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22/09/2017

Nicolas Hulot avale deux couleuvres de plus

avaler des couleuvres 002 levaillant 2012.jpg

Forcé de renouveler le privilège off-shore de Total en Guyane, désavoué par la suppression des aides d'Etat aux paysans bio, le ministre de la "Transition écologique" encore plus en porte-à-faux :


 

 

Il y a des cas où l'on est navré d'avoir vu juste. Dès la nomination du gouvernement, il était clair que Nicolas Hulot serait seul de son avis sur les sujets-qui-fâchent ; clair aussi qu'il serait forcé de signer des décisions contraires à son image - médiatique - de combattant vert. Ce pronostic n'a pas tardé à se vérifier, par exemple à propos des perturbateurs endocriniens. En voici deux autres cas :

► M. Hulot vient de prolonger le permis exclusif "d'exploration" de Total au large de la Guyane, avec promesse de concession d'exploitation en cas de découverte d'un gisement. Nouvel exemple de ce que l'invétéré Jean-Marc Sylvestre appelle (sur son blog et Atlantico) "une écologie compatible avec la croissance" ! Ce permis accordé à Total "ne peut que polluer le signal que le gouvernement et Nicolas Hulot souhaitent envoyer au monde entier en annonçant la fin de la production des hydrocarbures en France", constatent dans un communiqué Attac, Les Amis de la Terre et le collectif Non au pétrole de schiste. D'autant que M. Macron, en validant le traité CETA, va doubler ou tripler la production et l'exportation de "pétrole sale" par le Canada...

► M. Hulot vient (sans un mot), d'assister à la suppression des aides d'Etat aux paysans bio par son collègue de l'Agriculture : "C'est au marché de soutenir le maintien de l'agriculture biologique", proclame ce supporteur de l'agro-industrie. Il ajoute que l'objectif d'élargissement de l'emprise de l'agriculture bio à l'horizon 2020 ne sera que de 8,% des surfaces agricoles utilisables, alors que la Fédération nationale des agriculteurs bio (FNAB) tablait sur 20%. Indignation de la Confédération paysanne, qui juge ce procédé "scandaleux"  - ne serait-ce que par rapport au problème des nappes phréatiques, ajoute Stéphanie Pageot (présidente de la FNAB) : "C'est à ne plus rien comprendre, toutes les conditions étaient réunies pour faire de la bio un succès collectif français, et c'est ce moment que choisit l'Etat pour se retirer alors que nous avons besoin d'un soutien public fort..."

Et que dit le ministre de la Transition écologique ?  Jusqu'ici, rien.

 

 

La transition écologique est dans les starting blocks

sport-squelette.jpg

 

00:29 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : écologie, hulot

Commentaires

DUR

> Qu'est ce qui "l'oblige à rester" ?
Combien de temps va-t-il tenir ?
ça doit être dur d'être à sa place. Les jeux de pouvoir doivent être terrible. Et le dilemme : rester et tenter de freiner la machine qui s'emballe vers le gouffre, ou partir en sauvant son image, mais en laissant le bateau et les passager sombrer un peu plus vite. Choix cornélien !
Sauver sa peau en regarder crever ses copains à côté de soi ce n'est pas très "agréable".
Cdt,
______

Écrit par : Bergil / | 22/09/2017

AVIONS

> Moi ce que je souhaiterais c'est que M. Hulot nous dise en toute transparence combien de mètre carré de banquise il a fait fondre en parcourant le monde en avion. Pour le calcul il peut utiliser les éléments suivants : un aller Paris New-York par avion commercial et c'est un mètre carré de fondu.
C'est pas le tout de dire que ce sont les autres qui sont responsables de tous les maux de la terre !

