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15/12/2018

Internet : l’anti-terrorisme peut-il servir de prétexte ?

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“Le Conseil de l’Union européenne vient d’acter un projet de loi au parfum pour le moins désagréable pour ce qui concerne les libertés publiques” (extraits de Slate.fr) :


 

 

<<  Le 12 décembre, un premier rapport sur la lutte antiterroriste a été adopté à une très large majorité. […] Ce rapport sur « les observations et les recommandations de la commission spéciale sur le terrorisme » est un marchepied [pour] le texte à venir, qui recommandera entre autres mesures la sous-traitance de la censure aux géants de l’internet.

Usant toujours de la même argumentation, a priori louable, de la lutte contre le terrorisme, ce texte  […] obligera tous les acteurs du web à se soumettre aux outils de surveillance et de censure automatisés fournis par Facebook et Google. […] Nonobstant un projet réalisé dans un timing empêchant tout débat public, ces alliances contre-nature associant des géants d'internet à des États dans l’exercice de la censure sont préoccupantes.

[…] Ce projet de loi prévoit également d’intégrer des « mesures proactives ». Il s’agit en somme d’avoir recours à de la censure automatique préventive, paramétrée par les autorités concernées et les géants du web.

De la “sédition” au terrorisme

[…] Quand Christophe Castaner dénonce « les séditieux » parmi les «gilets jaunes», on peut s’inquiéter fortement sur l’usage futur et dévoyé qui pourrait être fait par la gouvernance actuelle de ces mesures –et d’autres– d’une telle loi.. […] Une sédition est «une forme d’émeute face à un pouvoir ou une autorité établie, dont le but ne serait pas uniquement de renverser les détenteurs d’une puissance, mais de rompre définitivement tout lien avec ce système». Le problème est que de «sédition» à «criminel», puis à «terroriste», il n’y a qu’un pas, qui pourrait être vite franchi pour justifier une censure totalement outrancière en cas de mouvement social contestataire s'exprimant demain sur internet. […] Sous une telle loi, un mouvement de contestation du type des «gilets jaunes» –en France comme ailleurs– pourrait être traité comme un mouvement potentiellement séditieux, et de fait être censuré au plus tôt par les autorités et leurs nouveaux alliés de la censure.

Cela entraînerait ipso facto, par exemple, une impossibilité d’usage du net pour l’organisation de rassemblements. Que ces rassemblements soient pacifiques ou non, ils pourraient être rapidement mis dans le même panier. Le couperet de la censure pourrait alors s’abattre de façon généralisée et préventive pour tuer dans l’œuf ce type de mouvement contestataire.

Il sera suffisant de s’appuyer sur les comportements de quelques individus réellement dangereux pour brandir le terme sédition et co-actionner la censure algorithmique adaptée – évidemment pour le bien de la sécurité nationale…

« Le peuple […] a par sa faute
Perdu la confiance du gouvernement
Et ce n’est qu’en redoublant d’efforts
Qu’il peut la regagner.
Ne serait-il pas
Plus simple alors pour le gouvernement
De dissoudre le peuple
Et d’en élire un autre? »
,

ironisait Bertolt Brecht dans son poème La Solution.  >>

 

 

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10:56 Publié dans Idées, Social, Web | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : web

Commentaires

L'EXEMPLE DU BRÉSIL

> Au Brésil, il y a quatre ans, la présidente "de gauche" Dilma Rousseff a fait classer "terroristes" les manifestations - parfaitement légitimes - des Paysans sans terre.
Idole alors de notre classe dirigeante, Mme Rousseff montrait la voie.
______

Écrit par : PP / | 15/12/2018

HAUTE TRAHISON

> Si on veut parler de flou dans le langage pour qualifier des actes d'accusation, on pourra méditer sur l'argument qui a me semble-t-il fait sauter la notion de Haute Trahison lorsqu'elle est le fait du chef de l'Etat : le concept même de Haute Trahison étant jugé peu clair (?!), MM Sarkozy-Hollande l'ont fait opportunément évacuer de la constitution...
Je propose dans la foulée de supprimer sur le même modèle toutes les lois peu claires -dont celles débattues ici... et accessoirement de faire appliquer au préalable les lois déjà existantes, ce serait un bon début.
______

Écrit par : Fernand Naudin / | 15/12/2018

"CONFIANCE" ?

> La contestation dans l'Education nationale risque aussi d'être sanctionnée par une révocation, ni plus ni moins. Une nouvelle idée du ministre Blanquer qui répond au doux nom d'"école de la confiance" ! Exit l'esprit critique sans lequel on ne peut bâtir une éducation au discernement, respectueuse de la liberté de conscience.
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/12/12122018Article636801966942543096.aspx
______

Écrit par : isabelle / | 16/12/2018

QUE DIRE

> En 94/95, on voyait déjà débouler dans les salles des profs les inspecteurs académiques qui nous interdisaient de parler aux médias dans les affaires de violences graves (tournantes et autres coktails molotov). C'était dans le Vaucluse. Mais il y avait encore des textes de lois qui nous défendaient et on risquait une inspection de l'IG avec la carrière bloquée à vie et la mutation, mais pas la révocation.
Là, cela devient très grave car c'est la liberté de citoyen qui est attaquée.
Que dire..."Aux armes citoyens", ça le fait (comme disent mes élèves des bouchures...)?
______

Écrit par : VF / | 16/12/2018

MUSELER

> Une chose est sûre, l'espace de liberté de parole qu'est internet doit être muselé pour faire taire les réclamations, et nos bons dirigeants s'en occupent. Pour notre plus grand bien, naturellement.
J'espère seulement que la tâche est au-dessus de leurs réelles possibilités, en dehors de fermer complètement internet.

Bernadette


[ PP à Bernadette - Elle est au-dessus des possibilités de l'Etat, mais pas de celles des GAFAM. Bloquer toute critique un peu sévère de l'ultralibéralisme est faisable par algorithme... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Bernadette / | 17/12/2018

CONTRE LES GAFAM : TOUT CONTRE...

> Pendant que les citoyens demandent de taxer les GAFAM le gouvernement s’allie avec eux pour réduire les libertés
Alors que ces GAFAM sont trop puissant l’Etat les cautionne en leur donnant un label de vertu.
Saisissant contraste : seule explication : Il n’y a plus d’Etat.
______

Écrit par : Ludovic / | 17/12/2018

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