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25/04/2017

"Précis de décomposition"

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Ce titre de Cioran convient au spectacle politique depuis 48 heures :


 

Le problème est de "survivre aux vérités irrespirables", disait Cioran dans ce livre de 1949. La vérité irrespirable de la politique française est à demi révélée depuis quarante-huit heures : à demi seulement, car l'infrastructure de ce qui se passe n'est pas encore manifeste.

Ce qui se passe est néanmoins irrespirable pour une partie de la société française : les deux "grands partis", leurs personnels et leurs électeurs se découvrent au bord de l'asphyxie par absence d'idées. Le PS ne comprend pas ce qui lui arrive mais sent que ça ne peut plus durer ;  LR aussi. L'un et l'autre ne peuvent plus cacher leur facticité. Ces deux vieux syndicats d'appétits fonctionnaient grâce à des prétextes et des illusions d'optique qui viennent de s'évanouir.

S'il subsiste une "gauche" (?), elle est anti-libérale et chez Mélenchon : ce qui reste au PS est indéfinissable, et nul ne peut respirer dans le vide. Mais que faire ?  Les post-socialistes qui pouvaient émigrer chez Macron l'ont fait. Les socialistes qui pourraient encore émigrer chez Mélenchon se demandent si le grand Jean-Luc existera encore après les législatives, compétition où les Insoumis - n'étant pas assez implantés - risquent de n'être guère performants. Quant à envisager l'avenir sous les traits de M. Cambadélis...

De son côté, la droite LR se désarticule : les uns iraient bien chez Macron, où est déjà leur programme économique ; les autres louchent vers Mme Le Pen. Depuis hier matin X ou Y appellent à "une nouvelle ligne" mais ne trouvent à dire que des évidences : "humanisme", "liberté-égalité-fraternité"... Des libéraux conservateurs voudraient un accord en 2018 avec un FN ayant liquidé Philippot (donc remplacé Marine par Marion et largué les "communistes du Nord"), pour fonder ensemble un "parti de l'ordre" intraitable sur les valeurs morales et boursières... De quoi faire, en effet, rêver les populations.

Nous aurons donc le Président Macron, que les flagorneurs médiatiques appellent déjà "le Petit Prince" et dont le règne parachèvera l'absorption du politique dans le financier. Des vestiges de la politique en France on pourra dire avec exactitude ce que le Précis de décomposition disait inexactement de l'homme : "Je suis le tombeau des étincelles, la risée du ver, une charogne qui importune l'azur, un émule carnavalesque des cieux, un ci-devant Rien... A quelle perfection de l'abîme suis-je parvenu, qu'il ne me reste plus d'espace pour déchoir ?"

 

 

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Commentaires

> Excellent ! Mais pour qui voter ?
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Écrit par : Mariemcm / | 25/04/2017

> Ce qui est triste, c'est la participation massive des catholiques, de droite comme de gauche, chacun à sa façon, à cette décomposition.

PH


[ PP à PH - Oui : en toute inconscience, tout en se croyant les plus conscients. Et en dépit des éléments de discernement que l'Eglise met à leur disposition, et qu'ils ne consultent même pas. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierre Huet | 25/04/2017

CIORAN

> Face à une alternative aussi désespérante et presque inhumaine, dont aurait pu s'amuser Cioran s'il vivait encore, seuls l'abstention ou le vote blanc peuvent être à mes yeux une réponse.
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Écrit par : Bégand / | 25/04/2017

@ Mariemcm :

> mais pourquoi voter ?
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Écrit par : PMalo / | 25/04/2017

PRIONS

> comme le dit si bien Mariemcm "Excellent ! Mais pour qui voter ?
ne nous reste t'il que le désespoir...
non, il y a Jésus !
prions à la suite du pape François !
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Écrit par : michel / | 25/04/2017

INVENTER

> Beeen, pour le/la moins pire !?
Au bout de ces 40 dernières, nous voyons bien où nous en sommes de la part du monopole politicien et partisan vivant au crochet de la bête, c'est-à-dire vous et moi.
Pourquoi ne pas tester le pragmatisme féminin ? Qu'est-ce qu'on risque ? Ça ne peut pas être pire, n'est-ce pas !? On ne peut que remonter…
Enfin, j'l'espère, moi qui ne suis plus inscrit sur les listes électorales depuis l'automne 2011.
J'préfère consacrer mon enthousiasme, mon temps et mon argent à l'avenir du prochain régime. Vous savez, une fois la France dument réconciliée (libération, guérison, Transformation) dans son histoire.
Après son enfance sous l'ancien régime, son adolescence sous l'actuel, vivement l'âge adulte par la grâce du Sacré-Coeur de Jésus.
Il semblerait qu'il faille, avec Lui et en Lui, Lui avec nous et en nous, inventer à partir de maintenant, la troisième voie celle de la maturité, de l'authenticité et de l'unité — pays, nation, francophonie !
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Écrit par : aoyfr / | 25/04/2017

