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22/11/2016

François Fillon ou l'invitation au château

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"Les paroissiens allient vote utile et scrutin de conviction" :


 

 

Comme la lune, eût dit Vialatte, la souricière remonte à la plus haute Antiquité. Sa variante à glu est moderne mais son principe est simple : de la colle sur une feuille de carton, un appât au centre de la colle. La souris s'engage sur le carton ; avant d'atteindre l'appât elle est engluée. Le piège des partis (et  des procédures électorales) fonctionne de la même façon : le citoyen doté de convictions trouve rarement un candidat qui leur corresponde ; il cherche alors l'appât du "moindre mal" C'est une quête étymologiquement diabolique parce qu'elle divise la conscience contre elle-même : le citoyen vote pour le moins mauvais sur certains points, tout en sachant que ce candidat est désastreux sur d'autres ; déception et remords seront pour plus tard.

Dans le cas de François Fillon et des citoyens catholiques, ça se passe autrement. Le piège est plus subtil. À l'appât du vote utile Fillon ajoute une odeur alléchante : celle des "valeurs", mot vide de sens mais qui subjugue.

Le Monde (23/11) décrit ainsi des paroissiens d'Angers se bousculant autour de l'appât : "Fillon représente le plus les valeurs auxquelles je crois, les valeurs de famille, de droiture", dit l'une. "Ça fait longtemps que je vote par défaut, mais là je m'y retrouve", dit l'autre. Qu'ont-ils tous en tête ? Presque uniquement la loi Taubira. On sait que Fillon ne l'abolira pas ?  Ça ne fait rien : on se dit qu'il "aurait bien voulu" et ça fait presque le même effet. On se satisfait de cette odeur de "valeurs", parfum d'un vase vide... Et puis Fillon est réservé, bien élevé, châtelain à Beaucé ; sa façon de vivre vient du bon vieil Ouest, contrairement à l'instable Sarkozy et au remarié Juppé.

Qu'importe alors son programme économique aux antipodes de Laudato Si' et d'Evangelii gaudium ? Le catho sociologique n'entend  pas ce que dit le Magistère. Il n'entend que ses propres "valeurs" (forcément "catholiques" puisque ce sont les siennes).  Il n'écoute que les mots de la tribu... Ça le conduit à ignorer ce que peut dire le pape sur les sujets dérangeants : surtout ce pape-là, suspect d'idées de gauche.

Ainsi les deux paroissiens Anne et Pierre interrogés par Le Monde : ils "restent silencieux sur la proposition de Fillon de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires". Qu'importe que l'Etat nous prive de policiers ou de soignants indispensables ? Ce qui compte aux yeux d'Anne-et-Pierre, c'est qu' "au niveau des valeurs de la famille et des valeurs chrétiennes", Juppé "c'est zéro". Pourquoi est-ce chrétiennement zéro ? Parce que c'est "un homme de gauche déguisé en homme de droite" ! (Qu'il puisse y avoir des chrétiens de gauche n'effleure pas ces deux paroissiens). [*]

Le journaliste aurait aussi pu leur demander pourquoi le programme si "familial" de Fillon ne favorise que les familles aisées ; Anne et Pierre auraient gardé le silence. Ce qui dérange n'existe pas.

S'ils avaient lu l'encyclique, les paroissiens d'Angers interviewés par Le Monde sauraient que le programme de Fillon (plus encore que celui de Juppé) tourne le dos aux critiques du pape envers le système économique, et contredit ses appels à sortir du néolibéralisme. Mais ils ne s'en sont pas informés. Donc ils ne savent pas, et ils ont la conscience tranquille... Si leur clergé leur en a parlé, ils ne l'ont pas entendu. Les "valeurs" rendent sourd.

La glu a donc agi. Si Fillon devient président de la République, que se passera-t-il dans les esprits des bons paroissiens quand ils redécouvriront  - une fois de plus - que les faits démentent les mirages ?

Deux réponses sont possibles à cette question : la réponse pessimiste, et la réponse chrétienne.

La pessimiste dit : "Il ne se passera rien dans ces esprits, tant que le châtelain de Beaucé maintiendra sa paisible apparence."

