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07/08/2013

Le vrai visage du libéralisme [4]

Une lecture de Michéa, dernière partie :


- L'inconscient des sociétés modernes : Le socialisme « conservateur » de Georges Orwell part de la nécessité de reconnaître des valeurs morales (common decency) de l'homme ordinaire, en opposition résolue au pessimisme moral des Modernes. Ce refus constant de noyer l' « homme ordinaire » dans les eaux glacées du calcul égoïste lui permet d'entreprendre une critique parallèle du libéralisme et du totalitarisme, ces deux idéologies rivales qui s'appuient sur une même vision négative de l'homme. Le postulat de l'homme égoïste par nature ne peut en effet aboutir qu'à deux solutions cohérentes : soit l'acceptation des hommes « tels qu'ils sont », par laquelle s'édifie l'empire du moindre mal, soit l'empire du bien, l'utopie du monde parfait, subordonné à la fabrication d'un homme nouveau.

L'idée orwellienne d'une société décente s'enracine dans une compréhension de l'homme infiniment plus nuancée et s'appuie sur des possibilités morales déjà existantes, qu'il s'agit de radicaliser, d'intérioriser et d'universaliser. Mais cette définition orwellienne du socialisme invite aussi à en préciser la dimension «anarchiste». Orwell a en effet toujours considéré le désir de pouvoir comme l'obstacle psychologique majeur au développement d'une société décente. Ce point décisif doit être explicité, car il met en lumière certains aspects fondamentaux de l'inconscient des sociétés modernes.

Stendhal reconnaissait à Fourier le mérite d'avoir prononcé ce grand mot : Association ; mais il soulignait aussi que les socialistes, par excès d'optimisme, avaient systématiquement oublié que la volonté de puissance qui caractérise certains individus conduirait toujours à l'échec les entreprises politiques les mieux intentionnées. Stendhal soulève ici la question anarchiste par excellence. Donnons acte aux anarchistes de leur lucidité philosophique fondamentale sur cette question qui, il est vrai, ne soulève habituellement qu'un enthousiasme limité parmi les critiques modernes de la société libérale. D'un côté, nous savons que rien n'autorise à inscrire le désir de pouvoir dans la nature humaine elle-même, mais de l'autre, on doit bien admettre qu'un tel désir possède une certaine universalité.

Il n'y a qu'une façon de résoudre cette contradiction apparente : distinguer philosophiquement l'égoïsme de l'adulte de celui de l'enfant. La psychanalyse, par ses approches du narcissisme, a montré que le désir de toute-puissance constitue l'une des premières figures du devenir individuel. Si l'éducation a un sens, c'est précisément d'offrir à l'enfant les moyens de dépasser cet égocentrisme initial et d'acquérir ce sens des autres qui représente le signe et la condition de toute autonomie véritable, lui permettant d'entrer à son tour dans les chaînes socialisantes du don et de la réciprocité.

Sous ce rapport, les pathologies de l'ego sont l'effet d'une dépendance non résolue à des histoires d'enfance, conduisant à envisager sa vie comme l'occasion d'une revanche personnelle. La volonté de puissance est une passion triste et d'un point de vue anarchiste, les classes dominantes sont d'abord à plaindre. L'importance traditionnelle accordée par les anarchistes à l'éducation des individus n'a donc rien qui doive étonner, et le refoulement de ces questions fondamentales est à l'origine de toutes les mésaventures du mouvement révolutionnaire. A cet égard, l'anarchisme apparaît moins comme un courant politique parmi d'autres que comme une propédeutique morale à toute révolution possible.

