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09/11/2018

1914-1918 sans le "bourrage de crânes"

verdun.jpg

Quelques réalités historiques dérangeantes :


 ...dont ne parleront ni M. Macron ni aucun politico-médiatique :

 

 

► Comment Philippe Pétain est-il devenu "le Vainqueur de Verdun" alors qu'il n'y a commandé que pendant deux mois, du 25 février au 1er mai 1916 : juste le temps d'organiser la défense et la logistique ?  Pendant les sept mois de bataille qui vont suivre le départ de Pétain, et notamment pour la victoire décisive des 11-12 juillet 1916 sur l'offensive Falkenhayn, le chef à Verdun est Robert Nivelle.  Ce dernier "a repris tout le terrain que les Allemands avaient gagné entre janvier et juin 1916, les ramenant à leur position de départ. A la fin de l'année, dans l'opinion française, c'est donc Nivelle qui est considéré comme le vainqueur de Verdun", explique l'historien Jean-Yves Le Naour. C'est  pourquoi Nivelle succède à Joffre comme commandant en chef des armées : ce qui se soldera par le désastre de 1917 au Chemin des Dames... Nivelle devenu "le boucher" étant destitué en mai 1917, son rival Pétain est nommé commandant en chef après avoir été substitué à Nivelle dans le rôle officiel et rétrospectif de "vainqueur de Verdun" : il s'agit de faire oublier le Chemin des Dames et les mutineries.  Ainsi la gloire de Pétain quant à Verdun est "largement construite politiquement", constate Le Naour.

 

Nivelle à Verdun

Nivelle.jpg

 

 

► La part "des nationalismes", comme dit M. Macron, fut moins grande qu'on ne le croit dans le déclenchement de la guerre. L'économie et les stratégies industrielles et commerciales des Etats ont joué un rôle déterminant. "Beaucoup pensent encore que la France s'est engagée pour récupérer l'Alsace-Lorraine. Non : la guerre résulte avant tout de rivalités impérialistes, de conflits coloniaux. L'étincelle provient des Balkans et des manigances russes dans cette région", souligne l'historien Rémy Cazals. La Russie tsariste avait besoin de débouchés maritimes... "La France s'est laissée entraîner dans cette guerre par la Russie, ce que Jaurès n'arrêtait pas de dénoncer" : et pour qu'elle s'y laisse entraîner plus vite, l'ambassadeur du tsar à Paris, Alexandre Petrovitch Izvolsky, distribuait des enveloppes pleines de billets de banque aux rédacteurs en chef de la presse française ; utilisation imprévue des fonds levés par le célèbre Emprunt Russe. On estime à Moscou qu'Izvolsky manipula Villain, l'assassin de Jaurès. Le 3 août 1914, quand l'Allemagne déclare la guerre à la France, l'ambassadeur russe s'exclame en public : "C'est ma guerre !"

 

 Alexandre Izvolsky

Извольский_Александр_Петрович,_1894.jpg

 

 

20:41 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : 14-18

Commentaires

DISCUSSION

> Je ne suis pas spécialiste de la question mais je suis historien et il me semble paradoxal d'accuser la Russie aussi hardiment. S'il y avait des "manigances" dans les Balkans, elles étaient surtout dues aux empires centraux. Si l'attentat de Sarajevo est célèbre, c'est qu'il leur a servi de prétexte pour étendre leur domination sur cette région.
D'autre part, j'ai bien étudié la politique de la France avec l'Allemagne avant 1914. La France a toujours recherché une entente pacifique, même après la déclaration de guerre de l'Allemagne, mais bien-sûr pas après l'invasion. Le but de l'Allemagne était de briser définitivement la puissance de la France pour rester la seule puissance continentale et avoir les mains libres dans les Balkans. La France n'était pas une cible secondaire après la Russie. Les Allemands ont à peu près atteint leur but avec la France, pour laquelle le 11 novembre 1918 n'est qu'une victoire à la Pyrrhus.