La chrétienne dit : quand la prochaine  crise  atteindra une France privée de ses derniers filets de sécurité par la politique Fillon, les douleurs sociales seront telles que l'époque basculera. Et nunc erudimini, gentes.

 

____________

[*]  en cela je ne parle évidemment pas de Juppé.

 

 

 

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19:17 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (27)

Commentaires

POUR L'HEURE

> Je suis d'accord sur le fond mais avant de critiquer la présidence Fillon attendons qu'il ait au moins gagné la primaire. Pour l'heure, Juppé tente de faire venir au moins un million d'électeurs de gauche en se revendiquant de manière odieuse du pape François alors que son programme économique est tout aussi contraire à la doctrine sociale de l'Eglise que celui de Fillon (ce dernier a simplement un peu plus insisté dessus au début de sa campagne alors que Juppé n'en a jamais parlé puisqu'il n'a pas fait campagne).
Juppé est décidément tout aussi nul quand il insulte les papes que quand il agite leur nom sans rien connaître d'eux.
Attendons donc.

Thibaud


[ PP à Thibaud
Oui certes, attendons. Mais les orientations de Fillon sont flagrantes. Je ne vois aucune raison de croire qu'il cesserait d'être hyper-libéral en accédant au pouvoir ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : Thibaud / | 22/11/2016

CONFUSES "VALEURS"

> Il y aurait en effet un ménage à faire dans certains esprits (qui ne pensent certainement pas à mal, mais...). Pour commencer, il faudrait les libérer de ces encombrantes "valeurs", ou au moins de la confusion entre celles-ci et la foi catholique (et tout ce qui en découle).
Je précise à toutes fins utiles que nul d'entre nous n'est à l'abri de ce genre de tentation.
Sans cette nécessaire libération, on risque de finir par se croire propriétaire de l'Eglise, et par prononcer des absurdités comme : "L’Eglise catholique se doit de défendre, en premier lieu, nos valeurs".
Cette dernière énormité est proférée par un personnage d'un roman récent(*), mais il est permis de se demander si son auteur ne l'a pas réellement entendue un jour ou l'autre.

(*) "Les visages pâles" de Solange Bied-Charreton ; une satire assez juste par moments, dont l'auteur écrit par ailleurs... dans "Valeurs actuelles". On n'est pas à un paradoxe près.
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Écrit par : Sven Laval / | 22/11/2016

APPLICATION ?

> Et si quelqu'un présentait "the pope app" dans les paroisses, installable sur tous les portables ?
Il y a des textes, des enregistrements, des tweets et des photos du pape.
Parfois il y a des textes très dérangeants, comme le discours sur les mouvements populaires, qui peuvent s'écouter tout simplement. De la levure dans la pâte, une épine dans le pied qui fait office de douche froide. Un retour à l'essentiel, très concrètement. A contre-courant.
Après quelque temps de fréquentation, les yeux qui louchaient devraient se détendent et se décroiser. La réalité devient plus simple à appréhender dans sa complexité.
Le candidat a-t-il une vie privée irréprochable et équilibrée ? Tant mieux !
A-t-il le souci des pauvres, des moins-que-rien, des offlines, de rendre à chacun celui qui lui est dû?
Ou alors on rejette violemment la voix des sans-voix, et on efface l'application, ou on la relègue dans un dossier.
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Écrit par : Théophile / | 22/11/2016