Il reste à dissiper un mystère, par lequel on constate que l'immense travail de la tradition anarchiste sur ces questions des racines individuelles du désir de pouvoir, s'est pourtant souvent arrêté à mi-chemin :depuis le XIXème siècle, toutes les formes « patriarcales » de la domination ont été abondamment décrites, au point de devenir un lieu commun de la critique sociale et des genders studies. On ne saurait en dire autant de ces formes d'assujettissement et de manipulation d'autrui, trouvant leur modèle inconscient dans l'emprise maternelle. Un tel « oubli » est particulièrement étrange : c'est en effet au moment précis où la dynamique des sociétés modernes commençait à saper le fondement culturel des anciens montages patriarcaux (en discréditant, au profit des mécanismes du Droit et du Marché, toutes références à une loi symbolique), que l'attention de la critique sociale en est venue à se focaliser de façon presque exclusive sur cette seule modalité patriarcale de la domination.

Ce qui rend ce mystère moderne plus épais encore, c'est le déni évident qu'il implique. Slavoj Zizek rappelle que «le reflux de l'autorité patriarcale traditionnelle (la loi symbolique) s'accompagne de son double inquiétant, le Surmoi » , dont les injonctions ordonnent la jouissance. Là où le détournement « patriarcal » de l'autorité paternelle ordonne essentiellement l'obéissance du sujet à la loi que le « père » tyrannique prétend incarner, le désir de puissance « matriarcale » se présente sous des formes très différentes et bien plus étouffantes, fonctionnant d'abord à la culpabilisation et au chantage affectif, sur les modes déclinables de la plainte, du reproche et de l'accusation, et exigeant que le sujet cède sur son désir et adhère de tout son être à la soumission demandée.

Alors que l'ordre disciplinaire est toujours, par définition, frontal, le contrôle «matriarcal» exercé sur un sujet «pour son bien» et au nom de l'«amour» qu'on lui voue, fonctionne de façon beaucoup plus enveloppante et insidieuse.

De là une conséquence politique fondamentale quant à l'analyse des sociétés modernes. Les formes d'emprise «matriarcales» (où bien des hommes sont désormais passés maîtres), sont incomparablement plus difficiles à percevoir et à nommer comme telles que sous le mode «patriarcal». Il est ainsi inévitable que la main visible de la domination patriarcale finisse par laisser dans l'ombre la main invisible de la domination matriarcale. C'est dans cette différence majeure qu'il faut chercher les raisons ultimes du refoulement politique immémorial de l'empire des mères (François Vigouroux).

Ces remarques permettent de soulever une partie du voile idéologique qui dissimule le continent noir des sociétés modernes. La logique libérale implique objectivement la destitution de tous les montages normatifs construits en référence explicite à une loi symbolique. Telle semble bien être en dernière instance, la base anthropologique inconsciente de cette civilisation régressive du «Progrès», que Christopher Lasch a reconnu comme la civilisation du narcissisme.

 

- De l'empire du moindre mal au meilleur des mondes : Le libéral se voulait donc au départ, un homme réaliste et sans illusions, empiriste et modéré, que ce soit sur le mode cynique d'un Mandeville, mélancolique d'un Constant ou sceptique et souriant d'un Hume. Loin des fanatismes religieux et des rêveries utopiques, de la Cité de Dieu ou de la Cité du soleil, la société raisonnable qu'il appelait de ses vœux se présentait au contraire comme la moins mauvaise société possible.

D'où vient alors le climat manifestement si différent dans lequel se manifeste le libéralisme contemporain ? Loin des paisibles Lumières libérales, quelque chose d'essentiel a changé. L'empire du moindre mal entend désormais être adoré comme le Meilleur des mondes. Mais cette ultime métamorphose est-t-elle si surprenante ? Pour deux raisons, non.

D'abord, le pessimisme libéral a toujours concerné la seule capacité des hommes à agir décemment, mais ne portait pas sur leur aptitude à se rendre « maîtres et possesseurs de la nature » par leur travail et leur ingéniosité technique. Cet élément a permis de justifier le culte religieux de la Croissance et du Progrès matériel, au principe de la civilisation moderne.