Guadet


[ PP à Guadet - Il reste que les éléments déclencheurs de la guerre en 1914 ne concernaient pas la France en elle-même, qui sans l'alliance russe n'aurait pas été attaquée à ce moment-là... ]

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Écrit par : Guadet / | 10/11/2018

LA QUESTION D'ALSACE-LORRAINE

> Oui, il est indiscutable qu'après 1870, le revanchisme propre à la perte de l'Alsace-Moselle s'est progressivement atténué, au point qu'à part Barrès et quelques autres, la plupart des élites parisiennes n'avaient d'yeux non pour ces provinces perdues mais pour tous les territoires d'Afrique, d'Asie et d'Océanie que la France avait entre temps colonisés.
Cependant, la confiscation des trois départements n'a jamais été vue par la France comme un fait accompli : coloriée de noir sur les cartes d'écoles communales, l'Alsace-Moselle n'avait jamais disparu de la mémoire collective.
On ne peut cependant affirmer qu'elle motiva côté français l'engagement dans la guerre en 1914. En Alsace même, la cause française ne gagna réellement du terrain qu'après l'incident de Saverne de 1913 et l'autoritarisme brutal des autorités allemandes en réponse : la plupart des soldats alsaciens-mosellans furent mobilisés par le Reich sur le front Est car leur loyauté aurait été tout sauf évidente dans le cadre de combats contre la France.

PV


[ PP à PV - Il y a pourtant eu des soldats alsaciens dans l'armée impériale en France.
Sur les trois dont les historiens étudient le cas, deux ont déserté pour passer aux Français
(ce sont eux qui ont alerté le colonel Driant sur l'imminente offensive de Falkenhayn à Verdun) ; mais le troisième était très allemand, comme le montre sa correspondance publiée. ]

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Écrit par : Philippe de Visieux / | 10/11/2018

IMPÉRIALISMES

> L'une des principales raisons de la guerre est tout simplement l'incapacité dans laquelle s'est trouvée l'Allemagne à conquérir un empire colonial qui lui aurait permis un approvisionnement en matières premières et des débouchés commerciaux, alors que tous les autres pays européens avaient fait cela: France, Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas, Portugal... A part le Cameroun, l'Allemagne d'avant guerre n'avait pas conquis grand-chose. Au fond l'Allemagne réclamait son droit à exploiter les pays moins développés comme le faisaient les autres États européens. On en voit des signes avant-coureurs dès 1905 avec le discours de Guillaume II à Tanger, véritable provocation au nez et à la barbe des français: https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_de_Tanger Le doux commerce, n'est pas toujours aussi pacificateur que cela. Loin s'en faut.
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Écrit par : ND / | 10/11/2018

LES VRAIS HISTORIENS

> "dont ne parleront ni M. Macron ni aucun politico-médiatique" ; certes. Mais les historiens (les vrais) portent (et porteront) toujours des paroles (et des réflexions) utiles.
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Écrit par : Fondudaviation / | 10/11/2018

PÉTAIN ET NIVELLE

> Je suis étonné de lire que c'est à Nivelle que l'on doit la reprise du terrain à Verdun car, si j'en crois Wikipédia :
"Pour ne pas gaspiller la vie des soldats, il (Pétain) lance des offensives plus limitées, et toutes victorieuses. Il reprend aux Allemands lors de la deuxième bataille de Verdun en août 1917 tout le terrain perdu en 1916. Il reprend la crête du Chemin des Dames lors de la bataille de la Malmaison, en octobre 1917."
Pour ma part, je suis très clair : rien ne peut empêcher de reconnaître ce que Pétain a fait en 14/18 et qui lui a valu la reconnaissance de la nation à cette époque. Il se trouve d'ailleurs que cette reconnaissance, il la tenait de la troupe car Foch et Clémenceau lui préférait Nivelle et considérait d'ailleurs, à contrario des troupes, que c'était à Nivelle que l'on devait la victoire de Verdun. Le charisme de Pétain à cette époque est incontestable et ses actes doivent être reconnus pour ce qu'ils sont et qui lui ont valu la reconnaissance de la nation quelle que soit ce qu'il a fait en 1940. Il est d'ailleurs très instructif de voir les positions prises par Pétain sur la ligne Maginot et les chars.
Donc, je trouve que Macron a eu raison de dire ce qu'il a dit, comme nombre de ces prédécesseurs (et pas seulement De Gaulle). Il ne faut pas tout mélanger.
Cette guerre a connu de très nombreuses offensives stupides, pour ne pas dire criminelles et c'est à cela que s'opposait, entre autres, Pétain contre l'avis des offensifs à outrance qui ne ménageaient pas le sang de leurs soldats.
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Écrit par : Olivier le Pivain / | 10/11/2018