LES GENS AISÉS SONT DES AVEUGLES

> Fillon, Elisabeth Montfort, Sens Commun, etc…
Je tiens mes origines familiales de deux milieux aux extrêmes de la société. Quand vous êtes avec des gens aisés,…ils se moquent des gens modestes. Quand vous êtes avec gens modestes…ils se moquent des gens aisés. Ni les uns ni les autres ne se connaissent.
Toutefois, il faut remarquer, et c’est pour moi une conviction, l’argent c’est comme la drogue : ça fait planer.
Les gens aisés, dont certains sont fort sympathiques, ne comprennent pas le monde dans lequel ils vivent. L’histoire du petit pain au chocolat à 15 centimes n’en est qu’un exemple, à peine caricatural. Les gens aisés sont déconnectés de la réalité, et donc forcément des gens de milieux modestes.
Le problème c’est que les gens de milieux modestes, sont tout simplement l’immense majorité. Ce simple fait, les gens de milieux aisés ne le comprennent même pas, n’en ont pas même conscience. Ils planent. Comment, vous ne pouvez pas vous payer une rolex ? Comment est-ce possible ? Comment est-ce seulement imaginable, concevable ?
Les personnes de milieux aisés ont des préoccupations de personnes aisées, et ne sont pas même capable de concevoir que d’autres personnes ont de tout autres préoccupations, vivent dans un monde complètement différent (sauf pour s’en moquer). Où certains souffrent, et ce n’est pas un vain mot, un mot creux.
Si d’aventure, ils ne s’en moquent pas, ils ne parviennent que très rarement à atterrir dans la vraie réalité. Pour ainsi dire quasiment jamais. Mais parfois… tout de même.
Qu’est-ce qui produit ce décalage ? Je vais être rude : les conneries dont on leur bourre le crâne dans les écoles de commerce, les écoles d’ingénieurs, les universités, etc… Vous ajoutez à cela une culture chrétienne quasi inexistante, même quand on va à la messe très très régulièrement, qu’on prie tous les jours, qu’on écoute des conférences de tel prédicateur, etc… Et vous obtenez Sens Commun & co…
L’effet de ce type de personnes se fait déjà sentir. J’ai pu voir sur Facebook le dégoût qu’ils inspirent depuis l’élection de dimanche. La victime collatérale là-dedans, c’est l’évangélisation, l’Eglise et le Christ. C’est pour moi une certitude, ce n’est pas avec du François Fillon bon châtelain, et quoi… du licenciement par amour, compassionnel, presque (allez les larmes aux yeux, allons-y) qu’on évangélisera qui que ce soit.
Ces gens-là, j’ose, sont des contre-témoignages vivants à eux tous seuls. Pas besoin pour eux d’ouvrir la bouche, sauf pour proférer leurs idées : et voilà déjà les gens dégoûtés.
Ne l’oubliez jamais, les pauvres gens, sont la majorité; sans eux nous ne referons jamais chrétiens nos frères. Et ce n’est pas en leur balançant du Hayek ou du Thatcher ou en leur disant que si elles viennent à avorter on va les punir très très sévèrement qu’on incitera aucune d’elles à se tourner vers le Christ. Ceux qui s’y essaieront se feront cracher dessus, et l’auront bien mérité. Le plus dramatique dans tout cela c’est qu’ils se demanderont pourquoi.
Un ami qui voue sa vie aux personnes de la rue, aux Roms notamment, me disait quand on voit certaines familles Roms, la taille de la caravane, le nombre de personnes, on comprend que certains dorment une partie de la nuit pendant que les autres attendent leur tour pour pouvoir aller dormir dans la caravane.
On va s’émouvoir du pauvre petit embryon. C’est vrai c’est scandaleux l’IVG. Il suffit de regarder des images d’IVG sur internet pour en être convaincus : on tue des êtres humains.
Mais qui va s’émouvoir de la fille mère dont les parents n’ont jamais travaillé, qui n’a pas pu faire d’études, qui n’a reçu quasiment aucune éducation simplement humaine, parce que des gens ne veulent pas payer l’ISF qui aurait pu lui permettre de recevoir une éducation, aller à l’université, avoir un travail et réfléchir à son comportement génésique ?
Ils me surprennent toujours les gens très émus, par ces embryons qu’on ne voit pas, par l’avortement, et qui refusent de se laisser toucher par les gens qu’on licencie en masse, par le type qui fait la manche à la sortie du supermarché. C’est très très surprenant cette émotion sélective. Le salarié qu’on licencie, la fille mère à l’oreille de qui le planning familial susurre qu’avorter c’est pas si mal, c’est le Christ lui-même. C’est pas moi qui le dis, c’est le Christ Lui-même qui l’a dit.
Soyez sympas, atterrissez.
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Écrit par : ND / | 22/11/2016

FILLON LOIN DU PAPE

> A noter aussi qu'en matière d'écologie le programme de François Fillon (suppression du principe de précaution, renforcement du nucléaire, soutien au projet de Notre Dame des Landes, absence d'ambition affichée dans les énergies renouvelables et la réduction des gaz à effet de serre) est TRÈS LOIN des préconisations du pape François dans son encyclique 'Laudato Si'.
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Écrit par : Airault Alain / | 22/11/2016