De-Lionne


[ PP à De-Lionne - C'est plus grave : Hulot ne fait pas partie de ceux qui incriminent les gens,
il fait mine d'incriminer le système économique et financier... dont il est partie prenante plus que la plupart de ses contemporains. ]

réponse au commentaire

Écrit par : De-Lionne / | 22/09/2017

Bergil,

> rester ne changera rien. Les évènements le montrent assez bien, non? Croire que l'on peut changer quelque chose en étant dans la comédie ministérielle relève de la plus énorme naïveté.
Je serais plus cynique et je pense que M.Hulot profite et encaisse car il ne peut pas ne pas voir qu'il se fait rouler dans la farine. Encore un qui est enivré par la gloriole et les "petits" avantages de sa fonction (tapis rouge à la TV, voiture avec escorte, courbette et fayotage à mort lors des déplacement en province, ego qui se boursoufle quand il participe à des réunions à l'étranger, etc.)
______

Écrit par : VF / | 22/09/2017

PAS TRÈS LOGIQUE

> Plus précisément, ce sont les aides au maintien des agriculteurs biologiques qui seront supprimées à partir de 2018, lesquelles devraient se « recentrer » sur les « aides à la conversion », destinées à lancer des débutants du bio.
Il n'est pas inintéressant de citer cet extrait du programme électoral d’E. Macron :
« D'ici 2022, 50 % des aliments des cantines scolaires ou d'entreprises devront être bio, écologiques ou issus des circuits courts. »
Pas très logique tout cela.
Cela dit, de nos jours, reste-il quelque politicien qui soit soucieux de rester cohérent ?
Le marché dérégulé est-il véritablement le meilleur moyen pour atteindre cet objectif, Monsieur Travert ?
______

Écrit par : Thomas Mousset / | 22/09/2017

Existe-t-il un politicien restant cohérent ?

> Bien évidemment non, pour la bonne raison qu'alors il ne serait plus un politicien. Un politicien n'a pas d'idée, sauf celle de se faire élire ou réélire. Par conséquent, il tient le discours qui lui semble apte à séduire au moment où il parle, en fonction de l'auditoire qu'il a devant lui. S'il vient d'y avoir un attentat, il fera de grandes promesses concernant la sécurité. S'il parle à des agriculteurs, il promettra de tout faire pour les soutenir, bien naturellement. Une promesse, cela ne coûte rien, cela peut rapporter gros, et cela n'engage que l'honneur. Or que vaut l'honneur ? Il n'est pas coté en Bourse. Ce n'est qu'une de ces "vertus" ringardes et rétrogrades qui s'opposent au "progrès".
______

Écrit par : Bernadette / | 23/09/2017

> Ecotartuffe, disait "La Décroissance"...
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Écrit par : cristiana / | 23/09/2017

OUBLI

> Sans exagération, à chaque fois que je lis que M. Hulot est ministre de l'écologie, je me rends compte que je l'avais oublié. On ne peut pas lui reprocher d'être hyper-actif.
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Écrit par : Thibaud / | 23/09/2017

Petit exemple vécu d'enfumage...

> Il y a 5 ans, au début de la présidence Hollande, il fut affirmé que les cantines scolaires devaient acheter local et favoriser le bio et les circuits court (chose que mon petit collège rural de l'Allier, nous faisons depuis des lustres...). Début 2013, à un conseil d'administration où je siégeais, j'apprends que les conventions avec les producteurs ne sont pas renouvelées, qu'il faut maintenant passer par la centrale d'achat de l'académie à Clermont (et il a fallu se battre l'an dernier pour que ce ne soit pas celle de Lyon-Wauquiez...). Cette centrale d'achat est aux mains des industriels de la bouffe collective. Adieu le GIE de Chamberat et sa viande succulente pour acheter de la "saloperie" caoutchouteuse aux hormones venant des pays de l'Est.
Pendant ce temps, on continue de communiquer dans l'académie sur les fournisseurs locaux et leur bel avenir qui préserve la santé de nos chères têtes blondes. Ah, oui, c'est vrai, deux ou trois fois par an, il y a un repas bio, un repas local, la semaine du goùt, etc.
Mais super-Hulot va nous sauver, non ?
______

Écrit par : VF / | 23/09/2017

> On avait raison d'ironiser sur les hélicologistes.
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Écrit par : Pierre Huet / | 24/09/2017

> Hulot est en "Parade" (autre film de Tati)... Et comme le ministre de l'Agriculture est de Travert...
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Écrit par : Alex / | 24/09/2017

