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20/04/2019

Samedi saint

Marie.jpg

Douleur des disciples. Souci des pontifes. Neutralité de Pilate :


Le lendemain, les grands prêtres vont de leurs résidences au prétoire ou à la forteresse Antonia – trajet bref donc religieusement licite pendant le sabbat – pour reparler à  Pilate. Selon Matthieu 27,57, ils l'abordent en l'appelant "Seigneur" (leur vassalité s'est aggravée la veille avec le "nous n'avons d'autre roi que César"). C'est pour lui exposer leur nouveau problème : "Cet imposteur a dit de son vivant : 'Trois jours après je ressusciterai'. Alors, donne l'ordre que le sépulcre soit surveillé jusqu'au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent voler le corps et ne disent au peuple : 'il est ressuscité d'entre les morts'. Cette dernière imposture serait pire que la première."  Les grands prêtres connaissent la prophétie de la résurrection, sans doute par Judas [*] lorsqu'il est venu faire défection auprès d'eux... Les ennemis de Jésus l'assimilent à un "faux prophète" condamnable selon la Loi pour "tentative de mener Israël dans une direction impie". Ils craignent surtout, comme leurs nouveaux alliés pharisiens, de voir surgir un judaïsme déviationniste (qui saperait le très profitable système du Temple) : une sorte d'essénisme de masse qui aurait prise sur les foules contrairement à la secte de Qumrân, comme le Baptiste avait commencé à le faire...

Le préfet romain n'a que faire de ces problèmes internes du judaïsme. Il répond laconiquement  aux grands prêtres : “Vous avez une garde. Organisez la surveillance comme vous l'entendrez !" Des exégètes du XXe siècle voulaient voir dans cette formule "une revanche de Pilate" : mais quelle revanche aurait-il à prendre si c'est lui qui a gagné la partie la veille ?  (cf. ici note d'hier). Pilate a bien voulu condamner Jésus sous un prétexte judiciaire romain... dès que les grands prêtres ont eu proclamé en public leur vassalité impériale. Mais ce qu'ils lui disent ce samedi matin n'a rien à voir avec les lois de Rome. Sa réponse semble donc vouloir dire : "Vos gens se racontent des histoires de magie ? Faites ce que vous voudrez. Ne me demandez pas de me charger de ça aussi."

 

Le corps de Jésus repose dans le tombeau.

Le temps est suspendu.

jésus-christ

 

[*]  Selon Matthieu 20,19, cette prophétie fut faite par Jésus devant "les douze disciples". Dont évidemment Judas.

 

 

Commentaires

LE SALUT

> Drame pour tous les temps : l'union des clans contre le bouc émissaire. Jésus porte ce drame jusqu'à sa signification ultime qui est en même temps la porte du Salut.
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Écrit par : PP / | 20/04/2019

Samedi Saint

> Homélie sur l’ensevelissement du Christ (extraits) de St Epiphane de Salamine, évêque (mort en 406)

"Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le Roi dort. La terre a tremblé et s’est calmée parce que Dieu s’est endormi dans la chair et qu’il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles. Dieu est mort dans la chair et les enfers ont tressailli. Dieu s’est endormi pour un peu de temps et il a réveillé du sommeil ceux qui séjournaient dans les enfers…
Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Il va, pour délivrer de leurs douleurs Adam dans ses liens et Eve, captive avec lui, lui qui est en même temps leur Dieu et leur Fils. Descendons donc avec lui pour voir l’Alliance entre Dieu et les hommes… Là se trouve Adam, le premier Père, et comme premier créé, enterré plu profondément que tous les condamnés. Là se trouve Abel, le premier mort et comme premier pasteur juste, figure du meurtre injuste du Christ pasteur. Là se trouve Noé, figure du Christ, le constructeur de la grande arche de Dieu, l’Eglise… Là se trouve Abraham, le père du Christ, le sacrificateur, qui offrit à Dieu par le glaive et sans le glaive un sacrifice mortel sans mort. Là demeure Moïse, dans les ténèbres inférieures, lui qui a jadis séjourné dans les ténèbres supérieures de l’arche de Dieu. Là se trouve Daniel dans la fosse de l’enfer, lui qui, jadis, a séjourné sur la terre dans la fosse aux lions. Là se trouve Jérémie, dans la fosse de boue, dans le trou de l’enfer, dans la corruption de la mort. Là se trouve Jonas dans le monstre capable de contenir le monde, c’est-à-dire dans l’enfer, en signe du Christ éternel. Et parmi les Prophètes il en est un qui s’écrie : "Du ventre de l’enfer, entends ma supplication, écoute mon cri !" et un autre : "Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur, écoute mon appel !" ; et un autre : "Fais briller sur nous ta face et nous serons sauvés…"
[…]
Mais, comme par son avènement le Seigneur voulait pénétrer dans les lieux les plus inférieurs, Adam, en tant que premier Père et que premier créé de tous les hommes et en tant que premier mortel, lui qui avait été tenu captif plus profondément que tous les autres et avec le plus grand soin, entendit le premier le bruit des pas du Seigneur qui venait vers les prisonniers. Et il reconnut la voix de celui qui cheminait dans la prison, et s’adressant à ceux qui étaient enchaînés avec lui depuis le commencement du monde, il parla ainsi : "J’entends les pas de quelqu’un qui vient vers nous." Et pendant qu’il parlait, le Seigneur entra, tenant les armes victorieuses de la croix. Et lorsque le premier Père, Adam, le vit, plein de stupeur, il se frappa la poitrine et cria aux autres : "Mon Seigneur soit avec vous !" Et le Christ répondit à Adam : "Et avec ton esprit." Et lui ayant saisi la main, il lui dit : "Eveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera." Je suis ton Dieu, et à cause de toi je suis devenu ton Fils. Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Relève-toi d’entre les morts, je suis la Vie des morts. Lève-toi, œuvre de mes mains, toi, mon effigie, qui a été faite à mon image. Lève-toi, partons d’ici, car tu es en moi et je suis en toi... A cause de toi, moi ton Dieu, je suis devenu ton fils ; à cause de toi, moi ton Seigneur, j’ai pris la forme d’esclave ; à cause de toi, moi qui demeure au-dessus des cieux, je suis descendu sur la terre et sous la terre. Pour toi, homme, je me suis fait comme un homme sans protection, libre parmi les morts. Pour toi qui es sorti du jardin, j’ai été livré aux juifs dans le jardin et j’ai été crucifié dans le jardin…
[…]
Regarde sur mon visage les crachats que j’ai reçus pour toi afin de te replacer dans l’antique paradis. Regarde sur mes joues la trace des soufflets que j’ai subis pour rétablir en mon image ta beauté détruite. Regarde sur mon dos la trace de la flagellation que j’ai reçue afin de te décharger du fardeau de tes péchés qui avait été imposé sur ton dos. Regarde mes mains qui ont été solidement clouées au bois à cause de toi qui autrefois as mal étendu tes mains vers le bois… Je me suis endormi sur la croix et la lance a percé mon côté à cause de toi qui t’es endormi au paradis et as fait sortir Eve de ton côté. Mon côté a guéri la douleur de ton côté. Et mon sommeil te fait sortir maintenant du sommeil de l’enfer. Lève-toi et partons d’ici, de la mort à la vie, de la corruption à l’immortalité, des ténèbres à la lumière éternelle. Levez-vous et partons d’ici et allons de la douleur à la joie, de la prison à la Jérusalem céleste, des chaînes à la liberté, de la captivité aux délices du paradis, de la terre au ciel. Mon Père céleste attend la brebis perdue, un trône de chérubin est prêt, les porteurs sont debout et attendent, la salle des noces est préparée, les tentes et les demeures éternelles sont ornées, les trésors de tout bien sont ouverts, le Royaume des Cieux qui existait avant tous les siècles vous attend."

(Extraits tirés du 'Lectionnaire patristique pour les dimanches et pour les fêtes' de Jean-René Bouchet, Cerf, pp. 186-189)
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Écrit par : Michel de Guibert / | 20/04/2019

À TOUS – UBI CARITAS...

> Une belle fête de la Résurrection à vous, Patrice, aux vôtres et à toutes celles et tous ceux qui participent à votre blog.
Tout en gardant en mémoire les images terrifiantes de lundi dernier, permettez-moi de partager en ce jour de joie et d'espérance l'un de mes morceaux favoris :

https://youtu.be/l1BTWCpEFRQ

Ubi caritas, Deo sibi est.
Là où sont la charité et l'amour, Dieu est présent.

