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27/05/2017

"Le Brexit : une chance pour l'écologie ?"

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De l'essayiste Paul Kingsworth, dans la revue L'Ecologiste :


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Extraits

 

<<  Dans les années 1970, la paysannerie en France et en Europe a connu une vraie hémorragie. Ce n'était pas le fruit du hasard mais une extinction planifiée. [...]  Les eurocrates n'ont pas utilisé, pour justifier leur politique, le terme d' "élimination" mais celui de "modernisation". [...] Non-élue, créée de façon confidentielle, obéissant aux intérêts des multinationales, la CEE avait un but clair : diminuer, si ce n'est abolir, la souveraineté démocratique des nations européennes et [...] créer une zone de libre-échange géante sans frontières. [...] Sa culture du Progrès était celle de l'homogénéisation, de la centralisation, du contrôle et du profit. >>

<< L'UE en son principe viole chaque principe écologique. C'est l'exact opposé du local, elle détruit le monde naturel, efface les particularités, elle est anti-démocratique et place les intérêts des banques et des multinationales avant ceux des travailleurs. Pourquoi, quand, comment le parti écologiste britannique a-t-il abandonné son engagement dans le localisme, la démocratie, et s'est-il uni à un tel monstre ?  [...]  La classe sociale a toujours été la ligne de fracture dans le mouvement écologiste. À l'occasion du Brexit, elle est apparue au grand jour.  [...] Les classes laborieuses et les classes moyennes, au contraire des élites culturelles ou politiques, ont exprimé une sorte de jacquerie moderne... Les Verts auraient pu se trouver de leur côté, faire valoir des arguments en faveur de la relocalisation du pouvoir, de la démocratie, créer des lois environnementales et sociales s'appliquant à notre île et à ses bio-régions... Mais on n'a jamais entendu ces arguments. Pourquoi ? Parce que peu d'écologistes sont issus des classes sociales affectées négativement par l'UE et sa participation à la mondialisation... >>

<< Il fut un temps où les Verts remettaient en question la culture du Progrès à droite comme à gauche, et proposaient de relier les hommes à la nature, la planète aux communautés locales, en essayant de forger un nouveau discours politique. Mais tout cela appartient au passé. Aujourd'hui l'écologie politique [...] fait campagne contre l'austérité en suggérant que la croissance est une solution plutôt que le problème... Autrefois radicaux, les Verts ressemblent aujourd'hui à des sociaux-démocrates affublés de panneaux solaires. >>

<< Que faire ? C'est le moment de proposer un projet stimulant, radical et rafraîchissant pour la démocratie britannique, désormais détachée de la bureaucratie de l'UE. [...] Il est certainement possible de proposer des façons bien plus durables de s'occuper des terres et des mers... Quelque chose d'authentiquement radical est apparu en Grande-Bretagne. Une brèche est apparue dans la culture du Progrès, et elle n'a pas été ouverte par des intellectuels, des idéologues ou des philosophes, mais par 17,4 millions de gens ordinaires qui ont voté le Brexit. [...] Une occasion est à saisir, la voici. Tout reste ouvert. Que vont faire les écologistes ?  >>

 

 

 L'Écologiste  (édition française de The Ecologist

N° 49,  mai-juillet 2017 :

en kiosques depuis le 26/05

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"Indépendant, trimestriel, indispensable"

 

www.ecologiste.org

 

 

Commentaires

EXEMPLE

...et si cet chance, une fois saisie, pouvait être un exemple pour nous !
Car le diagnostic de ce Paul Kingsworth est sans concession, et bien sûr, il s'applique parfaitement à la France.

PH


[ PP à PH - Procurez-vous la revue et regardez le reste de l'article (qui est long) : ça cogne dur. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierre Huet / | 27/05/2017

GRANDS TRAVAUX INUTILES

> Si "l'écologie politique fait campagne contre l'austérité en suggérant que la croissance est une solution plutôt que le problème", cela signifie qu'elle soutient, du moins implicitement, Notre-Dame-des-Landes et les "Grands Projets Inutiles" pour reprendre votre (très juste) terminologie.
M. Hulot, sur Notre-Dame-des-Landes, semble avoir pris acte du référendum d'initiative populaire en se rangeant derrière la "vox populi".
Si le projet voit le jour, ce qui semble probable, cela ne fera qu'un aéroport inutilisé de plus. En Lorraine, nous en avons un : celui de Metz-Nancy-Lorraine, ouvert en 1991 en pleine campagne, à équidistance des deux villes, pour accueillir... à peine 5000 mouvements annuels. Malgré ce flamboyant tarmac, les Lorrains continuent de partir de Luxembourg ou de Strasbourg, bien plus faciles d'accès. Je passe sous silence la gare Lorraine-TGV, construite également loin de toute agglomération et sans gare d'interconnexion.
La ligne à grande vitesse est-européenne elle-même, voulue par Bouygues, aurait également dû être évitée, la ligne classique ayant un excellent profil, aménageable sur certaines sections. Il est grand temps, comme 'Laudato Si' nous y invite, à passer à un nouveau paradigme.

PV


[ PP à PV - La formule "Grands Travaux Inutiles" ("GTI") n'est pas de moi : elle vient des zadistes et des militants anti TGV Lyon-Turin. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Philippe de Visieux / | 31/05/2017

LOBBIES

> Où l'on attend de voir si M. N. Hulot est endoctriné, si vous me passez le jeu de mots:
https://reporterre.net/Les-methodes-des-lobbies-pour-empecher-la-reglementation-des-perturbateurs
______

Écrit par : Aventin / | 31/05/2017

REPORTERRE

> Toujours sur Reporterre, une chronique percutante mais hélas lucide :
https://reporterre.net/Hulot-est-un-homme-d-une-rare-naivete-pour-rester-poli
______

Écrit par : Tangui / | 01/06/2017

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