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15/09/2018

L'heure de la Réforme catholique sonnera nécessairement

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Ni dupes des cyniques (qui voulaient piéger le pape), ni déboussolés par la honte qui submerge le "cléricalisme" (comme dit François), mobilisons-nous dans la prière et l'action : 


 

«Il commença à leur dire qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : "Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes." Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : "Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive...» (Marc 8, 27-35).

C'est l'évangile de ce dimanche. Il peut être appliqué au drame que traverse l'Eglise catholique aujourd'hui.

Ce drame est double. D'une part il y a l'horreur – humaine et métaphysique – de la pédophilie de la part de prêtres, qui appelle à la fois solidarité avec les victimes, inflexibilité à l'encontre des coupables, et volonté concrète de réformer l'Eglise en profondeur.

D'autre part il y a les cyniques qui – s'opposant en réalité (depuis 2013) au pape François parce qu'il veut réformer l'Eglise – se servent actuellement du drame des victimes pour tenter d'abattre ce pape ! C'est une manoeuvre aussi indigne qu'irresponsable : elle redouble le ravage dans l'Eglise et dans le public, et elle fourvoie ses dupes dans une impasse.

Reprenons sous cet angle Marc 8, 27-35 :  "Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes". Il a fallu plusieurs étapes à Pierre pour devenir la pierre de l'Eglise. L'étape du reniement. Celle du repentir. Et celle de la parole du Christ à Pierre qui donne le cap : accepter la perspective d'aller "où tu ne voudrais pas aller" (Jean 21,18).

Le reniement de Pierre était dans la logique de ses "vifs reproches" au Christ rapportés dans Marc 8 : reproches issus de la fausse idée nationale-religieuse du rôle d'un messie. Le repentir de Pierre vient quand dans la cour il croise le regard du Christ (Luc 22, 61). Le cap donné à Pierre dans l'épilogue de Jean est donné aux chrétiens de tous les siècles : suivre le Christ peut mener – mène souvent – là où jamais nous n'aurions voulu aller.

On peut dire que nous y sommes actuellement, avec la découverte de l'ampleur du crime pédophile si longtemps occulté dans l'institution (et nié par des laïcs pour leur confort moral). Cette situation mène là où les bien-pensants "ne veulent pas aller" :  1. consentir à regarder en face ce que le pape nomme cléricalisme, en un sens [*] différent – plus précis – que le sens français ; 2. en déduire, avec le pape, que l'Eglise doit éradiquer cela par des changements profonds : c'est le sens de la Lettre au peuple de Dieu.

Cette démarche exige que nous sachions analyser et dépasser ce que nous ressentons comme une "souffrance devant les révélations", sans nous laisser submerger par nos réflexes de confort moral qui nous feraient duper par les cyniques.

Le pape nous a bousculé par ses appels à accueillir l'immigré, par ses démonstrations anti-libérales en économie ?  Ce n'est pas une raison pour emboîter le pas aux grands prêtres et aux scribes qui veulent faire, de ce pape pionnier, le bouc émissaire de turpitudes antérieures... Leurs paroles "ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes", et le pape aurait le droit de leur dire comme Jésus dans l'autre récit synoptique : "Passe derrière moi, Satan, tu m'es un obstacle" (Matthieu 16, 23), ou "tu es un obstacle à ma mission" (version Semeur) – ou "tu es un piège pour moi" (Segond 21), ce qui pourrait être appliqué, en quelque sorte et toutes proportions gardées, à  l'opération du groupe Vigano.

La souffrance ne purifie pas, disent les commentateurs de cet évangile : c'est l'amour qui purifie, regardons ce qu'il en coûte au Fils d'obéir à la volonté du Père...  Notre réflexe bien-pensant veut bien "souffrir pour l'Eglise", glorieuse posture permettant de regarder de haut nos contemporains (qui s'en contrefichent) ; mais il ne veut pas "souffrir par l'Eglise", c'est-à-dire : a) accepter de voir la situation telle que la ressentent les 90 % d'incroyants de la société actuelle ; b) admettre que le pape – étrangement détesté de certains milieux "cathos" –  a raison quand il parle des changements indispensables ; et notamment lors de ses deux terribles discours de Noël aux prélats de Curie : discours où passe le souffle de la nécessaire Réforme catholique.