ÉDIFIANT

> Sur Ph. Pétain,voir les émissions d'Henri Guillemin sur la Télévision Suisse-Romande. Édifiant...
https://www.rts.ch/archives/dossiers/henri-guillemin/3477797-l-affaire-petain.html
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Écrit par : Philippe S./ | 10/11/2018

GÉNÉRAUX

> Merci.
S’il y avait un débat, cela serait d’abord celui des généraux qui ont envoyé une génération se faire mitrailler.
Et ce serait aussi de savoir si la politisation extrême des nominations (cf affaire des fiches) n’a pas nui à la qualité du haut commandement français.
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Écrit par : Ludovic / | 10/11/2018

@ PP

> La France, comme la Russie, était garante de l'indépendance des pays des Balkans. D'autre part, l'Allemagne ne pouvait pas supporter que la France se soit relevée de la défaite de 70 et des conditions imposées au vaincu, beaucoup plus lourdes et injustes que le prétendu "Diktat" de Versailles. La France avait conquis entretemps le deuxième empire colonial, ce qui laissait l'Allemagne très en retard pour la maîtrise du marché mondial. De plus, si la France n'était pas menaçante, son soutien au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes était un danger pour la survie des empires centraux.
La diplomatie française tentait de convaincre les allemands d'organiser un vote d'autodétermination en Alsace, quitte à céder à l'Allemagne une partie de ses colonies. Mais, pour les Allemands, cela aurait créé un précédent qui risquait de produire l'éclatement des empires.

Guadet


[ PP à Guadet - Il n'a jamais été question une minute, dans l'esprit des Allemands, de consulter les Strasbourgeois et les Messins sur leur avenir.
L'alliance russe transformait la question balkanique en piège.
Quant à la rivalité entre pays européens pour l'exploitation de l'hémisphère Sud, il n'y a franchement pas de quoi se vanter...
Et le résultat de tout ça a été notre suicide démographique.
L'évaluation de cette période a beaucoup changé depuis l'époque des numéros spéciaux de 'L'Illustration'... ]

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Écrit par : Guadet / | 11/11/2018

LE 11 NOVEMBRE

> Quelques mots peut-être à propos de la cérémonie du centenaire de l'Armistice, hier à l’Étoile. Certains l'auraient voulue plus militaire, mais je pense que Macron a fait le bon choix en célébrant non une victoire qui fut effectivement à la Pyrrhus, mais bien la concorde retrouvée (certes bien plus tard) entre "Gaulois et Germains", pour reprendre De Gaulle, après trois guerres en soixante-dix ans, et plus généralement entre les peuples d'Europe.
J'avoue avoir ressenti de l'émotion en entendant les cloches résonner à toute volée tandis que le cortège approchait de l'Arc de Triomphe, puis en écoutant la lente mélopée du Boléro de Ravel alors que défilaient sur les écrans géants les images en sépia de tous ces combattants ; les cloches comme l'œuvre musicale invitaient à une forme de prière pour que plus jamais de telles horreurs ne se reproduisent.
Ajoutons pour finir que, parmi les États représentés hier figurait le Saint-Siège, en la personne de son Secrétaire d’État le cardinal Parolin. Cent ans plus tôt, cette présence pontificale dans le concert des nations était tout sauf évidente puisqu'il faut se souvenir que les États de l’Église ayant disparu en 1870, le Siège apostolique se trouvait alors sans support territorial. Pendant la Grande Guerre, l'Italie avait tout fait pour empêcher la présence du Saint-Siège aux négociations de paix (article 15, maintenu secret, du pacte italo-britannique de Londres du 26 avril 1915) : le Siège apostolique fut écarté de la Conférence de la Paix et ne fut donc pas parmi les signataires du traité de Versailles.
Cent ans plus tard, le Vatican a retrouvé un rôle international de premier plan pour le bien de l'humanité tout entière.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 12/11/2018

