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24/01/2019

Catholiques sociaux, donc pas "conservateurs"

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Pourquoi appeler "conservateurs" les signataires de l'Appel à un nouveau catholicisme social (ici, note du /01) ? Ce mot n'a pas de sens en ce qui les concerne. Ecoutez mon échange à Radio Présence avec Marie-Christine Monnoyer (Semaines sociales) et Marcel Rémon sj (Ceras-Projet) invités d'Emmanuel Pellat,

https://www.radiopresence.com/emissions/foi/vie-de-l-egli...

...et voyez le commentaire ci-dessous :


 

L'Appel à un nouveau catholicisme social, initiative de dix-neuf personnes, a irrité certains autres catholiques. Pourquoi ?  Ces derniers auraient pu prendre eux-mêmes l'initiative, dès le début du symptomatique conflit social en décembre... Ils ont préféré garder le silence. C'était un choix.

Ils sortent un peu de ce silence maintenant, mais pour critiquer l'Appel. Cette critique prend la forme de deux griefs contradictoires.

Grief  1 : ce texte aurait trop d'empathie envers les gilets jaunes, qui sont l'affreux parti du désordre.

Grief 2. : plusieurs signataires de l'Appel seraient d'infréquentables "conservateurs", ce qui expliquerait la présence des mots "nation" et "pays" dans le texte.

À leur source ces deux griefs ne sont pas si contradictoires que ça ; mais pour le comprendre il faut voir de quel "lieu" idéologique ils viennent.

► Prenons le grief 2. Selon l'usage des années 1985 etc, il juge qu'un texte se disqualifie en employant le mot "nation". C'est oublier qu'un recueil d'homélies du pape Bergoglio s'intitule La patrie est un don, la nation est un devoir ! Rappelons que : a) les "conservateurs" américains et leurs clones français détestent le pape Bergoglio ; b) réaliste donc évolutive, la notion bergoglienne du vivre-ensemble national n'a rien à voir avec un "conservatisme" trumpo-lepéniste ; c) mais le pape Bergoglio n'hésite pas à se servir des mots patrie et nation, en horreur à un milieu de "gauche libérale" catho. Pourquoi ce milieu en a-t-il horreur ? C'est son réflexe depuis les années 1970,  époque des (autrefois célèbres) "déjeuners du Petit-Riche" où se mettait en place un certain catho-progressisme de salles de rédaction à Paris ; souvenir qui ne rajeunit personne... Comme disait le général de Gaulle au sujet des notables de ce milieu : "ce n'est pas le patriotisme qui les étouffe."

► Le grief 1, typique de tous les "partis de l'Ordre" depuis 1830, pourrait paraître plus déconcertant, dans la mesure où ledit milieu catho-progressiste, de 1968 aux années 1980, fit métier de trouver "prophétiques" toutes formes de désordres sociaux et sociétaux... Mais justement ça n'a pas duré : au tournant des années 1980 – Delors et Lamy aidant – ces notables cathos sont devenus "sociaux-libéraux", c'est-à-dire libéraux modérés. Au nom du libéralisme européen ils ont abandonné un de leurs tropismes (le soutien aux luttes de classe), mais en ont gardé un autre (l'horreur envers l'idée de nation). Ce fut l'apothéose molle d'une "cogestion" cédétiste en cinquante nuances de gris, pendant laquelle s'installa l'ultralibéralisme. Suivirent trente années de demi-sommeil... Soudain nos Modérés, qui somnolaient maintenant aux pieds du chef de l'En-même-temps, sentent la terre trembler : fracture sociale et géographique, fureurs populaires !  Que dire ? Les catho-libéraux sont pris de court. Tout ce qu'ils professaient depuis trois décennies est balayé. C'est affolant.

Et voilà que d'autres cathos – ceux-là sceptiques envers les vertus sociales du libéralisme – appellent à renouer avec la doctrine sociale catholique, qui n'est pas libérale. C'est irritant.

