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08/02/2018

"Cathos, ne devenons pas une secte" : mon débat avec Louis Daufresne à Radio Notre-Dame

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"L’agitation contre la ligne de l’Eglise est entretenue par un milieu dont le véritable mobile à l’origine n’est pas le catholicisme mais l’économie et la finance..." :


 

 Podcast :

https://radionotredame.net/2018/societe/patrice-de-plunke...

 

 

Punchlines de l'entretien selon RND :  

<<  Patrice de Plunkett pose comme constat qu’ « un nombre important de catholiques français est étrangement sourd aux appels de l’Eglise à suivre l’Evangile dans des domaines importants et dérangeants », soit l’économie et la politique sociale du Saint Père. « Ils refusent de marcher avec l’Eglise réelle, au nom de leur propre idée de la religion. Et c’est là qu’on frôle le phénomène sectaire. » Potentielle dérive d’autant plus dangereuse que « l’agitation contre la ligne socio-économique de l’Eglise est entretenue par un milieu dont le véritable mobile à l’origine n’est pas le catholicisme mais l’économie et la finance. » Une ligue se dresse contre le Pape, responsable de « l’invasion du socialisme et du marxisme dans l’Eglise », selon ses détracteurs, et ce parce que le Saint Père accuse le capitalisme de blesser l’Homme, et appelle les fidèles à aider les migrants.


« A l’Etat revient la mission de réguler les flux migratoires, mais au chrétien revient le devoir de regarder la personne de l’immigré comme un frère et un prochain »


Sur ce dernier point, la question identitaire constitue le principal écueil. « Le grand danger dans la société actuelle c’est le relativisme. […] Pour défendre notre identité on est prêt à s’allier avec n’importe qui, avec des gens qui disent que le catholicisme c’est très bien parce que c’est nos racines, mais que s’il n’y avait pas le Christ, qui est quand même une espèce de progressiste, ce serait beaucoup mieux ! »

Face à l’arrivée massive des migrants, Plunkett déclare : « je dis ce que dis l’Eglise. A l’Etat revient la mission de réguler les flux migratoires, mais au chrétien revient le devoir de regarder la personne de l’immigré comme un frère et un prochain, de ne pas l’effacer derrière le concept abstrait de l’immigration. […] On ne peut pas mettre entre parenthèses la pensée du Christ sous prétexte qu’il y a quelque chose de plus urgent à faire ! » Déclare-t-il. D’autant que la responsabilité du phénomène migratoire est à imputer en partie à l’Occident : « Notre système économique a tout fait pour ça ». Ne pas lâcher l’Evangile donc, malgré l’adversité: « Quelle est notre identité ? Celle de l’ethnie blanche ou celle des catholiques qui suivent le Christ ? ». >>

 

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Commentaires

"TOP TEN"

> 'La Croix' de ce jour signale que mon livre est dans le 'top ten' des meilleurs ventes de la librairie La Procure à Paris.
______

Écrit par : PP / | 08/02/2018

FACEBOOK

> Lu vos réponses au flot de commentaires sur Facebook. Leurs auteurs n'ont pas entendu l'émission mais hyper-réagissent à un post qui la "résume" de façon très tendancieuse.
Vous avez de la patience de leur répondre aussi explicativement.

Amicie T.

[ PP à AT - Il faut ce qu'il faut. Je préfère être critiqué pour ce que j'ai réellement dit et écrit plutôt que sur la base d'imputations délirantes ou de déformations.
La droite-de-droite perd ses nerfs : comme vous avez dû le voir, il y en a un qui affirme que je suis payé pour "blackbouler" (?) au Parlement européen les défenseurs de la vie ! Inutile de préciser que je suis un défenseur de la vie, et que ne suis pas au Parlement européen (ni
doté du pouvoir de "blackbouler" des élus)...
On dirait que l'émission et le livre ont dérangé un certain milieu qui vit dans les fantasmes. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Amicie Terray / | 10/02/2018

'AMORIS LAETITIA'

> Bonjour Monsieur,
J’ai écouté avec attention l’émission sur Radio Notre Dame la semaine dernière. J’apprécie très souvent vos interventions dans Le Grand Débat, mais au risque d’insister, j’aimerais avoir votre avis sur le lien entre Amoris Laetita et la défiance de plusieurs catholiques vis-à-vis du Pape François. Celui me semble plus considérable que la question financière. Je suis surpris que vous ne l’ayez pas évoqué lors de l’emission. Votre livre en parle-t-il ?
Je vous remercie de votre attention.