Et nous autres, simples hommes et femmes, catholiques de base sans pouvoir ?  Le pape nous prie de l'aider. Sa Lettre au peuple de Dieu, et les messages des évêques français sur cette lettre, nous appellent à nous engager dans le mouvement qui s'annonce.  Si nous voulons que la réunion internationale des présidents de conférences épiscopales convoquée par François en février prochain  soit un prélude à la Réforme catholique, faisons entendre notre voix, et désavouons au passage ceux qui voudraient piéger le pape. Mais n'oublions pas que les oeuvres viennent de la foi, et que l'action vient de la prière. Et commençons tout de suite. Mgr Aumônier, évêque de Versailles, appelle à jeûner en ce samedi 15 septembre fête de Notre-Dame des Douleurs : "Notre conversion, dit-il, si elle est authentique, est à la fois spirituelle et incarnée."

 

__________

[*]  Par "cléricalisme",  François entend l'exercice d'un pouvoir clérical centré sur lui-même et sur la complaisance envers les pouvoirs séculiers : le sacerdoce et la prélature détournés du service de l'Evangile. (En français, "cléricalisme" est un terme polémique flétrissant toute action du clergé de quelque nature qu'elle soit).

 

 

 

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Commentaires

"CLÉRICALISME'

> Qu'entend-on exactement par "cléricalisme" en italien si le mot cléricalisme a un sens italien différent – plus fort et plus structurel – que le sens français ?
Une amie me disait récemment que le Pape se comportait de façon cléricale pour dénoncer le cléricalisme...
Faut-il vraiment opposer les clercs aux laïcs ?
J'avoue avoir souvent plus souffert du "cléricalisme" des Laïcs que celui des clercs...

Michel de Guibert


[ PP à Michel de Guibert :
- Je n'évoque pas un italianisme mais le sens que le pape donne à ce mot, et que j'ai essayé de définir dans la note en pied (ci-dessus).
- Je ne vois pas ce que votre amie voulait dire. Est-ce une lectrice du pamphlet intégriste 'Le pape dictateur', applaudi par tous ceux qui refusent les changements nécessaires dans l'Eglise (et qui haïssent le pape depuis le début) ?
- Par "cléricalisme des laïcs", voulez-vous dire que ces laïcs adhéraient au cléricalisme du clergé local ? ou qu'ils s'arrogeaient eux-mêmes des prérogatives cléricales ?]

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Écrit par : Michel de Guibert / | 15/09/2018

DEUX MARTYRS AU PÉROU

> Je reviens de la Fête de Notre-Dame des Douleurs à Notre-Dame des Victoires où il nous a été offert de prier en présence des reliques des Bx Michal Tomaszek et Zbigniew Strzalkowski, missionnaires franciscains polonais morts martyrs au Pérou en 1991. Selon l’un des deux frères polonais venus témoigner, Michal et Zbigniew peuvent nous apporter une aide puissante contre le terrorisme, pas seulement celui du « Sentier lumineux », dont ils furent alors victimes, ou de tel ou tel groupe voué à terroriser et tuer ceux qui pensent différemment d’eux. Mais le terrorisme du quotidien, sévissant jusqu’au sein des familles, à l’encontre de tel ou tel membre de la fratrie ou du cousinage qui ne marcherait pas droit…
Je l’avoue, je me suis engagé dans la brèche, en tant que « sale catho » et dénoncé comme tel car ne rentrant pas dans les clous du libertarisme repu et parfois militant de ses frères et sœur.
Il reste que ce n’est pas à eux qu’il faut adresser ce fameux « Passe derrière moi Satan » du Christ – ils sont trop déconnectés de la foi – mais à nos frères et sœurs chrétiens qui s’efforcent de faire du pape François le bouc émissaire de la crise actuelle. Je pense en particulier aux « vaticinistes » et autres « cyniques » du Figaro et d’ailleurs, qui se déchaînent dans le triste but de satisfaire leur clientèle et la politique – le culte de Mammon – qui va avec. Je pense à cette mouvance tradi-intégriste contre le pape, depuis longtemps experte en agenouillements compulsifs et chapelets mitraillettes, qui a cédé sous les assauts du mondain à force de critiques du concile Vatican II et d’interprétation sectaire du « Message » de Fatima.
Les uns et les autres trouvent aujourd’hui du côté des conservateurs américains anti-François le nerf de la guerre qui leur manquait, les voici prêts à en découdre, non seulement avec le pape, mais avec le macronisme libertarien… aussi est-il clair que « cathos corrects ultras » et « laïcards carbomacronisés » étaient faits pour se rencontrer et se confronter dans leurs emballements mimétiques ; tant il est vrai, comme l’a si bien analysé René Girard, que dans la recherche du bouc émissaire, c’est encore et toujours « Satan qui expulse Satan » !
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Écrit par : Denis / | 15/09/2018

"ON COMPREND..."