CHRISTIAN LE NAOUR

> Prenez donc le temps nécessaire pour lire les travaux de l'historien documentaliste Christian Le NAOUR (1914-1915-1916-1917 et in fine 1918 -1 par année!) ;j'ai eu ce bonheur de pouvoir le faire - remarquable travail! alors que d'autres travaux sont bien sûr aussi remarquables- les figures composées des personnages sont replacées , sans enlever leurs contributions essentielles !!! et les légendes biographiques que nous trainons dans nos mémoires d'élèves sont malmenées -Celà peut déranger et agacer - mais c'est la chance d'avoir des historiens de qualité .
Cette série aide grandement à sortir des clichés de l'histoire "officielle" construite concernant nos grands personnages responsables ,civils et militaires qui font l'histoire de France .De plus ,elle en agrandit largement le champ geo-politique en en lui conférant une dimension internationale indispensable pour en réaliser la complexité .
Impérativement se sortir de la fugacité télévisuelle et journalistique d'aujourd'hui et ne pas se laisser embarquer par l'Industrie médiatique qui a besoin de scénographie mais recourir à la lecture indispensable.
Ce conflit mondial de 1914-1918 aujourd'hui nourrit, sous prétexte du "souvenir", des récupérations bassement politiciennes.
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Écrit par : yves marniquet / | 12/11/2018

"NOUS SOMMES EN 1910"

> Le processus de déclenchement de la guerre montre aussi le danger des alliances trop rigides.
Attentat de Sarajevo, entrave à l'enquête par la Serbie, déclaration de guerre par l'Autriche-Hongrie...
Un acte commis par un petit groupe déclenche l'immense catastrophe !
Avec l'OTAN et l'excitation russophobe des intellos à la solde, nous ne sommes pas dans les années 1930 mais dans les 1910 !
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Écrit par : Pierre Huet / | 12/11/2018

CE QUI CHANGE TOUT

> Il faut arrêter de dire "nous sommes en....". Nous ne sommes ni en 1930, ni en 1914 ou 1910...Les contextes sont totalement différents et donc les problèmes et les objectifs des parties. Le seul lien est l'homme avec ses faiblesses et ses péchés.
L'antisémitisme de 2018 est arabo-musulman et pas d'extrême-droite (ou si peu), la question de l'impérialisme n'a rien a voir avec celle de 1910 (la Chine n'est pas l'Allemagne et les USA ne sont pas la Couronne britannique), et surtout, il y a un élément qui change tout: la Bombe...
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Écrit par : VF / | 12/11/2018

ALETEIA

> pas encore lu l'article mais le titre me fait espérer le meilleur

https://fr.aleteia.org/2018/11/12/limperialisme-economique-premiere-cause-de-la-guerre-de-1914/
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Écrit par : E Levavasseur / | 13/11/2018

