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19/05/2019

Vincent Lambert : déclaration des évêques

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Des questions de fait, évidentes et même frappantes, mais que les pouvoirs publics semblent ne pas vouloir se poser :


 

<< M. Vincent Lambert, dans son immense fragilité, nous convoque tous au respect de l’éthique et de l’État de droit. Prenons le temps de la réflexion.

Commençons par l’État de droit. M. Vincent Lambert a le droit à une protection adéquate, comme toute personne handicapée. Chaque personne handicapée, aussi fragile soit-elle, a des droits égaux à toute autre personne. La France le sait puisqu’elle a ratifié la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées. Le Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) de l’ONU a été saisi au sujet de M. Vincent Lambert, et a répondu que cette saisine était recevable. Le Comité a demandé que les soins prodigués à M. Vincent Lambert soient maintenus tant qu’il ne s’était pas prononcé sur le fond. Le Gouvernement a donné son avis au Comité en affirmant que ce maintien des soins n’était pas envisageable car il « priverait d’effectivité le droit du patient à ne pas subir d’obstination déraisonnable ». Après ce refus, le CIDPH vient de réitérer sa demande que l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert « ne soient pas suspendues pendant le traitement de son dossier ».

Pourquoi ne pas attendre la réponse sur le fond de la part du Comité de l’ONU ? M. Vincent Lambert est un citoyen qui a le droit au respect des règles démocratiques dont le minimum est la cohérence avec les conventions signées. Pourquoi l’État français, qui met son honneur dans la promotion des droits de l’Homme, se dispenserait-il du respect de cette Convention pour M. Vincent Lambert ? Pourquoi cette précipitation pour le conduire vers la mort ? On peut répéter que la décision prise ne concerne bien sûr que M. Vincent Lambert car sa situation est unique et complexe. Mais qui garantira que toutes les personnes partageant un handicap analogue au sien seront effectivement protégées par l’État qui, tout en s’y engageant officiellement, bafouerait aujourd’hui son engagement ? La crédibilité de l’État passe par le respect de sa parole donnée. Il paraît donc sage et nécessaire d’attendre la réponse sur le fond du Comité de l’ONU.

Venons-en à l’éthique. La protection des personnes les plus fragiles demeurera toujours le signe et la mesure de l’humanité d’une société. Cette protection demande un accompagnement le plus ajusté possible et des soins les plus appropriés à chaque situation de fragilité. Cette protection nécessite une solidarité active de toute une société et une ambition internationale. Par la loi, notre société a confié aux médecins la mission de prendre soin de la santé physique et psychique de chaque personne fragile. Notre loi française leur donne un cadre pour que ce soin soit donné le mieux possible en évitant toute obstination déraisonnable. Pour les médecins s’occupant de M. Vincent Lambert, l’État français a jugé qu’ils n’avaient pas enfreint la loi. Pour autant, l’État ne s’est pas prononcé sur la décision éthique elle-même : arrêter l’hydratation et l’alimentation par voie entérale, et mettre en œuvre une sédation continue et profonde jusqu’au décès. Car heureusement, ni l’État ni les juges n’ont le pouvoir de se prononcer sur de telles décisions.

Reste donc la question éthique proprement dite. On peut supposer que les médecins, entourés du personnel soignant et de la famille, y ont mûrement réfléchi et qu’ils ont pris leur décision selon la loi éthique du respect de la vie et de la sollicitude envers la personne fragilisée comme l’est M. Vincent Lambert, et dont témoigne l’article 16 du Code civil. Cependant, puisque cette décision a un retentissement qui dépasse largement l’espace limité d’un bureau et d’une chambre d’hôpital, il serait juste et bon que nous comprenions tous la décision des médecins et que nous continuions ainsi à les soutenir dans leur délicate et indispensable mission. En effet, des interrogations restent en suspens : Pourquoi M. Vincent Lambert n’a-t-il pas été transféré dans une unité de soins spécialisée et adaptée à son état ? Exprime-t-il une souffrance récurrente et impossible à apaiser ? N’a-t-il pas le droit d’être nourri et hydraté par voie entérale puisque ce sont des soins de base auxquels tout être humain a droit ? À quels cas exceptionnels son hydratation et son alimentation actuelles correspondent-elles à une obstination déraisonnable ? De plus, comment connaissons-nous avec suffisamment de certitude la volonté de M. Vincent Lambert dans un contexte familial où s’exprime un désaccord profond ?