DEUX FAÇONS D'ÊTRE CHRÉTIEN

> Je vois deux façon d'être chrétien en politique en France:
- Ou bien on fait comme 'Famille Chrétienne'. On dresse un tableau avec en colonne les "sujets de société" (avortement, euthanasie...); et en ligne le nom des candidats. Et dans chaque case on coche "d'accord avec le pape" ou "pas d'accord avec le pape". Indépendamment du fait que la réduction de la doctrine de l'Eglise aux questions de mœurs est scabreuse, cette démarche des cases à cocher est vraiment ridicule.
Elle montre des chrétiens qui ne votent pas en conscience, mais qui se cherchent un hypothétique permis de voter que le pape serait censé leur donner. Les chrétiens seraient donc les suiveurs d'un gourou qui soulagerait leur conscience électorale. Ce n'est pas seulement nier la liberté que Dieu nous a donné, c'est surtout une paresse qui dispense d'exercer son discernement.
- Une autre façon d'être chrétien en politique en France, c'est de faire le constat objectif que l'heure n'est pas à la désignation d'un candidat miraculeux mais plutôt à une réflexion profonde. Avant que ne paraisse la Jeanne d'Arc de la Vème République qui boutera les mauvaises lois hors de France, il faut lui donner les moyens pour, c'est-à-dire poser des fondations. Comme dit le psaume: "quand les fondations sont en ruine, que peut faire le juste ?".
Précisément il y a un problème de fondation dans le catholicisme politique de France. Ne serait-ce que parce que la doctrine de l'Eglise est mal comprise par les cathos eux-mêmes. Le message de l'Eglise de France a longtemps été frelaté (légitimistes, Maurras, Zemmour...). Or Jésus dit en Matthieu 7 que quand une maison est mal fondée, sa ruine est très grande. Il ajoute aussi qu'il faut creuser longtemps avant de poser les fondations.
C'est pourquoi il faut récuser cette accusation des fillonistes et de Sens Commun. Il prétendent que les cathos anti-Fillon n'agissent pas et se contentent de râler pour ne pas se mouiller. Les vrais catholiques aujourd'hui posent des fondations pour demain plutôt que de construire sur le sable. Comme dit François dans Evangelii Gaudium, ils "initient des processus" car "le temps est supérieur à l'espace" (surtout l'espace médiatique).
C'est aussi pour cela que je n'ai pas peur de m'abstenir. Mes proches catholiques me jettent à la figure un article du CEC disant que l'abstention est un péché. Je sais qu'aucun acte n'est un péché abstraitement et mon abstention n'a rien d'une indifférence politique ni d'un nihilisme. C'est tout simplement le seul moyen de contrer ce système ploutocratique qui n'a de démocratie que l'apparence.
Au contraire, c'est pour changer les choses que je m'abstiens.
Je pourrais obéir à un surmoi religieux et voter blanc pour être dans les clous. Mais être chrétien, ce n'est pas être dans les clous, c'est agir en conscience. Or, j'ai la certitude que le peuple n'obtiendra rien s'il laisse le système lui jouer la même farce tous les cinq ans.
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Écrit par : Cyril B / | 22/11/2016

> Merci PP pour ce morceau de bravoure. Votre plume est toujours acérée ; ça pique !
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Écrit par : Alex / | 22/11/2016

QUESTION DE FORME

> Je suis assez d'accord et la photographie que vous choisissez est cinglante
En fait au delà des catholiques qui ne réfléchissent pas trop, je pense que le succès de Fillon s'explique par deux raisons liées :
- l'arrogance et la nullité de Juppé qui même dans les débats de primaires parlait avant tout de calcul politique
- le personnage: sympathique, humain, faisant preuve d'une hauteur de vue plus forte que ses rivaux, tellement ceux-ci étaient pitoyables vue la fonction visée.
Mais tout cela n'est que du paraître.
Je suis surpris en fin de compte qu'on sous estime trop l'aspect de forme / communication dans le succès politique. On le dit curieusement trop peu. Comme si on avait besoin d'éprouver une certaine fierté de choisir pour des idées.
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Écrit par : Ludovic / | 22/11/2016

PAS D'ACCORD

> Si je puis me permettre, au moins Poisson avait cet énorme avantage de rejeter le libéralisme et je trouve dommage que ce blog ait été aussi sévère avec lui, car si il posait des problèmes que je ne conteste pas, il était beaucoup plus en phase avec la DSE sur ce point fondamental.