INCARNER

> Je sais bien que les avis de ce blog sont plutôt tranchés. Mais je m'attendais au moins à des expressions contradictoires...Reposez en paix Monsieur Hulot, ces messieurs dames vous ont fait un beau cercueil!
Anne, revenez s'il vous plaît avec vos avis francs et radicaux mais qui n'oublient pas la miséricorde!
Je rêve d'un lieu où l'on puisse conjuguer espérance et réalisme politique. Oui, en Eglise, la tendance est lourde à angéliser et désincarner. L' espérance chrétienne est souvent devenue un bonbon mou au goût de vieille sacristie.
Mais les avis donnés du haut des nuages merci. Oui la politique est un marigot. Mais le pape ne nous a-t-il pas appelé à prendre ce risque ? Vous croyez qu'on devient saint en ayant raison ?
______

Écrit par : Antoine R. / | 25/09/2017

à Antoine R.

> Ne trouvez-vous pas que vous tombez dans ce que vous reprochez aux autres ? C'est un peu facile de tout mélanger et de nier aux autres le droit d'avoir un avis, sous prétexte qu'il n'est pas le vôtre et que c'est bien sûr le vôtre qui incarne l'Espérance !
______

Écrit par : Benoit / | 25/09/2017

@ Benoît

> Je termine justement en disant qu'on ne devient pas saint en ayant raison.
Donc non non je ne suis pas l'espérance tout va bien !
Je me demande juste comme chrétien comment Dieu regarde-t-il Nicolas Hulot. C'est et ça restera un mystère. J'ai juste imaginé que "ecotartuffe" n'était pas le premier mot qui lui viendrait... Libre à vous de penser le contraire.
______

Écrit par : Antoine R. / | 25/09/2017

Antoine R,

> l'Espérance, c'est de se fier à Dieu, et non aux hommes. Nicolas Hulot est lié aux puissances de l'argent, ce n'est pas de lui que viendra une meilleure écologie en France.
Il faut arrêter de chercher après l'homme providentiel qui fera tout à notre place. A nous d'agir, de nous informer, d'acheter local et de refuser d'acheter des produits qui ont fait le tour de la terre, d'accepter de payer un peu plus cher pour un produit qui ne sera pas bourré de pesticides. Revenons au respect des saisons : il est insensé de notre part de vouloir des fraises en décembre et des poires en juin. Evitons le gaspillage, et pas seulement dans le domaine alimentaire.
Nous ne serons qu'une minorité à faire ces efforts ? Oui, mas avec la certitude dans le cœur que nous agissons selon la volonté de Dieu en respectant cette Création qu'il nous a confiée. Et avec cette certitude vient une Joie sereine, une Joie que nul ne peut nous ravir.
Faisons notre part de service (nous sommes des serviteurs quelconques, ordinaires), le reste appartient à Dieu.
______

Écrit par : Bernadette / | 26/09/2017

à Antoine R.

> Vous mélangez tout. Parce que Hulot rencontrera son Créateur un jour,nous n'aurions pas le droit de trouver que son action politique aujourd'hui n'est pas adéquate ?
Allons, allons !
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Écrit par : Benoît / | 26/09/2017

Cher Antoine,

> cela fait des années que M.Hulot a cloué lui-même son cercueil. Il roule depuis des lustres pour le "greenwashing" de Total, Areva, TF1 et consorts. Cela se fait à la vue de tous, alors le lui reprocher n'est pas une attaque gratuite mais une simple vérité. Ou alors, il faut être ignorant du combat écologiste, ce qui est possible sans aucune aménité bien sûr. La miséricorde n'entraine pas la tolérance du mensonge (sépulcres blanchis disait le Christ?).
De toute façon, l'heure n'est plus aux bisounours. Les vérités doivent être dites et le combat doit être radical, c'est à dire qu'il doit aller à la racine des problèmes. Cela ne veut pas dire être violent et encore moins meurtrier (pour ceux qui souhaitent la révolution du grand soir), mais il doit être clair, franc et sans compromission. La planète va de plus en plus mal, l'humanité plonge dans le chaos, il est urgent d'être vrai et d'agir à la mesure de nos capacités comme le dit si bien Bernadette. Combat qui doit être, c'est évident pour nous, enraciné dans la prière et la miséricorde.
______

