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02/08/2018

Match économique perdu pour Macri, 'el Macron porteño'

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Argentine – Échec au show libéral de Mauricio Macri (photo) :


Le président Macri est plus âgé que le président Macron, mais son ultralibéralisme l'avait fait surnommer l'an dernier 'un Macron porteño'  [1]  par les journaux d'Amérique latine. Or l'expérience tourne mal en Argentine. L'amputation des allocations à l'enfance paupérise 400 000 familles. La suppression des aides aux services publics "fait flamber les tarifs : gaz (+973 %), électricité (+722 %), eau (+451 %)", rapportent les correspondants étrangers à Buenos Aires. Une nouvelle augmentation de 30 % va encore frapper le gaz et l'électricité, ainsi que les transports publics. L'inflation atteindra 35 % à la fin de 2018.

Pourquoi cette catastrophe ? En 2015, ayant évincé Mme Kirchner de la Casa Rosada (palais présidentiel de Buenos Aires), M. Macri trompétait que c'en était fini des fantaisies et que l'Argentine allait découvrir les bienfaits du libéralisme : ouverture totale aux marchés, fin du contrôle des changes, etc. Les investisseurs mondiaux allaient se bousculer !  En fait d'investissements, sont arrivés les fonds spéculatifs à très court terme "qui, sans contrôle, sont repartis aussi rapidement qu'ils étaient venus une fois leur rente touchée, encourageant la fuite des capitaux et mettant une très forte pression sur le peso" [2].  Et voici l'Argentine de nouveau aux pieds du FMI pour obtenir un prêt... Le FMI inflige en échange une cure d'austérité forçant l'Etat argentin à affamer la recherche, l'éducation, les entreprises d'Etat et la fonction publique – ce qui étranglera l'économie et rendra encore plus difficile le paiement de la dette, cycle meurtrier déjà subi par d'autres pays

Aujourd'hui réapparaissent dans les banlieues de Buenos Aires, bien connues de Jorge Bergoglio, les marchés de troc où des milliers de familles argentines en sont réduites à échanger leur mobilier (y compris les radiateurs) contre des aliments.

Non, le libéralisme ne fait pas de miracles. Et il n'"émancipe" personne, n'en déplaise à M. Macron !

 

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[1]  Porteño : "de Buenos Aires". Macri en fut le maire de 2007 à 2015.

[2]  Delfina Rossi, économiste argentine, Libération 2/08.

 

 

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Commentaires

LE F.M.I.

> Et le FMI n’a pas tiré de leçons sur les crises d’austérité ? Pas d’evolution ? Leur rôle c’est de se tenir à asservir les pays ? Pas de remise en question ?
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Écrit par : Théophile / | 02/08/2018

à Théophile

> pas de remise en question possible : le FMI n'est pas un organe du bien commun international mais un outil de l'idéologie libérale. Comme l'OMC et la Commission européenne ! Et cette idéologie ne peut pas évoluer sans s'auto-détruire. Le libéralisme est un engrenage qui ne peut que tourner, plus ou moins fort selon les moments et les freins.
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Écrit par : C. Desforges / | 03/08/2018

MENEM
> Aucune leçon n'a donc été tirée de l'ultralibéralisme de Menem qui a mené à la crise de 2001 avec notamment un peso surévalué (aligné sur le dollar ! comme si l'Argentine avait une puissance économique comparable aux Etats Unis !).
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Écrit par : e levavasseur / | 03/08/2018

EN MÊME TEMPS

> En Argentine le droit à l'avortement (meurtre d'un enfant à naître) risque d'être adopté prochainement par le Congrès. On pouvait lire à ce sujet dans Le Monde du 14/06: "Un proche ami du pape, le père José Maria di Paola, appelé « padre Pepe », avait fait une intervention remarquée pendant les débats en commission, affirmant le 31 mai que l’avortement était « promu par le Fonds monétaire international », alors même que le président Mauricio Macri (droite) était en train de négocier un accord avec le FMI, très impopulaire en Argentine."
Le président Macri s'est quant à lui dit opposé à la légalisation de l'avortement mais EN MÊME TEMPS il n'y mettrait pas son veto s'il devait être voté...
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Écrit par : Raphaël R. / | 03/08/2018

UN EXEMPLE

> https://www.nouvelobs.com/economie/20180801.OBS0426/le-cdi-interimaire-cdi-d-esclave-ou-securite-de-l-emploi-en-interim.html
Un exemple de politique libérale à la Macron/Macri : un CDI aux conditions drastiques, censées combiner l'illusion du CDI à la réalité de l'intérim. Le salarié, entre deux missions, doit accepter ses nouvelles missions (parfois très éloignées de son domicile) dans un délai de deux-trois heures, etc. Le patronat se réjouit, nous dit-on : ce n'est pas bon signe pour les salariés.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 04/08/2018

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