 

Je comprends que les événements puissent irriter ceux qui n'aiment plus le nouveau. Mais de là à traiter de "conservateurs" ceux qui l'aiment !

Aimer le nouveau, ces temps-ci, c'est constater que la révolte d'une minorité d'indignés (approuvés par une majorité) est né des violences sociales de l'ultralibéralisme. C'est marcher avec le pape François, qui explique dans Evangelii gaudium et Laudato Si'  que l'ultralibéralisme et son "ruissellement" sont une idéologie, ne profitant pas aux populations mais juste à quelques-uns. La pensée sociale catholique préconise le remplacement de ce système par un autre modèle économique remettant les choses à l'endroit : proposition de changement radical qui ne saurait être qualifiée de "conservatrice", sauf si l'on dit n'importe quoi.

Voilà ce que je tiens à rappeler, au seuil de semaines de débats. Souhaitons que ces débats s'éloignent de la controverse pour se rapprocher du dialogue. Mais pour cela, débarrassons-nous des esprits de boutique et des réflexes d'avant-hier... Ce qui minait le catholicisme français dans certains secteurs (de droite et de gauche), c'était la préférence pour les opinions et/ou les intérêts de milieu, et c'était le mépris envers les positions socio-économiques du Magistère. L'heure est venue de venir à l'essentiel.

 

 

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Commentaires

LIBÉRAUX

> Je me désole de plus en plus d'une antenne, qui me fut chère, je m'étrangle de plus en plus le matin quand j’entends que leurs invités ou chroniqueurs viennent de VA ou de Contrepoints, "Catho-libéraux" vous avez dit ?
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Écrit par : Tangui / | 24/01/2019

SUR FACEBOOK

* Patrice de Plunkett : Finalement nos médias n'utilisent le mot "conservateur" (et forcément en mal) que pour stigmatiser toute critique envers les "nouvelles moeurs" privées. Et réduire le politique à des "prises de positions" (postures) au sujet de ces moeurs.
Se servir du mot "conservateur", en mal ou en bien, c'est donc adhérer au libéralement-correct qui tend à dissoudre le politique en le rabattant sur les questions de moeurs privées. (Au nom de la "modernité", bien sûr : en pour ou en contre, c'est l'enfumage).
D'où l'urgence de se débarrasser de ce mot. C'est, si j'ose dire, un bâton merdeux.

• Frederic Pichon : je ne vois pas en quoi la lutte contre l'avortement, la GPA la Pma ou la marchandisation de l'humain relèverait de la morale privée. On ne peut être écologiste sans s'intéresser à ce qui touche à la manipulation du vivant à commencer par l'humain.

• Patrice de Plunkett : Exact en théorie. Mais inexact en pratique, tant qu'une grande partie (sinon les neuf dixièmes) des manifestants adhèreront par ailleurs au système économique qui est le moteur de la marchandisation de l'humain...
Ces "luttes" commenceront à devenir crédibles du jour où elles auront clairement dénoncé le productivisme ultralibéral comme la cause déterminante, en dernière instance, des menaces sur l'humain.
Jusque là les luttes ne seront pas du tout des luttes : seulement des exercices de rue, sortes de pèlerinages qui s'enlisent tous les cinq ans dans des marécages politiciens. L'expérience parle assez clair pour que l'on commence à y réfléchir.
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Écrit par : PP / | 24/01/2019

à Tangui

> radio devenue une annexe des officines de droite libérale.
Il faut bien vivre, n'est-ce pas.
Au fait : depuis que Charles Beigbeder a lâché 'L'Incorrect', qui finance-t-il ?
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Écrit par : Jeanne Hachette / | 24/01/2019