PV


[ PP à PV – Joyeuses Pâques à vous et à tous les vôtres ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 21/04/2019

ILS EXAGERENT

>https://www.nouvelobs.com/idees/20190421.OBS11889/pape-cont re-pape-la-guerre-civile-monte-d-un-cran-au-vatican.html

Marco Politi exagère lorsqu'il parle de guerre civile "pape contre pape" : si Ratzinger avait voulu critiquer son successeur, il n'aurait pas conclu son analyse par "merci Saint-Père". Qu'il y ait une lutte entre conservateurs et pro-François, c'est une évidence, mais que l'on ne cherche pas à instrumentaliser ainsi le pape émérite qui n'a pas été "poussé psychologiquement par le milieu théologique conservateur". Benoît XVI est au-dessus de tout cela !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 21/04/2019

> Merci Philippe de Visieux.
Ce motet de Maurice Duruflé "Ubi Caritas" sur le thème grégorien est une pure merveille.
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Écrit par : Michel de Guibert / | 22/04/2019

à Michel de Guibert :

> Superbe en effet. Je l'ai découvert en 2010 lorsque Benoît XVI a chanté les vêpres à Westminster avec l'archevêque Rowan Williams : les anglicans nous font parfois découvrir des trésors enfouis de musique française !
Je vous recommande les trois autres motets grégoriens de Duruflé, également composés en 1960.
Toujours dans le chapitre musical et sans vouloir faire d'anti-américanisme primaire, j'ai été assez étonné que la vigile pascale à la dorénavant 'cathédrale' Saint-Sulpice comporte un chant en... anglais. Nous avons un répertoire considérable en français ou en latin, pourquoi ne pas y puiser, a fortiori durant la plus sainte nuit de l'année liturgique ?

PV


[ PP à PV – Cette manie se répand. Dans ma paroisse on chante 'Bless my soul, O Lord' ! L'anglais est de plus en plus la langue suzeraine ; la bourgeoisie catho croit que les cathos américains sont notre suzerain spirituel... 'Hack my church, wahoo !']

réponse au commentaire
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 24/04/2019

à Philippe de Visieux

> Oui, les quatre motets de Duruflé sur des thèmes grégoriens sont tous très beaux, notamment le "Tota pulchra es Maria" pour voix de femmes, mais j'ai une tendresse particulière pour le "Ubi Caritas", que j'ai eu la joie de chanter à diverses reprises !
Une autre belle version : https://www.youtube.com/watch?v=8Q4rcqJEAI8
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Écrit par : Michel de Guibert / | 24/04/2019

@ PV

> "Nous avons un répertoire considérable en français" ? Ben non, justement, le répertoire en français est extrêmement pauvre.C'est bien le problème.
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Écrit par : Hélène / | 25/04/2019

@ Hélène

> Je m'inscris en faux contre votre assertion !
Sans même parler des œuvres plus anciennes, le répertoire liturgique en français, loin d'être pauvre, est considérable, je pense en particulier à l’œuvre considérable et trop méconnu du Père André Gouzes, o.p. (Sylvanès), la "Liturgie chorale du Peuple de Dieu".

MG


[ PP à MG – Cette histoire de "pauvreté" et de "chansonnettes" est un slogan des années 1970 encore en usage chez ceux qui ne fréquentent pas les paroisses ordinaires. Il y a peut-être encore des lieux à la traîne, mais aux messes dominicales auxquelles je participe, en diverses régions, le répertoire est abondant et les paroles beaucoup plus bibliques et mystiques que naguère. Le problème est du côté des mélodies : la vogue actuelle du saccadé-syncopé me paraît anti-liturgique au possible, et contredisant l'esprit des paroles... Mais c'est l'influence des évangéliques. ]

réponse au commentaitre

Écrit par : Michel de Guibert / | 26/04/2019

à PP

> Complètement d'accord avec vous.
Pour qu'un chant liturgique soit de qualité, il faut un texte de qualité enraciné dans la Parole de Dieu, une musique de qualité, et une adéquation de la musique au texte.
C'est ce dernier point qui pèche souvent, notamment dans l'abondante production du Renouveau charismatique.
Et c'est au contraire cette triade qui fait toute la valeur du répertoire de Gouzes.
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Écrit par : Michel de Guibert / | 26/04/2019

