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23/02/2017

Le pouvoir qui a "engendré cet état de choses" tente "d'en faire passer la responsabilité sur un 'non-prochain' "

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Revenons sur l'important message du pape aux mouvements populaires,  réunis à Modesto (Californie) du 17 au 19/02 :


 

 

<<  Chers frères et sœurs,

Tout d’abord, j’aimerais vous féliciter pour l’effort que vous avez fait en répliquant, au niveau national, le travail développé dans les réunions mondiales des Mouvements populaires. Par cette lettre, je veux encourager et fortifier chacun d’entre vous, vos organisations et tous ceux qui luttent avec vous pour "une Terre, un Travail et un Toit", les trois T en espagnol : Tierra, Trabajo y Techo. Je vous félicite pour tout ce que vous faites.

Je tiens à remercier la Campagne catholique pour le développement humain, son président Mgr David Talley et les évêques qui accueillent, Mgr Stephen Blair, Mgr Armando Ochoa et Mgr Jaime Soto, pour le soutien sans réserve qu’ils ont offert à cette rencontre. Merci, Monsieur le cardinal Peter Turkson, pour votre soutien continu des mouvements populaires de la part du nouveau dicastère pour la promotion du développement humain intégral. Cela me rend très heureux de vous voir travailler ensemble pour la justice sociale ! Comme je souhaite qu’une énergie aussi constructive se répande à tous les diocèses parce que cela construit des ponts entre les peuples et les individus. Ce sont des ponts qui peuvent surmonter les murs de l’exclusion, de l’indifférence, du racisme et de l’intolérance.

Je voudrais aussi souligner le travail réalisé par le Réseau national PICO et les organisations qui organisent cette rencontre. J’ai appris que PICO signifie People Improving Communities through  Organizing. Quelle belle synthèse de la mission des mouvements populaires : travailler localement, côte à côte avec vos voisins, vous organiser entre vous, pour faire grandir vos communautés.

Il y a un mois à Rome, nous avons parlé à la troisième Rencontre mondiale des Mouvements populaires des murs et de la peur, des ponts et de l’amour. Sans vouloir me répéter, ces sujets sont un défi pour nos valeurs les plus profondes.

Nous savons qu’aucun de ces maux ne date d’hier. Depuis quelque temps, la crise du paradigme dominant nous défie. Je parle d’un système qui cause d’immenses souffrances à la famille humaine, tout en attaquant la dignité des personnes et notre Maison commune afin de soutenir l’invisible tyrannie de l’argent qui ne garantit que les privilèges d’un petit nombre.

L’humanité est devant un tournant de son histoire. En tant que chrétiens et que personnes de bonne volonté, nous devons vivre et agir en ce moment. C’est "une grave responsabilité, puisque certaines réalités présentes, à moins qu’elles ne soient traitées efficacement, sont capables de déclencher des processus de déshumanisation qu’il serait difficile d’inverser par la suite". Ce sont les signes des temps, que nous avons besoin de reconnaître afin d’agir. Nous avons perdu un temps précieux : un temps où nous ne faisions pas assez attention à ces processus, un temps où nous n’avons pas résolu ces réalités destructrices. Ainsi, les processus de déshumanisation s’accélèrent. La direction prise au-delà de ce tournant historique – les manières dont cette crise qui s’accentue sera résolue – dépendra de l’implication et de la participation des personnes : et largement de vous, les mouvements populaires.

Nous ne devons être ni paralysés par la peur, ni limités à l’intérieur du conflit. Nous devons reconnaître le danger, mais aussi l’opportunité que toute crise apporte, afin d’avancer vers une synthèse réussie. Dans la langue chinoise, qui exprime la sagesse ancestrale de ce grand peuple, le mot  "crise" est composé de deux idéogrammes : Wei, qui signifie "danger", et Ji, qui signifie "opportunité".

Le grand danger est de renier notre prochain. Quand nous faisons cela, nous nions son humanité et notre propre humanité sans le réaliser ; nous nous nions nous-mêmes et nous nions le commandement le plus important de Jésus. C’est là que se trouve le danger : la déshumanisation. Mais nous trouvons là aussi une opportunité : la lumière de l’amour du prochain peut illuminer la terre de son éclat éblouissant comme un éclair dans l’obscurité ; elle peut nous réveiller et laisser la vraie humanité éclater avec une authentique résistance, résilience et persistance.