Ludovic


[ PP à Ludvic :
C'est précisément parce qu'il avait cette image qu'on doit lui reprocher : 1. sa dérive opportuniste vers une extrême droite très éloignée de l'Eglise réelle sur l'essentiel ; 2. sa réticence profonde envers la perspective du pape dans 'Laudato Si'.
"Corruptio optimi pessima..."
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Écrit par : Ludovic / | 22/11/2016

ANNE-ET-PIERRE

> Il y a des fois où j'ai vraiment honte d'être un 'catho'. Et marre d'être mis dans le même sac que tous les "Anne-et-Pierre"...qui sont, quoi que l'on dise, les archétypes des catholique français bien propres sur eux... hélas les plus visibles dans le "catholand" français. Je sais que Dieu veut sauver tous les hommes...même les "Anne-et-Pierre" (qui ne sont pas réductibles à leurs préjugés de classe), mais bon.... Il n'y aurait pas le pape François, je me demande si je n'embrasserais pas la Réforme - je plaisante à peine...
Pour l'an prochain, j'ai inscrit mon fils aîné dans un célèbre établissement d'enseignement secondaire catholique sous contrat d'association, réputé - à mon sens à juste titre- pour la qualité de son enseignement et la solidité de son projet pastoral. Nonobstant tout ceci, j'espère ne pas avoir fait une c..ie, en plongeant mon gamin dans un milieu qui n'est pas fondamentalement différent de celui qui a fait un triomphe à "Mr Nobody". Je me fais peut-être un film, mais je ne voudrais pas (oh non...) qu'il devienne indifférent au sort des pauvres...
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Écrit par : Feld / | 22/11/2016

@ ND

"Soyez sympas, atterrissez."
Oui, maintenant.
Plus tard, ça pourrait être plus brutal. Au fond d'un panier, dans la sciure (ce que je ne souhaite pas...).
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Écrit par : Feld / | 22/11/2016

@ Cyril B

> à 100 % d'accord avec vous !
ps : je n'ai pas encore fait le "grand saut" de l'abstention (sauf aux primaires de la droite ! ).
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Écrit par : Feld / | 22/11/2016

CHOISIS ?

> On peut aussi se demander si les interviewés du monde n'ont pas été "choisis" : présenter une image caricaturale du chrétien "moyen" permet implicitement de décrédibiliser ceux-ci.

franz


[ PP à franz
Je n'ai pas cette impression. Pour deux raisons :
1. Les propos tenus ne sont, hélas, pas caricaturaux. Nous en entendons souvent d'identiques...
2. Quand les médias veulent choisir des gens qui leur tiendront des propos caricaturaux, ils les prennent plus âgés, plus "loden", et les poussent aux dérapages sur des questions essentielles aux yeux des salles de rédaction : migrants, gays, etc. Ce n'est pas le cas dans cet article. ]

réponse au commentaire

Écrit par : franz / | 23/11/2016

FONCTIONNAIRES

> Il me semble que l'étonnement du journaliste vient de ce que les malheureux "Anne-et-Pierre" sont eux-même des fonctionnaires.

Renaud


[ PP à Renaud - C'est exact. Mais l'étonnement du catholique porte sur autre chose... ]

réponse au commentaire

Écrit par : Renaud / | 23/11/2016

INTROUVABLE

> Le (bon) candidat est (forcément) introuvable
Bien évidemment me semble-t-il : car pour arriver au sommet des appareils politiques, que de compromis, compromissions, accommodements et arrangements souvent tordus a-t-il fallu accepter ou conclure.
Pour un chrétien voulant vivre à la lumière de l'Evangile sa vie est-elle donc de facto limitée à sa sphère privée ?
Comment ne pas incliner vers la tentation du moindre mal ?
Ou biaiser (un peu) ? Le pape François n'a t-il pas dit qu'il était lui-même un peu "rusé".

