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29/12/2016

Présidentielle 2017 : une élection "silicoloniale" ?

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Il y a des instants curieux. Par exemple, celui où l'on découvre en pile dans les gares un numéro du gratuit Epoch Times affichant la bataille du philosophe Eric Sadin contre la "silicolonisation du monde", autrement dit le technocapitalisme numérique :


 

 

Les lecteurs de notre blog connaissent déjà la pensée de Sadin (note du 22/10/2016). Plusieurs dizaines de milliers d'usagers du Transilien la découvrent cette semaine grâce à Epoch Times, sous cet excellent titre de couverture : "Civilisation hyper-connectée - Le numérique à l'assaut du vivant".  Brefs extraits :

 

<<  L'industrie et les grandes entreprises partent aujourd'hui à la conquête de la vie et tendent à maîtriser toutes les sphères de l'existence. [...]  Ces entreprises sont décidées à conquérir tout cela et à monétiser cette connaissance. [...]  L'écoulement du plus grand nombre de biens constitue un principe du libéralisme, mais celui-ci a rencontré des résistances par le fait que de nombreuses activités humaines n'étaient pas monétisables. Or, le technolibéralisme remplit ces espaces vides, et, via la collecte de données, formule des offres de consommation qui s'adossent au flux entier de l'existence. Donc cette marchandisation intégrale de la vie, c'est cela qui est à l'oeuvre aujourd'hui.  >>

 

<<  Au rythme où vont les choses, c'est bien notre pouvoir de décision qui va peu à peu être dessaisi, appelé à être substitué par des systèmes supposés omniscients et plus aptes à décider du "plus parfait cours des choses dans le meilleur des mondes". Le technolibéralisme entend opérer une pression  continue sur la décision humaine par la suggestion continuellement renouvelée des "meilleures" actions. Pratique qui s'est instituée à partir de 2007 et qui ne répondait pas seulement à des fonctions informatives mais autant incitatives. Dimension qui franchira un seuil lorsque les assistants numériques tels Siri d'Apple ou Google Now, en viendront à nous prodiguer des conseils relatifs à la quasi-totalité des séquences de nos quotidiens. >>

 

<<  La grande question n'est pas une question de société, c'est une question de civilisation. Celle qui entend à terme tout automatiser et orienter la vie des personnes afin de satisfaire seulement les intérêts privés. Ce modèle se déploiera surtout si les données sont parfaitement protégées, instaurant une "confiance dans l'économie numérique" apte à assurer son expansion, selon les termes de l'Union européenne...  >>  [*]

 

<<  Le technolibéralisme a instauré des méthodes managériales laissant croire que chacun peut librement s'épanouir. En réalité, tout est aménagé afin de profiter au maximum de la force de travail de chacun... >>

 

<< Ce sont les citoyens qui choisiront en conscience : est-ce que nous voulons aller vers le fait qu'il y ait des capteurs partout qui cherchent à nous aiguiller dans toutes les circonstances de la vie, est-ce que nous voulons accepter cela et être dans une sorte de léthargie... Si nous entérinons ce développement de la donnée et de l'intelligence artificielle, ce sont alors les grandes entreprises numériques qui orienteront de plus en plus le cours de la société.  >>

 

______________

[*]  Exercice comparatif : pointer le nombre d'occurrences du mantra "Soutenir l'Économie Numérique" dans les programmes des rivaux de 2017.  Plus ils en parlent, plus ils se montrent au service des multinationales. Voilà un critère meilleur que beaucoup d'autres... (pour le citoyen qui croit encore à l'efficacité du rite électoral).

 

 

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