La question que pose le légiste à Jésus, dans l’évangile de Luc (10:25-37) fait écho aujourd’hui : "Qui est mon prochain ?" Qui est cet autre que nous devons aimer comme nous-mêmes ? Peut-être le questionneur attend-il une réponse confortable afin de poursuivre sa vie : "Les membres de ma famille? mes compatriotes ? mes coreligionnaires ?" Peut-être veut-il que Jésus dispense de l’obligation d’aimer les païens ou les étrangers qui, à cette époque, étaient considérés comme impurs... Cet homme veut une règle claire qui lui permette de classer les autres en "prochains" et en "non-prochains".

Jésus répond par une parabole qui dépeint deux figures appartenant à l’élite de l’époque et une troisième figure, considérée comme un étranger, un païen et un impur : le Samaritain. Sur la route de Jérusalem à Jéricho, le prêtre et le lévite tombent sur un homme mourant que les brigands ont attaqué, dépouillé et abandonné. Dans de telles situations, la loi du Seigneur impose le devoir d’offrir son assistance, mais tous deux passent sans s’arrêter. Ils étaient pressés. Cependant, contrairement à ces deux personnages de l’élite, le Samaritain s’est arrêté. Pourquoi lui ? En tant que Samaritain, il était méprisé, personne ne voulait avoir affaire à lui et en tous cas il devait avoir ses propres engagements et choses à faire ; cependant, quand il a vu l’homme blessé, il n’est pas passé outre comme les deux autres qui étaient liés au Temple, mais "il le vit et il eut compassion pour lui" (v. 33). Le Samaritain agit avec une vraie miséricorde : il panse les blessures de l’homme, le transporte dans une auberge, prend personnellement soin de lui et fournit de quoi l’entretenir. Tout cela nous enseigne que la compassion, l’amour n’est pas un vague sentiment, mais signifie plutôt prendre soin de l’autre au point de payer personnellement pour lui. Cela signifie s’engager pour prendre toutes les mesures nécessaire jusqu’à "s’approcher de" l’autre au point de s’identifier avec lui : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même". C’est le commandement du Seigneur.

Le système économique qui a en son centre le dieu de l’argent et qui agit parfois avec la brutalité des brigands de la parabole, inflige des blessures qui sont restées négligées à un degré criminel. La société mondialisée regarde fréquemment de l’autre côté en prétendant l’innocence. Sous le couvert de ce qui est politiquement correct ou idéologiquement à la mode, on regarde ceux qui souffrent sans les toucher. Mais ils sont télévisés en direct ; on parle d’eux avec des euphémismes et une tolérance apparente, mais rien n’est fait systématiquement pour soigner les blessures sociales ou pour affronter les structures qui laissent tant de nos frères et sœurs sur le chemin. Cette attitude hypocrite, si différente de celle du Samaritain, manifeste une absence de véritable engagement envers l’humanité.

Tôt ou tard, la cécité morale de cette indifférence vient à la lumière, comme quand un mirage se dissipe. Les blessures sont là, elles sont une réalité. Le chômage est réel, la violence est réelle, la corruption est réelle, la crise d’identité est réelle, l’éviscération des démocraties est réelle. La gangrène du système ne peut être blanchie pour toujours parce que tôt ou tard la puanteur devient trop forte ; et quand elle ne peut plus être niée, le même pouvoir qui a engendré cet état de choses commence à manipuler la peur, l’insécurité, les querelles et même l’indignation justifiée des gens pour faire passer la responsabilité de tous ces maux sur un « non-prochain ». Je ne parle de personne en particulier : je parle d’un processus social et politique qui prospère dans de nombreuses parties du monde et qui présente un grave danger pour l’humanité.

Jésus nous enseigne un autre chemin. Ne cataloguez pas les autres afin de voir qui est un prochain et qui ne l’est pas. Vous pouvez devenir le prochain de toute personne dans le besoin que vous rencontrez, et vous le ferez si vous avez de la compassion dans votre cœur. C’est-à-dire si vous avez cette capacité de souffrir avec quelqu’un d’autre. Vous devez devenir un Samaritain. Et ensuite aussi devenir comme l’aubergiste à la fin de la parabole auquel le Samaritain confie la personne qui souffre. Qui est cet aubergiste ? C’est l’Église, la communauté chrétienne, des personnes de compassion et de solidarité, des organisations sociales. C’est nous, c’est vous, à qui le Seigneur Jésus confie chaque jour ceux qui sont affligés dans leur corps et dans leur esprit, pour que nous puissions continuer de déverser sur eux toute son immense miséricorde et son salut. Voici les racines de cette humanité authentique qui résiste à la déshumanisation qui porte l’uniforme de l’indifférence, l’hypocrisie ou l’intolérance.