philou


[ PP à Philou
Non. le pape françois, et avant lui le pape Benoît, et avant lui le pape jean-Paul, ont insisté tant qu'ils ont pu (sans grand succès en France) sur ce point crucial : l'engagement civique du chrétien ne passe pas nécessairement par les appareils des partis. il l'en éloigne même souvent.
L'engagement civique du chrétien peut et doit prendre d'autres formes dans la société. 'Laudato Si' le dit noir sur blanc : organiser dans la société civile le grand mouvement qui forcera les politiques à revenir à leur mission qui est le bien commun, au lkieu de servir Mammon.
Mais bien sûr, c'est tout le contraire du libéralisme !
D'où la mauvaise conscience d'une partie des cathos libéraux : ceux qui savent que leurs opinions de milieu contredisent les préconisations du pape.
Mais la plupart ne le savent pas, parce qu'ils ne s'intéressent pas à ce que dit le pape. Normal : "il est de gauche".
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Écrit par : philou / | 23/11/2016

QUAND MÊME

> J'entends ce que vous dîtes. Je me sens indépendant par rapport à "Anne et Pierre". Pour autant, j'ai voté Fillon. Comme bon nombre d'entre nous, je pense, et parce que, entre autres, il est plus proche (sans parler de valeurs) que Sarkozy et Juppé de ce que je souhaite; bien entendu, je ne me leurre pas, nous sommes dans le domaine du "possible" et non du rêve. Mais, à un moment, je demande ce que l'on fait avec la dette que nous avons et le déficit que nous continuons à budgéter année après année. Si quelqu'un sait comment redresser économiquement le pays qu'il n'hésite pas à le dire. Ou alors on nous explique que l'inflation c'est très bien, la dette et le déficit aussi...

O. Le P.


[ PP à O. Le P.
Ce qui est ahurissant dans les déclarations des paroissiens interviewés, c'est leur apparente indifférence : 1. envers les victimes futures du plan Fillon (les plus fragiles) ; 2. envers les analyses, critiques et préconisations du pape et des évêques.
Je veux bien que l'on dise "le plan Fillon est réaliste" ; encore que le remède proposé soit de nature à tuer le malade et à provoquer la même réaction que la politique Brüning dans l'Allemagne des années 1930, comme le fait justement remarquer un autre commentaire.
Mais qu'on me présente ça comme un vote "catholique", un vote "réconciliant l'efficacité et la conviction" parce que M. Fillon est un père de famille bien élevé et qu'il possède un manoir dans l'Ouest, ça stupéfie quiconque prend la doctrine sociale au sérieux. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Le Pivain Olivier / | 23/11/2016

> Vu comme cela, je comprends. Je n'ai pas lu, effectivement, l'article du 'Monde'. Puisque l'Etat est en faillite et qu'il faudra bien redresser la situation, sauf à faire peser sur la génération future la dette du pays, génération qui n'en demande pas tant, cela veut dire que, fatalement, l'Etat sera moins solidaire, ce qui renforce la nécessité d'agir à la place de l'Etat et davantage puisque la pauvreté augmente.
La mission des catholiques, entre autres, est donc, plus que jamais, d'être solidaire de son prochain, en donnant la priorité aux plus pauvres : il y a du boulot.
Je me réjouis tout de même de voir que, contrairement au pouvoir médiatico-politique qui a tout fait pour faire passer Sarkozy et Juppé, les Français ont préféré donner leurs voix à quelqu'un qui, jusqu'à ce jour, n'a pas eu maille à partir avec les tribunaux : c'est, quand même, le minimum.
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Écrit par : Olivier le Pivain / | 23/11/2016

AMIS DE DROITE

> Merci Patrice pour cette analyse. Quand je lis des amis de droite, que j'aime beaucoup, soutenir le programme de Fillon, je me demande en effet si eux et nous vivons dans le même monde.
Eux ne connaissent pas la précarité salariale ni le burn-out qui guette avec un salaire à 1500 euros par mois, ils ne savent pas ce que c'est que de faire les comptes chaque mois pour savoir si le salaire gagné sera un tiers, la moitié du SMIC ou, les mois fastes, les trois-quarts.
Beaucoup d'amis de droite ne voient par exemple pas le problème des jours de carence en cas d'arrêt-maladie. Quand on dépend de conventions collectives qui ne remboursent pas ces jours de carence et qu'on a des soucis de santé (ce qui est notre cas), on voit tout de suite le problème.
Beaucoup de nos amis ne seront pas victimes directes des programmes de Juppé ou de Fillon, alors que nous, si.
Et pourtant, sur d'autres thèmes, nous sommes fondamentalement très proches. Je veux bien ne pas diaboliser le candidat Fillon ni ses électeurs, dans lesquels se trouvent la plupart de mes amis de droite, mais la perspective de la campagne présidentielle, particulièrement chez les catholiques, me fait frémir d'avance.