Prière pour la France

« Ô Père, ô mon Dieu, délivrez, sauvez maintenant votre France.
Préparez le coeur de ses enfants à la mission qu'ils vont avoir à accomplir pour elle, pour toutes les autres nations, pour l'Eglise tout entière.
Ô Père, ô mon Dieu, que le coeur de tous vos élus tressaille maintenant à votre appel, reconnaissant votre voix et votre commandement, votre invitation à agir ; conduisez-les, ô mon Dieu, chacun à sa place et chacun à sa mission et imposez-leur vous-même tout ce que vous voulez de chacun et de tous.
Que rien ne soit l'effet de leur choix, ô mon Dieu, mais de votre unique désir, de votre unique volonté d'amour.
Ô Maman chérie, ne les laissez ni s'égarer, ni se tromper. »

— Marthe Robin, 15 octobre 1943
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Écrit par : aoyfr / | 25/04/2017

QUI OU QUOI

> Question extrêmement pertinente : pour qui voter ? Ou pour quoi voter ? Il me semble que l'abstention sera plus politisée que jamais lors de ce deuxième tour. (Mais l'abstention est-elle une position défendable ? Et le vote blanc, teinté de bleu Marine ?)
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Écrit par : Ghislain / | 25/04/2017

@ Marie

> Il n'y a de choix qu'entre un peuple fourvoyé et une nouvelle noblesse.
Entre deux promesses de violence.
Et voter blanc c'est accepter le choix qui sera fait.
Ou passer ce tour en attendant les législatives.
(Déja mis dans l'article précédent, mais si Patrice veut bien, le revoilà :
https://www.les-crises.fr/macron-le-pen-ou-le-retour-fracassant-de-la-lutte-des-classes-par-mathieu-slama/ )
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Écrit par : Yvan / | 25/04/2017

MANUELA CADELLI

> Le néolibéralisme est un fascisme. Excellent résumé de la situation par Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats ici :
http://mobile.lesoir.be/1137303/article/debats/cartes-blanches/2016-03-01/neoliberalisme-est-un-fascisme
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Écrit par : isabelle / | 25/04/2017

@ Isabelle

> Et, contrairement au système soviétique en son temps, il donne l'impression d'être ÉTERNEL.
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Écrit par : Feld / | 25/04/2017

AUTANT

> Pourquoi voter ? (écrit PMalo) : parce que le choix nous est proposé ; et que ça ne nous coûte rien (au contraire des scrutins des primaires...).
Pour qui voter ? (écrit Mariemcm) : puisque le bulletin "François" - ou encore "Jésus-Christ" - serait compté comme "nul" !!! et qu'un "blanc" revient à voter pour le vainqueur (comme un blanc-seing !), autant voter franchement pour son opposition.
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Écrit par : Fondudaviation / | 25/04/2017

ÉCONOMIE

> "éléments de discernement que l'Eglise met à leur disposition". Est-ce si clair? Et s'il y avait (ruse du Malin dans son pilotage des évènements?) une incompatibilité entre le devoir d'accueil et la condamnation du libéralisme?
Incompatibilité non pas théorique mais pratique, la mondialisation humaine ne pouvant pas, à mon sens, être dissociée de la globalisation économique et de la disney-colaïsation de la culture.... Franchement, peut-on penser sérieusement que les migrants ne migrent pas majoritairement pour bénéficier de la société de consommation?
En France en particulier, l'obsession européiste des têtes pensantes (pensant à quoi?) de l'Eglise à fermé à leurs ouailles toute échappatoire à l'alternative Le Pen/Macron, Macron au secours duquel se précipitent ledites têtes pensantes persuadées d'être courageuses alors qu'elles ne sont que serviles..
http://religion-gaulmyn.blogs.la-croix.com/catholiques-le-risque-du-front-national/2017/04/24/
http://temoignagechretien.fr/articles/politique/la-memoire-courte-des-catholiques-francais
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Écrit par : Pierre Huet / | 25/04/2017