> On comprend que vous voulez que votre foi (personnelle) survive. Et que vous êtes prêt à souffrir "pour" le pape, mais pas "par" le pape. Ouvrez les yeux : il n'est pas au-dessus de l'Eglise. Il n'est pas le substitut du Christ.

Yves


[ PP à Yves - Cher Monsieur, on ne comprend justement pas... si c'est cela qu'on "comprend" ! Ouvrez les yeux : personne ici ne pense que le pape est "au-dessus de l'Eglise" ni que c'est un "substitut du Christ" ; deux slogans qui exhalent une forte odeur de non-dit et de parti-pris. ]

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Écrit par : Yves / | 15/09/2018

Cher PP,

> ne craignez-vous pas qu'en utilisant l'expression "Réforme catholique", les intégristes de tous poils n'en tirent prétexte pour vous accuser de crypto-protestantisme, ou de que sais-je encore ?... Certes, la Réforme du concile de Trente, parfois appelée "Contre-Réforme", ce n'est pas nouveau, mais enfin... Par ailleurs, bien sûr que nous avons besoin de réforme, "semper reformanda". Que l'Esprit Saint nous retape de l'intérieur, et sérieusement !

Alex


[ De PP – Cher Alex, ce que peuvent dire les intégristes et les libéraux-conservateurs m'est indifférent. Je crois l'expression "Réforme catholique" assez exacte pour essayer de définir ce dont l'urgence s'imposerait maintenant... ]

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Écrit par : Alex / | 15/09/2018

"LE PAPE A RAISON"

> La tempête est violente les cyclones se déchaînent en tous sens, la barque tangue.
Encore jeune lors du concile Vatican II et comme beaucoup de croyants j'ai prié pour sa réussite.
Déjà les vents contraires s'élevaient et tout se précipita dans les décennies suivantes.
Je me suis reconnu dans les décisions, constituions et autres documents du concile mais, bien qu'enfant, je me suis senti trahi par la réforme liturgique, je reste sur ces positions!
Mais ce qui se passe contre le pape qui s’arque boute dans ce tsunami pour dire et redire l’Évangile, me révolte.
Ce pape est remarquable comme le message qu'il ne cesse d'annoncer et voir qu'au sein de la Curie tant de violence s'arme en coups bas contre lui me donne nausées et révulsions.
Les paroisses se vident, les critiques contre l'Eglise se multiplient, les médias s'acharnent, alors raison de plus pour crier qu'il a raison!
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Écrit par : Albert E. | 15/09/2018

LA SEULE CHOSE QUI COMPTE

> "se servent actuellement du drame des victimes pour tenter d'abattre ce pape" : se servir de quelqu'un, qui que ce fût, est immoral, incompatible avec l'Evangile. Ça l'est encore plus lorsqu'il s'agit de victimes de prêtres pédophiles.
Qui plus est, il semble fort, à vous lire, que ceux qui tentent cette manoeuvre ne soient pas irréprochables dans cette affaire.
Après, on se demande ce que l'on peut bien avoir dans la tête pour être "centré sur soi-même" et avoir de "la complaisance envers les pouvoirs séculiers". L'Evangile est une chose toute simple: que l'on aille dans les rues, il y a plein de gens qui meurent dehors de faim et de froid. A quoi bon s'attacher des vanités pareilles (un poste de cardinal, etc)? A quoi bon courir après des choses aussi futiles? C'est à en finir par ressembler à ceux qui n'ont que l'argent dans leur vie ou je ne sais quoi.
La seule chose qui importe c'est de vouloir Dieu. Pour le reste, comme le dit Saint Ignace, il ne faut pas préférer plus la richesse que la pauvreté, l'honneur que le déshonneur, la santé que la maladie, une vie longue qu'une vie courte, etc.
C'est rude, mais si on ne va pas jusque là, croit-on vraiment en Dieu?
C'est en passant par là que l'on fera ce que Dieu désire.
Enfin, il me semble que les articles de presse, ne sont pas nécessairement malveillants avec le Pape.

