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07/11/2018

Le 11 novembre, Macron, l'Europe et les réalités

1914-1918

Mon Air du temps à Radio Présence (Toulouse / Midi-Pyrénées) :

http://www.radiopresence.com/IMG/mp3/07112018_chroeco_air...

 

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10:34 Publié dans Histoire, Idées | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : 1914-1918

Commentaires

LES ÉVÊQUES ET L'U.E.

> Les évêques soulèvent aussi le problème de "l'interprétation que l’on peut faire de ses valeurs. Pour certains évêques, le sens des valeurs défendues par les fondateurs de l’Europe semble aujourd’hui plus confus, notamment en ce qui concerne la question de la dignité humaine et des droits de l’homme. C’est le point soulevé par Mgr Vincent Jordy, l’évêque de Saint-Claude." Voir à 4:10.
https://rcf.fr/la-matinale/les-eveques-francais-inquiets-pour-l-avenir-de-l-europe
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Écrit par : isabelle / | 07/11/2018

"MACRONAINE"

> L’Europe qui sortira des élections de 2019 nécessiterait une purification du regard, et une purification passant, de mon point de vue, par un coup d’arrêt aux défis et délires anti-européens de Trump et de l’« Etat profond » US.
Le nouveau Parlement, les chefs d’Etat de l’Union auront-ils ce courage politique ?
A vue « macronaine » (toujours ce « en même temps »), la nouvelle Europe devra se méfier de tout le monde et se « protéger à l'égard de la Chine, de la Russie et même des Etats-Unis d'Amérique »… quand la logique voudrait, pour la stabilité non seulement du continent européen mais du monde, que de nouveaux liens soient tissés avec la Russie.
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Écrit par : Denis / | 07/11/2018

PAS D'ACCORD

> Les monuments que vous montrez à nouveau me choquent beaucoup. L'idée d'honorer des morts en affirmant qu'ils sont morts pour rien, ou même qu'ils n'avaient qu'à ne pas faire la guerre, me semble un peu monstrueux. Les malédictions contre la guerre façon miss France n'ont jamais empêché aucune guerre. L'Allemagne nous a déclaré la guerre mais elle n'aurait aucune responsabilité ? Les soldats qui se sont contenté de défendre le territoire français contre une invasion violente auraient eu tort ? Dire que leur sacrifice était absurde salit leur souvenir. Célébrer leur courage et leur sacrifice n'empêchait pas par ailleurs de dénoncer les fauteurs de guerre, au contraire.
Au mieux on peut voir là-dedans un pacifisme dont le résultat en 1938 a été catastrophique.

Guadet



[ PP à Guadet :

Comment ne pas voir que 1914 fut le suicide humain, démographique et géopolitique de l'Europe ? Comment ne pas constater l'accumulation d'aveuglements et de faux calculs qui a enfermé les gouvernements européens dans la logique de conflagration ?
Et comment ne pas discerner, sous cette logique et sous l'apparente culpabilité des "nationalismes" (comme dit la pensée unique actuelle), les causes profondes de la guerre :
- en Allemagne, le manque de débouchés pour sa surproduction industrielle ;
- en Angleterre, la volonté de garder l'hégémonie navale ?
Le seul pays à n'avoir aucun intérêt économico-stratégique dans une guerre était la France, qui en a néanmoins payé le prix maximum – et qui en est sortie brisée comme on l'a vu vingt ans après ; catastrophe dont nous traînons encore les conséquences à tous points de vue.

Reste l'endurance stupéfiante des combattants, seule chose (mais essentielle) à laquelle il faille rendre hommage. Les historiens ont beaucoup étudié les lettres des poilus, et le tableau psychologique qui en ressort est très nuancé. Comment ont-ils pu tenir quatre ans, chair humaine sous le marteau-pîlon de l'artillerie lourde ? A partir de 1916 deux thèmes hantent leurs lettres : tenir pour que "tout ça ne soit pas inutile", et tenir "pour les copains". On est loin des extases de Barrès, le rossignol du carnage. ]

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Écrit par : Guadet / | 08/11/2018

L'U.E.

> Un texte d'une justesse incisive qui cerne parfaitement le problème de l'U.E.
Pourquoi ne pas joindre quelque part la transcription de cet audio ? Cela pourrait servir de rappel utile à certains, au moment de voter en mai prochain...
En tout cas, merci pour cette voix qui remet les choses à leur juste place !