LA BARBE

> En conscience, je voterai Macron au second tour.
En effet : il a changé ma vie. En lançant la mode de la barbe de trois jours dans la haute fonction publique dès 2012, il me permet - et d'autres avec moi ! - de venir au ministère où je travaille en ne me rasant que tous les deux (voire trois) jours. Gain de temps. Economie de mousse à raser. Reconnaissance éternelle.
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Écrit par : Feld / | 26/04/2017

BLANC

> Yvan écrit "Et voter blanc c'est accepter le choix qui sera fait. Ou passer ce tour en attendant les législatives."
Je ne suis pas d'accord, voter blanc ce n'est pas l'abstention c'est indiquer de manière ferme que l'un et l'autre des candidats ne recueillent ni l'adhésion, ni même un peu d'assentiment de l'électeur pour les fonctions auxquels ils prétendent.
Pourquoi faudrait-il toujours procéder par élimination du candidat qui vous déplait le plus, et d'ailleurs selon quels critères plus ou moins alambiqués ? Il s'agit bien selon moi d'un suffrage exprimé quoiqu'en dise le code électoral. Et puisque celui-ci impose à présent de comptabiliser les bulletins blancs séparément des votes nuls (c'est déjà un progrès !), il y a donc des chiffres disponibles en préfecture et il ne tient qu'à la presse de nous les communiquer. Je pense que cela aura au moins l'intérêt d'appeler le vainqueur à plus de modestie dans la victoire. Après tout les médias donnent bien deux chiffres de participation à chaque manifestation.
L'éclairage donné par les évêques a semble-t-il manqué de rappeler une chose importante comme un préalable : lequel des candidats (dès le 1er tour est le plus susceptible de garantir une législation avec laquelle un chrétien aura encore la possibilité d'exprimer publiquement ses convictions et d'agir en conscience sans se placer hors-la-loi ?
La notion d'ordre public et de son respect est matière à interprétation, une interprétation non seulement trouvée (par la jurisprudence) dans les articles de loi mais également dans les préambules et les discussions et débats à l'assemblée nationale et au sénat.
Aucun des deux candidats encore en lice ne me semble capable de fournir de telles garanties, tant la frontière est mince entre ce qu'ils veulent permettre (plus de droits) et ce qu'ils pourraient interdire (avec moins de liberté).
Je voterai blanc et je me moque bien de savoir par avance que c'est inutile.
De toute façon cela fait bien longtemps que je vote "inutile" mais puisque que voter est mon droit et mon devoir, j'userai de mon droit et j’accomplirai mon devoir jusqu'au moment où il me sera devenu insupportable de le faire c'est-à-dire jusqu'au moment où il m'auront rendu insupportable la démocratie représentative...
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Écrit par : JLLB / | 26/04/2017

LE DIABLE EST GAGNANT

> Si le Diable devait voter au 2ème tour, y'a quand même de fortes chances pour qu'il vote blanc. L'un ou l'autre, il s'en fiche, il est gagnant. Et je ne pense pas qu'il s'abstienne.
Bon maintenant, je peux me tromper, je ne suis pas non plus dans ses petits papiers.
En fait le vote blanc est pour moi synonyme de "ne se prononce pas" ou "sans opinion". C'est un vote d'acceptation, pas de refus.
Maintenant s'abstenir c'est aussi être assimilé aux "j'm'en-foutistes", ce qui n'est pas mon cas.
Il manque une touche dans le piano.
C'est la première fois que je n'irai résolument pas voter.
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Écrit par : Yvan / | 26/04/2017

ESPÉRER

> Le dernier billet d'Henri Hude, que je mettrais un peu sur le même plan que la circulaire de l'abbé du Barroux (qui évoque aussi "la France d'après-demain") :
http://www.henrihude.fr
"Nous allons probablement vers des jours sombres, mais « en même temps » nous avons de plus en plus le droit d’espérer. C’est un paradoxe. Voici les raisons d’espérer.
Je parle ainsi, car je crois dans l’avenir de la France. Ce n’est pas simple sentiment profond, c’est aussi raison. Cette élection, paradoxalement, nous fournit un argument pour y croire.
Car si nous l’observons bien, nous voyons que cette France d’après-demain, celle qui connaîtra (par hypothèse) une véritable Renaissance, est déjà là, bien que seulement en pièces détachées : c’est triste qu’elle ne soit là qu’en pièces détachées, donc en pièces tout court, mais ce qui est heureux, c’est qu’on puisse exposer toutes ces « pièces détachées (...) ».
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Écrit par : Feld / | 26/04/2017

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