ND


[ PP à ND - Les journaux laïques ont été prudents : pour un vrai professionnel le texte de Vigano empeste le coup monté et la désinformation (mélange de faits exacts et d'affirmations fausses).
Ce sont certains magazines catholiques qui ont été fascinés par Vigano. Mystère d'iniquité. ]

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Écrit par : ND / | 15/09/2018

'SEMPER REFORMANDA'

> C'est vrai que le titre peut étonner, mais l'article le justifie pleinement. J'y adhère tout-à-fait. Les gens ont tendance à croire que ce qui existait dès avant leur naissance a toujours existé. Il connaissent mal l'histoire de leur Église. La réforme de Vatican II n'a pas été la plus radicale qu'ait connue l'Église, et elle ne doit pas être la dernière. Non pas pour être dans la "disruption", mais au contraire pour corriger les déformations et les errances dues à l'assoupissement dans la routine, et retrouver le cap originel qui a pu être perdu.
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Écrit par : Guadet / | 16/09/2018

VOCATION ET DISCERNEMENT

> Oui, sur les journaux laïcs. Peut-être aussi sont-ils marqués par le pape François.
Cette crise de la sainteté du sacerdoce est l’occasion de rappeler que tout n’a pas toujours été merveilleux par le passé. J’ai eu il y a longtemps, l’occasion d’étudier un peu la vie et la spiritualité de saint Louis-Marie Grignon de Montfort. C’est un homme dont la vie est à cheval sur les XVIIe et XVIIIe siècle. Or à cette époque, choses qui révoltaient saint Louis-Marie, il y avait pléthore de prêtres dont nombre n’avaient probablement pas la vocation. La prêtrise était un moyen d’obtenir des bénéfices ecclésiastiques, pour se nourrir et nourrir sa famille. En des temps de pauvreté généralisée, cela peut se comprendre. A cette époque, il était courant que l’on désire une paroisse, car on y trouvait une basse-cour, etc. Le prêtre prenait une maîtresse qui s’occupait de la maison. L’abondance de prêtres était telle que certains n’avaient rien à faire ; ainsi, saint Louis-Marie s’est retrouvé au début de sa vie sacerdotale, à Paris, avec un ministère de deux heures par semaine. C’est ce qui lui a laissé tout le loisir de trainer les bibliothèques parisiennes, où l’on sait qu’il employa son temps à lire des ouvrages sur la Vierge Marie avec les suites que l’on connaît.
Un siècle avant, les parents de saint Vincent de Paul, s’étaient vu proposer que leur fils fasse des études universitaires. Il était tout à fait possible d’être prêtre sans en passer par l’université. Mais l’université donnait la possibilité de devenir curé, non pas d’une paroisse, mais de dix, ce qui permettait de récolter 10% des revenus des dix paroisses.
Saint Ignace de Loyola, s’inscrit à la suite du courant de la « devotio moderna ». Il s’agissait pour lui de répondre à ce problème courant à l’époque, que nombre de personnes ne rentraient pas dans la vie religieuse par vocation mais pour d’autres raisons. C’est en partie pour cette raison qu’ont été écrits les Exercices Spirituels.
A notre époque, j’ai eu l’occasion de m’entendre narrer par plusieurs personnes la façon dont parfois, se décidaient les vocations, au XXe siècle. Quelqu’un de ma famille ma raconté comment le prêtre du village était venu voir ses parents et leur avait dit : « si votre fils rentre au petit séminaire, je lui paye ses études. » On m’a dit : « c’était simple : celui qui n’avait pas de caractère et ne s’opposait pas se retrouvait prêtre sans l’avoir demandé. »
Une autre personne (un prêtre) m’a raconté comment « dans les années 1947 » des prêtres professeurs de séminaire allaient dans les familles et tenaient ce genre de discours. De fait, il est des endroits en France dans les années 50 qui ne manquaient pas de prêtres. On le comprend, m'a dit ce prêtre, « tous ceux-là sont partis en mai 68. » On aurait presque envie d’ajouter : et ils ont bien eu raison.
Après on peut relire l’encyclique de Paul VI « Celibatus Sacerdotalis ». Je comprends l’insistance du pape François sur le discernement.
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Écrit par : ND / | 16/09/2018

CLÉRICALISME (2)

> Le cléricalisme voilà l'ennemi ?