Guillaume Bou


[ PP à Guillaume Bou :

Je vous remercie de nous avoir écoutés.
Je n'ai pas parlé du cas précis du malentendu sur 'Amoris laetitia', parce que nous n'avions pas le temps d'examiner tous les cas.
Mais l'agitation semée à propos du synode (et du document papal) entre dans la catégorie des faux problèmes, créés pour paniquer des catholiques déjà atteints par la maladie française de l'époque : l'angoisse tous azimuts.

1. Pourquoi un faux problème ? Parce que 'Amoris laetitia' (comme tous les documents de ce type émanant du Magistère) doit être reçue par nous "avec une docilité aimante" (dixit saint Jean-Paul II dans 'Christifideles laici') : c'est-à-dire avec l'esprit ouvert, afin d'entrer dans l'intention profonde de l'Eglise telle qu'elle s'exprime dans ce document.
Quelle est cette intention ? Nous rappeler que les institutions chrétiennes ont pour seul but de faire entrer le Christ dans nos vies, et de le faire connaître (à travers nous) à ceux qui ne le connaissent pas. Ces derniers sont touchés de plein fouet par la dissolution actuelle de la société, effet de l'hyper-individualisme libéral, donc du système économique, ainsi que le disaient déjà saint Jean-Paul II et Benoît XVI... Nous devons donc aller à la rencontre de nos contemporains là où ils en sont, au lieu de nous barricader entre nous dans la satisfaction de garder "nos valeurs".
Il est donc impératif pour l'Eglise, c à d nous tous, de devenir évangélisateurs et non pharisiens (petit réseau de "purs" fermés sur eux-mêmes).
Il serait anti-évangélisateur de tenir à distance l'immense majorité de nos contemporains qui vivent selon les tendances de l'époque et non selon les normes classiques du catholicisme ; normes qui ne se comprennent (et ne sont vivables) que comme fruit de la foi ; or 95% de nos concitoyens ignorent tout de la foi chrétienne...
"Ne pas tenir à distance" n'implique aucun laxisme mais suppose, de notre part, l'empathie que le Christ témoignait à tous. C'est un travail de discernement et de charité fraternelle, certes difficile à pratiquer, mais qui est la seule voie du témoignage apostolique. Car il n'y a de témoignage croyant que dans l'affection manifestée à l'incroyant, sinon nous sommes des pharisiens.
C'est vers cet horizon évangélisateur que nous tourne 'Amoris laetitia', document pastoral qui regarde en face les problèmes sans précédent de notre époque. Qui se déroberait à l'évangélisation ? Il serait tout de même étrange de lui tourner le dos sous prétexte que l'on est allergique au pape François (et c'est bien le cas des gens avec qui je discute pied à pied sur Facebook depuis une semaine : ils s'enferment dans de faux problèmes fabriqués, parce que l'évangélisation est le cadet de leurs soucis).

