit par : Jean-Marc P. / | 31/08/2019

@ Jean-Michel

> Espérons que votre parallèle avec la jeunesse des années 60 soit faux. Les contestataires de la société de consommation, les soixante-huitards ayant prix les commandes, ont été les fauteurs du virage libéral-libertaire-mondialiste des années 80.
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Écrit par : PF Huet / | 01/09/2019

à P.F. Huet :

> La société de consommation mondialisée appelle un sursaut qui doit venir avant tout de ceux qui, se disant disciples du Christ, voient dans leur prochain un frère en humanité.
Or nous sommes tous, par l'utilisation que nous faisons de nos téléphones et de nos ordinateurs, inconsciemment complices de l'exploitation que subissent des milliers de salariés traités en Asie comme du bétail rémunéré à vil prix.
Il s'agit sans doute là de l'aspect le plus émouvant que je garderai de mes années passées à Taïwan, ayant écouté parfois le cœur serré le témoignage de dizaines de Philippines travaillant debout, douze heures par jour, dans les immenses fonderies à semi-conducteurs de Hsinchu : parquées dans des dortoirs, enchaînant les heures de travail de nuit comme de jour, l'œil constamment rivé sur le microscope, ces personnes avaient pour la plupart un ou deux enfants au pays qu'elles ne pouvaient voir qu'une fois tous les trois ans. Beaucoup n'avaient que la messe dominicale pour espérer, ressentir la présence de Dieu dans cet enfer quotidien duquel elles ne pouvaient se plaindre auprès de quiconque, sous peine de résiliation immédiate de leur contrat avec retour au pays à la clef. Les ordinateurs à prix cassés portent en eux une souffrance humaine que nos libéraux-libertaires devraient méditer lorsqu'ils se font chantres du libre-échange, à l'instar d'un Pascal Lamy lorsqu'il était à l'OMC ou plus récemment d'un Jean-Claude Juncker à Bruxelles.
Je pense souvent à ces tragédies humaines en allumant mon téléphone portable : la société de consommation, du toujours-plus pour toujours-moins-cher, c'est un retour à Zola. L'homme vaut mieux que cela.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 02/09/2019

MENACE SUR LES CAUSSES

> En attendant c'est un péril productiviste libre-échangiste qui menace les causses de l'Aveyron (pourtant parc régional !) avec ce parc éolien avec des éoliennes de ... 120 mètres de haut et ligne à très haute tension traversant tout le paysage !

Ce projet rappelle les délires pharaoniques soviétiques ce qui prouve que le recours à l'épouvantail communiste est nul de la part des libre-échangistes qui font exactement la même chose que les marxistes qu'ils dénoncent.
ils sont aussi matérialistes et productivistes qu'eux et en arrivent aux mêmes excès.

déroulé des événements :
-l'éolien industriel lorgne sur un terrain privé
-le proprio refuse de vendre
-il est exproprié car l'éolien industriel est "un service public" donc le "bien commun s'impose"
-estimant qu'ils sont chez eux sur le territoire de la commune, des habitants occupent le terrain et sont condamnés en justice pour occupation illégale de terrain privé.
Certes. C'est imparable.
La loi ne prévoit rien sur des droits des habitants des alentours. Par exemple,
a)le terrain est privé mais ce qui va y être construit sera visible chez moi
b)droit des habitants des alentours de refuser un projet dès lors que les nuisances ne sont pas la contre-partie d'un service local. Or ici le projet n'apporte rien aux villages alentours puisque l'électricité sera envoyée ailleurs !

Le bien public reste donc à prouver :
1/ ces 4 ha d'éoliennes de 120 m de haut avec lignes à très haute tension vont amener l'électricité produite... jusqu'en Espagne !
Donc outre le massacre visuel et le bétonnage, c'est donc un projet dont seules les nuisances sont locales !
Si l'on fait le rapport quantité de béton-enlaidissement / quantité d'électricité produite sans Co2, ce projet n'est pas écolo.
Donc pas de bien public.

