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20/10/2018

2. L'arnaque au "progressisme"

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De quoi le "progressisme" macronien est le nom :


 

Le Monde daté de demain met en parallèle le "progressisme" macronien et le "conservatisme" sauce Wauquiez. Peu à dire du second, dont l'idée de manoeuvre semble se réduire à rouler les cathos-droitistes comme l'avaient fait Sarkozy et Fillon... Plus substantielle : la page qui décortique le "progressisme" des macronistes, et que j'invite à lire intégralement dans le quotidien.

C'est en effet autour du "progressisme" que s'est tenu aujourd'hui, dans les Hauts-de-Seine, un séminaire visant à "clarifier le corpus idéologique" macronien. Maîtres d'oeuvre de ce brain storming, deux cerveaux de la macronie : le subtil Christophe Castaner et la pertinente Laetitia Avia, dont la dernière proposition de loi veut envoyer en correctionnelle tout citoyen ayant moqué un accent régional. Participants du brain storming : un think-tank libéral de gauche et un think-tank libéral de droite... Ne pouvaient donc en ressortir que des leitmotive libéraux : 1. "Placer la liberté au même niveau que l'égalité et réhabiliter la valeur travail comme outil d'émancipation individuelle" (en clair : abolition individualiste des solidarités sociales) ; 2. transférer la souveraineté à "l'Europe", dont la philosophie exclut la notion même de souveraineté.

Quelqu'un résume tout ça méchamment : "Autoriser la PMA et supprimer l'ISF, est-ce un progrès ?" ; la formule ferait mouche si elle ne venait pas d'Eric Woerth, notable libéral lui-même, donc mal placé pour brocarder le libéralisme des autres.

Interviewé par Le Monde, le politologue Jérôme Sainte-Marie pose un diagnostic que je partage pleinement : ce "progressisme"  est l'idéologie de classe du "bloc social" (les élites financières et commerciales) qui a mis M. Macron au pouvoir... "Il correspond à une projection dans l'avenir débarrassée aussi bien des 'contraintes au développement capitaliste' que pouvait constituer la morale traditionnelle, chère à une partie de la droite, que des limites issues du mouvement ouvrier, chères à une partie de la gauche. C'est aussi un projet adapté au stade actuel d'un capitalisme à la fois mondialisé et financiarisé... [Ce "progressisme"] parle avant tout aux milieux aisés, aux gagnants de la mondialisation. Et très peu aux milieux populaires. Surtout, il dénote un optimisme très décalé avec ce que ressentent la majorité des Français..."

Sachant que l'électorat versaillais – considéré naguère par les médias comme l'un des bastions de la Manif pour tous – a voté Macron en 2017 à une majorité écrasante, on peut se demander si finalement la cloison entre la bourgeoisie postmoderne ("progressiste") et la bourgeoisie à l'ancienne ("conservatrice") est aussi étanche qu'on le croit, et si l'affrontement rêvé entre progressistes et conservateurs ne se résoud pas en éclats de rire lors des déjeuners de famille.

 

 

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Commentaires

BOURGEOISIE

> Votre dernier paragraphe indique bien le problème d'une certaine bourgeoisie (j'en connais personnellement des exemples) prête à protester contre des innovations "sociétales" sans comprendre (ou sans vouloir comprendre ?) que ces innovations vont fort bien de pair avec un modèle économique qu'ils approuvent.
Comment Bossuet disait-il cela, déjà ?
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Écrit par : Sven Laval / | 20/10/2018

BELLAMY

> Le livre "Demeure" de François-Xavier Bellamy reste à lire et démontre bien ce qu'est le "progressisme". Un élan où tout est bon et bien et beau car signifiant le progrès mais sans capacité d'analyse et surtout sans but qui nous mène droit dans un mur où l'humanité n'a plus rien à voir. Il est grand temps de réagir!