La seconde raison est plus complexe. L'anthropologie libérale est en effet marquée depuis l'origine par cette curieuse contradiction : d'un côté elle proclame que l'homme est par nature uniquement soucieux de son intérêt individuel, mais de l'autre, l'expérience enseigne aux gouvernements libéraux qu'il faut constamment inciter les hommes à changer radicalement leurs habitudes et leurs mentalités pour pouvoir s'adapter au monde que leur politique travaille à mettre en place. Autrement dit, toute politique libérale doit en permanence s'employer à contraindre les individus à se comporter dans la réalité quotidienne comme ils sont déjà supposés le faire par nature et spontanément. Il est donc inévitable que la logique libérale finisse par réactiver sous la forme qui lui correspond le projet utopique de l'homme nouveau, et que la fuite en avant (et son cortège de catastrophes et de régressions humaines) soit le seul mode possible de résolution de cette contradiction. L'« optimisme technologique » apparaît alors comme le pendant lyrique du pessimisme moral des libéraux, ce qui permet à Francis Fukuyama d'annoncer triomphalement et dans une optique intégralement matérialiste que «nous sommes à la veille de nouvelles découvertes scientifiques qui, par leur essence même, aboliront l'humanité en tant que telle (…) Alors commencera une nouvelle histoire, au-delà de l'humain.»

Le nouvel ordre humain que les élites libérales sont désormais déterminées à imposer par le dressage juridique et marchand, exige que les hommes cessent précisément de « se sentir hommes » et se résignent enfin à devenir de pauvres monades égoïstes. Le triomphe universel du capitalisme, la disparition de l'humanité (dans le sens de Fukuyama), parallèle à celle de la nature, sont devenus éminemment possibles.

Mais s'il advenait que l'humanité perde son dernier combat dans le monde dévasté du libéralisme victorieux, il resterait encore une vérité ineffaçable. La richesse suprême, pour un être humain a toujours été l'accord avec soi-même. C'est un luxe que tous ceux qui consacrent leur bref passage sur terre à dominer et exploiter leurs semblables ne connaîtront jamais. Quand bien même l'avenir leur appartiendrait.


Serge Lellouche

 

 

 

Commentaires

> Ce monsieur Lellouche m'impressionne.
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Écrit par : DidierF / | 08/08/2013

RAFAEL GAMBRA

> Déjà en 1967, mais la traduction française est très récente, Rafael Gambra formulait une critique de la société libérale dans un essai politique aux formes inhabituelles en France, "Le silence de Dieu", Artège, 2012, p.144.
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Écrit par : Albert E / | 08/08/2013

merci Serge,

> c'est ça qu'il faut faire : des synthèses. ça ne dispense pas de tout lire mais c'est primordial pr répandre facilement les idées. Comme le caté n'empêche pas de lire la Somme Théologique

"Le pessimisme libéral " : c'est exactement ça.
"ah ben on pourra jamais l'empêcher alors il vaut mieux l'encadrer" qui devient : "ah ben quoi? c'est légal !"
Tout cela parce qu'on en croit pas que le Bien est possible.
Nous vivons la première civilisation qui pense se construire en dehors d'une recherche du Bien , en dehors d'une vérité parce qu'elle pense que la réalité ("la science") est suffisante et cela l'amène justement à nier la réalité.
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Écrit par : E Levavasseur / | 08/08/2013

Merci Grand Serge:

