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02/05/2019

Lassant : les rumeurs infondées de M. Castaner

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Le titre d'une chaîne d'info : un raccourci ravageur... mais inexact

Et maintenant le fake de La Pitié-Salpêtrière... L'attitude hier du ministre de l'Intérieur (imitée par le Premier ministre !) gêne aujourd'hui la ministre de la Santé et les leaders de la majorité. Le comportement de M. Castaner devient un problème politique :


 

Le 1er mai vers 17 h, le ministre de l'Intérieur lance une rumeur propre à tétaniser l'opinion : des gilets jaunes casseurs auraient envahi – pour "l'attaquer" – le bâtiment d'un service de réanimation de l'hôpital de La Pitié Salpêtrière. Après l'avoir affirmé à la télévision, M. Castaner le redit sur Twitter : "Ici, à la Pitié-Salpêtrière, on a attaqué un hôpital. On a agressé son personnel soignant. Et on a blessé un policier mobilisé pour le protéger. Indéfectible soutien à nos forces de l’ordre : elles sont la fierté de la République."  Le soir, M. Castaner renchérit en affirmant que l'hôpital a subi "une attaque par des black blocs".

Attaquer un hôpital ? Information de cauchemar pour les bonnes gens ! De  quoi courir se réfugier entre les bras du parti de l'Ordre, à trois semaines des élections européennes... Le Premier ministre Edouard Philippe, sans vérifier ce qu'affirme M. Castaner, s'empresse d'abonder dans le même sens.

Or ce que dit M. Castaner ne tient pas debout. Il n'y a pas eu d'attaque de La Pitié. On le sait depuis ce matin : les quelques dizaines de manifestants (fuyant les gaz) qui ont pénétré dans l'enceinte de l'hôpital, ne semblent pas différents de la trentaine d'autres qui ont été admis  (pour gazage) au service des urgences du même hôpital. Témoignage d'un professeur : "Ma nièce, qui manifeste toujours le 1er mai, était avec un groupe d'étudiants en médecine et en économie. C'était le chaos avec les gaz lacrymogènes, elle a voulu se mettre à l'abri, elle est entrée dans l'hôpital par une grille qui était déjà ouverte..."

Cette grille venait d'être ouverte, dans une ambiance de panique, par d'autres manifestants ordinaires : des gens cherchant à échapper à l'encerclement des CRS et à la lourde nappe de gaz.  Syndicalistes et gilets jaunes, ni "masqués" ni "cagoulés", ces manifestants étaient ainsi passés du boulevard à la chaussée intérieure desservant les 90 bâtiments de La Pitié. Au bout de quelques minutes, pressés de nouveau par les CRS, vingt ou trente de ces fuyards ont vu un escalier, l'ont gravi jusqu'à une passerelle et ont tapé à une porte en criant qu'on leur ouvre... Dans un évident énervement mais sans violence, comme le montrent les vidéos.

C'était un service de réanimation. Le personnel soignant a donc bloqué la porte en criant : "Attention, ici il y a des patients" – sans pour autant se sentir attaqué, témoigne l'infirmier Mickaël : "Ces personnes voulaient-elles agresser ou seulement échapper à quelque chose ? on comprenait leur détresse mais on ne savait pas leur intention..."

Un autre infirmier, Jérôme : ":C'était plus un état de panique, la peur de se faire taper, de recevoir quelque chose de la police, qu'une attaque. On a vu une foule courir vers nous, en stress, et monter les marches. C'est là que nous avons décidé de fermer les portes. Il y en a quelques-uns qui ont essayé d'ouvrir mais après ça a été plutôt calme parce que les gens ont compris qu'ils tombaient dans un service de réanimation et qu'ils ne pouvaient pas entrer tous comme ça. Donc ils ont préféré calmer les choses... La police est intervenue, à son tour très calmement. Ils ont fait descendre très calmement les gens".

Michaël Sebban, interne de réanimation : "Il y a cinquante personnes qui disent 'Ouvrez la porte, ouvrez la porte'. Nous on leur répond 'Non, c'est une réanimation, on ne peut pas vous faire entrer, c'est impossible'... Ça a duré moins de cinq minutes, on a essayé d'empêcher les gens d'entrer dans la réanimation..."

Et une aide-soignante : "On ne s'est pas senti agressés plus que ça... Ça s'est calmé très vite, les forces de l'ordre ont été efficaces." Trois minutes après le début de l'incident, en effet, une colonne de CRS pénétrait  à son tour par la grille et arrêtait trente personnes dont la jeune nièce du professeur : on parla de la mettre en examen (elle et les autres) pour "attaque en bande organisée, intrusion et dégradations dans un lieu public" . En fait, souligne le professeur, "elle ne savait pas du tout où elle était : elle a juste voulu se réfugier, et c'est impensable que ces jeunes-là attaquent un hôpital !".