à Hélène :

> Je rejoins Michel : la seule œuvre du frère Gouzes suffit à élever l'âme, musicalement parlant bien sûr. Inutile d'aller chercher dans le répertoire anglophone, sauf peut-être après traduction des paroles, ce qui me semble être le minimum ?
J'écoute souvent ces psaumes, superbement chantés ; ils sont souvent repris à Saint-Gervais (et sans doute aussi au Mont Saint-Michel) par les Fraternités monastiques :

https://www.youtube.com/playlist?list=PL1nL8HRRj6UOye08ZD3zRY8iwawovN67h
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 27/04/2019

à Philippe de Visieux

> Oui, c'est bien cela qui nous a conduit à adopter et à servir l’œuvre du frère Gouzes avec la Schola Saint Martin, notre chorale liturgique :
http://scholasaintmartin.free.fr
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Écrit par : Michel de Guibert / | 27/04/2019

MISE AU POINT

> Je me suis fait mal comprendre, désolée... Comme vous évoquiez le Ubi Caritas de Duruflé, je parlais évidemment de la musique savante, laquelle n'est pas destinée à être chantée par une assemblée mais par des chanteurs expérimentés. Et si on considère le répertoire de la Renaissance à nos jours, très peu d'oeuvres ont été composées en français. C'est un fait.
Pour ce qui est du répertoire liturgique actuel, Patrice, je suis complètement d'accord avec vous ! Je l'ai constaté moi-même dans ma paroisse et ailleurs. Le frère Gouzes, Taizé et les communautés nouvelles ont -me semble-t-il - beaucoup apporté.
Mais le défi pour les compositeurs de ce type de répertoire, c'est de composer des chants à la fois beaux et simples de sorte qu'ils puissent être chantés par des gens qui n'ont jamais appris à chanter. (parce qu'une messe n'est pas et ne doit pas être un concert, n'est-ce pas ?). Et dans un sens, c'est une vraie réussite.
Mais en même temps... Comment vous dire ? Ca dépend de la sensibilité et culture musicales de chacun aussi. Si vous assistez à des concours internationaux de chant choral par exemple où la musique sacrée a une large place, vous n'avez pas idée des merveilles que vous entendez. Et force est de constater que les anglais, les allemands, les scandinaves, les russes, les polonais etc. ont un répertoire considérable dans leur propre langue ! un répertoire qui traverse les siècles. Pas nous ! Pas nous ! On conçoit mal qu'un choeur viendrait y chanter du Gouzes ou des chants de l'Emmanuel !

Hélène


[ PP à Hélène – Il est certain que l'abandon complet du patrimoine choral dans la plupart des paroisses françaises à partir de 1970 fut un symptôme morbide : surtout quand on se souvient de ce qui prétendait le remplacer, et à quoi Gouzes et quelques autres ont voulu résister par une autre créativité.
Le vandalisme musical n'est plus de mise depuis vingt ans, mais il reste, en beaucoup de paroisses, un double problème : l'incompétence musicale et chorale des animateurs-animatrices, et la néomanie permanente qui pousse ceux-ci (celles-ci) à prétendre innover tout le temps ; ce qui les mène souvent à exécuter des solo... tout en donnant la cadence avec les mains à une assistance qui se tait, ne connaissant pas la nouvelle chanson.
Question mélodies : il y avait de belles choses fortes dans le répertoire des années 1950-1960 (avant la disruption de 1970) : pourquoi ne pas les retrouver, quitte à modifier les paroles ? Au lieu de copier-coller si souvent, par manque à la fois d'imagination et d'archives, le syncopé américain (anti-liturgique) ou les petites rondes ("hora") israéliennes, allègres mais peu appropriées ? ]
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Écrit par : Hélène / | 27/04/2019

à Hélène et à PP

> Dans les pays de tradition catholique comme majoritairement la France, contrairement aux traditions luthériennes, anglicanes ou réformées, il y a de fait peu d’œuvres en langue vernaculaire, ici en français, la plupart des compositions musicales étant en latin.
Les psaumes de Goudimel en français appartiennent à la tradition réformée.
En revanche le répertoire des compositeurs français en latin est d'une grande richesse !
Pour ce qui est du répertoire liturgique en français des années 50 et 60, il faut saluer le magnifique travail des précurseurs comme Joseph Gélineau et Lucien Deiss.
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Écrit par : Michel de Guibert / | 29/04/2019