Du point de vue éthique, il serait bon que la conscience des citoyens ne soit pas troublée ni par la décision inexpliquée qui laisse penser que M. Vincent Lambert a été conduit vers la mort, ni par le non-respect de la parole que l’État a donnée en signant la Convention internationale. Le Défenseur des droits a jugé que l’État pouvait déroger à la demande du Comité de l’ONU en « justifiant de circonstances exceptionnelles » et «qu’il ne lui appartient pas de résoudre cet éventuel conflit de normes » entre la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) et le Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH). Pourtant, n’y a-t-il pas urgence à trouver la juste voie éthique ? Cela permettrait de résoudre ce conflit de droit international sur une question essentielle de notre vie ensemble afin d’apaiser nos sociétés déjà trop clivées.

De toute évidence, la décision prise concernant M. Vincent Lambert a un enjeu beaucoup large que la résolution d’un simple dilemme médical. Respecter les droits des personnes les plus fragilisées et les plus faibles, nos frères et sœurs en humanité, en les accompagnant et en les soignant chacune selon sa situation demandera toujours du courage. Les interrogations existentielles et douloureuses que soulèvent de telles situations sont en effet lourdes à porter. Ce courage est vécu au quotidien par nombre de familles envers leurs proches et par le personnel soignant vis-à-vis des patients, aussi bien dans l’accompagnement que dans les prises de décision. Ensemble, soutenons ce courage vécu dans la discrétion, et osons affronter ces lourdes interrogations qui nous provoquent à toujours plus d’humanité. Ensemble, nous sommes capables de plus de sollicitude que nous l’avions imaginé dans nos précipitations et nos envies d’évacuer ces graves interrogations.

Pensant à la souffrance vécue par les uns et les autres autour de M. Vincent Lambert, nous prions pour tous ceux qui sont concernés directement par sa situation et pour Vincent Lambert lui-même.

Le 18 mai 2019

 

Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, responsable du Groupe bioéthique de la Conférence des évêques de France
Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges
Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio
Mgr Hervé Gosselin, évêque d’Angoulême
Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude
Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre
Père Brice de Malherbe, Collège des Bernardins à Paris
Père Bruno Saintôt, Centre Sèvres à Paris

 

 

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Commentaires

L'ATTENTION

> Effectivement, "nos précipitations et nos envies d’évacuer ces graves interrogations" peuvent être la source de bien des dérives et de bien des maux. L'attention aux plus faibles (quelle que soit leur faiblesse) est exigeante et la tentation d'en détourner le regard pour plus vite retourner à nos petites affaires n'est pas à négliger dans de nombreuses cruautés ou injustices.
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Écrit par : Sven Laval / | 19/05/2019

SCHUMACHER

> Michael Schumacher est lui aussi paralysé et dans un état végétatif après son accident, depuis 5 ans maintenant. Sa famille ne souhaite pas que cela se sache mais cela apparaît clairement à la lecture des articles.
A l'occasion de ses 50 ans, des témoignages sont publiés. On y apprend comment il est soigné, à domicile, promené en fauteuil roulant, bénéficiant de tous les soins possibles.
La différence avec la situation de Vincent Lambert est cruelle. Michael Schumacher est soutenu et apprécié par un très grand nombre de fans qui ne comprendraient pas qu'il soit euthanasié. Son épouse le soutient. Il vit chez lui et personne ne lui reproche l'argent qu'il coûte, ne prétend qu'il est en fin de vie, ne parle de traitements pour signifier nourrir et hydrater.
Selon que vous serez puissant ou misérable...
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Écrit par : Yann / | 19/05/2019

MORT LÉGALE

> L'épiscopat a raison : l'enjeu est bien plus large. Il peut se résumer ainsi : accepte-t-on d'institutionnaliser une culture de mort dans certains cas déterminés ?
C'est déjà le cas en matière prénatale avec le recours à l'avortement, qui n'est jamais rien d'autre que l'assassinat d'un enfant à naître.
Ce sera peut-être le cas si l'on considère l'euthanasie acceptable au bout de dix années de soins ou à l'égard de nos seniors : dans une société libérale où le pauvre n'a pas droit à la gratuité des soins, que lui proposera-t-on, sinon de se faire piquer ? Quid des personnes âgées qui, refusant de faire payer leurs enfants, choisiront de se faire euthanasier ? Est-ce le type de société que nous souhaitons ?
La réponse chrétienne, nous la connaissons, mais qu'en pensent les agnostiques, les progressistes, les athées, largement majoritaires dans notre pays ?
Un prêtre belge me racontait il y a quelques années avoir reçu un jour un appel d'un couple de sexagénaires qui, estimant avoir assez vécu, demandaient à ce prêtre d'organiser leurs obsèques la semaine suivante, le couple ayant décidé de se faire euthanasier après avoir convié parents et amis pour une grande fête la veille du 'grand jour'. Ce récit me glaça d'effroi : ne laissons pas ce type d'envie de mort devenir 'la norme' !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 20/05/2019