LA SUITE

> Certains commentaires entendus sur des ondes pourtant familières évoquaient ce supposé conservatisme des signataires de l'appel. On pourrait leur donner raison si l'on considère comme Thatcher et Reagan qu'il n'y a pas d'alternative à l'ultralibéralisme : l'esprit d'union nationale qui, en 1945, donna naissance à la République sociale que nous connaissons relève pour ces gens, à l'évidence, d'un conservatisme rétrograde.
Or si l'on peut comprendre ça d'un Milton Friedman, on ne peut l'admettre d'un catholique, sinon de tout chrétien : la doctrine de l'Église n'a jamais validé l'ultralibéralisme, pas davantage qu'elle n'a accepté le communisme.
L'étiquette "catholique social" semble d'ailleurs être un beau pléonasme : il suffit de relire les évangiles pour se rendre compte que le chrétien doit avoir souci du petit et du pauvre, à défaut de tomber dans l'idolâtrie des biens de ce monde. Bravo encore aux signataires de ce courageux appel. Je me réjouis - pour répondre à l'un de ces commentaires peu amènes - qu'un membre du CERAS soutienne votre action.

PV


[ PP à PV – Les commentaires en question exprimaient sans doute une irritation passagère, et les contacts récents augurent mieux de la suite. Ceux qui malgré tout persisteraient à s'accrocher au libéralisme seront en porte-à-faux de façon trop visible pour que leur position soit tenable... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 24/01/2019

L'ESCABEAU DU PAPE

> PS. Excellente illustration ! S'agit-il d'un trompe-l'œil dans les rues de Rome ? Un seul garde suisse ne suffira pas à protéger le Saint-Père du "fumier du diable" qui a investi une partie des hautes sphères de l'Église. Reconnaissons pourtant que François a jusqu'à présent fait un sans faute... Deo gratias !

PV


[ PP à PV - Exactement : un trompe-l'oeil dans une rue de Rome. Beau talent de fresquiste. ]

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Écrit par : Philippe de Visieux / | 24/01/2019

DU 'SOULIER'...

> "Je comprends que les événements puissent irriter ceux qui n'aiment plus le nouveau. Mais de là à traiter de "conservateurs" ceux qui l'aiment ! "
> Claudel, Le Soulier de satin, III, 2 (1924) : "'J'aime les choses nouvelles', dit le vertueux Pedro. 'Je ne suis pas un pédant. Je ne suis pas un rétrograde. / Qu'on me donne du nouveau. Je l'aime. Je le réclame. Il me faut du nouveau à tout prix.' / Don Fernand.- Vous me faites peur ! / Don Léopold Auguste.- 'Mais quel nouveau ?' ajoute-t-il. 'Du nouveau, mais qui soit la suite légitime de notre passé. Du nouveau et non pas de l'étranger. Du nouveau qui soit le développement de notre site naturel. / Du nouveau encore un coup, mais qui soit exactement semblable à l'ancien !' / Don Fernand.- O sublime Guipuzcoan ! ô parole vraiment dorée ! je veux l'inscrire sur mes tablettes. / 'Du nouveau encore un coup, mais qui soit exactement semblable à l'ancien.' / Heureuse opposition de termes qui se contrepèsent ! Condiment de notre sagesse castillane ! Fruit d'un sol profondément pénétré de la culture classique ! Grappe de nos petits coteaux modérés !", etc.

Alex


[ PP à Alex - Oui, textes célèbres. Mais très ironiques... Donc : que voulez-vous dire dans le cas présent ? ]

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Écrit par : Alex / | 24/01/2019

BIO

Je n’ai pas de problème avec le qualificatif de « conservateur ». Si le « conservateur » est « bio », et notamment libre et vierge de toute pollution à « l’émancipation » de type « macronicien » (l’individu otage d’une pensée computative, esclave du conformisme ultralibéral qui détruit les solidarités sociales, nationales, spirituelles…), alors je suis conservateur.
______

Écrit par : Denis / | 24/01/2019

SÉRIEUX OU PAS

> Comme Denis, le qualificatif de "conservateur" ne me gêne pas, avec les mêmes hypothèses. A propos de "conservateur", j'ai entendu il y a deux semaines environ un "débatteur" du vendredi matin sur RND qualifier les signataires de l'"appel à un nouveau catholicisme social" de "conservateurs" et "identitaires" : ce monsieur pourrait quand même se renseigner un peu.
Cela posé, il est assez triste d'apprendre que certains catholiques font la fine bouche devant les signataires dudit appel, sous prétexte que ces derniers "seraient" ceci ou cela. Il sera utile de leur rappeler que c'est en ce moment la semaine de prière pour l'unité des chrétiens ; cette unité inclut bien celles des catholiques entre eux, non ?

