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03/03/2017

Quand le populisme finit par donner tort au peuple

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Le mot "populisme" fut d'abord un disqualifiant médiatico-politique. Maintenant il est assumé et brandi (en France et en Europe) par ceux que ce mot visait. Trump aidant, c'est pour eux  un moyen de fuir toute réflexion. Ainsi par exemple à propos de l'affaire Fillon :  


 

 

La campagne Fillon n'en finit plus de s'enliser. Et son dernier carré, d'élever le ton : "assassinat politique", "coup d'Etat des juges" ! Plus personne ne rappelle le programme initialement antisocial de ce candidat : du Thatcher d'il y a quarante ans.

Qui du reste s'en soucierait à droite ? Nos libéraux conservateurs trumpisés pensaient pouvoir faire au Français moyen ce que the Donald fait à l'Américain moyen (et que M. Wilders ferait aux Pays-Bas) : élus par les dominés, agir pour les dominants. C'est le populisme réalisé : les chômeurs roulés par les démagogues.  Le règne des multinationales caché sous la "sécurité nationale".

D'où le comportement clanique d'une part de l'opinion de droite. Peu lui importe le programme du candidat. Peu lui importe son profil humain. Seule compte sa tribu, ou la tribu voulant se reconnaître en lui. Qui le touche, la touche... Donc : interdit de toucher !

Hier on interdisait ainsi de critiquer le programme de M. Fillon : c'eût été "lui faire un procès d'intention", donc "ce n'était pas chrétien" ! (alors aucun débat n'est plus possible, tout programme étant une intention). Aujourd'hui on interdit d'envisager qu'il puisse y avoir quelque chose d'incivique dans les pratiques budgétaires de la famille F., et l'on traite les juges de bourreaux parce qu'ils font leur métier. À ce compte, la droite devrait nous dire ce dont il est permis de parler sans être traités de possédés et aspergés d'eau bénite.

Mais quand je dis "la droite", il ne s'agit que d'une fraction du peuple de droite. Une autre fraction s'est détournée du candidat en voyant sa façon de se défendre. Comme le fait observer le directeur de Réforme, M. Fillon ne devrait pas avoir de mal à établir (comme n'importe quel contribuable interrogé par le fisc) que l'emploi de son épouse n'était pas fictif ;  mais il n'a pas fait cette démonstration, et l'effet sur les foules a été massif. Un maire LR confiait ce matin aux radios : "Habituellement nous sommes cent à distribuer les tracts sur les marchés ;  depuis trois semaines nous ne sommes plus que cinq, les autres ne veulent plus affronter nos électeurs."

Alors : du point de vue des populistes assumés, qui incarne le peuple de droite ?  la foule des électeurs déçus par le candidat ? ou le dernier carré des supporters ?  Quand le "véritable" peuple finit par se circonscrire au clan des militants, ce qui se révèle est surtout la véritable nature du populisme.

 

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Commentaires

CARÊME

> Ce populisme, et les attitudes en relevant, vont mal avec… le Carême.
Mercredi 1er mars, François Fillon a eu le choix entre suivre Jésus au désert ou continuer sa quête de domination matérielle et spirituelle ; entre le silence du pénitent dans la prière ou le fracas des opinions et des contradictions. Il a fait le second choix. Le mauvais.
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Écrit par : Denis / | 03/03/2017

POPULISMES

> Il y a dans le peuple, comme tout-un-chacun, le meilleur et le pire. Et comme chaque citoyen, il a droit à l'éducation pour grandir en liberté, et devoir de participer à cette éducation au service de la liberté.
Les politiques dans ce cadre ont, comme dirigeants, une vocation particulière: celle d'appeler le meilleur du peuple, et de le faire renoncer au pire, dépassement des étroits ego en vue du Bien Commun.
Ce qu'on appelle populisme, c'est le fait d'aller chercher dans le peuple les réflexes obscurs de ces ego qui sont servitudes à l'esprit de haine, du différent, de l'étranger, ...au fond de la vie, et idolâtrie d'une identité chimérique réifiée, statufiée, en négation de leur personnalité authentique.
On peut dire en ce sens que le nazisme a été un populisme, qui a "fracassé" l'identité profonde du peuple allemand.
A l'inverse, un Gandhi ou un Nelson Mandela ont participé à révéler le meilleur de leurs peuples respectifs, brisant les servitudes du passé pour libérer l'âme profonde de l'Inde comme de l'Afrique du Sud.
Pour terminer sur ces deux grands politiques, c'est par l'exemple de leur vie d'abord, non par leurs programmes, alliances, tactiques,... qu'ils ont éduqué leur peuple à cette liberté authentique. Et même par le sacrifice de leur vie. A bon entendeur!
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Écrit par : Anne Josnin / | 03/03/2017

