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15/03/2017

"10 clés pour une conversion écologique réussie"

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Propos sur l'écologie quotidienne (François-Xavier et Amélie Huard, entretien dans Famille chrétienne du 15/03) :


 

<<   Changer de comportements n’est vraiment possible qu’en approfondissant notre rapport à la Création. La parole à François-Xavier et Amélie Huard, cathos, écolos et initiateurs du mouvement "Chrétiens, changeons !" :


<<  Mariés depuis 2003, parents de quatre enfants âgés de 4 à 11 ans, nous avons commencé un lent chemin de conversion à la naissance de notre aîné en 2006. De lectures en rencontres, nous avons plongé au fil des années dans un milieu écologiste profondément engagé. L’alignement entre actes et convictions que nous avons observé chez beaucoup d’entre eux nous a touchés et nous a renvoyés, nous catholiques engagés, à nos propres incohérences.

En 2011, nous avons commencé à prendre la parole publiquement en lançant avec d’autres le mouvement des “Chrétiens indignés”. Entre 2013, le mouvement “Chrétiens, changeons !”, que nous avons animé pendant trois ans à Clermont-Ferrand, invitait chacun, et en particulier les chrétiens, à entendre l’appel à la conversion à une écologie intégrale qui nous est adressé. Nous témoignons ici du lent et beau chemin qu’est celui d’une conversion des profondeurs.

Nous aimons rappeler souvent trois points fondamentaux. D’abord le fait que la situation contemporaine de l’humanité est complexe : la réponse ne peut donc qu’être foisonnante. La crise écologique appelle une rupture avec le paradigme cartésien qui résout les “grands” problèmes en les découpant en “petits” problèmes juxtaposés. Laudato si souligne au  144 : “Comme la vie et le monde sont dynamiques, la préservation du monde doit être flexible et dynamique.” Il n’y a donc pas de place pour les postures idéologiques.

Ensuite, la conversion écologique nous fait passer de l’examen des symptômes à celui des causes profondes. Car notre vie quotidienne regorge d’exemples qui manifestent les réponses superficielles que nous apportons trop souvent à nos contradictions. En disant que nous ne changeons pas nos modes de vie car “nous manquons de temps ”, “notre vie est trop contraignante”, “nous travaillons beaucoup”, “nous sommes fatigués”, etc., nous délaissons les causes réelles, nous n’interrogeons pas les raisons pour lesquelles nous menons une vie si pleine de contraintes paralysantes.

Enfin, il faut avoir à cœur d’installer un dialogue authentique avec tous ceux qui nous précèdent sur ce chemin de conversion – nombre d’entre eux ne sont pas chrétiens ! Sachons les trouver et découvrir ce qu’ils ont à nous apprendre. Nos quartiers fourmillent de personnes remarquables qui cheminent silencieusement et qui ne demandent qu’à partager leurs idées… et leurs interrogations spirituelles, profondes et authentiques. De façon inconsciente, beaucoup attendent des chrétiens un témoignage de foi assis sur un témoignage existentiel cohérent. L’écologie est une magnifique opportunité pour témoigner du Christ.

Ces fondements posés, voici dix points de repère pour guider nos choix quotidiens :

1.  D'abord, ne pas nuire

Primum non nocere”. Comment vivre sans nuire ? Produire et consommer sans nuire ? Se déplacer, voyager, gérer son argent, travailler sans nuire ? Cela vaut en particulier pour notre alimentation, dont les habitudes ont des conséquences directes sur l’ensemble des êtres vivants de notre Terre, et sur notre propre santé. Ainsi, en journée d’évangélisation, si je ne prends pas soin de mon propre corps par une alimentation saine, je passe à côté d’un témoignage de cohérence. Car évangéliser, ce n’est pas seulement professer ma foi. C’est aussi laisser voir la force unifiante du Christ, y compris à travers les petites choses.

2.  Moins de biens, plus de liens

Beaucoup de choses vont en effet prendre plus de temps, mais le changement réside dans la manière avec laquelle vous faites les choses : avec les autres, et avec votre cœur. C’est pour cela qu’acheter ses livres chez un libraire a plus de valeur existentielle que de les acheter sur Amazon.

3.  Redécouvrir le repos et le silence

Apprendre à ne rien faire, à se reposer en sanctuarisant par exemple le dimanche, c’est “inclure dans notre agir une dimension réceptive et gratuite qui est différente d’une simple inactivité”, nous dit le pape dans Laudato si'  (237). « La conversion écologique nous fait passer de l’examen des symptômes à celui des causes profondes. »

4.  Le choix de la beauté

est un excellent indicateur de ce qui est bon : car il n’y a pas d’écologie sans émerveillement. Les zones commerciales qui cernent nos villes sont une pollution grave. Le mode de vie des moines, qui ont su rebâtir à leur manière un environnement propre à l’émerveillement et à la contemplation, reste un modèle pour notre civilisation.

5.  Garder en toute chose le sens de la mesure,

retrouver la notion de seuil. Ainsi la mobilité : progrès social il y a cinquante ans, qu’est-ce qui justifie aujourd’hui l’extension sans fin du réseau autoroutier ou TGV ?