SL


[ PP à SL – Des débatteurs qui ne travaillent pas les dossiers et racontent n'importe quoi au micro, c'est hélas banal. Mais il existe d'heureuses exceptions : rendez-vous vendredi prochain sur RCF à 9 h, ce sera un débat sérieux. ]

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Écrit par : Sven Laval / | 24/01/2019

CONSERVATISME

> Le catholicisme social, dès le XIXème siècle a toujours eu deux courants, un courant conservateur et un courant libéral.

MG


[ PP à MG :
– En 1899 le duc d'Orléans disait déjà : "Conservateur est un mot qui commence mal." Le "conservatisme" n'était déjà qu'un combat de retardement.
– Nous sommes maintenant au XXIe siècle : le mot "conservateur" (ayant perdu son sens d'autrefois) est devenu une arme des tenants du système, qui ne l'appliquent qu'au domaine "sociétal" c à d psycho-sexuel. Qu'on le veuille ou non, c'est ce dernier sens qui s'est imposé dans l'opinion. Utiliser le label "conservateurs" est donc contre-productif. ]

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Écrit par : Michel de Guibert / | 24/01/2019

EN BELGIQUE

> Récemment j'entendais notre cher premier ministre belge, le libéral Charles Michel, accuser le syndicat FGTB d'avoir fait preuve de conservatisme en utilisant l'arme (les mots sont choisis) de la grève...
Il est intéressant aussi d'écouter la réaction (mot ô combien dangereux lui aussi!) de Michéa lorsqu'on lui demande s'il est conservateur (comme Orwell se définissait lui-même) dans l'émission d'entretiens qui lui était consacrée récemment sur France Culture (écoutable sur le site de cette dernière).
______

Écrit par : Raphaël R. / | 25/01/2019

MOTS


> Conserver la belle diversité des espèces vivantes,
Conserver la beauté de nos paysages,
Conserver notre patrimoine architectural et artistique,

Conserver nos liens familiaux,
Conserver notre cohésion sociale,
Conserver nos libertés et notre indépendance,

Oui, je suis conservateur.

Et comme il me semble qu’ il y a bien des choses à réparer, je crains même d’être réactionnaire.

PH



[ PP à PH - Utiliser les mots de l'adversaire n'est jamais un bon calcul. C'est marquer contre vos propres buts. ]

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Écrit par : Pierre Huet / | 25/01/2019

CE MOT

> Extrait d’un courrier du séminariste parisien des Missions étrangères Théophane Vénard, au surlendemain du coup d’Etat de Louis-Napoléon, début décembre 1851.
Il s’efforce de rassurer ses proches sur sa situation dans Paris révolté. Et donc, il écrit :
« s’il y avait danger pour nous, il serait pour tout le monde, surtout pour les riches mauvais chrétiens ; car la classe ouvrière a été démoralisée par eux ; elle ne croit plus en Dieu, et elle veut jouir sur la terre ; et puisqu’elle ne possède rien, elle se révolte contre ceux qui ont. Pour remédier au mal, il faut que la France se convertisse, sinon Dieu permettra aux ouvriers, à ceux qui ne possèdent rien, d’être les instruments de sa vengeance tôt ou tard, demain ou dans cinquante ans. Nous devons donc, tous et chacun en particulier, nous efforcer de devenir meilleurs, et alors Dieu aura pitié de nous… »ù

Ma question, cher PP : diriez-vous que saint Théophane, prêtre des MEP, martyr au Tonkin en 1861, porte un regard de « conservateur » sur cet événement ? (« conservateur » dont il a toute la panoplie, morale et intellectuelle).
J’aime bien saint Théophane, et m’estime bien… veinard de l’avoir pour compagnon dans la Communion des saints.