ADV


[ PP à ADV - J'ai entendu Bellamy à France Inter avant-hier :
– à moitié clair sur le progressisme : à moitié seulement car il ne veut pas en voir les connexions économiques libérales...
– et pas clair du tout sur le "conservatisme" : notion qu'il déroule comme une question de cours, mais qui n'a pas d'autre cohérence que rhétorique (comme je crois l'avoir dit ci-dessus)... ]

réponse au commentaire

Écrit par : De Vos Alain / | 21/10/2018

Cher Patrice,

> La fin de votre note est absolument glaçante...mais tellement véridique je pense.
En tout cas, le "progressisme" tel que vous le décrivez, qui est l'adoration égoïste du Moi, sans aucune culpabilité, prédispose à l'enfer éternel ceux qui en "vivent" (je mets volontairement des guillemets). Une véritable structure de péché contre l'Esprit-Saint, qui doit alimenter le royaume de Satan comme jamais (à ce sujet, je crois me souvenir d'une interview d'un moine du mont Athos, lue il y a très longtemps, où ce dernier estimait le taux de damnation en Occident à ...80 % Ce qui me semble un tantinet exagéré...mais après tout qu'en savons-nous ? ).
Je suis de plus en plus persuadé que l'islamisation de l'Europe est voulue par Dieu pour briser cette structure de péché hallucinante. Certes à un prix colossal : la fin prévisible d'une des plus grandes civilisations que le monde ait connues. C'est comme ça, même si c'est regrettable (je veux me battre pour qu'elle subsiste, cette civilisation, avec la France comme fer de lance- c'est mon côté zemmourien).
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Écrit par : Feld / | 21/10/2018

'LE TEMPS D'Y PENSER'

> A noter : le retour en phase active (je ne sais comment dire autrement) d'un très bon blog, qui était en déshérence de puis la fin de l'année 2017.
http://www.letempsdypenser.fr
Deux excellentes notes, publiées respectivement en septembre et au début de ce mois-ci. La seconde, 'nous sommes tous possédés', est totalement en phase avec le présent blog !
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Écrit par : Feld / | 22/10/2018

BON SENS

> https://mobile.lemonde.fr/ameriques/article/2018/10/22/washington-envisage-de-revenir-sur-la-definition-des-personnes-transgenres_5372784_3222.html

Un exemple absolument hallucinant de "progrès sociétal" : la distinction opérée entre sexe et genre, qui permet aux Américains de se déclarer du genre opposé à celui de leur sexe biologique. Trump envisage de revenir sur cette "avancée" supposément progressiste : mais n'est-ce pas tout simplement une question de bon sens ? Le sexe est déterminé par une paire de chromosomes XX ou XY selon le cas ; toutes les questions d'identité genrée et autres délires transgenres ne sont pas qu'une insulte à la volonté du Créateur, ils sont également une négation de la stricte réalité biologique.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 22/10/2018

ADV à PP

> Vous savez bien vous qui faites de la radio combien c'est réducteur par rapport à la réflexion menée dans un livre. C'était un encouragement à lire son ouvrage.

ADV


[ PP à ADV – Peut-être, mais on est responsable de l'effet produit par les propos que l'on tient au micro, et l'on doit veiller à ce qu'ils soient substantiels.
D'autre part, je doute du discernement de M. Bellamy quand je vois qu'il a honoré de sa présence à la tribune (cette année) l' "université d'été" d'un groupuscule de l'ultradroite catho française : l'un des plus venimeux à l'encontre du pape ! De deux choses l'une : ou bien notre éminent philosophe ne savait pas chez qui il parlait, et ce n'est pas à l'honneur de sa connaissance du paysage politique ; ou bien il le savait, et ce n'est pas à son honneur tout court. ]

réponse au commentaire

Écrit par : De Vos Alain / | 23/10/2018

@ PdV

> Attention aux amalgames. A vous lire on pourrait y voir un monde binaire. L'hérésie n'est pas de dire qu'il y a des personnes pour lesquelles le chromosome sexuel ne suffit pas à les stabiliser sexuellement (un peu comme il y a des gens mal latéralisés), l'hérésie est de vouloir en faire une norme (obligation de questionnement) pour tous. (d'autant que pas à l'aise dans un genre, la bascule de l'autre côté ne suffit pas à résoudre leurs pbm).
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Écrit par : franz / | 23/10/2018