Écrit par : VF / | 26/09/2017

Cher Antoine R,

> si c'est de moi dont vous parlez, comme vous le voyez je continue de lire tout ce qui s'écrit sur le blog de notre cher PP, même si j'écris moins. Je consacre beaucoup de temps à l'engagement sur le terrain.
Il y a quelques années, j'avais pour désir un peu fou de découvrir les mondes des migrants, de la rue, des quartiers et de l'usine, qui m'étaient totalement étrangers. J'ai pour habitude de confier ce genre de désirs à la Providence, Elle les prend toujours très au sérieux. Et donc, lors d'une marche avec feu les Chrétiens Indignés, nous tombions par hasard sur le camp de migrants de Tatinghem, tout près de chez moi. J'ai alors commencé à les aider timidement avec les bénévoles d'Emmaüs. Puis est arrivé le mouvement NuitDebout, dans lequel je me suis donnée à fond, le début d'une série d'engagements qui se poursuivent aujourd'hui, et qui me mènent à l'usine, dans les quartiers comme auprès des gens de la rue. En bonus, la fréquentation des militants écologistes puis Insoumis. J'ai besoin d'ancrer ma petite réflexion dans les combats de nos compatriotes, et de sortir du confort de mon bureau pour me frotter aux rugosités de leurs vies si différentes de notre petit monde de cathos-intellos.
Je suis souvent la seule catholique! Mais pas toujours, et alors je peux partager la joie de voir les vertus chrétiennes pratiquées par des incroyants aux âmes magnifiques (quand bien-même ils professent être sans âmes). Je découvre aussi parfois les mêmes vices que dans nos communautés chrétiennes. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le formatage de nos désirs par la société de consommation, la mise en concurrence universelle que provoque la dépendance à l'argent, les pathologies psycho-sociales.
L'une d'entre elle vient de ce décollage progressif, insensible, d'avec la réalité que provoque la fréquentation des milieux aisés et cercles de pouvoir. De ce point de vue, il n'y a aucune différence entre le chrétien revendiqué Mulliez et l'écologiste engagé Hulot. Tous deux font rire de la même manière le petit peuple en souffrance.
La vérité, c'est que nos convictions, quelles qu'elles soient, deviennent des valeurs marchandes dès lors que l'on monte dans l'échelle sociale et les sphères du pouvoir. Je ne vois qu'un moyen de ne pas les trahir, c'est de renoncer à toute forme de réussite dans le sens où l'entend notre société, en choisissant en tout la plus petite voie, celle qui nous fait décroître. C'est d'épouser l'échec. Il n'est qu'ainsi que ce pour quoi nous nous battons peut germer dans l'humus. Humainement, c'est impossible. Mais pour le chrétien, ce devrait-être une évidence.
______

Écrit par : Anne Josnin / | 27/09/2017

@ VF

> Merci pour la réaction plus mesurée et raisonnable.
Je veux bien un débat contradictoire sur Hulot. Il y a du tri a faire entre :
-Aller affronter verbalement 200 Ja qui réclament le droit au glyphosate, je trouve cela plutôt courageux. Non pas à cause des coups potentiels mais parce que c'est pas toujours facile de s'en tirer verbalement face à la connerie.
-Se coucher sur les perturbateurs endoctriniens.
-Lier publiquement combat écologique et solidarité dans son appel lors de la campagne présidentiel avec Emmaüs et le secours catho et d'autres
-tout en assurant des activités de consulting privé avec des émoluments très larges...
Etc...
Je ne suis évidement pas béni oui oui face à son action mais je le crois sincère et parfois naïf.
J'ai trop vu d'écolos ou cathos bornés prêcher la bonne parole à leurs semblables, dans un langage seulement compris par eux mêmes. J persiste à croire que ce gars a envie et a du courage. Et qu'effectivement il avale et continuera à avaler des couleuvres. Mais pas que...
Je n'attends pas le salut par le gouvernement, soyons bien clair. Et je ne sais pas comment la critique radicale du profit à tout prix sera appropriée par tous. Il m'avait semblé que l'Église cherchait les signes des temps... C'est facile d'avoir raison tout seul...
______

Écrit par : Antoine R. / | 28/09/2017

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