Aujourd'hui Mme Buzyn (alarmée par le risque de dégât politique) tient un autre langage que son collègue de l'Intérieur : "Je ne peux pas qualifier les circonstances... L'enquête nous dira à quel point des personnes ont voulu entrer dans l'hôpital...", etc.

Et Martin Hirsch, directeur général de l'AP-HP, revenant sur sa première déclaration prématurée : "Je ne sais pas si c'est une invasion d'hôpital ou s'ils fuyaient quelque chose."

Le ministre de l'Intérieur s'est-il comporté une fois de plus de façon erratique, comme naguère son prédécesseur M. Valls ?  Cet homme en fait trop. Mais de l'avis des syndicats de police, il n'en fait ("en même temps") pas assez... Comme le murmurent une partie de ses collègues, "Castaner est une faute de casting" – ce qui révèle la faible marge de choix du président de la République.

 

 

 

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17:21 Publié dans Macron | Lien permanent | Commentaires (8)

Commentaires

ETYMOLOGIE

> Entre castagne et castagnettes, il n’a de cesse de nous en remontrer ! Mais c’est tout de même dans la distribution et la récolte de châtaignes qu’il brille le plus : du reste, http://www.etymo-logique.com/le-mot-du-jour/castaner-christophe/ … c’était écrit !
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Écrit par : Denis / | 02/05/2019

VOIR

> Il fallait voir l'air godiche-emmerdée de Marie Lebec, porte-parole LREM tout à l'heure !
"Oui bon d'accord peut-être il n'y avait pas eu d'agression des soignants ni d'invasion de la réa, mais tout de même quoi on avait forcé la chaîne qui fermait la grille sur le trottoir..." Houlala.
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Écrit par : Amicie Terray / | 02/05/2019

CES MESSIEURS DE LA CASTAGNE

M. Castaner n ‘est pas seul en cause. La parole présidentielle, tout autant que gouvernementale, est démonétisée. L’action de l’exécutif, police et justice en tête, pour restreindre les libertés publiques ne cesse d’être dénoncée. Par exemple, ici : https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/gilets-jaunes-la-volonte-dempecher-de-manifester-a-toujours-ete-la … « Aujourd'hui, déclare l’avocat Arié Alimi, membre de la Ligue des droits de l’Homme, les juridictions considèrent qu'à partir du moment où il y a des gaz [lacrymogènes], vous devez quitter la manifestation ».
Apparemment, c’est ce qu’ont voulu faire les gilets jaunes incriminés de la Pitié-Salpêtrière… mais ces messieurs de la Castagne les ont rattrapés !
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Écrit par : Denis / | 02/05/2019

> Quand est-ce qu'elle s'effondre la flèche de la Place Beauvau ?
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Écrit par : Yvan / | 02/05/2019

> A écouter France Info ce matin, les infirmières parisiennes aux Thermopyles, Leonidas il aurait eu la honte.
(Ceci dit, je suis persuadé que ce sont des valeureuses)

Y.


[ PP à Y. – J'ai surtout entendu réfuter la version Castaner, et durement ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : Yvan / | 02/05/2019

COMPLOT

> À chaque fois que le gouvernement est mis devant ses mensonges ou les preuves de ses dérives autoritaires, la réponse est : "L'enquête est en cours". C'est-à-dire ici : "On a l'impression qu'il ne s'est rien passé mais on finira bien par vous révéler un abominable complot anti-républicain qui a été déjoué par Castaner."
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Écrit par : Guadet / | 03/05/2019

ENCORE VERS 9 h

> Je suppose qu'ils ont dû retourner leur veste assez vite dans la matinée. J'écoute France-Info le soir avant d'éteindre, et aussi en guise de réveil-matin (6h30), puis je passe sur France-Inter dans la bagnole. J'ai peut-être pu aussi mélanger les deux.
Ceci était encore d'actualité chez France-Info début de matinée le 2 mai vers 9h :
https://www.liberation.fr/amphtml/checknews/2019/05/02/pitie-salpetriere-france-info-a-t-il-illustre-l-intrusion-avec-une-photo-de-casseurs-attaquant-un-co_1724463?__twitter_impression=true
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Écrit par : Yvan / | 04/05/2019

CHAÎNES

> A propos du rôle des chaînes d'info continue :

http://www.letempsdypenser.fr/face-a-bfm-tv-que-disent-les-baptises/
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Écrit par : Louis Charles / | 06/05/2019

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