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23/05/2016

Le "globish" est la langue de Babel

Campagnes de pub en France, à l'usage de Français(e)s :

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Il est urgent d'y réfléchir : 


 

L'invasion du globish dans la vie des Français est voulue : non seulement par des groupes commerciaux américains, mais par leurs équivalents hexagonaux. Et même par des organisations non-commerciales mais dont les animateurs sont formatés par leurs études de commerce*... J'y songe en lisant ce matin une remarquable tribune** de Xavier Combe (enseignant à Paris-X et président de l'Association française des interprètes de conférence), qu'il faut lire intégralement et dont voici trois extraits :

 

<<  L'anglais est la langue du modèle économique hégémonique qu'est le néo-libéralisme. Le globish est le déguisement véhiculaire de l'anglais, qui s'arroge le terrain linguistique que défriche jour après jour la mondialisation... >>

<< Dans le mythe biblique de Babel, les hommes sont punis par Dieu parce qu'ils ont eu l'arrogance de vouloir bâtir une tour jusqu'au ciel. Dieu les condamne à parler une multitude de langues. A rebours de cette prétendue malédiction***, il convient de redouter une tour de "Globabelish" où les hommes ne disposent plus que d'une seule langue, dénominateur véhiculaire commun dont la pauvreté et l'unicité du système de pensée étiolent leur esprit. De même que nous sentons que notre survie passe par le respect de la biodiversité, il faut défendre la multiplicité des langues... >>

<< Mieux qu'une simple compétence véhiculaire, la langue vernaculaire est le seul bien dont nous disposons pour former la pensée et partager les richesses immatérielles de l'esprit humain. [...] Repenser la politique linguistique européenne et développer les passerelles entre les langues et les cultures constitue une ambition noble et assurément moins arrogante que de vouloir bâtir jusqu'au ciel la tour d'une pensée unique. >>

 

_______________

* Exemple : ces initiatives pastorales catholiques françaises, destinées à des Français, mais intitulées désormais Hopeteen, Hack my church,  Light my prayer ou Church party. Interrogé à ce sujet, l'animateur de l'une de ces initiatives pastorales m'a répondu : "Ce n'est pas parce qu'on  est chrétien qu'on va s'isoler." Je lui ai demandé : 1. "s'isoler de quoi ?" ; 2. "est-ce 's'isoler' que de parler français aux Français, en France" ? Il ne m'a pas répondu.

** Libération, 23/05.

*** Cette malédiction est une bénédiction. Selon les commentaires rabbiniques, Dieu a commis un ange à la garde de chacune des "soixante-dix langues" et des nations qui allaient les parler. J'ai souligné ce point dans mon livre de 2008, L'écologie de la Bible à nos jours (L'Oeuvre), notamment avec cette citation des Pirqé de-rabbi Eliezer du IXe siècle, section 1 : "Le Saint béni soit-Il s'adressa aux soixante-dix anges qui entouraient le trône divin : 'Descendons et dispersons les langues pour en faire soixante-dix langues'. Dieu tira au sort avec les anges. Chaque ange prit une nation et lui apprit une langue..." J'y ajoutais ce commentaire : "La diversité des cultures correspond à la diversité du vivant dans toute la Création. L'écologie humaine trouve sa plus lointaine racine dans la Bible."

 

 

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11:51 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (17)

Commentaires

SEXISME COMMERCIAL

> A la lecture de ces images, on est frappé par le caractère sexiste de certaines d'entre elles, soit précisément ce que l'on feint de dénoncer chez Baupin quand il traduit dans les faits l'injonction publicitaire. Comme si la dégradation de la femme cessait d'être l'occasion d'une croisade contre "les derniers vestiges du patriarcat" et devenait synonyme d'émancipation dès lors qu'il s'agit de faire des affaires.
Logique libérale !
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Écrit par : Benoît Girard / | 23/05/2016

STANDING NIGHT

> On peut signaler aussi l'extraordinaire et très orwellien:
" PUBLIC SPACE IS NOT FOR SALE",
dont les révolutionnaires de "Nuit Debout" ont enveloppé le monument de la Place de la République.
La contestation désormais, doit être globish !
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Écrit par : Michel Donceel / | 23/05/2016