> magistral! Tellement riche que je vais y retourner encore et encore.
A l'heure oui, où des hommes, parfois secrètement jaloux, exercent avec un art consommé les ruses d'un matriarcat, maternant, biberonnant, langeant, usant de toutes les ruses du chantage affectif pour s'insinuer toujours plus loin dans l'intime des individus, qu'enfin se lèvent de virides Hildegarde!
Ce qu'a déclaré ces jours-ci le Pape François au sujet de la vocation de la femme, encore à trouver, reconnaissant que la théologie jusque-là s'est montrée balbutiante et en-deçà de la réalité, théologie à développer en méditant sur la mission de Marie au milieu des Apôtres, comme sur l'héroïsme de femmes du peuple, m'interpelle fortement.
Ce que je puis d'ores et déjà dire, c'est que les hommes d'aujourd'hui, avec leurs faiblesses héritées et accentuées par la pollution ambiante, avec leurs raisonnements erronés et leurs errances, les brisures de leurs histoires personnelles et collectives, mais aussi l'infini de leur désir,sont plus que jamais capables de Dieu. Et Dieu ne les décevra pas. Qu'ils ne le sachent pas importe peu au fond, s'ils le lisent dans le regard des femmes de leur vie.
Monique a toujours su que son fêtard de garçon, snobant ces "wesh wesh" de chrétiens pour ne fréquenter que les "gens biens" d'alors était de la graine dont on fait les plus grands saints. Un homme universel, pasteur héroïque faisant passer le troupeau chrétien de la rive d'un monde s'écroulant dans les fracas à une terre inconnue où tout serait à construire, géant intellectuel portant au-dessus d'elle la culture antique pour la lancer par delà les siècles jusqu'à nous, avec cette hyper-sensibilité tellement contemporaine qu'on y trouve avant tout, aujourd'hui plus que jamais, l'ami intime, le confident.
Réciproquement les femmes d'aujourd'hui, asservies à un modèle machiste qui les corsette au moins autant que leurs ancêtres, ont besoin d'être aimées dans leur complexité plus que comprises, analysées, épluchées,décortiquées: elles qui sont par toutes les dimensions de leur être mystère déroutant, par toutes leurs fibres chemin imprévisible de la vie, à commencer pour elles.
Si l'homme est image et ressemblance de Dieu, c'est dans ces épousailles entre le Verbe efficace, la Parole de Vie,(les dix commandements sont ainsi Parole de Vie): oui les promesses de Dieu sont sans repentance, et comme cela est bon à savoir!,elles s'accomplissent infailliblement en leur temps, sol sur lequel nous pouvons avancer en toute quiétude; union du Verbe efficace donc, avec l'imprévisible Esprit qui souffle en liberté où Il veut, et comme il est bon de se laisser déranger, décentrer, renverser même de son cheval,ho là viril cavalier!, pour entrer dans l'aventure amoureuse qui toujours nous prend à contre-pied, quitte à nous blesser, féconde boiterie de Jacob, bien-aimée écharde paulinienne, pour nous faire dociles à la grâce toujours nouvelle.
Il y a oui le pessimisme du libéralisme, c'est l'homme trop rationnel qui désespère de lui-même, il y a aussi dans les yeux de la femme de mauvaise vie, allant chercher seule au puit, à la chaleur de midi, l'eau pour un homme qui n'est même pas son mari, la foi en l'homme, là cet inconnu, pourtant le septième de sa vie à lui faire de douces, de folles promesses! Et contre toute attente elle ramène dans son sillage tous les hommes du village, des payens perdus pourtant, égarés dans leurs hérésies, à Jésus. La Samaritaine éveille, par son regard de Foi inébranlable, l'homme nouveau dans le payen, elle le conduit à la source, elle l'amène au Christ. Elle annonce Monique, et Clotilde, et tant d'autres.
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Écrit par : Anne Josnin | 08/08/2013