FRANCE INFO

> Je suis révoltée quand j'entends France Info ce matin dire que si la mère de Vincent Lambert ne veut pas qu'on supprime son fils, c'est parce qu'elle est (?) "catholique traditionaliste". Comme si c'était une question d'idéologie.
A une époque émotionnelle roucoulante où les médias ne disent plus jamais "la mère" mais "la maman", voilà que l'amour maternel est évacué comme "opinion d'extrême droite" ????
Une société pareille ne durera plus très longtemps.
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Écrit par : Amicie Terray / | 20/05/2019

EN QUOI ?

> Le texte des évêques dit bien mon questionnement dans cette affaire. Il faudrait que les motivations d'arrêt des soins soient précisément publiées. On ne condamne pas quelqu'un à mourir de soif rien que parce qu'il est diminué, je ne peux pas le croire.
Souffre-t-il ? En quoi peut-on parler d'acharnement thérapeutique ?
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Écrit par : Guadet / | 20/05/2019

à Amicie :

> 'Le Monde' a également catalogué Mme Lambert : elle serait "proche de la Fraternité Saint-Pie-X", en d'autres termes, le péché originel pour la plupart des grands médias. Et quand bien même elle se rendrait régulièrement à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, en quoi sa proximité du mouvement lefebvriste devrait-elle être mentionnée ? Cela ne regarde qu'elle ! Lorsque tel ou tel ministre s'exprime, personne ne vient rappeler qu'il est proche de telle ou telle loge. Certains journalistes devraient cesser toutes connotations qui, non sans perfidie, orientent le lecteur vers des conclusions à l'emporte-pièce.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 20/05/2019

REIMS

> J'ai pris une décision :
Insérer dans mon portefeuille une carte stipulant que quoiqu'il m'arrive je refuse d'être soigné dans un hôpital de la région rémoise.
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Écrit par : franz / | 20/05/2019

EN BELGIQUE

> En Belgique, on a parlé de "catholiques conservateurs" dans les médias...
Ph. de Visieux: la Belgique, je pourrais vous en parler mais je ne sais pas par où commencer... Dans mon pays euthanasié, euthanaziste, si vous n'avez pas fait de déclaration anticipée (euthanasie, acharnement thérapeutique,..), ce sont vos proches qui guident la décision du médecin en fonction de la description qu'ils font de vous (c'est ce qu'expliquait en radio un "médecin" pratiquant ce genre de mises à mort). En gros, si vos proches sont pro-euthanasie vous risquer d'être vite piqué... Chez nous, il y a un prêtre (Gabriel Ringlet) qui accompagne le genre de démarche que vous décrivez. Il est l'invité chouchou des médias où sur un ton sirupeux, il nous présente cela comme le summum de la spiritualité et du soin aux personnes (ce Monsieur souhaite également qu'on ouvre les lieux de culte catholiques à des éventuelles cérémonies athées)...
Aujourd'hui, en écho au cas V. Lambert, une émission radio où les auditeurs on la parole (type Bourdin mais en plus vulgaire) était présenté le cas d'une maman qui veut qu'on euthanasie son fils (qui n'a fait aucune demande anticipée) de 30 ans, l'hôpital refuse et mis sous pression par cette dame, les médecins l'auraient traité d'assassine (et ce qui est suggéré c'est les salauds, ils n'ont même pas le bon cœur de l'achever, en plus ils insultent sa maman)... Vous voyez où l'on en est...
Vous qui prierez pour M. Lambert, n'hésitez pas à avoir quelques mots au Seigneur pour mon triste petit pays. Merci
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Écrit par : Raphaël R. / | 20/05/2019