à Hélène et Michel de Guibert :

> Dans la paroisse que je fréquentais en banlieue de Boston il y a quinze ans, tous les livres de chants possédaient des partitions : le fidèle moyen était censé avoir une connaissance minimale du solfège.
En France, on trouve également des partitions sur les feuilles de liturgie à Notre-Dame, mais rarement (à ma connaissance) dans les autres églises, en tout cas pas dans celles que je fréquente en Lorraine.
À Boston, le chef de choeur de la paroisse m'avait un jour précisé que la moitié des chants catholiques américains venaient en réalité des répertoires luthérien et anglican ; certains étaient de toute beauté, comme 'Be Thou my Vision' (d'origine irlandaise), 'Abide with Me' (qui était tellement apprécié du Mahatma Gandhi qu'il est joué à New Delhi à chaque fête nationale indienne) ou 'I vow to Thee, My Country'.
Un bel exemple de chant anglais traduit en français est 'Plus près de toi, mon Dieu' (joué sur le Titanic alors que le paquebot coulait), preuve qu'une translittération est possible au cas par cas... mais je ne l'ai jamais entendu chanté lors d'une messe en France.
Pour ce qui est du répertoire strictement français, avez-vous chanté 'Fais paraître ton jour' ou 'Partageons le pain du Seigneur' ? Ces deux morceaux appellent à la prière dans la poursuite méditative de la mélodie que l'organiste peut offrir, après la communion par exemple.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 30/04/2019

à Philippe de Visieux

> Dans les livres de chant des Eglises réformées, il y a en effet des partitions, et par extension sans doute dans les pays influencés par le protestantisme...
Je mets moi aussi toujours les partitions de quelques antiennes ou refrains sur les feuilles de chant que je prépare, mais je suis sans doute une exception...
Je connais les chants que vous citez même si je n'ai pas eu l'occasion de les chanter avec notre chorale.
Jacques Berthier était un bon musicien, sa production multiforme est inégale, cela dépend des auteurs des textes, je trouve ceux de Didier Rimaud un peu "recherchés", je préfère un enracinement plus limpide dans la Parole de Dieu.
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Écrit par : Michel de Guibert / | 30/04/2019

A Michel et alii

> Oui, c'est exactement ça. Il y a bien sûr une raison. Les protestants ont été tout de suite plus enclins à chanter dans leur propre langue. C'est pour cela que j'ai un peu tiqué en lisant votre remarque. Abondance d'oeuvres en latin, oui bien sûr ! En français, pas tant que ça.
J'ai constaté aussi une chose : dans le milieu choral comme dans l'ensemble de la société française, les chrétiens sont de moins en moins nombreux (je ne parle pas des chorales liturgiques évidemment), et les jeunes compositeurs et les jeunes chefs talentueux n'aiment pas et ne veulent pas composer ou interpréter des chants religieux en français. Bizarrement les compositeurs restent très attachés au répertoire sacré,mais ils préfèrent le latin ou toute autre langue en évitant soigneusement le français. Comme si (là c'est moi qui interprète) il voulaient mettre à distance le texte qu'ils mettent en musique.
Ce qui me fait ressentir parfois une certaine dissociation entre Foi et création musicale.
A part ça, je ne connais pas du tout le répertoire liturgique des années 50 et 60. Je vais aller voir... Merci à tous.
Pour Philippe, le psaume 31 par les moines d'en-Calcat en français... qui "élève l'âme" aussi. j'aime beaucoup. https://www.youtube.com/watch?v=HvEiba4JuNo
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Écrit par : Hélène / | 30/04/2019

à Hélène

> Oui, il est très étrange en effet que les musiciens et les auditeurs des concerts acceptent le chant sacré tant qu'il est en latin et que le texte leur est ainsi moins brûlant qu'un texte en français !
Il est vrai que le répertoire "sacré" représente plus de 90% des compositions et qu'il serait bien difficile de l'ignorer !

Merci pour le très beau psaume 30 (permettez-moi de garder la numérotation liturgique, qui est celle de la Bible grecque des Septante).
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Écrit par : Michel de Guibert / | 01/05/2019

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