D.


[ PP à D. - Mais pourquoi le dirais-je, alors que je milite pour que l'on n'utilise plus ce mot absurde de "conservateur" véhicule de toutes les ambiguités ? "Chrétien catholique" me suffit parfaitement. ]

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Écrit par : Denis / | 25/01/2019

NOMBREUX

> "L'adversaire" au singulier ? Il y en a de nombreux, il faudrait créer un néologisme pour éviter les mots empoisonnés: révolution, progrès, humanisme même.
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Écrit par : Pierre Huet / | 25/01/2019

@ PP :

> le sens général de la scène, chez Claudel, est la satire des pédants, universitaires, grammairiens des XVIe et XVIIe siècles fermés à la nouveauté, autant pour la langue (l'import des langues indigènes dans l'espagnol du Nouveau monde) que pour les sciences (l'héliocentrisme, les baleines classées comme mammifères) ou en politique. "Je veux des hommes comme lui, résolument arrêté à ses frontières naturelles, aux frontières de notre Espagne dieudonnée ! / Vous dirai-je toute ma pensée ? l'Espagne se suffit à elle-même, l'Espagne n'a rien à attendre du dehors."
Claudel, comme Rodrigue, se veut au contraire l'homme de l'universel, catholique, unificateur de la terre dans la diversité de ses cultures, à la recherche de "la belle pomme parfaite", le globe entier sous le regard de Dieu.
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Écrit par : Alex / | 25/01/2019

"CONSERVER" ?

> L'homme de la parabole qui enterre son talent pour le retrouver intact quand le maître viendra le lui demander est un conservateur. Il y a de la révolte contre un dieu cruel derrière le conservateur, il y a de la révolte contre un dieu seul maitre du temps, où Adam déjà voulait le hâter pour goûter maintenant du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, le conservateur cherche à s'approprier le fruit de l'arbre de vie, et faire d'un maintenant idéalisé une éternité immobile: " ô temps suspends ton vol".
Au verbe conserver qui consiste à mettre en boîte afin de pouvoir consommer hors saison, à mettre en musée pour chosifier et momifier, à mettre en coffre pour thésauriser, tout cela dans le but d'accumuler des biens en les soustrayant à l'action du temps, en les retirant du flux de la vie,
préférons le mot préserver. On préserve le grain qui demain germera de la moisissure, on préserve la jeune pousse, qui demain sera le plus grand des arbres, du piétinement des troupeaux, on préserve l'enfant du froid et le vieillard de la chute. Non pour soustraire au temps, mais pour en faire le lieu hic et nunc de l'épanouissement de la grâce.
______

Écrit par : Anne Josnin / | 25/01/2019

@ P Huet

> Je vois ce que vous voulez dire. Mais…

- relativité
Les délires du pseudo progressisme amènent à penser que le passé, malgré tous ses défauts, valait mieux que ce pseudo-progressisme car au moins le passé n'allait pas jusqu'à rejeter jusqu'à la moelle de la nature. Rejet luciférien.
Certes, mais c'est un mieux relatif : le passé semble mieux parce que le pseudo-progressisme est pire ! or nous sommes appelés à la perfection.

- erreur de tactique qui entraîne une perte de la vision d’éternité ( ça fait grandiloquent, je sais)
Se définir conservateur c'est se réduire au combat défensif.
On "conserve" la nature en la faisant vivre, donc on ne reste pas dans une situation figée.
La vie est tout sauf figée, justement.
Le terme "conservatoire du littoral" par exemple résulte d'une mauvaise conception de l'écologie : ici on est d'accord pour conserver pourvu qu'on nous laisse bétonner ailleurs.
Non !
Nous ne conservons pas, nous faisons vivre, nous faisons la promotion de ce qui est naturel (la personne, la famille ), de ce qui est beau (notre culture) parce que le beau est le visage du bien donc un reflet de Dieu.
Nous sommes déjà vainqueurs mais même quand on a déjà gagné la guerre, on se prend encore des coups.

