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06/05/2017

Et c'est le "dimanche du Bon Pasteur"

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Le second tour de la présidentielle tombe en ce "dimanche du  Bon Pasteur". On peut - si l'on y tient - voir dans  cette rencontre une exhortation (à Dieu vat !) à l'élu de demain soir... Mais le réalisme spirituel y voit autre chose avec Balthasar :


 

 

Les paroles du Christ (Jean 10, 1-10)

 

"Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est lui le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus." Jésus employa cette parabole en s’adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu’il voulait leur dire. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : "Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis. Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance."

 

 

Le commentaire de Hans-Urs von Balthasar

 

<< Cette parole résonne bien autrement que tous les sons des conceptions du monde, religions et idéologies purement humaines, et Jésus sait que son appel n'est comparable à aucun autre. "Je suis le chemin... Nul ne va au Père que par moi" (Jean 14,6) : c'est pourquoi toutes les autres portes sont des chemins qui égarent. Celui qui revendique pour lui toute la vérité ne peut que faire connaître une intolérance divine pour toutes les voies inventées par les hommes ; aucune ne mène à la maison du Père. Beaucoup de gens qui ne regardent pas dans le coeur des autres, peuvent et doivent être tolérants : ils ne sont ni le berger, ni la porte, mais ils devraient - au lieu de se chercher d'une manière éclectique un chemin quelconque parmi beaucoup d'autres - chercher l'instinct pour le son authentique de l'appel divin, le solliciter devant Dieu. L'intolérance du "Je suis" de Jésus [*] indigne le monde postchrétien, qui oppose à cette prétention la théorie des nombreuses voies et par là des nombreuses vérités. Mais la vérité de Dieu est indivisible, précisément lorsqu'elle se manifeste comme l'amour absolu. Le bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis : il n'existe pas une vérité plus haute, ni même seulement comparable. >>

 

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[*]  "En vérité, en vérité, je vous le dis : avant qu'Abraham fût, je suis."  (Jean 8:58).

 

 

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Commentaires

NE PAS S'Y TROMPER

> "L'intolérance divine" ? Avec cette expression, Balthasar - un des plus grands théologiens modernes - ne rouvre pas la porte au confusionnisme d'autrefois : celui qui mélangeait le divin
aux pouvoirs temporels, faisant dire par exemple à Bossuet (dans une controverse de spiritualité) : "Nous avons pour nous Dieu, la vérité, la bonne intention, le courage, le Roi, madame de Maintenon, etc."
Balthasar était d'ailleurs sévère pour ceux que Bernanos appelait les "durs petits esprits",
avides de ce confusionnisme. On en connaît des cas en France en 2017 ; encore il y a peu,
ils se berçaient d'illusions politiques absurdes.
À l'opposé, ce que Balthasar signifie par "intolérance divine" est dit dans cette phrase-clé :
"La vérité de Dieu est INDIVISIBLE précisément lorsqu'elle se manifeste comme L'AMOUR ABSOLU".
L'intolérance en question s'exerce envers ce qui contredit, consciemment ou inconsciemment, l'Amour absolu (divin).
Elle n'autorise aucune entorse à l'Amour divin de la part de chrétiens.
C'est dans cet esprit que l'Eglise est anti-relativiste ; ce n'est pas pour préserver la fixité d'un appareil idéologique, contrairement à ce que croient les incroyants.
Et si les incroyants croient cela - à tort -, c'est en grande partie parce que des chrétiens (nous-mêmes éventuellement) le leur laissons croire. Par exemple, chaque fois que certains d'entre nous hurlent contre un acte d'amour évangélique posé par le pape...
Tout est lié.
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Écrit par : PP/ | 06/05/2017

AUSSI

> Oui, et Balthasar dit aussi : "Beaucoup de gens qui ne regardent pas dans le coeur des autres, peuvent et doivent être tolérants : ils ne sont ni le berger, ni la porte, mais ils devraient (...) chercher l'instinct pour le son authentique de l'appel divin, le solliciter devant Dieu."
N'oublions jamais que "Dieu est plus grand que notre coeur" (1 Jean 3, 20)
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Écrit par : Michel de Guibert / | 06/05/2017

D'OÙ VIENT-IL

> Je l’avoue. Voyant l’évangile de ce dimanche, j’ai été un instant tenté, cher Patrice, de faire le rapprochement entre :
— « celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit »…
— et cette réflexion du pape l’autre jour sur le candidat Macron : « (…) vraiment, je ne sais pas d’où il vient ».
Imaginez la tête des « imprécateurs officiels »…
Le fait est que le nouvel Emmanuel, ovni en politique, jamais titulaire du moindre mandat représentatif (hors celui d’associé-gérant d’une banque d’affaire), va devoir paître le troupeau France.
A vous dégouter d’être « brebis » ?
Ne confondons pas tout… Nous sommes les brebis du Seigneur. Et demeurerons telles devant M. Macron, quand bien même il s’emploierait à nous faire tourner chèvre ou bourrique !
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Écrit par : Denis / | 06/05/2017

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