RC


[ PP à RC - Voici le texte :

« Bonjour à tous. Le grand tour du président de la République à travers les départements de 14-18, ceux de l’est et du nord de la France, a lieu cette semaine et c’est, en principe, une belle façon de commémorer le 11 novembre aujourd’hui centenaire : le jour du clairon de l’Armistice, le clairon qui mit fin au massacre absurde de près de 19 millions d’êtres humains, dont presque autant de civils que de militaires.
On reconnaît au président Macron le sens du geste et du symbole, avec un souci de l’histoire que ses prédécesseurs ne ressentaient pas.
Cependant une question se pose. C’est une question historique débouchant sur de la politique.
A chaque étape de sa visite de l’est et du nord, le président de la République (qui ne se cache pas de préparer les élections européennes de 2019) répète le grand argument de Bruxelles : ce serait grâce à la construction européenne que nous aurions joui de 70 années de paix, chose sans précédent. Ça aussi c’est une belle idée… en principe. Mais les historiens ne la trouvent pas très pertinente.
Car c’est plutôt l’inverse ! Les Européens ont joui de 70 années de paix, mais ce n’est pas parce que la construction européenne avait lieu. Si les gouvernements européens ont pu ouvrir ce grand chantier économique et financier qu’on appelle l’Europe, c’est parce qu’il y avait la paix.
Non pas une paix entre l’Allemagne et la France : personne n’imagine une minute qu’elles auraient pu ou voulu se refaire la guerre après 1945… Mais une paix globale qui s‘appelait la guerre froide, et qui gelait l’hémisphère nord en deux : un bloc occidental face à un bloc oriental. C’était ça ou la destruction du monde par la bombe thermonucléaire ! Et l’Europe de l’ouest faisait partie du bloc stratégique occidental. C’est sous l’égide de ce bloc que la communauté économique européenne a vu le jour.
D’ailleurs : quand l’autre bloc, le bloc oriental, s’est décomposé en 1990, que s’est-il passé ? Une guerre a éclaté sur le continent européen, à 1 h 45 de vol de Paris : l’affreuse guerre civile de l’ex-Yougoslavie, que l’Europe n’essaya pas d’empêcher alors qu’elle avait les moyens de le faire par son influence économique…
Il faut se souvenir de cela pour acquérir un peu d’humilité. Et pour se demander s’il ne manquerait pas quelque chose à la fameuse « construction européenne » : quelque chose du côté de la participation démocratique des peuples, comme disaient nos évêques il y a deux ans. Et quelque chose du côté de l’âme, comme disait le pape François dans son discours au Parlement européen…
Alors gardons-nous de faire de l’Europe la solution-miracle : telle qu’elle est actuellement, telle que nos gouvernements européens l’ont laissée devenir, elle fait plutôt partie du problème. Et c’est un problème sans précédent dans l’histoire. Contrairement à ce qu’on entend dire en ce moment, nous ne sommes pas en 1930 : nous sommes en 2018 et c’est un peu plus compliqué. A la semaine prochaine. » ]

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Écrit par : Réginald de Coucy / | 09/11/2018

CONTRADICTIONS ?

> Je suis bien d'accord avec votre chronique, le problème étant bien que « Face au bulldozer de l'ultralibéralisme sociétal » (votre précédent billet voici 3 jours) la Conférence des évêques de France est l'institution la plus aveuglément européiste possible.
Même contradiction entre le pape qui en appelle à tous dans la lutte contre la pédophilie puis l'Eglise qui sanctionne un prêtre qui s'élève courageusement contre les manquements d'un évêque.

Hébert


[ PP à Hébert - Il faut y regarder de plus près :
- la contradiction n° 2 n'est pas entre "l'Eglise" et le pape, mais entre le cardinal Barbarin (encore lui) et le pape. Encore que l'affaire soit de l'ordre de la balourdise plus que de la "sanction" : le P. Vignon n'a pas été révoqué, mais son mandat de juge ecclésiastique venant à expiration n'a pas été renouvelé. Ce qui fait certes très mauvais effet : mais juridiquement, il ne pouvait rester juge canonique après avoir fait un acte aussi contraire au droit canon que d'exiger la démission de l'archevêque dont dépend le tribunal... Cela dit ça tombait au plus mauvais moment.
- La contradiction n° 1 est moins "aveugle" que vous ne le dites. Il y a deux ans et pour la première fois (mieux vaut tard que jamais), la CEF a bien voulu admettre que l'UE souffrait d'un grave "déficit démocratique". Souhaitons que le futur document épiscopal autour des élections européennes reprenne le diagnostic du pape sur la question de l'Europe ! ]

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Écrit par : Hébert / | 09/11/2018