Notre Dieu est le Dieu vivant, pas conservé dans le formol
Il est ressuscité & pas en momie sur la Place Rouge.
"Conserver nos libertés et notre indépendance," se fait en vivant libres et indépendants.
Pas de logique purement défensive ! l'évangélisation est une dynamique, la vie est... vivante !
Se cantonner à ça c’est faire comme si nous n’avions pas confiance dans l’Evangile et ce qui en découle.
Splendeur de la Vérité.

Or le Christ a raison.
Il n'y a pas d'alternative au Christ ni à ce qui en découle : l'écologie plénière (humaine, animale, naturelle, politique, etc.) n’est pas négociable (mais doit être expliquée !)
le pseudo-progressisme, le supranationalisme ont DÉJÀ perdu.
Parce qu'ils ne peuvent pas tenir. Ce sont de pures vues de l'esprit, détachées des réalités. Des négations de l’humanité. C'est d'ailleurs pour cette raison que vous & moi sommes contre.
Il ne faut pas avoir peur du supranationalisme, de l'identitarisme, du libéralisme, etc. : ces idéologies sont trop nulles pour ça !

Nous sommes pour la vie, notre programme est dynamique et tourné vers le retour du Christ donc vers l'avenir.
Nous sommes pour la conversion c'est-à-dire pour l'amélioration ce qui entraîne le changement.
pas le changement pour le plaisir de changer, ni le conservatisme pour le plaisir de conserver ou par peur du changement mais parce que CE QUE NOUS AIMONS EST BON pour l’Homme.

C'est comme la notion de "patrie" : ça n'a de sens et n'est vivant que si c'est compris comme ce que font les gens ensemble pour le bien commun

De la même manière nous ne défendons pas la "famille traditionnelle" mais la famille naturelle : qu'il faille un homme et une femme pour avoir des enfants est une question de nature, pas de tradition.
Mais le catho de droite revient sans cesse à cette expression comme un chien à sa crotte.
Le catho de gauche c’est pareil : il parle de « tolérance » (mais pas d’amour & en tous cas, jamais de charité, il trouve que ça fait vieillot) , de « vivre-ensemble » (mais pas de royaume de Dieu, ça fait trop royaliste), d’«espoir » (mais pas d’Espérance) , de « croyance » (mais pas de Foi), comme si Jésus avait dit « tolérez-vous les uns les autres pour l’espoir d’un meilleur vivre-ensemble des croyances»
Pipi de chat années 70 !

Dieu nous a donné la planète : la patrie est un don.
Il nous l’a donnée « en partage » : la nation est donc un devoir : tous enfants de Dieu le Père, c’est un devoir d’être unis puisque nous avons le même héritage non à conserver mais à faire fructifier.
Voilà pour la patrie-planète & la nation humaine ; mais pour les patries ?
Aucune opposition : elles composent la grande comme les frères et sœurs composent LA famille et les familles la famille humaine
Chacun sa personnalité et selon sa personnalité chacun concourt au bien commun
Voyons la patrie idéale, la patrie céleste : il y a des milliards d’anges et de bienheureux : ils sont tous différents, tous une vocation, tous nu rôle, tous une personnalité et leur union amoureuse est la gloire de Dieu et forme son royaume.

Dieu a créé l’Humanité et la nature, il a fondé l’Eglise : elle sont donc sacrées chacune selon sa nature.
Il n’a pas créé les nations. Elles ne sont donc pas « sacrées » comme l’est l’Eglise mais dans la mesure où une nation résulte du souci des gens d’organiser au mieux la vie commune, c’est-à-dire de rechercher le bien commun alors les nations peuvent (et doivent !) être des moyens de sanctification : « la politique (=diriger la cité pour le bien de tous) est le plus vaste domaine de la charité » dixit Pie XI
Ainsi la Nation, au sens chrétien du terme (je ne parle pas de Rousseau) n’est pas sacrée mais devient moyen de devenir saint.