EN FACE

> Sachant que l'alternative proposée jour après jour par les médias et une autre fraction du peuple de droite est Juppé, libéral progressiste à la place de Fillon, libéral conservateur, vous recommandez de choisir le pire ? Et sinon, quel choix ? une primaire organisée en 8 jours ? aucun candidat pour que Macron puisse tranquillement continuer les ravages de la loi travail couplée à la fabrication artificielle de l'humain et le dimanche travaillé pour (presque) tous en cerise sur le gâteau ? Ou Mélenchon le souverainiste progressiste ? Hamon sa version édulcorée ? Qui ?
Il manque un candidat (Hulot a été le premier à baisser les bras sur cette élection) et que ni les partis ni la société civile ne soient capables de le fournir en dit long sur notre acceptation de la réalité économique et sociale.

Yann


[ PP à Yann - Regardons les choses en face : voter contre sa conscience est une monstruosité, et rien au monde ne pourrait me forcer à voter pour le programme économique et social de M. Fillon. Je ne vois pas en quoi ce programme vaudrait "mieux", pour un chrétien, que celui de M. Macron. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Yann / | 03/03/2017

FOIREUSE

> Le seul bilan clair de l'affaire Fillon est que, coupable ou non, sa défense a été tellement foireuse qu'on l'imagine mal en chef d'Etat dans une situation de crise.

PH


[ PP à PH - Exactement. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Pierre Huet / | 03/03/2017

IL SE GRANDIRAIT EN RENONÇANT

> J’ajoute à mon précédent commentaire : miséricorde pour Fillon, qui est en partie otage du bazar des ambitions chez Les Républicains !
Des chroniqueurs politiques ont affirmé que le candidat LR avait vacillé dans la matinée, mercredi dernier, prêt à renoncer après avoir été informé de sa prochaine mise en examen. Mais que son entourage politique le plus proche l’en aurait dissuadé.
« Suggestion… agrément… consentement » : nous connaissons tous l’enchaînement subtil de la tentation diabolique (si bien décrit par saint Grégoire le Grand, cf. son Homélie n°16 pour le 1er dimanche de Carême). Si cet enchaînement, en l’occurrence, a été, comme on peut le penser, une conséquence de la rivalité Sarkozy-Juppé (Sarkozy poussant, sous Fillon, son poulain Baroin, à hue et à dia, et l'emportant temporairement face à Juppé se haussant du col avec ses troupes) qui peut en vouloir à François Fillon ?
Je souhaite personnellement qu’il renonce à être candidat. Une telle décision le grandira et, lui offrira peut-être demain la chance d’un beau rebond en politique.
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Écrit par : Denis / | 03/03/2017

OBSTINATION ?

> Juste pour éviter toute confusion, j'utilise aussi "Yann" (mon prénom) comme pseudo quand je participe dans les commentaires. Bon je change pour "Yvan" afin d'éviter toute confusion.
... Et dire que je trouve fantastique cette obstination à vouloir se présenter malgré les casseroles et le risque qu'il prend de voir s'échouer les idées qu'il veut porter. Je veux dire qu'il ferait mieux de refiler sa candidature à quelqu'un d'autre de son camp, si ce sont vraiment ces idées qu'il veut défendre. Maintenant ça commence un peu à faire Iznogoud qui veut être calife à la place du Calife. Je ne dis pas ça pour le conseiller, il peut continuer, ce n'est pas mon bord.
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Écrit par : Yvan, ex-Yann / | 03/03/2017