2. Par qui sont fabriqués ces faux problèmes ?
Comme vous m'avez entendu le rappeler pendant l'émission, la campagne contre le pape a commencé dès le début de son pontificat et c'était dans les milieux économiques et financiers néolibéraux, aux Etats-Unis, en Australie et en Europe occidentale. Ensuite, les promoteurs de cette campagne ont choisi de lancer une campagne complémentaire, plus "grand public" et consistant à accuser le pape sur le plan religieux et moral. C'est seulement alors que fut orchestrée l'opération d'affolement à l'encontre du synode et du document papal.
Je vous rappelle (je l'ai dit à une autre émission de RND) qu'un analyste catholique aussi traditionnel que l'abbé de Tanoüarn a publié plusieurs notes de réflexion pour soutenir 'Amoris laetitia' et aider ses lecteurs à comprendre la démarche de ce document pastoral...
Les accusations déversées à ce propos contre le Saint-Père sur Facebook et Twitter sont calomnieuses. Mais elles sont surtout déloyales sur le plan spirituel et intellectuel, car elles refusent de comprendre que la démarche de ce document est la ré-évangélisation.
Il est urgent de tourner la page de ces polémiques artificieuses, et de marcher avec l'Eglise
en présence du Seigneur... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Guillaume Bou / | 12/02/2018

à Guillaume Bou

> Notez que les attaques lancées par les ennemis de ce pape mélangent tout : attaques à propos de la famille, attaques contre le "socialisme de Bergoglio", attaques contre l'accueil de l'immigré. Cela prouve que leur point de vue est celui d'un certain milieu ou parti, non celui de fidèles catholiques.
_______

Écrit par : Quiniou / | 12/02/2018

LE COUP DES "DUBIA"

> Je vous remercie très sincèrement pour votre réponse qui propose une argumentation particulièrement solide et éclairante. Mais pourquoi alors en ce cas le Pape François n’a-t-il toujours pas répondu aux dubia énoncés par les quatre cardinaux ? Cette absence de réponse entretient une incompréhension chez certains fidèles. Ce silence me paraît au final plus potentiellement conflictuel que propice à éteindre la polémique. L’impression de ne pas être entendu ou pris en compte peut alimenter en effet la défiance.

G. Bou


[ PP à G. Bou - Mais parce que ces pseudo-"dubia" n'étaient qu'un coup monté pour semer le désarroi dans l'opinion catholique !
Si ces prélats avaient été sincères, ils auraient exprimé leurs objections au pape en aparté.
En ce cas il leur aurait répondu. Et le débat se serait fait en interne, sans scandale.
Mais lancer ces "dubia" sur la place publique, et les faire orchestrer sur internet par la cathosphère d'extrême droite (il suffit de voir qui a relayé tout ça !), traduisait la mauvaise foi d'une opération dont le véritable but était de créer un courant bergogliophobe dans le peuple catho.
D'où le silence du pape : il ne pouvait (ni ne devait) s'engager dans cette embuscade. Répondre publiquement eût été valider l'opération, et donner un rôle d'arbitre à ce groupuscule de prélats dont certains étaient mus par l'étroitesse d'esprit - et d'autres simplement mécontents de leur carrière... ]

réponse au commentaire

Écrit par : G. Bou / | 12/02/2018

De Amoris Laetitia

> Quelle morale défendent les anti-laetitia?
La grande morale de belle tradition des enseignements des pères Philippe, Roucy, des frère Ephraïm,...et de tous leurs zélés clones-disciples, qui ont nourri ma jeunesse?
Ces autorités théologiques auto-labellisées ""génération Jean-Paul II"qui ont formé ces amis qui, tout en promouvant Billings and co, se permettaient de venir me conseiller de prendre qui je veux pour amant, mais de ne pas "imposer cela" (un homme qui n'est pas du même milieu) à mes enfants? Ces scouts (non, pas les scouts de France, les "vrais!"), poussant en off à l'avortement une guide enceinte? Ces pères de bonnes familles cathos-tradi de province qu'on retrouve incognito dans des clubs gays? Ces familles mili tra tra dont on tait les traditions incestueuses; dont le fils en soutane se retrouve, mais chut!!, en prison pour pédophilie? Ce prof chacha, pignon sur aumônerie, qui défend en privé et en vers l'art de la prédation des éphèbes?...
Que celui qui n'a jamais fauté jette la première pierre: voilà le coeur d'Amoris Laetitia.
Je n'ai que trop vu de scandales étouffés, les victimes contraintes au silence quand on ne les accuse pas, les doubles-vies et la tristesse infinie derrière les masques de cathos comme il faut chez ceux des miens qu'inquiète Amoris Laetitia, pour accorder crédit à leurs tartufferies.
Nous sommes tous des boiteux en amour, mais d'où qu'elle vienne, d'un pied bot ou d'une écharde, le Christ nous invite à entrer dans la danse nuptiale du Royaume: Joie !
______