À Franz :

> Tout à fait : certaines affiches encourageant les jeunes à remettre en question leur identité sexuée ou "genrée" sont proprement inacceptables. C'est du relativisme d’État !
La question de l'introduction du 'genre' en marge du 'sexe' (sous l'influence des 'études de genre') depuis une vingtaine d'années me semble également être un problème.
J'ai connu, dans ma propre famille, un jeune homme qui, mal dans sa peau en tant qu'homme, décida il y a plus de dix ans de sauter le pas : rentré en clinique à Munich, il en est sorti femme. Au-delà du choc pour la famille proche, l'opération ne changea pas grand-chose puisqu' "elle" est toujours aussi mal dans sa peau et va certains jours à regretter de ne pas être restée homme. Il est évidemment trop tard : elle subit malheureusement depuis plusieurs années une grave dépression. J'ai essayé d'ouvrir son cœur à la foi mais sans succès, l'individualisme poussé à l'excès faisant blocage à toute admission de Dieu comme Créateur : "mon corps, mon droit".
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 24/10/2018

MICHÉA ET L'EVANGILE

> Il faut absolument lire ce que le philosophe Jean-Claude Michéa dit du progressisme, par exemple dans la préface "Éloge du rétroviseur" de son livre "Le complexe d'Orphée" (Climats).
Impossible pour moi qui ne suis pas philosophe (ni journaliste) de résumer ce texte déjà bien dense, mais bien lisible comme tout Michéa.
Il me semble que les chrétiens devraient connaître cet auteur car il éclaire mieux que personne la genèse du projet libéral depuis les guerres de religions des 16ème et 17ème siècles, c'est-à-dire dans le temps long qui est celui de l'église.
La question qui me vient à l'esprit à cette lecture est: selon quel angle parler de foi et d'évangile à des gens qui comme Orphée et Loth ont reçu l'interdiction de regarder en arrière ?

Pïerrot


[ PP à Pierrot – L'Evangile n'est pas "dans le passé" : il traverse les temps. C'est une révolution permanente, une puissance de remise en question (individuelle et collective) à tout instant de l'histoire. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierrot / | 24/10/2018

LE DIPLO

> Le Monde Diplomatique a justement sorti un hors-série consacré au progrès. Avec notamment: J. Testart, Ch. Lasch, S. Latouche et bien d'autres.
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Écrit par : Raphaël R. / | 24/10/2018

Pierrot,

> l'Evangile, ce n'est pas une tradition ou une histoire, ni des racines ou un héritage....C'est l'annonce d'une bonne nouvelle: Jésus est vivant maintenant et nous aime maintenant. Il est une personne qui nous attend maintenant.
L'humanité à une histoire, le peuple chrétien à des traditions mais ce ne sont que des aspects humains. Ce qui est à dire aux hommes, à hurler plutôt, c'est l'existence d'un Dieu vivant qui nous aime tellement qu'il s'est incarné et a souffert, est mort et est ressuscité parce qu'Il nous aime plus que nos péchés, nos lâchetés, nos bassesses.
On peut s'amuser à chercher je ne sais combien d'origines intellectuelles, historiques ou économiques au mal actuel, mais cela fait passer à côté de l'essentiel (au premier sens du terme), la rencontre avec Le vivant. Sainte Thérèse, Saint Ignace, mère Térésa, Marthe Robin ou n'importe quel saint ne se demandait pas le quoi du comment de l'origine de la misère de leur époque, ils cherchaient le Christ. Point. Comme eux, demandons-nous simplement:"Maître, où demeures-tu?" et écoutons Sa réponse.
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Écrit par : VF / | 25/10/2018

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