SYMBOLE

> Le dramatique d’une situation ne tient pas toujours de la gravité des faits mais de leur symbolique, donc de leur réception donc de leur interprétation.
Le cas de M. Fillon n’est pas lié à l’importance des sommes supposées abusées, certain « grands » patrons partent en fin de carrière, avant d’être happés par une foule de conseils d’admiration, ou de cabinets conseils internationaux, avec des sommes ahurissantes (38 millions d’euros récemment pour l’un d’entre eux, comme quoi l’ambition d’être le plus riche du cimetière attire sans freins …),
il tient à la distorsion, très mal perçue, entre la probité ouvertement revendiquée et les dessous de la réalité, entre le programme d’austérité antisociale affichée pour les autres et les petits arrangements pour soi-même.
Et bien que son lynchage médiatique permanent, insistant, quotidien, m’écœure, alors que ni les frais de bouche de l’ancien ministre des finances ou les zones intenses d’ombre de sa déclaration de patrimoine ne font l’objet que des rares interrogations assez révérencieuses (il aurait nous dit un blog, dépensé l’équivalent d’un smic par jour …. Pour arriver à un solde négatif ….),
ce mépris ainsi révélé vis-à-vis du peuple, des « petits m’écœure tout autant !
Qu’est-ce que le peuple ? Ce n’est autre, pour moi, que « ceux sur qui s’exerce le pouvoir », quelque soi ce pouvoir, politique, médiatique, hiérarchique ….
Ce peuple dont l’expression ou la défense s’injurie en « populisme » est voué plus que jamais à se taire, et sa parole n’est audible que dans la révolte dont tout est fait, aujourd’hui plus qu’hier, pour l’étouffer dans sa première velléité. N’oublions pas l’exemple du premier député ouvrier, Christophe Thivrier, qui fut expulsé de l’Assemblée, parce qu’il refusait d’enlever sa blouse des ouvriers bourbonnais (1889) !
Combien de députés ouvriers en 2017 ?....
Ce que demande le peuple est simple et de bon sens, du travail, de l’équité et de la dignité ! Cela s’appelle le respect. Le respect vis-à-vis d’un être humain qui veut durant sa vie s’épanouir dans la réalisation d’une œuvre, même modeste, son travail, et jouir du fruit de ce travail.
Or aujourd’hui le travail est plus que jamais ni assuré, ni épanouissant, il est même l’objet d’un chantage en vue d’un asservissement. Certains appellent cela « la fluidité », mot horrible toujours sur les lèvres de personnes en tailleur Chanel ou en costume-cravate, polyglotte du « globish » qui n’ont pour cette « fluidité » que l’assurance de changer d’emploi dans les mêmes circuits, « l’entre-soi » du même monde, pour des émoluments toujours à la hausse, passer de chaines de télévision en chaines de télévision, de banques d’affaires en banques d’affaires, de postes de professeur à plein temps très partiel en conseillers internationaux à temps complet. Et le risque dans tout cela ? Et l’angoisse des échéances d’emprunts ? .....
« Ça c’est pour le peuple » la masse des fluidités ajustables ….
Alors ? Nous sommes dans une période charnière, sujet intéressant pour les historiens, période dramatique pour ceux qui la vive, car la décence des nantis est plus que jamais absente et l’angoisse des autres plus que jamais exacerbée.
Quant aux hommes, ou femmes politiques, soit ils mentent, soit ils affichent un mépris qui fascine (Quid des ouvriers « illettrés », quid des gens du Nord « ivrognes » quid des fainéants sans costume ?)
Aujourd’hui l’offre politique est d’une médiocrité encore plus cruelle qu’affligeante et la vanité des uns ne l’emporte même pas sur l’outrecuidance des autres.
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Écrit par : Albert E. / | 03/03/2017

BAUDRILLARD

> Rien à voir; même si l'on ne peut peut-être pas être d'accord sur tout avec l'auteur présenté, l'article contient des idées intéressantes: http://www.lemonde.fr/culture/article/2017/03/02/dix-ans-apres-sa-mort-baudrillard-fait-toujours-penser_5088278_3246.html
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Écrit par : ND / | 03/03/2017

RÉSILIENCE ?