Écrit par : Anne Josnin / | 13/02/2018

à PP et G. Bou

> Notez que ceux qui font le plus de bruit contre le pape sur le Net sont aussi ceux qui disent
"le bruit ne fait pas de bien"... quand paraissent des livres qui les mettent en face de leurs mensonges et qui en préviennent le public.
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Écrit par : Quiniou / | 13/02/2018

DISCUSSION

> Je trouve profondément dommage, Anne Josnin, de généraliser ainsi sans modération des cas particuliers. Les situations que vous décrivez sont en effet insupportables mais ne peuvent en aucun cas être imputées à l’ensemble de ceux qui ont été troublés par Amoris Laetitia. Le pape François n’est pas un curé de paroisse, c’est le chef de l’Eglise catholique. Il se doit d’être parfaitement clair d’un point de vue doctrinal. Son souci pastoral, très louable au demeurant, ne peut le soustraire à cela. Par ailleurs, pensez-vous que ceux qui se réclament d’une ligne plus progressiste soient indemnes de tout reproche dans leur vie ? Cette opposition, excusez-moi, me semble assez grossière. Chaque fidèle est invité à se convertir, quel qu’il soit. Bon carême à vous !
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Écrit par : G. Bou / | 14/02/2018

à G. Bou

> Mais le pape EST clair sur le plan doctrinal.
Ce sur quoi il insiste est ce que Jésus dit aux pharisiens : le sabbat est fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat.
La "morale catholique" (conjugale, sexuelle, familiale etc) n'a de sens que si elle est le vecteur de la rencontre de chacun avec le Christ, et si elle est perçue comme telle par les non croyants.
Quand ceux-ci ont l'impression qu'elle se crispe en "valeurs" d'un milieu fermé, elle perd son rôle d'évangélisation.
Le pape demande donc de vivre la "doctrine" dans la perspective du témoignage christique, et pas comme une leçon hargneuse assénée à autrui. Vous me direz qu'aucun catholique ne veut "asséner une leçon hargneuse", et vous aurez raison - hélas pas totalement. Mais on ne mesure pas toujours l'effet qu'on fait aux autres, et c'est là que se passent les malentendus souvent graves. C'est sur cela que François appelle notre attention.
______

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Écrit par : Quiniou / | 14/02/2018

à G.Bou :

> vous me pardonnerez, mais je viens prendre la défense d'Anne. La cinquantaine débutante, ancien chef scout d'Europe, aumônerie et tout le touttim "génération JPII", j'en ai vu des vertes et des pas mûres dans ce milieu des groupes de jeunes cathos : et notamment nombre de chefs ou de responsables qui prônaient des vertus sur lesquelles ils fermaient les yeux au-détour des buissons. Sans parler des "rallyes" et autre "sauteries" FSE pour que jeunes chef et cheftaines se "rencontrent" dans le bon milieu.
Alors oui, il y a des gens exemplaires, oui, il y des belles histoires, mais, non, Anne ne généralise pas mais raconte. Ce qu'elle a vu, je l'ai vu aussi et pas dans la même région et pas quelques cas seulement.
Il n'y a qu'a voir les fruits de ces années: combien de "fondateurs" du Renouveau sont encore "intacts"? Combien chez les nouvelles communautés tradis? Combien de couples de la génération JPII sont-ils heureux ou simplement ont-ils tenu?
Il faut être réaliste et se poser des questions: la pastorale sur l'amour depuis 40 ans est un échec. Il faut, et je crois que c'est commencé, repenser tout cela à la lumière de l'Evangile et du Christ et c'est ce que fait le pape François.
Je vous rassure, je pense que dans les milieux progressistes (si ce mot a encore un sens en 2018), c'est pareil. L'Homme est l'Homme...
Il est urgent d'ouvrir les coeurs mais, bien sûr, cela ne veut pas dire brader l'enseignement du Christ. Il faut regarder nos vies à la lumière de l'Evangile et transmettre cela.
Personnellement sur ce thème là, je me sens bien pauvre et bien lamentable devant Dieu et surtout, je ne juge personne.
Bon carême à vous et bonne marche vers Pâques.
______