MACRON

> Le communiqué du Président de la République ( https://www.facebook.com/EmmanuelMacron/posts/2438951309670774 ), sur son compte Facebook hier, sent son Ponce Pilate (Mt 27,24).
En effet, M. Macron, après avoir montré ses muscles (Pilates oblige !) en validant le travail des experts et le choix de l’épouse de Vincent Lambert, puisqu’elle est « sa tutrice légale », oublie dans la seconde ce qu’il vient d’énoncer (la loi du « en même temps »), pour déclarer : « (…) je n'ai pas à m’immiscer dans la décision de soin et de droit qui a été prise dans le cas de Vincent Lambert. Juste à réaffirmer les principes fondamentaux qui tiennent notre Nation et prévalent sur toute autre considération : le combat pour la vie, le respect de la mort, la protection de chacun. »
Le combat pour la vie, la protection de chacun font partie du bien commun de notre société appuyée sur ses fondements judéochrétiens. Mais « le respect de la mort »… je me demande quel sens peut avoir cette déclaration d’allégeance du chef de l’Etat à la mort. Le Président de la République s’incline devant la Faucheuse, cela le regarde… mais que faut-il en penser dans le cas de Vincent Lambert, où ladite Faucheuse a les visages et les mains de certains de ses proches et des membres de l’équipe soignante qui, il est vrai soutenus par de nombreux partisans de l’euthanasie, avaient décidé la semaine dernière de sa mise à mort ?
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Écrit par : Denis / | 21/05/2019

à Raphaël :

> Le prêtre belge que j'évoquais, missionnaire en Chine depuis un demi-siècle, n'était pas plus choqué que cela devant la requête du couple demandant à mourir : "ben oui, c'est comme ça", etc. Il y a trois jours, Taïwan était le premier territoire d'Asie à légaliser le mariage homosexuel ; au téléphone, ce même prêtre tenait un discours de même nature ("c'est comme ça, après tout c'est le Parlement qui décide", "les chrétiens sont une petite minorité à Taïwan", etc.).
Je lui ai répondu qu'en chrétiens qui croyons que le Christ est le Chemin, la Vérité et la Vie, il ne faut jamais cesser de témoigner contre toute évolution de la société qui nous apparaîtrait contraire au message évangélique.
Le vice-président taïwanais est un catholique qui communie paraît-il tous les matins : comment peut-il cautionner cette victoire du lobby LGBT ? Il n'a pas émis la moindre critique, la moindre réserve ; silence également du côté de l'épiscopat. Est-ce cela, se dire disciples du Christ ?
Le message de Mgr Aupetit, le communiqué de la CEF, la position de l'archevêque de Reims me semblent correspondre bien davantage à ce que l'Église se doit d'être dans toute société : une boussole rappelant l'enseignement évangélique, en particulier lorsque cet enseignement s'oppose à certaines évolutions économiques, sociales ou "sociétales".
Cela demande du courage, mais n'oublions pas que le Christ nous a demandé de refuser toute passivité : "malheur à moi si je n'annonce pas l'Évangile" !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 22/05/2019

INTÉGRISTES

> Dommage que cette belle déclaration ne soit pas intervenue il y a quelques années quand on avait interrompu une première fois l'alimentation de VL. L'anomalie de sa situation, justement pointée par la CEF, remonte à l'origine.
Il ne faut pas s'étonner que les milieux intégristes se soient introduits dans ce vide. Les pauvres parents Lambert ont pris les appuis qu'ils trouvaient.
C'était aussi un sujet anthropologique, donc capital, pour rencontrer la périphérie intégriste.

PH


[ PP à PH – Non : les parents Lambert sont FSSPX. Et ne tombez pas dans le bishop-bashing familier à ces milieux. Quant à la "périphérie" à "rencontrer", quand elle s'appelle Civitas ! laissez-moi rire. Sans joie. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierre Huet / | 22/05/2019

@ PP

> Bashing? je ne pense pas.
de Bishops? pas spécialement des évêques. Du milieu dirigeant catholique français alors oui (ecclésiastiques, presse, mouvements) car il y a un délai de réaction et un pondération des termes sur les questions sociétales déplacés en regard de l'enjeu.
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Écrit par : Pierre Huet / | 22/05/2019

à Patrice :

> En ce qui concerne la FSSPX, hors du cas Lambert, savez-vous où en sont les négociations visant à leur retour dans le giron romain ? Il y a quelques années, on disait Mgr Fellay plutôt ouvert sur la question, mais il a été remplacé par un prêtre italien qui semble beaucoup moins enthousiaste : est-ce à dire qu'il ne faut rien espérer pour les mois ou les années à venir ?