> Au contraire de M.Huet, je trouve précisément que la force de caractère dont fait preuve F. Fillon et son endurance dans l'adversité généralisée révèlent une vraie carrure d'homme d'Etat. Mon appréciation ne porte absolument pas sur le programme du candidat mais sur l'homme. Soyons honnêtes : qui d'entre nous serait capable de faire preuve d'une telle résilience ?
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Écrit par : Thomas Mousset / | 03/03/2017

1940

> Je me demande s'il ne se prend pas pour de Gaulle en 40 disant non à la France légitime mais traîtresse d'alors ? Il peut tenter de jouer cette carte ? Il serait celui qui dit non au système soi-disant légitime mais qui trahit le peuple ?
Ou alors, il y a un problème psy chez lui.

VF


[ PP à VF - On ne parle pas au nom du peuple quand on va chercher son programme social chez les assureurs... ]

réponse au commentaire

Écrit par : VF / | 04/03/2017

"AUCUNE RÉSILIENCE"

> Thomas, n'exagérons pas, ce n'est pas Verdun. Ce n'est même pas une vie d'ouvrier qui se lève tous les matins pour aller à l'usine ou de banlieusard qui se cogne 3h30 de RER et de métro tous les jours. Il n'y a aucune résilience là-dedans.
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Écrit par : Lucas / | 04/03/2017

COCUAGE

> Les ratapoils de Sens commun font Camerone pour Fillon alors qu'il n'a pas accédé à leur demande de changer la loi Taubira. Cocuage : noble vocation de la droite catho depuis 150 ans.
Pétaradant président de SC à la télé hier : on va nulle part mais on y va au pas. Comme au temps des Dispo du roconel de La Loque !
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Écrit par : Hurluret / | 04/03/2017

KEN LOACH

> Pour méditer sur son programme social, regarder le dernier Ken Loach,"Moi, Daniel Blake".
A l'occasion d'échanges avec des professionnels du social ces jours-ci, j'ai appris qu'on commence à avoir chez nous des entreprises privées en contrat avec les collectivités pour les suivis de RSA: les CESF et autres embauchés y sont payés à l'acte, et comme argument d'embauche on leur parle voiture de fonction, téléphone hi tech,...
du public? Quel public?
Plutôt que de résilience, il serait plus juste de parler de rigidité à la Thatcher.
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Écrit par : Anne Josnin / | 04/03/2017

BLANC

> cher Patrice, je précise que j'imaginais la posture que Fillon espérait prendre, pas que j'y adhère... Je ne crois pas une seule seconde que Fillon pense parler au nom du peuple et je suis d’accord avec toi à 100% quand tu rappelles qu'il est le candidat des assureurs et des lobbies financiers.Je cherche juste une logique à son attitude, du moins une explication, j'aime bien comprendre.
Perso, vote blanc comme d'habitude.
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Écrit par : VF / | 04/03/2017

@ Anne Josnin.

> Si le national-socialisme a usé de démagogie pour prendre le pouvoir, c'était, sur le fond, l'inverse d'un populisme, un élitisme évolutionniste à prétention scientifique, symétrique du communisme: race d'un côté, classe de l'autre.
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Écrit par : Pierre Huet / | 05/03/2017

"le programme initialement antisocial"

> Oui, bien sur. Mais peut-il en être autrement?
Nous sommes enchaîné à un système de libre-échange mondial qui place nos activités en concurrence avec le monde entier et en traînant le boulet d'une monnaie trop forte. Cela conduit à une pression sur tous les coûts de productions industriels, agricoles, tertiaires...
L'erreur de M. Fillon, c'est de prétendre redresser la souveraineté de la France sans sortir de ces liens.
La feuille de route est la suivante:
https://reflets.info/lire-lannexe-4-et-eclater-de-rire-la-farce-politique-francaise/
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Écrit par : Pierre Huet / | 06/03/2017

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