à Patrice :

> Stratégiquement et émotionnellement parlant, la France avait cependant une revanche à prendre sur l'Allemagne qui l'avait privée de trois départements en 1870 : l'Alsace-Moselle était représentée en noir sur les cartes de France dans les écoles jusqu'en 1918.
Rappelons qu'effectivement, c'est la France et la Belgique qui sortirent martyres en 1918, bien plus que l'Allemagne qui n'a pas connu de destructions sur son sol. Les cathédrales de Reims et de Soissons réduites à quelques pans de murs, la bibliothèque de Louvain partie en fumée... Beaucoup de villages lorrains ont été balayés à cent pour cent : Crévic, où Lyautey possédait un château de famille, fut incendié en totalité dès 1914. Oui, la France paya le prix fort. Étienne Klein, avec raison, a pu défendre l'idée que dès la Première Guerre mondiale s'est effondré l'humanisme en Europe, dont il ne s'est jamais remis.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 09/11/2018

@ PP

> J'avoue que je n'avais pas écouté votre émission. J'ai lu la transcription et je suis tout à fait d'accord. Mais dire que 1914 est un suicide européen est une manière d'innocenter l'Allemagne, c'est aller contre la justice et donc contre la paix. Sous Louis XIV ou la Révolution, la France a été fauteur de guerres, mais en 1914, c'est bien l'Allemagne. Entre Bismarck et Hitler, ce pays a fait preuve d'un agressivité terrible contre ses voisins : devaient-ils se laisser asservir ?

Guadet


[ PP à Guadet - Pas si simple. La véritable cible géostratégique de l'empire allemand était l'empire russe. A la clé : "l'espace vital" (déjà) en Europe de l'Est, et l'emprise sur le Moyen-Orient, cf le Bagdadbahn...
En s'alliant au boutefeu russe, donc en s'engageant dans la spirale de guerre, la France obligeait l'état-major allemand à commencer par attaquer à l'ouest pour casser l'armée française avant de se tourner à l'est contre l'armée russe : et ça a failli réussir.
Mais sans l'alliance fatale Paris-Saint-Petersbourg, la guerre de 1914 n'aurait eu lieu qu'à l'est. C'est d'ailleurs ce qu'avait espéré Vienne... ]

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Écrit par : Guadet / | 09/11/2018

INDUSTRIELS

> Les combattants de cette guerre 14-18 ont pensé mourir pour la patrie, en réalité ils sont morts pour les industriels (marchands de canons entre autres)
Ces grands groupes industriels ont passé des accords pour ne pas être bombardés. La citation: la guerre est faite par des gens qui se font du mal sans se connaître au profit de gens qui se connaissent sans se faire de mal.
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Écrit par : warlop / | 11/11/2018

@ PP

> Guerre de Yougoslavie. Non seulement l'UE-OTAN n'a rien fait pour empécher mais nous avons bombardé Belgrade pour soutenir des proto-Etats mafieux. Honte qui a changé ma vision du monde.
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Écrit par : Pierre Huet / | 11/11/2018

LES PROCESSUS

> Les pays du centre et de l'est de l'Europe ne s'étaient pas étendus par des colonies, un peu l'Allemagne mais si peu.
L'Allemagne avait la meilleure industrie d'armement (la supériorité de ses fusils est une cause de la débâcle de 1870, qui suivait les victoires prussiennes sur l'Autriche-Hongrie [La question rejoint l'actualité d'aujourd'hui: la France fait-elle le bon choix en équipant son armée de fusils produits à l'étranger / vivement une vraie Europe où l'assemblée et non les lobbies décident..]).
Au début du 20e l'Allemagne commence à sérieusement s'équiper en navires de guerre. S'il n'y avait que l'avis anglais, la guerre eut été déclenchée 10 ou 12 ans plus tôt, ceux-ci craignant dès lors pour leur supériorité navale ; mais les Français n'y sont pas prêt. S'ensuit réforme des armées. Les affiches de mobilisation sont prêtes en 1905. Mais les Allemands ne sont pas encore prêts et il n'y a pas de prétexte...
Quant à la Yougoslavie, l'Europe a aveuglément suivi l'OTAN guidée par une Madeleine Albright qui si elle a des origines d'Europe Centrale n'y avait jamais mis les pieds et était pétrie de préjugés et d'intransigeance, incapable de réviser son aveuglement. L'OTAN et l'Europe y ont publiquement renié des engagements signés, chose sur quoi a pu surfer ensuite la Russie post-eltsinienne...
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Écrit par : franz / | 13/11/2018

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