@ VF

> d'accord avec toi mais notons que impérialisme il y a.
Seulement il est économique et on ne bombarde pas des échanges financiers.
La guerre nous y sommes déjà, elle est économique et mène à des affrontements régionaux (Yémen,etc.) comme pendant la Guerre Froide & pour la même raison : la bombe.
Il y a aussi des idiots utiles et des traîtres : nos grandes écoles sont peuplées de "Cinq de Cambridge" totalement acquis en apparence aux Etats-Unis mais en fait à la pieuvre libérale dont Washington n'est que la marionnette.
Par moment on est aussi comme en 1898, quand la presse américaine à créé les causes de guerre avec l'Espagne (et s'en est vantée)
On est aussi comme avant la Commune où les souffrances des plus démunis sont ignorées : il suffit de les traiter de "populistes" et le tout est joué, de les traiter de racistes (s'ils parlent de leurs difficultés à vivre au sein d'une immigration colonisatrice)
On est aussi en 1453 car comme les Byzantins auraient discuté de sexe des anges (si l'anecdote est vraie), on discute aujourd'hui de "professeurE", de "parent 1 et 2" mais pas de chômage, du suicide des paysans, des lance-roquettes dans les coffres de voitures...
Comme autrefois les parlements, la FNSEA se présente comme défendant des intérêts de gens alors qu'elle ne pense qu'à elle.
Et on la croit.
Comme les gugusses qui au XVIe & XVIIe siècles, s'opposaient aux rois de France au nom de la foi et servaient en réalité si bien les ambitions des Habsbourg, des gugusses cherchent à aligner notre économie sur le libre-échange dans tous les domaines et servent très bien les GAFA.
Comme bien des fois, on voit des gens chercher l'homme providentiel : Etienne Marcel, duc de Guise, Necker, Bonaparte, Louis-Philippe, Boulanger.
Certains croient l'avoir trouvé chez le pseudo-révolutionnaire mais parfait petit bourgeois "du système", parfait Homais à l'anticléricalisme rabique, j'ai nommé Mélenchon-la-carpette.
Ce Boulanger du pauvre, Louis de Funès pas drôle qui, comme le personnage incarné par Funès se montre impitoyable avec les faibles et carpette avec les puissants comme on l'a vu avec Macron à Marseille. : "oh non M'sieur le président, j'ai jamais dit ça sur vous c'est pô vrai ! chuis pas votre ennemi, vous l'savez hein ?" Eh non il n'est pas son ennemi, il le dit lui-même.
Bref, nous sommes en 2018, l'être humain étant toujours le même, des comportements reviennent, et avec l'expérience que nous donne l'histoire nous n'avons guère d'excuses.
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Écrit par : E Levavasseur / | 13/11/2018

@ Ph. de Visieux

> Je ne partage pas votre enthousiasme.
Macron confond tout ( normal, c'est en même temps !). Il n'a pas voulu de cérémonie militaire ; selon lui, "les combattants... /... étaient pour l'essentiel des civils que l'on avait armés" !
Ce n'est là qu'une manière polémique, pitoyable et sotte de dénigrer l'armée française qui, durant deux siècles a reposé sur la conscription : un civil sous le drapeau, c'est un militaire ! Truisme que le locataire de l'Elysée semble avoir du mal à saisir.
Il fallait donc une grande cérémonie militaire pour célébrer, non une victoire sans réplique, mais le sacrifice de quelques millions de soldats français qui se sont battus avec endurance, ténacité et ont enduré de terribles souffrances.
La cérémonie dont M. Macron a gratifié les chefs d'Etat (un peu sidérés) était, au contraire, indigente. On aurait dit un spectacle de fin d'année d'élèves du cours élémentaire ! Un empilement désordonné de bons sentiments puérils. Il n'y manquait que les désormais inévitables bougies et nounours...
Quand on songe que c'est le même qui prétend forger une armée européenne ! Même Bonaparte s'y était à moitié cassé les dents...
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Écrit par : Réginald de Coucy / | 13/11/2018

@ Réginald de Coucy

> "Bonaparte s'y était à moitié cassé les dents..." Pourquoi "à moitié" ?
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Écrit par : Pierre Huet / | 13/11/2018

@ E. Levavasseur

> Dans l'article d'Henri Hude publié sur 'Aleteia', j'aime beaucoup : "La misère du soldat est de devoir mettre des vertus souvent hors du commun au service de politiques rarement mieux que médiocres."
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Écrit par : Feld / | 13/11/2018

À Réginald de Coucy :