@ Feld

> Une très bonne amie a mis ses enfants dans un établissement catholique réputé pour son projet éducatif et pour le taux de jeunes gens de la haute au centimètre carré. L'éducation qu'elle donne à ses enfants réussit tout à fait à contrebalancer la contamination insidieuse par les enfants de grands bourgeois. Vous connaissant, ta femme et toi, je n'ai pas trop de doutes sur le fait que ton fils résistera à tout ça.
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Écrit par : Marie / | 23/11/2016

MODE DE VIE

> "Ce qui est ahurissant dans les déclarations des paroissiens interviewés, c'est leur apparente indifférence :
1. envers les victimes futures du plan Fillon (les plus fragiles) "
Sans doute ce sont des paroissiens "confortables" dans leur milieu bien circonscrit à distance des infos et réalités dérangeantes.
Quelqu'un a dit il me semble:
le riche ne voit pas le pauvre car s'il le voyait il ne pourrait SE supporter.
2. envers les analyses, critiques et préconisations du pape et des évêques.
Bien sûr car il y a de quoi chambouler le cadre et le mode de vie qui les fondent et les formatent plus que tout.
Un mot qui les mets hors d'eux: la décroissance.
Et pourtant celle-ci s'imposera avec force dégâts si nous ne l'organisons pas. Elle est inéluctable sur le plan matériel (3 planètes pour un standard occidental).
Et pour l'organiser au mieux il faut une réelle croissance spirituelle en mettant à distance toute cette fureur qui nous entoure et peut nous submerger.
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Écrit par : philou / | 23/11/2016

RIEN COMPRIS

> Vous n'avez rien compris. Un catholique n'est pas quelqu'un qui croit en la mort et résurrection de Jésus Christ. C'est quelqu'un qui veut "alléger le fardeau fiscal des entreprises".
Sinon, qu'il soit anathème.
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Écrit par : abali / | 23/11/2016

FILLON EN ÉCONOMIE : "UN BOUFFON OU UN MENTEUR"

> Olivier, je ne suis pas sûr de comprendre votre réflexion sur la dette. Outre qu'en histoire économique, et sauf crises rares et très particulières, cette obsession de la dette est très récente (les problèmes économiques d'un pays sont globaux et non purement financiers, et les investissements de moyen et de long terme endettent mais sont économiquement de bonne politique), outre que le terme "État en faillite" n'a, économiquement, aucun sens (l'État souverain n'est pas un ménage), cette histoire de dette est un réflexe pavlovien formaté par les libéraux, serinés et répétés par leurs courroies de transmission, pour convaincre la population que la rigueur est nécessaire.
Mais pourquoi le serait-elle ?
La dette publique française a été multipliée par 3 en quelques mois en 2009 à cause de la dérégulation financière et de son échec retentissant, pas à cause des hôpitaux.
Le CICE, dont nous avons désormais la preuve chiffrée qu'il ne crée ni emploi, ni R&D ni investissement, coûte 25 milliards par an à la France.
Le déficit public date des débuts de cette configuration particulière du capitalisme qu'on appelle le néolibéralisme (transfert massif des revenus du travail vers le capital, dérégulation financière, fin de la séparation des différentes activités bancaires, défiscalisation de masse des grandes entreprises et de la finance, montages fiscaux, fraudes fiscales, etc.)
Le déficit public, c'est le libéralisme, pas l'hôpital ni les écoles.
Or, M. Fillon propose pour y remédier davantage de libéralisme : un peu comme les vétérans de la Grande Guerre Patriotique, à la chute du mur de Berlin, accusaient l'URSS de ne pas avoir été assez communiste, ce qui expliquait sa chute.
Sur LCI, M. Fillon s'est réclamé pour réduire la dette du modèle anglais. C'est savoureux à deux titres (mais moins savoureux si l'on pense au prix social exorbitant). Quiconque s'intéresse même de loin à l'économie sait que le déficit public anglais est presque deux fois pire que celui de la France (voir Eurostat, mois après mois). Bien plus, il augmente depuis que l'Angleterre réduit les dépenses publiques, notamment sociales. Pour une raison simple, que beaucoup d'analystes ont d'ailleurs expliqué à satiété : la baisse du déficit public exige une augmentation des recettes fiscales.
Or, surtout en période de défiscalisation massive de la finance et des grandes entreprises cotées, la rentrée fiscale se fait par l'impôt sur le revenu (mais pour cela, il faut des revenus) ou par la TVA (mais pour cela, il faut consommer, donc il faut des revenus).
En d'autres termes, M. Fillon met sur le paletot de l'État un endettement qui est dû à la seule dérégulation libérale, et pour y remédier propose des méthodes libérales anglaises dont nous avons la preuve mathématique qu'elles font exploser le déficit public.
De deux choses l'une : c'est un bouffon, ou c'est un menteur.
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Écrit par : Lucas / | 23/11/2016