FEMINISMES

> Je crois que les formes de domination matriarcales sont un sujet à creuser. Elles permettent le triomphe actuel du LGBT, de la GPA et de la GMA. Ces formes de domination pourraient bien être en accord avec le Marché qui a été vu comme une sorte de Mère divine et nourricière.
Elles sont particulièrement virulentes dans des affaires de divorce. La dame culpabilise son futur ex-mari de toutes les façons possibles. Le mensonge fait partie des moyens employés.
Ces formes de domination seraient aussi une explication pour ce que Krugman nomme "zombie ideas", des idées zombies. Ce sont des idées qu'il a démontré fausses et qui reviennent sans arrêt comme des idées vraies.
Une pensée très risquée est que Simone de Beauvoir avait raison en écrivant "On ne naît pas femme. On le devient". Sa vision de la femme fait d'elle quelqu'un qui agrège des idées et des sensations diverses pour en faire un tout en elle-même. La validité des idées est donnée par la sensation qu'elles font à la personne qui les reçoit. Ce serait le processus "de Beauvoir" de la formation d'une femme.
Le féminisme au sens le plus violent est totalement bouleversé par cette idée des formes de domination matriarcales. Le féminisme, qui considère que les hommes sont la source de tous les maux de l'humanité, triomphant laisserait toutes les formes de domination féminines totalement libres d'agir. C'est entrer dans un monde de culpabilisation, de victimes dominant leurs agresseurs, d'imposition de comportements ou de langage pour le bien de l'humanité et j'en oublie. Ce n'est pas une musique d'avenir. C'est un monde très présent.
Le mépris des défenseurs du LGBT pour leurs opposants a là une très bonne explication. Les considérations que leurs opposants ont une très pauvre analyse de la situation prend un sens. Les LGBT et leurs opposants sont dans deux registres totalement différents. Les paroles de l'un n'ont aucun sens pour l'autre.
Tout cela n'est que quelques considérations sur les conséquences des formes de la domination féminine.
La Très Sainte Vierge Marie prend ici une valeur simplement fabuleuse par ses actes cités dans les Evangiles. Je pense aux noces de Cana. Il y en a d'autres. Elle prend subitement pour moi une très grande valeur, plus grande que celle que je lui connaissais. Lui rendre un culte en devient très sensé.
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Écrit par : DidierF / | 09/08/2013

MERCI ! Serge,

> ...pour cette magistrale synthèse. Encore trop tôt pour que je puisse commenter, mais je diffuse autour de moi. Je n'avais encore rien lu d'aussi limpide à propos du libéralisme : on se demande tout simplement comment des catholiques, des chrétiens, peuvent s'y laisser prendre, alors que les prémices sont fondamentalement contraires à la vision chrétienne du monde.
Oui vraiment, à méditer, pour convertir nos idées-réflexes sur beaucoup de choses, héritées du libéralisme justement.
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Écrit par : Pema / | 09/08/2013

MAINS INVISIBLES

> D’une main invisible à l’autre, de celle du marché à celle de la domination matriarcale, la synthèse est saisissante ! Je me permettrais d’envoyer les liens à mes proches, et même à d’autres, en me permettant, pour eux qui ne sont pas plus intellos que moi, un titre plus accrocheur, du genre
Vue d’ensemble par Serge Lellouche de
« L'empire du moindre mal » - Essai sur la civilisation libérale » (Jean-Claude Michéa - Climats 2007):
De la « main invisible du marché » à la dictature LGBT en passant par le maternage social.
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Écrit par : Pierre Huet / | 09/08/2013

PEUR DE TOUT

> " le contrôle «matriarcal» exercé sur un sujet «pour son bien» et au nom de l'«amour» qu'on lui voue, fonctionne de façon beaucoup plus enveloppante et insidieuse."
- les assurances pour tout et n'importe quoi et obligatoires (ben tiens!)
- le bétonnage de sentiers sylvestres "pour raison de sécurité" (!!?? que veux-tu qu'il arrive?? mais évidemment ce n'est pas perdu pr tout le monde): : un sentier joli qui serpente entre les violettes dans l'ombre légère d'un sous-bois normand devient une rue entre deux bois soigneusement taillés (ATTENTION !! "risque de chute de branches !")
-aider à trouver un travail pas mis sur le m^me pieds-au moins- que les aides financières pour aider au plan social : comme ça on crée des masses dociles puisqu'elles ne bénéficient pas de l'indépendance que donne un travail.
- les interdictions de tel livre ou tel film pour incompatibilité avec la pensée officielle : typique du "ce n'est pas pour toi" que disent papa et maman aux enfants
-les "obsessions mémorielles"
- tous ces "services" qui vous sont présentés pour vous simplifier la vie et qui en fait prennent votre place dans la vie quotidienne