> Je vous trouve tout de même bien pessimiste ! On peut reprocher à Emmanuel Macron beaucoup de choses, mais je dois reconnaître que sa présence pendant une semaine sur les grands champs de bataille de 14-18 fut un hommage de la nation à l'héroïsme des poilus ; aux Éparges et à Douaumont, ici rappelant le souvenir de Genevoix et le sacrifice de ceux de 14, là allumant une flamme du souvenir avec des enfants dans l'ossuaire, il n'a pas, à mon sens, occulté la portée militaire du conflit.
Pourtant, comme le disait hier encore sur KTO l'évêque de Verdun, il ne faut pas uniquement regarder dans le rétroviseur, mais aussi à travers le pare-brise ; c'est, je pense, ce qui a motivé la commémoration de dimanche. Une grande parade militaire célébrant la victoire aurait été à contre-courant de ce que les poilus eux-mêmes souhaitaient en 1918 : que cette guerre fût la der des der.
N'oublions pas que, pour les Allemands, 1918 résonne un peu comme 1940 en France : l'effondrement du pays sous le coup d'une révolution qui fit tomber les Hohenzollern, puis la défaite et surtout l'humiliation ; rappelons qu'à Versailles, la délégation allemande a dû patienter dans un enclos, dans le parc du château, avant d'être convoquée à monter à la galerie des Glaces pour y signer le traité de paix négocié entre les alliés.
Certains côté français avaient vu qu'un tel traitement de l'ennemi ne pouvait mener à une paix durable entre voisins, mais bien à un armistice de vingt ans. C'est pourquoi on peut considérer que la cérémonie de l'Arc de Triomphe, volontairement sobre quoique émouvante, rendait hommage aux soldats morts pour leur patrie en rappelant que le premier message qu'ils nous ont laissé, ce fut 'plus jamais ça' !
Instaurer un Forum de Paris pour la Paix quelques heures plus tard, un 11 novembre, ce fut rappeler que le multilatéralisme est le seul mode efficace de règlement des différends.
Un coup de chapeau, pour finir, à l'archevêque de Paris pour la messe du Centenaire, à Notre-Dame dimanche : il concélébrait avec Mgr Matthias Heinrich, évêque auxiliaire de Berlin. Les voir ensemble au maître-autel communier au Christ avant de chanter le Te Deum rappelait que le don de la paix vient de Dieu. Faisons nôtre la réponse qu'apporta saint Pie X, avant de mourir en 1914, à un représentant austro-hongrois qui lui demandait de bénir les armées k. und k. : "Je ne bénis que la paix" !
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 14/11/2018

à Guadet :

> Sur la question de l'autodétermination en Alsace-Moselle, celle-ci fut envisagée par Wilson qui y voyait une application du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. La France refusa tout net : les trois départements sont redevenus français le 11 novembre 1918, quand bien même l'armée française n'entra à Strasbourg que onze jours plus tard. La ville était alors pavoisée de tricolore : un plébiscite dispensant Paris de toute consultation, selon Raymond Poincaré.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 14/11/2018

Salut Eric.

> Entièrement d'accord avec toi de A à Z. Le "sens" de l'Histoire, c'est l'Homme. Je critiquais ceux qui disent en se le jetant à la figure "nous sommes en...", chacun ayant sa date fétiche comme solution ultime puisque nous connaissons la suite du scénario de la dite date.
Et pour Méluche, j'ai toujours pensé que c'était un râteau au profit du PS.
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Écrit par : VF / | 14/11/2018

RAVEL

> Personnellement, j'ai apprécié pendant la cérémonie l'interprétation de la sonate pour violon et violoncelle de Ravel (qui ne me semble avoir déclenché dans les tribunes que des regards d'incompréhension). Cette œuvre était parfaitement choisie : écrite avec un sens aigu du dépouillement et du recueillement par un compositeur qui s'était refusé à tout nationalisme pendant la guerre, qui avait refusé de signer les listes de compositeurs français pour le bannissement de la musique allemande, mais qui, quadragénaire malingre et chétif, a néanmoins joué des pieds et des mains pour être incorporé, achevant "en trois semaines un travail de trois mois" avant de partir, comme il l'a écrit à Stravinsky, parce qu'il pensait que son (sublime) trio risquait d'être sa dernière œuvre avant de mourir au combat, son testament. Pas de haine nationaliste, mais le désir de partager l'épreuve commune. Le choix de cette sonate anti-spectaculaire avait une vraie grandeur, et tant pis pour les flonflons clinquants de Barber ou de Copland dont nous auraient sans doute gratifié à la place les Américains. Sur Ravel pendant la guerre, je me permets de signaler le beau roman de Michel Bernard à la Table Ronde.
http://www.gallimard.fr/Catalogue/Table-Ronde/Vermillon/Les-Forets-de-Ravel#
Son Tombeau de Couperin, pour moi sa plus belle œuvre (notamment dans la version pour piano), dont chacun des six mouvements est dédié à un ami mort au front, est à l'exception de la toccata finale une suite de danses tendres ou joyeuses. On lui avait reproché cette "légèreté" après la guerre. Il avait répondu : "Vous ne trouvez pas qu'ils ont assez souffert ?"
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Écrit par : Lucas / | 15/11/2018