ALSO

> Sans oublier S... "Chilled, la Summer experience" qui s'affiche dans nos rues.
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Écrit par : Eric / | 23/05/2016

ENTENDRE

> Et encore man t'as rien entendu !
Viens prendre un brunch à la maison ca swingue un max genre english pudding !
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Écrit par : stevenson / | 23/05/2016

CRAZY

> Un truc complètement dingue, aperçu il y a un ou deux ans : une affiche de pub avec un slogan en français, suivi d'un astérisque renvoyant à la traduction ..en globish.
A ce propos : je me trompe peut-être, mais j'ai l'impression que la traduction en français (en petit en bas) des affiches publicitaire en anglais n'est plus systématique...
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Écrit par : Feld / | 23/05/2016

VIVING

> Merci pour ce billet qui tombe à point alors que je m'exaspérais tout à l'heure en voiture contre ces "beautiful mamans" des affiches.
Et dans le style stupidité abyssale, le salon de l'immobilier rebaptisé cette année salon "viving" !!!...
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Écrit par : cristiana / | 23/05/2016

> Merci pour cette page d'écologie culturelle !
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Écrit par : Pierre Huet / | 23/05/2016

EN FRANÇAIS

> Et même... Nos pauvres groupes de "pop louange" français s'appellent "Glorious" et "Hopen"...
Je préfère les jeunes ardents et littéraires de Radio Elvis, groupe qui chante un beau français, poétique, et arbore dans le livret de son premier album (Les Conquêtes) un Sacré Coeur stylisé, et la citation explicite de Saint-Exupéry : "Seul l'Esprit, s'il souffle sur la glaise, peut créer l'Homme".
Je les ai vus en concert il y a dix jours : excellent ! Leur attitude sur scène, sérieuse, recueillie jusque dans le rock le plus intense, ardente, pas "cool" mais "hot" comme disait Bono pour caractériser les jeunes années de U2, m'a convaincu de leur profonde spiritualité. Au moment de reprendre la chanson "Aucun express" de Bashung, le chanteur a sobrement dit : "Je suis sûr qu'il est là, avec nous, ce soir".
À écouter !
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Écrit par : Alex / | 23/05/2016

SYMPTÔME

> Tout à fait d'accord avec votre analyse, et pourtant ...
Le globish devient incontournable, mais ce n'est hélas qu'un symptôme.
C'est une bonne chose de l'identifier et de le dénoncer en tant que symptôme, mais il me semble au mieux dérisoire, au pire contre-productif de vouloir s'opposer à ce symptôme seul.
Je comprends très bien la non-réponse de votre animateur pastoral, qui fait ce qu'il peut et ne peut pas mener tous les combats à la fois. Un mouvement sans doute évangélique l'incite à se rapprocher des jeunes (songez à l'incarnation : l'ange vient s'annoncer à Marie dans sa langue !). Il adopte certains de leurs codes. Un autre mouvement voudrait lui faire fuir l'esprit "globish" du monde, mais les deux sont ici contradictoires. Quand bien même il serait aussi conscient que vous de ce problème de langage, je peux imaginer que le choix soit difficile...

NBON


[ PP à NBON

- Vous avez parfaitement raison : explorez ce blog et vous verrez que nous sommes loin de nous en prendre aux effets en omettant leurs causes ! Au contraire, nous envisageons les problèmes sociétaux comme symptômes. C'est un thème si récurrent dans ce blog que certains lui reprochent sa fréquence.
- Là où je ne puis vous suivre, c'est quand vous comparez l'anglais (en France) à l'araméen que parlait Marie. Il était naturel et culturel de parler araméen entre gens de Palestine au Ier siècle.
Il n'est ni naturel ni culturel de parler globish entre français, en France, au XXIe !
- L'équivalent du globish en Palestine n'était pas l'araméen (langue vernaculaire régionale) mais le grec, pidgin impérial baragouiné par beaucoup de Galiléens.
- La vision du Créateur sur les cultures est évoquée par la Genèse, chapitre 11 : c'est le récit de Babel. Le chantier babélien parle une langue unique, et c'est contre quoi Dieu intervient... Si l'on prend la Bible au sérieux, on comprend donc que la langue du chantier d'orgueil est le globish ; l'urgence est d'en prendre conscience, et d'en faire prendre conscience. Particulièrement aux jeunes !
- D'où l'inquiétude que provoque l'invasion du globish dans le jargon de laïcs catholiques français : ne pas vouloir "s'isoler" du globish est une attitude inquiétante, symptôme d'un certain aveuglement sur la profondeur (anthropologique) des questions culturelles et sociétales. Jésus guérit les aveugles ; prions-le.
- Il faut évidemment connaître l'anglais et le parler quand c'est nécessaire (ça l'est souvent). C'est notre cas à tous.
- Mais on ne doit pas se laisser envahir l'esprit par la langue de Babel, qui n'est pas l'anglais en soi, mais l'anglais quand il métastase sous la forme intrusive du globish... ]

