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01/08/2018

À ceux qui prêchent que l'affaire Benalla "est finie"

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Zélés LREM et dirigeants macronistes...  Mais pas seulement eux :


 

Que les zélés LREM nous disent de "passer à autre chose", c'est logique. Que les élus d'opposition prolongent la polémique, c'est logique aussi : la logique des partis.

Mais quelle est la réalité objective ? On la voit dans Le Monde daté de demain : "Affaire Benalla, les contradictions de l'Elysée". L'exécutif apparaît coincé dans les faux-semblants auxquels il a recouru par esquive. Croire esquiver l'affaire en la minimisant relevait de l'arrogance ; d'autant que l'une des manifestations de cette arrogance macroniste était, justement, le réseau para-policier tissé autour de M. Benalla.

Ce réseau dans la police a existé (témoigne le commissaire Creuzat) parce que "pour nous, Benalla représentait Macron pour tous les sujets sécurité". Le 1er mai, Creuzat – sur les instructions (dit-il) d'un supérieur – a donc apporté à l'Elysée, pour Benalla, un sac contenant non seulement un casque et un masque à gaz mais un équipement très illégal : brassard de police, radio de police et combinaison type BAC avec les galons de capitaine de police ! Remettre cela à un non-policier était une faute. Même  l'alter ego de Benalla, Vincent Crase, lui a dit "la combinaison, c'est too much" : "un déguisement", ajoute Crase dans sa déposition. Benalla a donc laissé la combinaison galonnée, mais pris tout le reste y compris le brassard, qu'il utilisera. Sur certaines images on voit d'ailleurs Crase arborant lui aussi un brassard lors des interpellations musclées au Jardin des Plantes, trois heures avant l'incident de la Contrescarpe...

Les violences commises apparemment ce jour-là par Benalla et Crase ne relèvent que du délit mineur. L'affaire d'Etat, c'est qu'un réseau, parmi les hauts gradés de la préfecture de police, ait été convaincu (de longue date) que Benalla agissait par la volonté du président de la République, et que cela autorisait des actes illégaux sous fausse qualité de policier.

Si quelqu'un pense que ça ne vaut pas la peine d'en faire une histoire, je serais curieux d'entendre la démonstration. Voyez les trois inculpés : le contrôleur général Simonin, trente ans de carrière, est ce qu'on appelle "un grand flic". Le deuxième policier mis en examen, l'irréprochable Jean-Yves Hunault, est officier de liaison entre la PP et l'Elysée - et particulièrement avec "l'entourage" macronien. Le jeune commissaire Creuzat n'a été qu'un exécutant le 1er mai... Ces trois professionnels n'ont rien du ripou ni de l'aventurier. Leur profil rend vaine la campagne des macronistes pour nous persuader que l'affaire se réduit à des dérapages imprévisibles, personnels, ponctuels, limités à une seule journée (le 1er mai), au cours de laquelle n'aurait été commise qu'une seule faute (à la Contrescarpe). On n'a donc pas fini d'en parler !

On trouve néanmoins ces jours-ci, sur des sites pieux, des bien-pensants pour nous inviter à faire silence sur cette affaire – au nom bien sûr de la maxime (détournée) selon laquelle "le bruit ne fait pas de bien"... Pour ce que l'on en peut savoir, ces artisans de paix sont enchantés par ailleurs de M. Macron, de ses cadeaux aux plus riches et de sa destruction des protections sociales. Comme nous venons de commémorer le 70e anniversaire de la mort de Bernanos, adressons aux cathos macronisés ce passage des Grands cimetières sous la lune :

« Je regarde avec stupeur les catholiques que la lecture, même distraite, de l'Evangile ne semble pas inciter à réfléchir sur le caractère chaque jour plus pathétique d'une lutte qu'annonce pourtant une parole bien surprenante, qu'on n'avait jamais entendue, qui fût d'ailleurs restée jadis parfaitement inintelligible : "Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent". Oh ! je les connais. Si, par miracle, ma réflexion chagrine l'un d'entre eux, il courra chez son directeur [de conscience] qui lui expliquera paisiblement, au nom d'innombrables casuistes,  que ce conseil ne s'adresse qu'aux parfaits, qu'il ne saurait par conséquent troubler les propriétaires. »

 

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19:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : benalla

Commentaires

ATTERRANT

> que des catholiques volent au secours de Macron, c'est déjà atterrant.
Qu'ils le fassent parce qu'ils aiment sa politique anti-sociale, c'est carrément gerbant.
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Écrit par : jean-louis / | 01/08/2018