Phil


[ PP à Phil - C'est ce qu'écrit le pape. ]

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Écrit par : Phil / | 16/09/2018

A propos de cléricalisme

Patrice, pour répondre à vos questions relatives à mon précédent commentaire et clarifier la discussion :
- Entendu pour la définition du cléricalisme telle que l'entend le pape François ; c'est ce que j'aurais appelé une mauvaise conception de l'autorité comme pouvoir et non comme service.
- Mon amie, proche plutôt des milieux orthodoxes, mettait plutôt en cause une manière peu synodale de gouverner l'Eglise.
- Quand je parlais du cléricalisme des laïcs souvent pire que celui des clercs, je pensais aux laïcs qui s'arrogent un pouvoir dans l'Eglise et qui n'ont pas toujours le souci pastoral qu'ont les prêtres quand ils ils ont le souci de l'unité de leur troupeau.

MG


[ PP à MG - Vous voulez dire : un pouvoir dans les paroisses ? ]

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Écrit par : Michel de Guibert / | 16/09/2018

DÉCEPTIONS SPIRITUELLES

> Je suis content de voir que vous illustrez ce sujet d'une image de Notre Dame des Douleurs et que pour le ponctuer, vous relayez l'appel au jeûne de l'évêque de Versailles pour la fête de cette dernière. Je suis également heureux de la mention faite par ND de saint Louis-Marie Grignon de Montfort et j'invite tous les lecteurs à (re)lire et à méditer son Traité de la Vraie Dévotion à la Très Sainte Vierge, ce à quoi je m'occupe ces temps-ci.
Je suis déçu (voire désappointé) de ne pas entendre (ou si peu), en ces temps de crise les prêtres nommer (notamment dans leurs homélies, dans la liturgie au chant final ou récitation commune de l'Angelus lorsque la messe termine vers midi par ex.) la Très Sainte Vierge, médiatrice de toutes les grâces, la voie la plus facile au sauvetage de l'Eglise. Malade ce jour, j'écoutais la messe radio (sur la radio du service public belge francophone), le prêtre (africain) n'a fait, malgré une homélie de qualité, mention à aucun moment de la Sainte Vierge (pas plus que de la crise qui secoue l'Eglise). Ne devrions nous pas faire pression sur nos prélats pour raviver le culte marial (auquel bien des gens éloignés du catholicisme continuent à faire référence)?

Raphaël R.


[ PP à Raphaël R. - Si, bien sûr. Et il faudrait savoir combien d'homélies de ce dimanche, en France et en Belgique, ont eu le courage de parler de la crise dans l'Eglise ! Esquiver un drame chose dont tout le monde parle serait une très lourde erreur spirituelle. Et laisserait le champ libre aux propagandes extrémistes... Mais une partie du clergé a la regrettable habitude de nier les problèmes graves. ]

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Écrit par : Raphaël R. / | 16/09/2018

PAROISSES

> Oui, Patrice, je parle des laïcs qui prétendent faire la loi dans les paroisses, mais je dois dire que la situation s'est très notablement améliorée et que mon propos visait des pratiques insupportables il y a une vingtaine d'années.
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Écrit par : Michel de Guibert / | 16/09/2018

SORTIR DE L'INTEMPOREL

> Ce dimanche soir, à la messe de ma paroisse, le prêtre a fait une belle homélie, - mais en ne parlant à aucun moment de la crise qui secoue l'Eglise. Il a fait comme si tout allait bien, a même parlé d'un mariage qu'il avait célébré la veille et des entretiens qu'il a eus, après la cérémonie, avec divers convives, qui, ayant reçu une éducation religieuse, se posaient des questions sur la foi - mais sans à aucun moment évoquer le problème qui obsède actuellement l'actualité de l'Eglise.
C'est bien d'avoir le sens de l'éternité et des sujets intemporels, mais jusqu'à quel point ?
Arrivera l'heure où il faudra que tous les ecclésiastiques, prenant exemple sur le pape et son entourage, abordent la question à bras-le-corps, ne serait-ce que de manière ponctuelle.
Il en va du lien de sincérité et d'humilité entre les ministres de la foi et les fidèles.
Aller au coeur de l'Evangile, c'est aussi se mettre à l'écoute du temps présent, et de nos oeuvres en vue du Jugement dernier. La lecture de l'apôtre Jacques de ce jour disait bien que les paroles ne suffisent pas, et qu'il faut des actes véritables. Message qui prend aujourd'hui une dimension particulière de défi pour l'Eglise toute entière.
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Écrit par : Bégand / | 17/09/2018