Je sais que vous vous êtes engagés pour combattre pour la justice sociale, pour défendre notre sœur et mère la Terre et pour être du côté des migrants. Je tiens à réaffirmer votre choix et à vous faire partager deux réflexions à cet égard.

Premièrement, la crise écologique est réelle. Un consensus scientifique très solide indique que nous sommes les témoins actuellement d’un inquiétant réchauffement du système climatique. La science n’est pas la seule forme de connaissance, c’est vrai ; il est aussi vrai que la science n’est pas nécessairement neutre – souvent elle cache des vues idéologiques ou des intérêts économiques... Cependant, nous savons aussi ce qui se passe quand nous nions la science et négligeons la voix de la nature. Je fais mien tout ce qui nous concerne en tant que catholiques. Ne tombons pas dans le déni. Le temps presse, agissons ! Je vous demande encore – à vous tous, personnes de tous les horizons, y compris les autochtones, les pasteurs, les responsables politiques – de protéger la création.

L’autre est une réflexion que j’ai partagée à notre toute récente Rencontre mondiale des Mouvements populaires et je sens qu’il est important de le redire : aucun peuple n’est criminel et aucune religion n’est terroriste. Le terrorisme chrétien n’existe pas, le terrorisme juif n’existe pas et le terrorisme musulman n’existe pas. Ils n’existent pas. Aucun peuple n’est criminel, ou trafiquant de drogue ou violent. Les peuples pauvres et les plus pauvres sont accusés de violence : mais sans égalité de chances, les différentes formes d’agression et de conflit trouveront un terrain fertile pour grandir et finiront par exploser. Il existe des individus fondamentalistes et violents dans tous les peuples et toutes les religions et avec des généralisations intolérantes, ils deviennent plus forts parce qu’ils se nourrissent de haine et de xénophobie. En répondant à la terreur par l’amour, nous travaillons pour la paix.

Je vous demande douceur et résolution à défendre ces principes. Je vous demande de ne pas les troquer à la légère ou de les appliquer superficiellement. Comme saint François d’Assise, donnons tout ce que nous sommes : là où est la haine, semons l’amour ; là où est la blessure, semons le pardon ; là où est la discorde, semons l’unité ; là où est l’erreur, semons la vérité.

Sachez que je prie pour vous, que je prie avec vous. Je demande à Dieu notre Père de vous accompagner et de vous bénir. Puisse-t-il répandre sur vous son amour et vous protéger. Je vous demande, s’il vous plaît, de prier aussi pour moi, et de continuer. >>

 

Source : Zenit

 

Commentaires

MON COMMENTAIRE

> Une fois de plus, le pape met le doigt là où ça fait mal :

► "Le grand danger est de renier notre prochain. Quand nous faisons cela, nous nions le commandement le plus important de Jésus..."
► "Peut-être le questionneur attend-il une réponse confortable afin de poursuivre sa vie : "Les membres de ma famille? mes compatriotes ? mes coreligionnaires ?" Peut-être veut-il que Jésus dispense de l’obligation d’aimer les païens ou les étrangers qui, à cette époque, étaient considérés comme impurs... Cet homme veut une règle claire qui lui permette de classer les autres en 'prochains' et en 'non-prochains'..."
► "La gangrène du système ne peut être blanchie pour toujours parce que tôt ou tard la puanteur devient trop forte ; et quand elle ne peut plus être niée, le même pouvoir qui a engendré cet état de choses commence à manipuler la peur, l’insécurité, les querelles et même l’indignation justifiée des gens pour faire passer la responsabilité de tous ces maux sur un 'non-prochain'..."

Comment ne pas voir la ressemblance entre le légiste de Luc 10 et la posture de gens qui se disent catholiques tout en rejetant le souci évangélique de l'autre (stigmatisé par eux sous le nom de "Big Other") ? Comment ne pas voir le lien entre cette posture et "l'im-posture" de partis qui prétendent - sans oser le dire clairement - pouvoir rafler et expulser des centaines de milliers d'immigrés ?