Écrit par : VF / | 14/02/2018

> Heureux carême à vous aussi cher G.Bou!
J'aimerais que mes cas "floutés" soient de malheureuses exceptions. C'est loin d'être le cas, et ce n'est pas pour rien que notre pape François dénonce de manière insistante le pharisianisme et l'esprit mondain qui rongent de l'intérieur notre Eglise. Il y a un là un mal profond qu'il faut oser remonter jusqu'à la racine pour nous laisser guérir. Quelques ébauches de pistes non exhaustives :
1-Nous, génération Jean-Paul II, avons été floués dans notre soif de vie en cohérence avec la doctrine chrétienne, par des pasteurs, des enseignants, des médias catholiques qui n'étaient pas à la marge mais au coeur de la nouvelle évangélisation, qui ont tout axé sur la morale familiale et sexuelle, (réduisant souvent la DSE à la prière pour les collègues, le patron et les pauvres), maîtres à penser qui se révèlent les uns après les autres être des hommes et des femmes à deux visages et doubles vies. Et comme ce catholicisme-là n'a pas rompu avec l'obsession bourgeoise de l'apparence et la peur obsessionnelle du désordre, comme sa conversion s'est arrêtée en chemin, en raison de ses grands biens,(à commencer par son honorabilité et ses réseaux sociaux qu'il craignait de perdre) on le retrouve aujourd'hui triste et aigri, abîmé par les pulsions sexuelles perverses de qui veut faire l'ange.
Je ne leur oppose pas les progressistes, à qui il manque souvent la foi face au constat réaliste: "aux hommes, cela est impossible!". Je cherche à sortir de la comparaison narcissique par miroirs interposés: qui est le plus pur?, qui est le plus pervers?, pour rentrer dans la dynamique du pardon qui nous fait avancer vers le même Père.
2-D'autre part, dans cette éducation morale et sexuelle on a développé en long, en large et de travers sur une chasteté parfois idolâtrée, sur un modèle de famille chrétienne parfois idéologisé, tout en taisant les actes destructeurs qui peuvent les traverser, et on en a omis cette distinction essentielle entre faiblesse et perversité.
Ainsi avoir des relations sexuelles avant le mariage reste naturel, même si c'est une nature qui demande à être soignée et guidée par la grâce, et, non, cela ne condamne pas à un mariage raté que hante la tentation du divorce (si si, on a enseigné cela), alors qu'obtenir des relations sexuelles de personnes en situation de faiblesse est de l'ordre de la perversité, peut détruire pour toujours une personne, voire contaminer plusieurs générations,(ce pour quoi cela est condamné aussi par les lois laïques, Dieu merci).
3-La Doctrine du Chemin. Enfin ce n'est pas parce que le pape rappelle qu'entre la sainteté à laquelle nous sommes tous appelés et les situations de pécheur de chacun, il y a toujours un chemin où l'Eglise se propose de nous accompagner, qu'il serait "relativiste". Il est juste christique.
______