2/ la production éolienne étant aléatoire, il est par définition hasardeux de la rattacher à un quelconque service public lequel sous-entend continuité.( c'est une idée personnelle, on peut en discuter mais je me dis qu'il y a là un piste)
"la continuité du service public" est en effet un principe de droit public.


Si l'on me répond : en cas d'absence de vent, le service public d’électricité est alors assuré par des centrales qui prennent le relais.
Je réponds : oui mais pour prendre ainsi le relais, il faut des centrales qui répondent rapidement donc pas des centrales nucléaires ( qui sont "lentes à la détente") mais des centrales... thermiques au gaz, au fioul et donc ...émettrices de Co2 !
La continuité du service public d’électricité par production non polluante n'est donc assurée que par le biais d'une production POLLUANTE d'électricité.
Ce qui est contradictoire avec l'idée de départ qui a amené à l'expropriation.
C'est sur le caractère NON POLLUANT de l'éolien que le recours à la notion d'utilité publique s'est fondé pour cette expropriation d'un site propice uniquement à l'éolien.

=> https://reporterre.net/Les-juges-de-Rodez-assomment-les-opposants-a-l-eolien-industriel
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Écrit par : E Levavasseur / | 02/09/2019

à Éric Levavasseur :

J'ai été amené il y a quelques mois à travailler sur un projet éolien en haute mer : un champ de plusieurs dizaines de turbines en mer de Chine méridionale. Cette expérience (en qualité de juriste) me permit de discuter avec certains industriels allemands, néerlandais et danois qui m'ont indiqué que le seul éolien à peu près rentable est celui de haute mer, où les vents sont nettement plus puissants et constants que sur la terre ferme. Tous les projets terrestres sont donc à remiser sans exception, outre qu'ils sont une atteinte esthétique à la limite du supportable.
Mais même en haute mer, l'éolien est-il vraiment écologique ? Sachant que les turbines tombent facilement en panne, nécessitent un entretien permanent avec flottes spécialisées, ont une durée de vie d'à peine vingt ans, impliquent un bétonnage du plateau océanique, on peut en douter... Il me semble qu'il n'y a qu'un seul gagnant dans l'affaire, comme toujours : l'actionnaire.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 02/09/2019

TOUT PASSE À LA MOULINETTE U.S.

> https://etudiant.lefigaro.fr/article/reforme-du-bac-la-france-s-aligne-avec-le-modele-anglo-saxon_b6ccd8d0-cef5-11e9-b675-7d3396503b1e/
Même le baccalauréat à la française doit être adapté au modèle anglo-américain !
Pourquoi devrait-on croire que, parce que l'anglosphère ne fait pas comme nous, elle ferait nécessairement mieux ?
Des générations de Français ont été bacheliers depuis deux siècles, formés de manière généraliste : c'est la force du modèle français que de forger en chaque élève un esprit critique, aussi ouvert que possible.
C'est ainsi qu'ayant suivi une filière scientifique tout en étant plutôt attiré au lycée par la géographie humaine et l'histoire contemporaine, j'ai développé un intérêt certain pour la physique, le grec ancien et la philosophie, intérêt qui continue de nourrir mes lectures comme ma réflexion personnelle. Il en aurait été différemment si l'on avait voulu que, dès la seconde, je me spécialise en fonction de mon futur métier ; le grec ancien peut paraître ne servir à rien, mais il est autrement plus formateur, au plan de la compréhension de l'humanisme européen, que la mercatique ou la comptabilité.
Il serait regrettable que l'on ne conserve que les matières 'utiles' en imaginant que, parce que les Britanniques et les Américains le font, il faudrait que nous le fassions nous aussi. De Gaulle, au secours !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 06/09/2019

AUX U.S.A.

> A noter que côté US, nombreux sont les anciens qui regrettent cette évolution du système éducatif. Car eux ont connu des parcours universitaires qui privilégiaient la logique, la réflexion, l'esprit critique, la philosophie et ils ont vu ces filières disparaitre les unes après les autres.
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Écrit par : Bernadette / | 07/09/2019

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