rponse au commentaire
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Écrit par : NBON / | 23/05/2016

> Il faut dire aussi que le globish est un anglais très approximatif...
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Écrit par : Philippe / | 24/05/2016

à NBON

> Ajoutons que la salutation de l'ange à Marie est un exemple du problème dont nous discutions.
- Le grec fait dire à l'ange : "khaïre", "réjouis-toi". C'est la salutation hellénique (donc commune avec les païens). Mais si l'ange a salué Marie en araméen ou en hébreu (pourquoi l'aurait-il fait en grec ?), il lui a dit "shalôm" : "la paix sur toi". Différence des cultures !
- De même : le grec fait dire à l'ange : "eurès gar charîn para tô Theô", "tu as trouvé grâce auprès de Dieu". En araméen ou en hébreu, ce serait : tu as trouvé "chérissement" ou "amour" ("hessèd" ou "ahava").
- Ou encore : le grec fait dire à l'ange : "kaleseis to onoma autou Iesoun", "tu lui donneras le nom de Jésus". L'araméen ou l'hébreu dirait : "tu crieras son nom : Iéshoua".
Sur ce dernier point, commentaire de Chouraqui :
"Nous supposons ici le substrat hébreu ayant pour racine 'qara', rappelant le cri originel de la parole créatrice de cieux et de la terre, la voix de l'homme étant, à l'image de celle du Créateur, génératrice de vie."
Quant au nom 'Iéshoua', il illustre à lui seul la carence du grec, langage "universel" mais au prix d'une perte de sens :
"La forme grecque 'Ièsou' est à l'origine de notre 'Jésus', et provient du fait que le grec n'a ni chuintantes ni gutturales. D'où l'inévitable transformation de ce nom. Transformation regrettable parce que 'Ièsou' n'a aucun sens dans aucune langue, tandis que 'Iéshoua' vient de l'hébreu 'Iehoshoua': 'Yah (Dieu) sauve' "...
NDPP - D'où l'admirable livre archéologique de feue l'historienne Jacqueline Genot-Bismuth :
'Un homme nommé Salut' (OEIL 1986). ]
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Écrit par : PP / | 24/05/2016

COLONIALISME MENTAL

> Un billet d'humeur fort à propos dans Libération :
http://www.liberation.fr/debats/2016/05/22/brexit-ou-pas-doux-iou-spique-le-globish_1454393
Au passage, "Globish" est apparemment une marque déposée. La référence est là :
https://en.m.wikipedia.org/wiki/Globish_(Nerriere)
Cela dit, il s'agit de problèmes quelque peu différents : on peut défendre le Globish comme langue véhiculaire (j'aime trop la langue anglaise pour lui faire subir cet outrage, cela dit, et elle ne se prête à ce jeu qu'en raison de la domination économique de l'anglosphère depuis trois siècles, pas pour ses qualités intrinsèques), mais ici on est dans le colonialisme mental (et la veulerie des élites économiques et politiques françaises en la matière est ahurissante).
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Écrit par : Dr. Zurui / | 24/05/2016

CORPORATE

> Le globish publicitaire n'est qu'un versant de cette tour de Babel. Il faut y ajouter celui du globish professionnel, tellement... "corporate". Ce dernier atteint parfois des sommets de cocasserie, comme ce "les nice to have ont des deadlines liées à leurs story points", que j'ai réellement entendu lors d'une réunion.
On serait tenté de distinguer ainsi un "globish pour le peuple" et un "globish pour les cadres". Les deux ont cependant un point commun : celui de faire croire à leurs destinataires qu'ils sont des "initiés", qu'ils ne sont pas restés à l'écart du mouvement... alors qu'ils sont en fait poussés à se comporter en machines à consommer (le "peuple") ou en pantins (les "cadres"), privés de toute pensée par l'usage de termes qu'ils ne maîtrisent pas, placés dans des phrases qui n'ont plus aucun sens.
C'est à se demander si les effets de cette non-langue se voulant universelle ne dépassent pas les intentions de ses promoteurs. Le diable peut y avoir sa part.
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Écrit par : Sven Laval / | 24/05/2016