SÉMINAIRES ET AIR DU TEMPS

> Pour combattre le mal, il faudrait commencer par le connaître. Existe-t-il des études sérieuses sur les prêtres ayant commis des agressions pédophiles ? J'ai du mal à comprendre comment cela est possible. J'ai fait il y a quelques années la démarche de discernement d'une vocation de prêtre et il m'a semblé qu'on cherchait trop le surhomme jeune, négligeant les vocations tardives et ceux qui ont conscience de leurs limites et de leur faiblesse.
Ensuite dans la formation des prêtres, on la joue trop dans le genre grandes écoles, expliquant qu'ils faut travailler pour entrer dans une élite. Est-ce que cela ne risque pas de donner des prêtres trop sûrs d'eux et de leur supériorité, et ne voyant pas arriver des failles graves.
Pourquoi privilégier le formatage de jeunes et ne pas pas miser sur l'expérience ? On reviendrait seulement à l'origine et à l'étymologie de "prêtre", c'est à dire au choix d'anciens qui ont l'expérience et la sagesse. Mais je me trompe peut-être.
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Écrit par : Guadet / | 17/09/2018

ET HOP

> " il faudrait savoir combien d'homélies de ce dimanche, en France et en Belgique, ont eu le courage de parler de la crise dans l'Eglise"
Soupir...
Toujours pas un mot dans la mienne.
J'ai demandé si la paroisse allait organiser un jour bol de riz, prière et jeûne à la demande du pape
Mon curé m'a répondu par une pirouette avec la phrase de Mère Teresa "ce qu'il faut changer dans l'Eglise c'est toi et moi gna-gna-gna"
-ben justement on peut prier et jeûner ensemble.
-ah oui oui, tu peux toujours jeûner.
Et hop il est parti.

(pauvre Mère Térésa, se voir ainsi instrumentalisée)
______

Écrit par : E Levavasseur / | 17/09/2018

à Michel de Guibert:

> je vous rejoins entièrement sur le cléricalisme de certains laïcs. Dans notre paroisse rurale de 27 clocher, c'est favorisé par le manque de prêtres ; ces personnes, de bonne volonté, très "investies" de leur mission sont vieillissantes et clairement d'une autre époque quant à l'avenir de nos paroisses en manque de vocations. Peu à peu, ici, à la suite de pèlerinages en paroisse par exemple, une communauté soudée est en train de naître. on va bien voir ce que cela va donner.


Cher Eric,

> notre curé à fait une très belle homélie sur le sujet en développant notamment la souffrance des prêtres qui encaissent les quolibets ou les accusations comme des martyres non-sanglants. Il soutient le pape à fond.
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Écrit par : VF / | 17/09/2018

HOMÉLIES

> Je veux bien qu'on parle le dimanche dans les paroisses du drame qui secoue l'Eglise, c'est même nécessaire sans doute, mais ce n'est pas le rôle de l'homélie de commenter l'actualité, mais bien plutôt les lectures et l'Evangile du jour, quitte à éclairer le présent par l'Evangile.