Mais aussi, comment ne pas faire notre propre examen de conscience ? "Répondre à la terreur par l'amour", qui de nous en est capable ? Sans le Christ nous ne pouvons rien faire.
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Écrit par : PP / | 23/02/2017

"C'EST ÇA, LES SCANDALES"

> Là encore, le pape met le doigt où ça fait mal: http://fr.radiovaticana.va/news/2017/02/23/pape_fran%C3%A7ois__trop_de_scandales_avec_la_double_vie_de_chr%C3%A9tiens/1294476

Extrait de Radio Vatican:

"«Le scandale, c’est de dire une chose et d’en faire une autre : c’est la double vie. La double vie en tout : 'moi je suis très catholique, moi je vais toujours à la messe, j’appartiens à cette association et à une autre, mais ma vie n’est pas chrétienne, je ne paie pas mes employés de façon juste, j’abuse des gens, je suis sale dans les affaires, je fais du recyclage d’argent sale…' Une double vie. Et de nombreux catholiques sont comme ça, et ils scandalisent. Combien de fois avons-nous entendu, nous tous, dans le quartier ou ailleurs, "mais pour être catholique comme celui-là, il vaut mieux être athée". C’est cela, le scandale. Il te détruit. Il te jette dehors. Et ceci arrive tous les jours, il suffit de voir le journal télévisé et de regarder les journaux. Sur les journaux il y a tellement de scandale, et aussi il y a la grande publicité des scandales. Et avec les scandales on se détruit.»

Et le pape a donné l’exemple d’une entreprise importante qui était sur le point de faire faillite. Les responsables syndicaux voulaient éviter une grève juste, mais qui n’aurait pas fait de bien, et voulaient parler avec les responsables de l’entreprise. Les gens n’avaient pas d’argent pour les besoins quotidiens, parce qu’ils ne recevaient pas de salaire. Et le responsable, un catholique, était en train de passer ses vacances d’hiver sur une plage du Moyen-Orient, et les gens l’ont su, bien que ce ne soit pas sorti dans les journaux. «C’est ça, les scandales», a dit François."
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Écrit par : ND / | 23/02/2017

SAINT-OMER

> A notre petit niveau à Saint-Omer, nous avons lancé les Rassemblements contre la corruption, le premier avait lieu justement dimanche 19. (Prochain ce dimanche, ou samedi, dans de nombreuses villes). Quelle joie pour moi de découvrir aussi ce message, que je prends aussi pour nous peuples de France et d'Europe!
Voici aussi le discours que j'ai lu sur notre Grand-Place, dont le journal local a repris de larges extraits:

"19 février 2017. Rassemblement contre la corruption des élus.

"Le 31 janvier, un décret du gouvernement roumain allégeant la législation anticorruption était adopté.
Aussitôt, le ministre des milieux d’affaire démissionnait pour protester contre cette mesure.
"Et le lendemain, le peuple roumain entrait en résistance, un demi-million de citoyens descendant dans les rues.
De l’inédit depuis la chute de l’URSS.
"Le 9 février, le ministre de la justice, auteur de cette loi démissionnait sous la pression de la rue.
"Pourtant le peuple continue de se réunir tous les dimanches « Après avoir obtenu le retrait de l’ordonnance visant à alléger la loi pénale, les Roumains devraient désormais se retrouver chaque dimanche, à la manière d’une veille démocratique. Le gouvernement est prévenu. « Les gens sont là pour des idéaux, pas contre un parti en particulier », rappelait Iulian dimanche. Un changement radical en Roumanie, mais aussi un sacré signe d’espoir pour la démocratie en Europe. » (Ouest-France du 17 février).
"Nous, participants de NuitDebouts, ne pouvions que nous reconnaître dans ce mouvement populaire spontané, de protestation mais aussi de créativité festive.
" Nous subissons tous cette atteinte à la démocratie que constitue la corruption politique, à tous les niveaux. Corruption qui montre plus particulièrement son visage odieux en cette période de campagne où les scandales viennent « heureusement » combler les blancs médiatiques d’un vide programmatique.
"On est passé d’un débat d’idées à un déballage d’affaires.
"D’une confrontation entre projets à des monologues niveau 'Princes de l’amour'.
"Et pour mettre du piment, une surenchère de scandales.
D’où la tentation du « tous pourris ». Je n’aime pas ce raccourci. Parce que je sais qu’il y a aussi, à tous les niveaux, des gens qui tentent de maintenir l’intégrité dans leur fonction. Et des lanceurs d’alerte. Mais aujourd’hui ils sont marginalisés par un système corrupteur.
"C’est pourquoi plus que jamais nous avons besoin d’une justice indépendante qui ait les moyens de faire, en toute sérénité, son travail.
"Il existe des projets, des associations, qui proposent des pistes de travail en ce sens. Nous en verrons un exemple tout-à-l’heure avec Anticor. Les idées et les compétences de chacun sont aussi nécessaires ! Des cahiers circulent : n’hésitez pas à faire part de vos propositions autant que de vos indignations.
" Mais les meilleures lois ne changeront rien si nous n’allons pas à la racine de la corruption.
" Il y a une cause structurelle, c’est le dieu Argent.
Tant que notre société sera construite dans le sens du maximum de profits, le plus rapidement possible, donc dans un minimum de portefeuilles, les inégalités croîtront de manière exponentielle, avec la corruption à tous les étages. Depuis les réseaux de passeurs en passant par les marchands de sommeil, les liquidateurs d’usines, salut aux camarades d’Arjo !, jusqu’aux paradis fiscaux.
"La première des corruptions, c’est celle de l’esprit qui se fait à l’idée que certains mériteraient des fortunes colossales, des biens immobiliers princiers, quand d’autre n’ont même pas le droit de dormir sur nos trottoirs !
Selon que l’on est riche ou misérable, tout nous serait permis, ou tout nous serait imputable ?
"C’est pourquoi, au nom des droits de l’homme et du citoyen, nous reprenons en nos esprits liberté sur la servitude à l’argent : entre l’homme et l’argent, nous faisons le choix clair et sans appel de l’homme ! Et nous appelons tous les responsables politiques et économiques à faire de même.
"Que l’argent cesse de dresser ses murs entre les hommes ! Que nous retrouvions notre égalité première.