PV


[ PP à PV – Le pape François, large d'esprit, est prêt à faire une place à Rome à la FSSPX en dépit de ses positions absurdes sur l'Eglise (passée, présente et à venir). C'est la FSSPX qui est réticente, pour une raison bien concrète : en cas de retour dans le giron romain, elle perdrait la moitié de ses adhérents ! N'oublions pas qu'au bout de presque cinquante ans c'est devenu une secte : ceux qui sont nés dedans ne voient pas pourquoi il faudrait "renoncer à notre identité" en faisant allégeance aux "franc-maçons modernistes du Vatican". ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 23/05/2019

à Patrice :

Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi la frange 'pro-Rome' au sein de la FSSPX ne rejoignait pas la fraternité Saint-Pierre, qui est un copier-coller de la FSSPX mais en communion avec Rome (acceptation du Concile et reconnaissance de l'autorité pontificale). Si Fellay, par exemple, rejoignait la FSSP, cela aurait sans doute l'effet d'une bombe à Écône. Comment des gens que la rupture de communion blesse peuvent-ils demeurer dans une institution schismatique, alors que la solution existe déjà (la FSSP) ?

PV


[ PP à PV – Entre FSSPX et FSP il y a des animosités de personnes. Situation comparable du côté d'instituts religieux officiellement "dans les clous", mais en réalité proches du cardinal Burke, et qui font des voeux pour un prompt changement de pape...
Seules ces questions épidermiques empêchent la constitution (ce qu'à Dieu ne plaise) d'un front uni des bergogliophobes, avec une coloration politique sous-jacente mais très marquée. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 24/05/2019

à Patrice :

> Parmi les instituts dans les clous mais ambigus dans leur communion avec le successeur de Pierre, que penser des Missionnaires de la Miséricorde divine ? Un prêtre français en Chine, plutôt 'tradi', m'en parlait souvent, surtout en ce qui concerne l'évangélisation des musulmans qui est l'une des missions que la congrégation s'est donnée. Le supérieur, le P. Fabrice Loiseau, est un ancien FSSPX, rallié à la FSP après le schisme de 1988 : il doit donc être persona non grata à Écône.
Faire connaître la foi chrétienne aux musulmans n'est pas une mauvaise chose, bien au contraire, mais à condition qu'il s'agisse bien d'évangélisation, non d'un prosélytisme abandonné par le Concile. J'espère qu'il en est ainsi et que Mgr Rey veille à ce que le dialogue ainsi engagé avec les musulmans ne comporte aucune espèce d'animosité ou de dénigrement à leur égard : « les chemins de la mission ne passent pas par le prosélytisme » a rappelé tout récemment le pape François.

PV


[ PP à PV – Je connais l'abbé Loiseau ; ce n'est pas un homme d'animosité. Ce que je ne connais pas (ne l'ayant pas vu depuis plusieurs années), c'est son attitude envers le pape. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 25/05/2019

BISHOP-BASHING

> Une réitération musclée et concise de cette déclaration serait bienvenue ces jours-ci car on commence par ci par là à accuser l'Église de passivité face à l'arrêté des soins procurés à ce pauvre homme.

PH


[ PP à PH – Au lieu de s'en prendre sempiternellement aux évêques comme s'ils étaient maîtres du jeu (alors que leur influence est très faible dans un pays déchristianisé à 90 %), les perpétuels accusateurs feraient mieux de méditer :
1. ce que la CEF a déjà dit,
2. ce que la mère de VL vient de déclarer. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierre Huet / | 09/07/2019

à PP et PH

> Et la déclaration des évêques en mai n'a eu aucune influence, comme la suite l'a montré.
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Écrit par : Amicie Terray / | 09/07/2019

@ Amicie Terray et PP

> Exact. Document complet qui était indispensable mais qui aurait du être accompagné d'un texte plus percutant pour le grand public et la presse.
Est-ce parce que la rédaction des documents de la CEF est collective que le style en est si morne et besogneux? Individuellement, nos évêques savent étre clairs et directs. Qu'est-ce qui cloche dans le fonctionnement collégial ?
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Écrit par : Pierre Huet / | 09/07/2019

à Patrice :

> À noter que la mère de Vincent Lambert a annoncé ne pas déposer de recours car l'état de son fils ne permet plus d'envisager un rétablissement en cas de reprise des soins. L'épiscopat n'a donc plus à s'exprimer, la décision ayant été prise par les parents Lambert devant l'irréversibilité de l'état physique de leur fils.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 10/07/2019

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