LES CATHOS ET LE SOCIAL

> Quelque part sur YouTube, trainait la vidéo d'un journaliste devenu "cathare". Au début de cette vidéo, il expliquait, qu'avant d'entrer dans le néo-catharisme (il est persuadé que l'Eglise catholique est du côté des puissants depuis toujours), il avait voulu connaître la "spiritualité" de son pays. Il avait donc demandé la préparation au baptême dans une paroisse parisienne. C'était à l'époque de la vague de suicides chez France Télécom et le journaliste était scandalisé de la stratégie adoptée par l'entreprise pour pousser des employés à la démission par le harcèlement aboutissant à ces suicides. Il a évoqué son indignation à la personne chargée de le préparer au baptême, "un militant catholique" (il a sûrement défilé dans la Manif pour tous) qui lui a répondu qu'il ne fallait pas s'apitoyer sur le sort de "lâches qui n'ont pas su s'adapter au management à l'américaine". Le journaliste dit qu'il a alors abandonné sa préparation au baptême pour entrer dans le néo-catharisme. Catho = ennemi des pauvres : on voit que des "cathos" font de leur mieux pour rendre cette équation crédible.

AM


[ PP à AM - Exemple du pharisaïsme de gens persuadés "d'être l'Eglise", à coups de pompeuses sessions et de publications psychologisantes ! Pour eux, le pape François n'est pas catholique puisqu'il n'est pas libéral.
Cela dit, je me demande ce qu'on a vendu ensuite à ce pauvre journaliste pour du "néocatharisme". Le vrai catharisme historique n'était pas pour la justice sociale, puisqu'il était hostile au monde (création du Mauvais Dieu). Et il n'était pas contre le suicide, puisqu'il l'encourageait comme voie rapide pour se dégager de la maléfique matière... Ceux qui parlent aujourd'hui du catharisme médiéval comme d'un "christianisme" semblent n'avoir jamais lu ses textes. Ou prendre le christianisme lui-même pour un dualisme Esprit contre Matière ! ]

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Écrit par : Aurélien Million / | 01/08/2018

CHOSES PLUS GRAVES

> Je suis un anti macroniste de la première heure
Cependant je pense qu’on doit ne pas exagérer cette affaire comme le fait l’opposition tout comme on ne doit pas l’enterrer comme le fait LREM
Comme vous le disiez au début, il y a des choses sûrement plus graves en Macronie dont on parle peu, l’affaire Benalla ne doit pas non plus les occulter.

Ludovic


[ PP à Ludovic - L'affaire Benalla est un petit abcès, premier symptôme causé par une infection plus vaste (l'arrogance). Remarquez que tout est fait pour que l'enquête ne s'approfondisse pas jusqu'à identifier cette cause. ]

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Écrit par : Ludovic / | 01/08/2018

@ Jean-Louis :

> Je "plussoie", comme on ne dit plus dans les forums...
______

Écrit par : Fernand Naudin / | 02/08/2018

EN UN SENS

> Politique antisociale du macronisme, oui, que certains cathos qualifient de courageuse.
En un sens, c'est vrai, ils sont logiques sur ce point: on ne peut pas être dans un système de libre échange et libre circulation des capitaux et conserver notre modèle social.
On ne peut avoir l'argent de la protection sociale et le beurre des bons sentiments mondialisés.

PH


[ PP à PH - Quand les "bons sentiments" piétinent la protection sociale, on peut se poser des questions... Qu'est-ce que c'est que ces "sentiments"-là ? ]

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Écrit par : Pierre Huet / | 02/08/2018

> Le droit du prince et la courtisanerie ne sont-ils pas le lot de la démonarchie française ?
______

Écrit par : jean-michel / | 02/08/2018

LE SIGNE

> La contradiction est un signe du mensonge. C'est toujours comme cela. On voit ici par ailleurs que l'Etat ne respecte pas le droit qu'il édicte: nous ne sommes plus dans un Etat de droit. Macron-Jupiter-les-beaux-discours pourra raconter tout ce qu'il veut sur la Republique exemplaire, c'est du vent. Je souris par ailleurs quand je vois Bayrou prendre sa defense; songez: Bayrou qui defend le President des riches, ca vaut son pesant d'or. Maintenant tout le monde decouvre le vrai visage du centre liberal et social autoproclamé humaniste.
______

Écrit par : ND / | 02/08/2018

ENCORE 38 %

> On dit que l'affaire a coûté de la popularité à Macron. Mais qu'il ait encore 38% de Français qui lui font confiance m'étonne et me désespère. Reste la question de savoir s'il n'y a pas dans cette affaire le signe que le pouvoir économique et médiatique commence à l'abandonner. Quelque chose se fissurerait dans le totalitarisme néolibéral.