"L’autre cause est morale. C’est l’égoïsme.
On aura beau faire les plus belles lois, inventer les instances de contrôle les plus efficaces, interdire le cumul des mandats, instituer l’alternance, déprofessionnaliser la mission du politique, réintroduire du tirage au sort, toutes choses qui sont bonnes et nécessaires !-
"-Si chacun ne cultive pas dans le même temps les vertus citoyennes, à travers l’éducation et par la pratique quotidienne, concrète, d’une nouvelle forme du vivre ensemble, si nous ne sortons pas de nos individualismes étroits, la corruption trouvera d’autres chemins.
"Il faut que nous réapprenions tous à réfléchir non plus chacun selon l’intérêt immédiat de sa petite personne, comme nous y pousse la société de consommation, (et ses pubs de malheur !!) mais à penser au bien pérenne de toute la communauté. Pour les politiques cela se traduit par une devise très simple : 'servir et non se servir'.
"Que ce nous soit aussi devise collective, qui permette de réaliser nos idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité."
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Écrit par : Anne Josnin / | 24/02/2017

SON PATRIMOINE

> Au sujet de "l’invisible tyrannie de l’argent qui ne garantit que les privilèges d’un petit nombre" : O.Berruyer vient de publier sa synthèse sur E.Macron et les "bizarreries de son patrimoine" > http://www.les-crises.fr/macron-a-bien-claque-un-smic-par-jour-pendant-3-ans-20-questions-a-lui-poser-sur-des-bizarreries-sur-son-patrimoine/
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Écrit par : Ren' / | 25/02/2017

S'INTERROGER

> Anne nous retransmet : "... La première des corruptions, c’est celle de l’esprit qui se fait à l’idée que certains mériteraient des fortunes colossales, des biens immobiliers princiers, quand d’autre n’ont même pas le droit de dormir sur nos trottoirs ! ...."
ND nous parle de ce dirigeant qui est en vacances lointaine quand son entreprise est grandes difficultés.
Cela me pousse à m'interroger : jusqu'à quel point est-il légitime de chercher à améliorer notre condition de vie, celle de notre famille ? Chacun n'a-t-il pas son point de vue personnel sur cette question ? Je pars en vacances aux sports d'hivers ou sur une plage baignée d'eaux tempérées quand d'autres n'ont pas un toit. Est-ce légitime ?
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Écrit par : franz / | 26/02/2017

@ franz

> Sur vos interrogations : c'est à chacun de discerner, en fonction de sa situation personnelle...
Le père Yannik Bonnet, dans une de ses notes , a utilisé une très belle expression, à la fois radicale et très "catho bon teint" : "il faut bannir toute mondanité de notre vie.".. Comme cela est vrai ! Mais comme cela est difficile à mettre en oeuvre ! On sait bien voir la mondanité des autres, mais pour la sienne, c'est une autre affaire.
Sur la question des vacances : certes, je ne suis jamais allé à la neige, ni ne me suis rendu aux antipodes en hiver (ni aux antipodes tout court (lol); pour un certain nombre de raisons, et pas que financières). Mais ... je pars quand même de temps en temps (ce qui n'est pas le cas de tous nos contemporains !), et je m'interroge aussi sur cette légitimité à claquer du fric dans des ... loisirs, alors que cet argent pourrait SAUVER des vies...
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Écrit par : Feld / | 26/02/2017

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