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15/01/2018

US Way of Life : la fausse alerte et le bouton rouge

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False alarm à Hawaï, Trump à côté du bouton ?  Signe des temps :


Panique à Hawaï le 13 janvier : vers 8 h du matin (18 h GMT), tous les smartphones ont affiché ce message du système d'alerte officiel : "MENACE DE MISSILE BALISTIQUE SUR HAWAI - METTEZ-VOUS IMMEDIATEMENT A L'ABRI - CE N'EST PAS UN EXERCICE".  Le message - aussitôt relayé par la radio et la télévision - a persisté pendant près de trois quarts d'heure. Quarante minutes d'enfer mental, racontent les habitants de l'archipel-Etat : "Ce fut le pire moment de ma vie..." - "On m'avait dit que si un missile était lancé depuis la Corée du Nord, on avait vingt minutes avant l'impact..." - "Les gens couraient dans la rue pour se mettre à l'abri..." - "Ma famille s'est réfugiée dans un placard..." 

Jusqu'à ce que le gouverneur de Hawaï diffuse à son tour un message, qui annulait l'alerte. Après quoi il a donné une conférence de presse pour expliquer l'affaire :  lors d'une relève des équipes de veille de l'agence locale de "gestion des événements d'urgence", l'un des agents s'était trompé de bouton en procédant aux vérifications réglementaires du système... "Aujourd'hui il se sent mal", a précisé le gouverneur.

Incident plus inquiétant que grotesque, dont on peut en tirer deux leçons :

1. L'époque est technologique mais hystérique. Le système d'alerte s'appelle Amber. Il n'est pas réservé à la psychose nucléaire mais inclut toutes les psychoses contemporaines, dont par exemple les "alertes enlèvement"... Que l'on puisse mettre sur le même plan la peur de la Bombe et les fréquents kidnappings d'enfants par leur père divorcé mécontent, est révélateur de l'état de nerfs de notre époque. Le nombre et la variété des "événements d'urgence" deviennent tels qu'ils infligent aux agents de veille un stress qui brouille leur lucidité : l'incident d'Hawaï montre où cela peut mener.

2. Au bout du bouton il y a Trump. Le constat précédent est aggravé par la présence de cet être à la Maison Blanche : "J'ai un plus gros bouton que Little Rocketman" (Kim Jong-un), proclame-t-il. Comme tous les présidents US il ne se sépare jamais de la valise des codes nucléaires ; contrairement à tous les présidents US, il ne cache pas que cette détention du "bouton" est son pousse-au-jouir. On sait que toute défense nucléaire repose sur la rapidité de la riposte. Il semble que pendant l'alerte officielle sur Hawaï, M. Trump en Floride n'était pas joignable - et que la retaliation nucléaire contre Pyongyagng a ainsi perdu quarante minutes : idée navrante aux yeux du Pentagone, mais soulagement pour le Row (Rest of the world, en langage trumpien). "Mais non, diront les éditorialistes de droite : le mercredi précédent, Donald Trump s'était dit ouvert à la négociation avec Kim Jong-un."  Ils ne voient pas que chez M. Trump, tel qui rit mercredi dimanche bombardera. 

 

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Donald J. TrumpCompte certifié @realDonaldTrump 3 janv.

North Korean Leader Kim Jong Un just stated that the “Nuclear Button is on his desk at all times.” Will someone from his depleted and food starved regime please inform him that I too have a Nuclear Button, but it is a much bigger & more powerful one than his, and my Button works!