@ Abali

> Les grands esprits se rencontrent, c'est exactement le thème que j'ai développé dans mon dernier billet de blog http://www.lavie.fr/blog/mahaut-herrmann/les-deux-jambes-du-chretien,4795
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Écrit par : Mahaut H. / | 23/11/2016

COURT

> pour faire court :
CHANGEONS DE RÉGIME POLITIQUE : VIVE LE ROY !

Z.

[ PP à Z. - Ça me rappelle quelque chose. ]

réponse au commentaire

Écrit par : zitoun / | 23/11/2016

ÇA NE FONCTIONNE PAS

> Accepter de rembourser la dette avec les méthodes proposées par François Fillon ou Alain Juppé, et probablement celui qui sortira de la primaire de gauche, c'est accepter d'imposer cela aux autres :
https://www.cairn.info/revue-informations-sociales-2013-6-page-86.htm
Je ne sais pas qui a profité des emprunts et qui maintenant profite du remboursement des intérêts, mais ça ne semble pas être le Grec de base.
Et pis ça ne fonctionne pas. Définitivement ! Ils ont tout essayé sur ces pauvres Grecs en tapant dessus à chaque fois de plus en plus fort au fil des ans au vu de l'absence de résultats depuis 2010. Ils vont continuer ?
Les banques, les fonds de pension et d'autres ont misé sur l'incapacité des pays à rembourser. C'est le but ? L'esclavage est acceptable ? Sur combien de générations ? C'est Fillon, Juppé, Hollande, ..., qui se chargent du sale travail ?
Dans les années 80, avec la progression de la médecine, de la science et des techniques, on prévoyait une société de loisirs planétaire pour ... aujourd'hui. C'est pt'être que ça rapporte pas.
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Écrit par : Yann / | 23/11/2016

à Mahaut

> Superbe billet, Mahaut. Oui, en se disant chrétien, nous devons témoigner d'un Dieu incarné, vivant, qui nous aime personnellement et qui veut nous rencontrer. Le reste, les valeurs et tout ça, bof.
Par contre, je sais que le contexte est là, mais j'aurais plutôt parlé d'une jambe spirituelle et d'une autre temporelle plutôt que politique. L'incarnation de notre foi est plus vaste que le seul politique. Y as-tu songé et as-tu voulu rester dans le contexte pour les lecteurs ou penses-tu que l'incarnation de la foi est politique?
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Écrit par : VF / | 23/11/2016

> Et si on a pu croire au paradis sur Terre alors le Diable est derrière la dette.
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Écrit par : Yann / | 23/11/2016

LE DIMANCHE

> Pour ma part, à ceux qui mettent en avant la catholicité de M. Fillon, je demande qui était le Premier ministre qui a mis en place une loi sur le travail du dimanche.

Olivier


[ PP à Olivier - Les ultra-cathos maintenant fans de Fillon sont prêts à lui pardonner
ses innombrables ruptures avec les préconisations de l'Eglise. Il est si bien élevé !
Il est de l'Ouest ! Il a un manoir ! ]

réponse au commentaire

Écrit par : olivier / | 24/11/2016

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