MG


[ PP à MG - Bien sûr. Mais éclairer le présent suppose que l'on tienne compte du présent concret : quand celui-ci met pareillement en cause l'Eglise, et quand des faux-frères en profitent pour attaquer le pape, le devoir est d'aller au devant de l'inquiétude des âmes. Certains fidèles sont tentés de croire que le drame du péché annule la promesse du Christ. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Michel de Guibert / | 17/09/2018

à VF

> Merci pour votre message.
Je suis moi-même en milieu urbain, c'est différent, mais il m'arrive en vacances de fréquenter le milieu rural, et je crois beaucoup que de petites communautés soudées comme une famille sont l'avenir, l'Eglise conçue et vécue comme une famille de familles.
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Écrit par : Michel de Guibert / | 17/09/2018

RÉFORME

> Oui, il faut une réforme, et il faut qu'elle soit pertinente. Réforme(s) ? les catholiques de notre génération entendent ce mot et en reçoivent depuis qu'ils ont l'âge de comprendre ces questions. Malheureusement, en plus d'un demi siècle, on ne sait ni prévenir les épouvantables abus constatés ni rompre l'omerta qui les protège!
Pourtant, il y a eu des actions, ainsi Benoît XVI avait "invité" 73 évêques à démissionner (affaires de moeurs ou d'argent) en particulier en Afrique Ex: Congo Brazzaville: 3 pour 7 diocèses!
Mais force est de constater qu'il n'a pas pu ou pas su perforer le blindage de protection de certains réseaux.
Jean-Paul Ier l'oublié, dont le diocèse d'origine (Belluno) avait subi les méfaits du réseau financier Ambrosiano + Marcinkus n'en n'a pas eu le temps.
______

Écrit par : Pierre Huet / | 17/09/2018

LÀ ET AILLEURS

> Samedi dernier dans ma paroisse du sud-Yvelines : journée de prière et de jeûne en la fête de Notre-Dame des Douleurs. A tous les catholiques des Yvelines de vivre une L’Eglise est secouée par des scandales, causés par certains de ses membres ; afin de nous associer plus étroitement à une démarche de pénitence en réparation des péchés commis et de prière pour les victimes, nous sommes invités à nous retrouver pour une heure de prière commune.
Hier, dimanche : l’intégralité de l’homélie sur ce sujet.
Sur les laïcs cléricalisés : ah les mamies bigoudis - ultra modernistes - qui font la pluie et le beau temps et vont et viennent dans les choeurs d'église jusqu'à vous donner le tournis... un spécialité bien française !

TM


[ PP à TM - Une spécialité bien française mais dans un nombre décroissant de paroisses, au moins d'après ce que je vois en circulant beaucoup... ]

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Écrit par : Thomas Mousset / | 17/09/2018

A Eric Levasseur, en réaction à votre anecdote :

> Quelle honte... Et encore vous, comme moi j'imagine, aimez l'Eglise et savez sans doute prendre du recul dans tout ça.
Mais je n'ose pas imaginer l'effet que l'attitude de ce prêtre pourrait faire à un "recommençant" fragile, à une personne abusée mais qui voudrait prier et s'inscrire dans une dynamique de groupe, à quelqu'un qui fait ses premiers pas dans l'Eglise,etc. C'est grave !
______

Écrit par : TonyZ / | 18/09/2018

à Michel de Guibert

> ce que les évangéliques appellent des "églises de maison" ?
______

Écrit par : Geneviève Bazin / | 18/09/2018

@ TonyZ & VF

> Pas de problème
Grâce à cette histoire de Vigano et Cie, je me rends compte que j'aime beaucoup l'Eglise et que je n'ai jamais été "cléricaliste".
A vrai dire, tout cela fait remonter de vieux et mauvais souvenirs des années 70/80 où Paul VI et Jean-Paul II parlaient dans le vide à des gens exerçant de grandes responsabilités dans l'Eglise en France et dont les idées étaient universalistes mais la manière de réagir très gallicane...
Souvenez-vous de ce clergé qui avait boudé la venue du pape en 1980 (le même qui parlait des lefebvristes avec horreur...)
______

Écrit par : E Levavasseur / | 18/09/2018

CÉLÉBRANTE

> A propos du syndrome de la prêtresse "spécialité bien française mais dans un nombre décroissant de paroisses"
Exact. Ce qui est la preuve qu'il s'agit plus d'un problème de génération qu'un problème de fond.
Anecdote :un ami prêtre arrive en Auvergne célébrer les obsèques d'une vieille tata qu'il aimait beaucoup.
Une mamie l'arrête : "on n'a pas besoin de vous ! je suis la célébrante" (sic)
il l'a flanquée à la porte... sous les applaudissements des villageois "merci mon père, on en a marre, elle décide de tout".
______
Des anecdotes de ce genre, nous en avons tous

Écrit par : E Levavasseur / | 18/09/2018

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