6.  L’essentiel pour vivre est déjà disponible

et même abondant, nous ne manquons de rien : la recherche de la sobriété s’appuie sur cette conviction bien chrétienne. C’est la société de consommation qui a installé dans nos esprits la conviction que nous manquons toujours de quelque chose pour être heureux maintenant.

7.  La gratitude

engage à moins jeter, à ne pas gaspiller ce dont nous avons besoin. Bénir son pain, c’est sortir d’une logique d’accaparement, reconnaître ce qui a été nécessaire pour que je puisse m’en nourrir : la pluie, la terre, le travail de l’agriculteur et du boulanger, et mon propre travail qui me donne les moyens d’en acheter tous les jours.

8.  La joie :

nous qui sommes riches et tristes, prenons exemple sur la vitalité parfois plus joyeuse des peuples des pays pauvres. “Que nos luttes et notre préoccupation pour cette planète ne nous enlèvent pas la joie de l’espérance”, dit aussi François (Laudato si' 244) à ceux qu’accable la probabilité d’un avenir douloureux.

9.  La véritable écologie est intérieure.

C’est ce qui change dans mon cœur profond qui détermine le changement du monde. Les sobres ne sont pas des frustrés : ils ont appris à s’aimer tels qu’ils sont, à accepter de transformer leur vie lentement en cessant de juger leurs contemporains et en renonçant à la violence, qui est souvent tournée contre soi-même dans une exigence mal placée ou orgueilleuse. Travailler sur soi et sur ses souffrances, notamment en accueillant avec bienveillance et discernement les multiples thérapies d’accompagnement dont notre époque est riche, est un moyen sûr d’enraciner sa conversion écologique au plus profond de son existence.

10.  Enfin, la prière !

Nous avons entendu un jour une dame nous interpeller spontanément. Elle comparait le défi écologique à la traversée de la mer des Roseaux par le peuple hébreu dans le livre de l’Exode... On ne quitte pas une maison d’esclavage pour une terre promise mais inconnue, sans tenir son cœur tout près du Christ.  >>

 

François-Xavier et Amélie Huard

 

 

écologie,christianisme

 

Commentaires

MERCI

> François-Xavier et Amélie, merci pour ce témoignage !
"Tout est lié" (aphorisme qui est au pape François ce que "n'ayez pas peur" a été pour Jean-Paul II) : l'écologie est multidimensionnelle, et sans une démarche de conversion collective, les meilleures choses se retrouvent vite perverties.
Ainsi de cette vaste et sinistre plaisanterie qu'est en train de devenir le "bio" dans l'alimentation :
http://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2017/03/14/lorsque-les-cheveux-de-jose-bove-parlent/
Il ne faut pas se leurrer : le "changement de paradigme" que nous appelons de nos voeux ne pourra se faire qu'à la suite de grandes épreuves...collectives, justement. Hélas. Mille fois hélas.
Ce qui n'empêche pas d'être des défricheurs.
______

Écrit par : Feld / | 15/03/2017

17 MARS

> Aïe, aïe, aïe ! Saint Patrick et vendredi de Carême… Nous avons nos bonnes résolutions et aussi nos bonnes raisons. Je trinquerai donc à votre santé en me régalant ce vendredi 17 mars d’une bière sans alcool. Bonne fête Patrice !

Denis


[ PP à Denis - Oui, il y a des années qui paraissent vendues aux Anglais.
(Mais merci !) ]

réponse au commentaire

Écrit par : Denis / | 16/03/2017

TEMPLE BAR

> Pas si vendue que ça, Patrice, l'année 2017… Les rugbymen irlandais vous font mentir : ils l'emportent 13-9 ce soir contre l'Angleterre (certes victorieuse du Tournoi) à Dublin (tandis que la France s'impose à l'arrachée devant le Pays de Galles). Un coup de pouce de saint Patrick ?
J'entends d'ici les commentateurs de Temple Bar : "Saint-Patrick de Carême le vendredi, le Trèfle pour faire tourner la Crème (anglaise) le samedi !"
______

Écrit par : Denis / | 18/03/2017

ÉCOLOGIE INTÉGRALE

> Il y a surtout le don qui combat l'avarice qui nous guette avec l'âge. Dieu ou l'argent. Donner aux pauvres pour que l'on comprenne à tel point nous sommes liés à l'argent.
L'écologie intégrale n'est pas de vivre en faisant le détaché des choses matériel qu'on remplace par un nombre pécuniaire qu'on inscrit dans un ordi d'une banque protégé par un mot de passe.
Il y a tout un courant minimaliste qui justement ne minimise pas l'argent virtuel, ou le dépense en biens virtuels, comme les voyages etc.
Etre sobre demande aussi l'effort de se positionner sur l'argent (son origine et sa fin, par exemple) pour devenir des investisseurs éclairés, comme les investisseurs sociaux, microcrédit qui investissent dans l'homme. (Économie de communion, oekocredit,...)
______

Écrit par : Théophile / | 19/03/2017

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