Écrit par : Anne Josnin / | 14/02/2018

@ VF et Anne Josnin

> Pardon mais tous les témoignages personnels concernant des comportements aussi édifiants soient-ils ne sont pas des arguments dans un débat d’idées. Ce n’est pas parce que certaines personnes prônant des vertus auraient été incapables de se les appliquer à elles-mêmes, que ces vertus seraient moins louables et recommandables pour autant. Pareillement, penser que les erreurs d’autrui amoindriraient les siennes participerait de la même confusion relativiste.
C’est vrai d’une manière générale selon une distinction évidente entre idéal et atteinte de cet idéal - pour peu d’ailleurs que l’on ait sincèrement essayé de l’atteindre. Comme si des médecins incompétents rendant de faux diagnostics faisaient que la médecine en tant que connaissance était erronée et qu’il fallait la changer.
Mais c’est encore plus vrai quand il s’agit de la Révélation divine ; nous devrions tous nous rejoindre au moins sur ce point, essentiel à défaut d’être le seul à l’être, que le cœur de la doctrine tel que présent dans les textes bibliques, les Pères de l’Eglise et les docteurs doit être préservé et enseigné correctement. Je constate que ce n’est plus le cas (vous parlez de la génération JPII mais déjà avant eux le catéchisme était devenu temps de récréation dessin ou atelier de réflexion sur la vie en société). Il s'agit de transmettre non pas de manière dogmatique « il ne faut pas que » mais en faisant comprendre la richesse de s’aventurer vers la sainteté. « Soyez parfait comme votre Père est parfait ». Travail spirituel personnel normalement de toute une vie, mais que l’on commence trop tard faute justement d’en avoir compris les bienfaits.
Il ne s’agit pas de se poser en juge, d’être inutilement sévère, de rejeter les autres en faute sachant que nous sommes tous pécheurs hélas selon nos faiblesses spécifiques, pire de vouloir construire un cordon sanitaire comme peut-être certains seraient tentés de le faire, il s’agit d'un souci de Vérité, de respect pour Dieu et Sa Parole, de pouvoir continuer à distinguer correctement le Bien du Mal. J’ajouterai que c’est un acte d’amour : élan pour connaitre Dieu et Son Dessin le mieux possible. De même que débattre avec son prochain dans le respect pour identifier la vérité est aussi un acte d’amour - vouloir progresser ensemble - et non un combat. Bon carême à vous.

@ VF et Patrice de Plunkett
« Il est urgent d'ouvrir les cœurs mais, bien sûr, cela ne veut pas dire brader l'enseignement du Christ. Il faut regarder nos vies à la lumière de l'Evangile et transmettre cela. ». Autant évidemment je vous rejoins sur la première phrase, y compris sur la nécessité d’ouvrir les cœurs, autant pardonnez-moi et en toute sincérité je ne comprends pas la deuxième.
« Il faut être réaliste et se poser des questions: la pastorale sur l'amour depuis 40 ans est un échec. Il faut, et je crois que c'est commencé, repenser tout cela à la lumière de l'Evangile et du Christ et c'est ce que fait le pape François. » De nouveau je ne saisis pas par quels principes ‘Amoris laetitia’ va permettre que les couples tiennent davantage ou soient plus heureux ? Ni en quoi cela va faciliter l’évangélisation ? Indépendamment de la polémique des Dubia (à laquelle se sont joints 45 théologiens avec argumentation et citations à l’appui tout de même), je n’ai pas réussi à identifier de retombées vraiment positives à ces synodes sur la famille, mais je ne demande qu’à écouter les avis contraires et leurs arguments.

Catho1728


[ PP à C. - Aucun synode ni aucun concile n'a jamais eu d'effets immédiats. D'autre part, le but de ce synode et du document AL était simplement de regarder en face les réalités vécues par les gens qui nous entourent, au lieu de rester dans un déni de plus en plus idéologique (ce que Congar appelait : "s'isoler dans un halo de fictions"). Pour évangéliser dans le réel, encore faut-il admettre l'existence du réel. Constater ce que vivent réellement les gens qui nous entourent est la condition de tout témoignage de vie selon l'Evangile. A supposer cependant que nous vivions selon l'Evangile, et non dans des conventions sociales boiteuses... Et ce discernement-là est précisément l'objet du Carême...
Une idée de résolution de Carême : cesser de battre notre coulpe sur la poitrine du pape...
(D'ailleurs il la bat très bien lui-même). ]