@ Philippe de Visieux

> Je me souviens de toute une étude contradictoire sur cette proposition Wilson à laquelle j'ai assisté en fac d'histoire. Le problème est trop complexe pour être exposé ici succinctement. Le résultat, cependant, était que, en toute justice, la France avait eu raison de refuser. Elle avait beaucoup de bonnes raisons autres que celle donnée par Poincaré. Les hommes d'état donnent rarement les vrais raisons de leur politique dans leurs discours. il existe néanmoins des données tangibles attestant la fidélité toujours vivante de la majorité des Alsaciens à la France.
Toujours est-il que c'est l'empire austro-hongrois qui a déclenché la guerre en s'en prenant à la Serbie et en sachant très bien que cela allait entraîner la Russie, l'Allemagne et la France dans un grand conflit européen. Il est difficile de revenir là-dessus. On ne peut pas reprocher à la France d'avoir passé des alliances défensives. Mais il est de bon ton aujourd'hui de traiter les Serbes et les Russes en méchants ennemis, les Allemands et les Autrichiens en gentilles victimes. Ça fait plus "OTAN", plus "mondialisation".
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Écrit par : Guadet / | 15/11/2018

SARAJEVO

> L'Autriche-Hongrie "méchante" ?
L'Autriche-Hongrie en exigeant que des civils de l'empire participent à l'enquête de l'attentat ayant entraîné la mort la mort du prince héritier et de sa femme, a-t-elle été excessive, avait-elle envisagé que la Serbie puisse refuser ?
Aucune autre puissance n'a-t-elle incité la Serbie à refuser ?
Il me semble que l'accusation visant l'Autriche-Hongrie est un peu rapide.
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Écrit par : franz / | 17/11/2018

TOUS COUPABLES

> L'impérialisme de l'Autriche-Hongrie dans les Balkans ne pouvait mené qu'à un conflit avec la Russie, tôt ou tard. Et donc à une déflagration mondiale.
Le problème n'est pas tant l'impérialisme austro-hongrois ou russe ou allemand etc. Le problème est l'impérialisme voulu et poussé par des intérêts financiers depuis le milieu de 18e pour ce qui nous intéresse.
On peut discuter des lustres là-dessus, le fond du problème est que la totalité des dirigeants des grandes puissances de 1914 sont responsables car ils ont tous raisonnés en terme d'intérêts économiques et financiers.
M.....e, je deviens marxiste...
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Écrit par : VF / | 17/11/2018

à VF :

> Ce n'est pas vous qui êtes marxiste, mais en l'occurrence les dirigeants des grandes puissances de 1914 !
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Écrit par : Sven Laval / | 17/11/2018

@ E. Levavasseur et VF

> Et tout cela tient au fait que, depuis la Chute, l'âme humaine est globalement un pot de chambre rempli de m... L'art de placer un couvercle dessus s'appelle : civilisation.
Pour revenir à la Grande Guerre : cette boucherie sans nom a introduit dans l'imaginaire européen l'idée selon laquelle le monde est indubitablement, irrémédiablement ABSURDE. Alors que l'on était persuadé d'être définitivement sorti de la barbarie.
De même, je suis persuadé que la "culture de mort", niant toute valeur à la vie humaine, est largement née dans les tranchées. En un temps où l'on n'hésitait pas à sacrifier des milliers d'êtres humains riches de potentialités pour avancer de quelques mètres...
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Écrit par : Feld / | 18/11/2018

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