Et toute cette obsession "sécuritaire" :
-"allumez vos phares" à l'entrée des tunnels (merci, je ne suis pas con tout de même !)
-la voiture qui fait ding-ding qd tu ouvres la porte avec la clef au contact
-la voiture qui fait pouêt-pouêt qd tu recules
-la voiture qui fait drelin-drelin quand tu n'as pas encore mis ta ceinture
-la voiture qui ... ta gueule !
- le casque pr faire du vélo ; ceux qui n'en mettent pas à leurs enfants sont de mauvais parents
- l'obligation pr les communes d'équiper les jeux d'enfants de la carpette en plastique en bas du toboggan: sinon c'est dangereux ! ah...
- la décharge à signer à la rentrée scolaire par laquelle les parents "autorisent" leur enfant à manger les 4 quarts apportés par les camarades de classe (tu penses, en cas d'empoisonnement !)
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Écrit par : E Levavasseur / | 09/08/2013

ET EN MEME TEMPS

> et en même temps, les mêmes débiles inssten,t pour se baigner là où c'est dangereux, parce que ça fait "extrême", Kevin à Koh Lanta ! Et glou, et glou. Et après les familles s'en prennent aux pouvoirs publics.
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Écrit par : Adam / | 09/08/2013

@ Adam

> Exact.
Tout excès entraîne "un effet cocotte-minute" !
la médiocrité des aspirations fait tout à coup rechercher "le grand frisson".
Au sommet de la connerie : le saut à l'élastique.
du coup on présente ce genre de chose comme "un défoulement nécessaire pour les jeunes"
Complètement con. Et quel mépris pour les jeunes !
Quand on a une vie remplie par des choses utiles, on n'éprouve pas ce genre de besoin.
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Écrit par : E Levavasseur / | 09/08/2013

MANIPULATRICES

> J'ai repris mon texte et l'ai développé. Les formes de domination féminines sont toutes manipulatrices. Il y a la culpabilisation, le jeu de la victime, l'accusation, le chantage affectif. La notion de "Surmoi" est centrale pour définir les formes de domination matriarcales.
Je ne connais cette notion que dans le sens freudien du terme et d'une façon fort approximative. Dans mes souvenirs, c'est la zone de l'inconscient qui décide des règles de la vie en commun. Ces règles sont posées supérieures à la réalité. L'altérité, la transcendance, le réel extérieur n'y sont que des phénomènes très secondaires. C'est une sorte de lieu d'action de la volonté.
Ne se baser que sur ce surmoi pour décider transforme la réalité en une sensation positive à ce niveau. Tout ce qui donne un sentiment agréable est vrai. Le reste est faux.
Ne se baser que sur ce surmoi élimine l'altérité. L'autre n'y est absolument pas nécessaire. C'est plutôt un obstacle. Pour la même raison, la notion de transcendance cesse absolument d'être pertinente. À cet endroit, tout est sous contrôle de l'esprit. La volonté personnelle y est ce qu'il y a de plus important à cause de ce contrôle.
La perte de tout guide extérieur au surmoi évoque l'image du pilote qui devient aveugle dans son engin en vol. Il ne lui reste que ses souvenirs pour se diriger. Ils ne sont pas tous bons.
Toute intervention de l'extérieur devient simplement une agression contre la personne au surmoi surdéveloppé.
Si le surmoi est le seul guide pour la personne, il est possible de la faire accepter absolument n'importe quoi. Surtout si elle est conditionnée à refuser toute nouvelle information contradictoire. Elle se retrouve enfermée dans une tour.

Cela s'applique directement au LGBT. Le sexe d'une personne n'est que le produit d'un conditionnement extérieur. Son sexe ne se définit qu'à cet endroit particulier du cerveau.
Cela s'applique fort bien à la déclaration fondatrice de ce mouvement. Je l'attribue à Simone de Beauvoir "On ne nait pas femme. On le devient". Dans cette idée, une femme se constitue par les influences qu'elle subit de l'extérieur. Ces influences vont la définir. Avec la notion sartrienne de la liberté (le droit de tout faire tant que l'on ne blesse personne), les influences externes deviennent des maux absolus car il est impossible de pratiquer la base de l'humanité, sa liberté, selon Sartre. La constitution des idées du surmoi devient un point central de l'éducation humaine. La modification des mots devient une chose essentielle. Les mots eux-mêmes sont la clé de la pensée humaine. Dans l'hypothèse que le surmoi est à la base de tout quand il est "libéré" de la loi symbolique, tout cela m'apparaît logique et cohérent. Chassez la loi et il restera le néant de Sartre qui permettra de libérer l'être de Sartre. On ne parle plus de ce monsieur mais il me semble jouer un rôle énorme dans le LGBT à travers sa compagne.