RAFT'EST

> Excellente initiative pour 200 ados de Paris-Est : traversée à pied de la baie du Mont Saint-Michel, office dans l'abbatiale. Toujours une expérience spirituelle forte. Mais pourquoi les adultes animateurs ont-ils nommé ce week-end "RAFT'EST" ? Réponse : "Raft" évoquerait l'ide de "mouvement et de refuge". D'abord ça se discute si on a fait du "rafting" : mouvement oui, mais pas "refuge" ! et surtout la notion de but n'existe pas dans le rafting alors qu'elle est essentielle dans un pèlerinage. Mais surtout : est-ce qu'il n'existe plus de mots français pour parler à des Français en France ?

a. ancelin



[ PP à A. Ancelin - Ce tsunami de mots anglo-US dans le vocabulaire pastoral en France donne en effet un malaise. Les justifications données par les animateurs renforcent le malaise (ils disent : "c'est pour ne pas s'isoler" : mais s'isoler de quoi donc, en France ?).
Cette américanotropie est liée au milieu professionnel d'un grand nombre d'animateurs issus de... business schools. Sans doute un des effets de l'embourgeoisement massif depuis la raréfaction du catholicisme populaire dans l'Hexagone. Et surtout, ça coïncide avec le déferlement des campagnes de publicité commerciale rédigées directement en anglais, à l'usage de consommateurs français. Comme si une notion quelle qu'elle soit avait moins de valeur si on l'exprimait dans notre langue...
Sont-ils conscients que le mépris envers la langue maternelle est gravement anti-pédagogique ?
Et anti-biblique... On a envie de conseiller aux adultes animateurs de lire Genèse 11 !
(Et relire la Genèse avant de traverser la baie du Mont serait très cohérent.]
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Écrit par : a. ancelin / | 26/05/2016

JUSTEMENT

> Justement l'ange Gabriel parle à Marie dans sa langue (à elle) !
Et Marie parle à Bernadette en occitan, pareil avec Mélanie et Maximin (si elle ne l'a pas fait tout de suite c'est uniquement pour que les deux enfants puissent prouver qu'ils n'inventaient pas quand ils ont répété mot pour mot les phrases en français qu'elle leur avait dites et qu'ils ne comprenaient pas).
"Ne faites aucune tentative, ni ne cherchez aucunement à persuader ces peuples de changer leurs coutumes, leur façon de vivre, leurs usages, quand ils ne sont pas manifestement contraires à la religion et à la morale.
Il n'y a rien de plus absurde que de vouloir apporter en Chine la France, ou l'Espagne, ou l'Italie, ou quelque autre partie de l'Europe.
N'apportez rien de tout cela, mais la foi, une foi qui ne rejette ni n'offense la façon de vivre et les usages d'aucun peuple, quand il ne s'agit pas de choses mauvaises. Au contraire, la foi veut que ces choses soient conservées et protégées"
Pape Alexandre VII,
'Instructions à l'usage des Vicaires Apostoliques en partance pour les Royaumes chinois de Tonkin et de Cochinchine'
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Écrit par : E Levavasseur / | 27/05/2016

RADEAU

> Si je me souviens bien, raft veut dire radeau. Et chez-nous on disait de ceux qui chevauchaient des radeaux qu'ils étaient des radeliers et je ne trouve pas que ce soit un mot si laid qu'il faille le remplacer par rafters... Au fait, il y en a de nouveau sur la Durance.
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Écrit par : VF / | 27/05/2016