réponse au commentaire

Écrit par : Catho1728 / | 15/02/2018

DISCUSSION

> Complètement d’accord avec votre description des dérives intégriste, libérale et identitaire que j’ai bien connues et longtemps partagées l’une après l’autre. Et je n’oublierai jamais que vous êtes un des auteurs grâce à qui j’en suis sorti. Aussi je crois pouvoir et devoir ajouter un petit quelque chose.
Faut-il jeter la pierre à ceux qui s’y enferment encore ? Pas trop vite ni trop fort, car ce comportement provient d’un malaise bien réel, qu’il faut comprendre et traiter pour mettre fin à la maladie.
Si le catholicisme s’est « gentryfié », cela ne s’est pas fait spontanément, c’est bien parce que le catholicisme populaire à été froidement liquidé dans les années 1964 – 1980 au profit du militantisme du Parti Unique qu’était l’Action Catholique Spécialisée, allant de pair avec le mépris affiché du « vulgum pecus » catholique par le milieu dirigeant de l’Eglise de France : presse, mouvement et secondairement évêques. [choses vues et entendues dans le 9-3 ou j’ai habité et, par la suite, travaillé]
La suite découle d’une dissociation intellectuelle qui dure toujours : L’importance de conserver les cultures et les modes de vie des populations menacées par la modernité économique et le libéralisme est affirmée quand il s’agit des peuples autochtones hors d’Europe, mais elle ainsi affirmée par ceux-là même qui détruisent involontairement ( ?) notre propre société en dénonçant toute critique des institutions supranationales férocement libérales comme d’horribles replis. Exemple : j’ai assisté à diverses reprises à des assises, tables rondes ou colloques sur l’écologie ou il est soigneusement évité de discuter la mondialisation (« c’est trop complexe pour être abordé ici »).
Nos médias catholiques nous montrent le pape François visitant, pour les soutenir, les Amérindiens menacés.
Très bien !
Mais quand nous montreront-ils des évêques soutenant et réconfortant nos agriculteurs désespérés ou les familles des suicidés ? Quand nous parleront-ils de l’accaparement des terres par des groupes financiers dans nos campagnes, et pas seulement à Madagascar ?
Résorber un climat de rébellion exige un climat de confiance.
Vous êtes de ceux qui peuvent aider à dissiper des malentendus.

PH


[ PP à PH :
- Il n'et pas question de "jeter la pierre". Il est question de parler clair et net, parce que la confusion mentale ne fait qu'empirer. Dire ce qui est vrai est une charité.
- "Pas trop vite" ? Ça fait quatre ans que je sentais la nécessité d'écrire 'Cathos ne devenons pas une secte'... J'ai attendu longtemps, par scrupule. Mais au point de mensonges contre le pape où les choses en sont venues, la cote d'alerte est atteinte.
- "Pas trop fort" ? Jetez un coup d'œil au livre : vous verrez que je me suis tempéré. Le premier jet, lui, aurait paru taper "trop fort" ; ç'eût été incompris, quoique mérité (comme on connaît ses saints on les honore). ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierre Huet / | 16/02/2018

LE P. PETITCLERC

> Ce matin, au cours de son entretien avec Louis Daufresne, propos du P. Jean-Marie Petitclerc sur le délaissement pastoral des milieux populaires.
Sans langue de buis.

PH


[ PP à PH - Pouvez-vous préciser à quel stade de l'entretien, pour nos lecteurs qui voudraient l'écouter sur podcast ? ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierre Huet / | 20/02/2018

CHRONO DU PODCAST

> Bien sûr. En gros:
Attente des jeunes: de 6'50" à 8'10"
Attitude inadaptée de l'Eglise de 8'10" à 13'20".
______

Écrit par : Pierre Huet / | 20/02/2018

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