 

 

11:12 Publié dans Trump | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : trump

Commentaires

COMMENT

> La question qui se pose, c'est : "comment Trump a-t-il pu être élu ?". Le problème n'est pas tant celui des électeurs américains que celui des institutions dites "démocratiques". Comment Trump a-t-il pu se retrouver candidat du parti républicain ? En arriver à des second tours Trump-Clinton ou Macron-Le Pen prouve une grave crise de la démocratie. Mais tout le monde a l'air de trouver ça normal. On ne s'en prend qu'aux électeurs français ou américains, alors que ce ne sont pas eux qui ont porté Trump ou Macron sur le devant de la scène.
Mais notre problème à nous, Français, s'appelle Macron. Je ne sais plus qui disait que l'opposition semble pétrifié devant ses outrances. On préfère s'en prendre à Trump et Macron est bien content. Jamais un président n'a eu un tel soutien et aussi peu d'opposition. Rappelez-vous il y a peu tout ce qui se déchainait contre Sarkozy ou Hollande, qui mettaient pourtant plus de douceur à faire la même politique.
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Écrit par : Guadet / | 15/01/2018

A Guadet:

> je ne pense pas qu'il y ai vraiment une crise de la démocratie, du moins en France (aux USA, il s'agit depuis l'origine d'une république oligarchique).
A mon avis, il y a une crise dans le peuple, une crise de sens, d'idées.
Les citoyens ne savent plus vraiment ce qu'est une société, la vie, le réel, le bien commun.
Donc on se retrouve avec des candidats qui ne portent que ce les gens veulent bien qu'ils portent. L'économique, le financier, le confort et le "cocooning", leur intérêts purement égoïste donc on propulse celui qui parle de peur et se veut être le champion de la protection, d'argent car on a peur d'en manquer, etc.
Ces élus pitoyables ne sont que le reflet de la réalité de notre société, c'est tout.
Pour l'opposition, elle est pétrifiée simplement car elle n'est pas une opposition, elle est la même chose que Macron mais en plus vieux, en plus décatie. Je mets de côté Mélenchon qui finalement ne s'avère être qu'un pantin narcissique de plus.
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Écrit par : VF / | 17/01/2018

BLUFFANT

> Il y'a quelques mois, je pensais, comme beaucoup, que M. Macron était un simple produit marketing, un "tigre de papier" qui ne résisterait pas à l'exercice réel du pouvoir. Force est de constater que je me suis trompé...et je ne crois pas être seul à voir qu'il est franchement "bluffant". Le terme de "génie politique" n'est peut-être pas exagéré, pour un homme qui a accédé à la magistrature suprême - et qui assurément "fait le job", en s'entourant de personnes qui souvent tiennent la route (par ex. Blanquer à l'EN)- à moins de 40 ans !
Comment expliquer cette popularité, cette absence d'opposition, outre par le fait que la dite opposition n'est plus qu'un champ de ruines ? Peut-être par le fait que les Français perçoivent dans cet homme une volonté inflexible (ce que veulent la plupart des gens, finalement, c'est se sentir dirigés...), une attitude de ...roi de droit divin.
Je trouve l'action de notre président profondément troublante : un mélange de déconstruction ultra-libérale à marche forcée et de perception fine de l'essence profonde de notre pays (une compréhension juste du fait religieux, à laquelle on n'était plus habitués...).
M. Macron n'a que 40 ans. Peut-être ces 5 ans à la tête de la (maintenant) petite République française ne sont-ils qu'un début ? La première étape d'un grand, d'un immense destin ?
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Écrit par : Feld / | 18/01/2018

@ VF

> Vous ne m'avez pas compris. Je mettais justement en doute l'explication que vous donnez, qui me semble trop commode pour notre ploutocratie, et qui n'est pas pertinente pour les élections en question, même si elle pouvait l'être pour les précédentes.
Je ne sais pas comment Trump a pu arriver à l'investiture républicaine, mais je sais que Macron n'a jamais été porté par la société française et qu'il n'a été élu que par une minorité de la population malgré tout le soutien dont il a joui. Macron a uniquement profité de l'effet Le Pen et Trump n'a acquis une légère majorité que grâce à des promesses qui se sont révélées des mensonges.
Ils ont aussi pu s'appuyer sur le discrédit bien mérité de la classe politique. D'un point de vue démocratique, aucun des deux n'a donc de véritable légitimité, et il est particulièrement injuste d' accuser les électeurs et leur égoïsme.
Quant à l'opposition, il est bien évident que je ne pensais pas aux partis traditionnels mais à une partie de l'intelligentsia qui se prétend libre ou alternative.
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Écrit par : Guadet / | 18/01/2018

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