RAFT'EST

> Merci pour cette évocation du Raft'Est, même si l'aspect "excellent" de l'initiative est vite occulté pour quelques considérations linguistiques. L'idée de départ était de proposer aux collégiens des aumôneries de l'est parisien une alternative au Frat' de Jambville (qui n'a lieu que tous les deux ans); raft' est simplement l’anagramme de frat', et l'idée de "mouvement et de refuge" est à mon sens une tentative des organisateurs d'y rajouter un brin de signification. Ce n'est pas la plus grande réussite de l'évènement (le T-shirt jaune a imprimé violet n'était pas non plus un succès !) mais ce n'était clairement pas la première préoccupation.
En tout cas, aucune volonté de "ne pas s'isoler", pas d'animateurs issus de "business schools" (à part moi, qui me suis greffé à l'organisation au dernier moment) et pas de mépris particulier pour la langue maternelle. Quant à l'idée de lire Gn 11, je peux en parler à la réunion bilan du 23 Juin...
Je dis cela avec un peu d'agacement pour deux raisons ; je trouve dommage d'évoquer une "excellente initiative" pour n'en retenir qu'un élément secondaire qui nous a déplu ; et dans le cas qui nous occupe, la critique, fondée en théorie, me semble vraiment inappropriée.
Je vous livre maintenant ma petite contribution sur la question de fond.
Je me demande tout d'abord quel est le langage "naturel et culturel" des jeunes totalement immergés dans la culture "globish". Quelle que soit la réponse, c'est un langage à prendre en compte (ce qui ne veut pas dire à adopter purement et simplement) lorsqu'on s'adresse à eux.
Pour moi, cela rejoint la question de la place des chrétiens sur les réseaux sociaux. Pour le dire très schématiquement, comment dire "il y a une réalité autre que facebook" à des gens dont l'espace premier de rencontres et de socialisation est facebook ?
Comment être témoin de l'incarnation dans un monde dématérialisé ?
J'ai par exemple personnellement fait le choix de ne pas être sur facebook et je crois que c'est un choix légitime pour un chrétien, au moins comme signe.
En même temps, il convient d'être présent partout où les hommes d'aujourd'hui sont présents, et facebook est à ce titre un "lieu" où les chrétiens se doivent d'être "présents", mais d'une manière qui soit vraiment chrétienne (à discerner). Cela revient au dilemme soulevé par NBON.
A ce sujet, deux lectures stimulantes, dans des lignes très différentes :
- le livre "Cyberthéologie" du jésuite A. Spadaro pour "penser le christianisme à l'heure d'Internet"
- un ancien article de F. Hadjadj très complet sur l'évangélisation (qui partage les analyses lucides et les mises en garde de ce blog sur notre culture de com' et de consommation...)
http://www.ilestvivant.com/fabrice-hadjhadj-annoncer-levangile-en-sachant-discerner-les-signes-des-temps/

Bon dimanche à tous.

Gonzague


[ PP à Gonzague :

- Merci de cette mise au point.
- L'apparition de "Raft" m'avait paru suivre tous les "Hopeteen", "Hack my church" et cantiques en anglais parfaitement incongrus.
- Or ce n'est pas le cas si "Raft" se veut anagramme de "Frat". Excusez-moi donc.
- Cela dit, et à propos des autres cas : ce n'est pas parce que la langue courante s'appauvrit à vitesse grand V qu'il faut suivre le mouvement. Un animateur pastoral - dans un diocèse considérable - m'a réellement dit que si l'on ne parle pas en anglais aux Français on "va s'isoler" : comme si l'archange avait parlé grec à Marie pour ne pas "s'isoler".
- Facebook : quant à moi j'y suis, et j'y passe du temps, à discuter souvent de sujets religieux de fond (1). Et en français...
Quant à la manière "vraiment chrétienne" d'utiliser Facebook (et Twitter quoique différemment), c'est bien mon objectif et celui de nombreux autres intervenants catholiques. Et ça commence par aider l'interlocuteur à s'extirper du magma régressif où le christianisme s'étouffe en ce moment dans l'Hexagone.
- Ce magma est l'idolâtrie de l'identitaire. Qui est le péril inverse du péril "globish" !
- Bref : il y a du travail. ]

(1) ce qui permet de constater le terrible manque de formation des laïcs catholiques français, y compris dans des milieux qui se croient les plus cathos. Le cardinal Sarah a raison : un travail de formation est urgent dans ce pays. Et pas qu'en matière liturgique ! et pas que chez les "progressistes", comme on disait naguère chez les "tradis" !

réponse au commentaire

Écrit par : Gonzague / | 28/05/2016

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