Guadet


[ PP à Guadet - M. Macron a surfé depuis un an sur une double fausse évidence : que ses réformes étaient "dynamiques", et que la règle du jeu global les rendait "inéluctables". Il avaitt ainsi pour lui (en apparence) le dynamisme et l'inéluctabilité... En restent persuadés – jusqu'à preuve du contraire – 38 % de Français : conformisme de la part de la majorité d'entre eux, dogmatisme libéral de la part d'une petite minorité. ]

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Écrit par : Guadet / | 02/08/2018

@ pp

> C'est moi qui parle de "néo-catharisme" (vu que le catharisme médiéval a disparu), le journaliste en question se contente de parler de "cathare", et je n'ai pas développé cette histoire de "catharisme": ce qui m'intéressait surtout c'était le comportement du "militant catholique" (je me souviens aussi de cette autre militant catho, fidèle de la Manif pour tous, qui disait qui ne fallait pas faire de "misérabilisme" au sujet des ouvriers tués dans l'effondrement de cette usine-tour au Bangladesh en 2013).
Après, son entrée dans le "catharisme" c'est sûrement encore une autre histoire.
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Écrit par : Aurélien Million / | 02/08/2018

LA SUITE

> Oui Patrice tout à fait d’accord sur l’arrogance.
C’est cela qui explique les réactions violentes à l’encontre de cette affaire.
Mais pas aussi optimiste sur la suite Tout cela va rentrer dans le rang, et le pouvoir autoritaire, que les bons bourgeois (cathos ou pas) louent lorsqu’ils s’exerce contre la SNCF, va se renforcer.
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Écrit par : Ludovic / | 02/08/2018

@ PP

"Qu'est-ce que c'est que ces "sentiments"-là ?"
Oui, bien sûr. Beaucoup d'ignorance et d'aveuglement chez ceux qui, catholiques de "droite" ou de "gauche" s'imaginent pouvoir prendre tel aspect du libéralisme mondial et en rejeter tel autre, selon leurs opinions politiques. Un système est un système, à prendre ou à rejeter en bloc.
PH

[ PP à PH - Tout à fait. Mais ma question portait sur un autre aspect : l'incroyable mélange de cynisme et de moralisme qui constitue la 'correctness' :
- la globalisation libérale met la société au service de l'économie, l'économie au service de la spéculation financière, et instaure le règne de la finance sur les peuples ;
- mais "en même temps", le dogme dit (vertueusement) que la globalisation c'est la paix, et que critiquer le libéralisme mondial c'est vouloir revenir aux nationalismes donc à l'âge des guerres !
Cette morale cache des appétits. ]

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Écrit par : Pierre Huet / | 02/08/2018

@ PP

>100% d'accord avec la critique de cette fausse morale ! Hélas elle n'est que trop partagée par un gros contingent d’ecclésiastiques.
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Écrit par : Pierre Huet / | 03/08/2018

SIPHONNEURS ET "CATHARES"

> A des petits jeunes se préparant au mariage, un prêtre-siphonneur de l’Évangile a déclaré à propos du verset "celui qui regarde une femme et qui la désire commet l'adultère dans son cœur" (St Mathieu 5.28) qu'il ne "fallait pas exagérer quand même". ♀a les a scandalisé et il ont pris un autre "préparateur".
Un autre m'a dit qu'on pouvait s'enrichir si l'on gardait une âme de pauvre ; je lui ai ri au nez.

On peut aussi rappeler que le catharisme reposait aussi sur la domination d'une sorte de classe sacerdotale, "les Parfaits" et que parmi les cathares, il y avait beaucoup de bourgeois aisés, désireux d'avoir une religion autorisant le prêt à intérêt et ne prélevant pas de dîme...
Que les nouveaux convertis donnaient tous leurs biens à la communauté cathare (comme avec Skippy le Grand Gourou dans la saynète des Inconnus) qui enseignait pourtant que le matériel était le mal. Que les femmes étaient vues comme des tentations sexuelles, donc des moyens du Démon de multiplier les corps et donc la matière, son royaume, et qu'elles étaient regardées avec méfiance (société asexuée).
Pas sûr que le journaliste en question pense à tout cela.
Sur le sujet, on peut lire Adeline Rucquoi.

EL


[ PP à EL - L'invention d'un catharisme bisounours (depuis cinquante ans) par les réalisateurs télé, les médias et les agences de tourisme du Midi, est une des âneries les plus exaspérantes de notre sous-culture... ]

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Écrit par : e levavasseur / | 03/08/2018

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