L’identitaire n’a pas ce souci et le supranationaliste non plus : nous n’avons rien à y faire.
De plus ce sont des positions intenables : jusqu’à quel niveau de détail descend l’identitaire pour savoir si l’on fait partie de la même nation ? (d’ailleurs, parmi eux les néopaïens ont abandonné le stade « nationaliste » pour se pencher sur le niveau régionaliste : normand, auvergnat ; ils cherchent les religions d’avant Jésus-Christ)
et que dire de l’hypocrisie, de l’illogisme du supranationaliste qui se veut amoureux de l’Humanité et refuse d’aimer personnellement ceux qui la composent ? qui s’indigne de la colonisation mais en organise une autre à travers une sorte d’ « immigrationnisme » qui ruine tout le monde ?
Ce n’est pas sain.
Depuis la Création, la réalité mène à la Vérité, et ce qui n’est pas sain ne peut être saint.

Tout ça est évidemment bien incomplet.
______

Écrit par : E Levavasseur / | 25/01/2019

à Sven Laval :

> Le débat d'hier sur RND fut de la même mouture que le précédent : quasiment une demi-heure à parler en long et en large de François-Xavier Bellamy, perçu comme alternative possible aux macronistes à la tête de la liste LR aux européennes. Je n'ai rien contre ce monsieur, mais il s'agit là d'un micro-sujet face au pronunciamento vénézuélien (fomenté depuis Washington), aux JMJ panaméennes, aux errements macroniens face au lobby du glyphosate, à la fonte beaucoup plus rapide que prévu de l'Est de l'Antarctique...
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 26/01/2019

à Ph de Visieux

> Encenser Bellamy : normal de la part de gens dont toute la religion consiste à courir après un "gouvernement qui nous sauverait du socialisme".
Sauf que Bellamy n'arrivera à rien, ne comprenant pas les Français normaux.
Et les européennes ne sont même pas un vrai enjeu politique.
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Écrit par : Frÿheit / | 26/01/2019

PP à MG

Disons que votre message initial aurait gagné à être moins elliptique. Ainsi le lecteur ne s'y serait pas trompé...
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Écrit par : PP à MG / | 26/01/2019

à Philippe de Visieux :

> Oui, j'ai eu un peu la même impression. D'autant que, pour ne prendre qu'un exemple, les affaires du Venezuela semblent bien compliquées - d'ailleurs les débatteurs en auraient-ils su plus que vous ou moi ? Alors, vu la multiplicité des sujets possibles, disserter sur les hésitations des LR et de M. Bellamy semble en effet un peu frivole.
______

Écrit par : Sven Laval / | 26/01/2019

À Sven Laval :

> Le message d'E. Macron publié via Twitter à propos de la situation vénézuélienne aurait largement mérité une demi-heure de débat : "Le peuple vénézuélien doit pouvoir décider librement de son avenir. Sans élections annoncées d’ici 8 jours, nous serons prêts à reconnaître @jguaido comme « président en charge » du Venezuela pour enclencher un processus politique. Nous y travaillons entre partenaires européens".
De quel droit le président français peut-il fixer un tel ultimatum de huit jours et ordonner à un État souverain l'organisation d'élections dans ce délai ? Qu'aurait dit ce même Macron si la Chine ou la Russie, après le saccage de l'Arc de Triomphe, avait reconnu M. Drouet comme "président en charge", exigeant une élection dans la semaine pour "enclencher un processus politique" ?...
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 27/01/2019

à Philippe de Visieux :

> Oui, c'est en effet un sujet qui mérite discussion ou commentaire : critiquer M. Maduro et sa politique est une chose (et M. Maduro paraît pour le moins critiquable), se mêler de son éventuelle destitution au profit d'un politicien qui se proclame président en est une autre - il s'agit d'ingérence dans les affaires intérieures d'un pays.
Observons que nos dirigeants "occidentaux" crient à l'ingérence "russe" dès qu'un événement politique leur déplaît dans leur pays.
______

Écrit par : Sven Laval / | 27/01/2019

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