Cela s'applique également à la notion néolibérale du Marché. Dans ce lieu mythique, les individus sont des consommateurs. Le Marché veille à ce que tous leurs besoins soient satisfaits. Ils sont posés absolument libres de toutes leurs décisions et peuvent y faire absolument ce qu'ils veulent. Nous sommes dans le monde libéré de la loi symbolique désiré par le LGBT. Ce lieu mythique libère les individus de toute influence patriarcale et ne laisse que l'injonction de jouir aux individus. Il devient cette entité divine de sexe féminin que certains y ont vu et ses serviteurs sont biens s'ils jouissent.

Le sexe, au sens activité physique, est une énorme source de jouissance. Toute activité sexuelle, de quelque forme que ce soit, devient quelque chose de plus que parfaitement naturel. Il devient obligatoire. Ne pas jouir régulièrement avec un ou une partenaire est une faute morale. Les formes de cette activité sont totalement laissées à la discrétion des individus sauf si "elles blessent quelqu'un d'autre". La drogue est une autre source de jouissance. La consommation, au sens mercantile du terme, est une autre source de jouissance. Il est obligatoire de jouir et de toutes les façons possibles.

Cela a des facettes nettement plus sombres. Elles sont invisibles car pas en accord avec le surmoi ainsi formé.
Dans les affaires de divorce, toute la panoplie des manipulations apparaît. J'ai pu observer d'assez près six affaires. L'horreur dans cinq cas. La culpabilisation de l'autre est virulente "C'est un mauvais père". La posture de victime est tout à fait naturelle "Il m'a regardé bizarrement". Le chantage affectif est du genre "l'enfant a besoin de sa mère et pas de son père". Tout sort. Les accusations de pédophilie, de viol sont aussi du quotidien pour les juges. Une estimation datant de quelques années disait que 90 % de ces accusations sont fausses. Cela n'a aucune importance dans un monde sans loi symbolique.

La réalité est ce qui est désiré dans ce monde. Cela explique l'apparition répétitive des idées zombies (Paul Krugman les détruit et elles reviennent sans cesse sous la même forme). Cela explique pourquoi les Grecs ont vécu au dessus de leurs moyens. Si c'était autre chose, il faudrait revoir la politique du tout Marché. Cela permet aussi de punir les grecs pour leurs fautes antérieures.
Le féminisme le plus violent devient l'expression de ce surmoi considérant que les hommes sont la source de tous les maux. Durant la seconde guerre mondiale, taper sur les nazis par tous les moyens n'a jamais posé de problème à personne. Là, les hommes sont les nazis.
Le mot actuel de fasciste est associé à ce souvenir des années 39-45. A cet époque, nommer une chose nazie, la rendait indéfendable et toute agression contre cette chose était moralement défendable. Affubler de fasciste n'importe quoi a le même effet aujourd'hui sur ce n'importe quoi. Il devient la chose à abattre par tous les moyens. Le surmoi rend la chose nécessaire.
Pour les féministes les plus violentes, les hommes sont les nazis. Il faut les abattre.
Réciproquement, pour les mêmes raisons, il est simplement inadmissible de toucher de près ou de loin tout ce qui se réclame du Judaïsme. Simplement suggérer qu'un Juif aie fait une chose légèrement incorrecte est une crime contre l'humanité de nature nazie.
Les défenseurs du LGBT fonctionnent au surmoi. Ils fonctionnent à cet espèce de sens moral qui juge sans appel et instantanément. Ils luttent contre tout conditionnement de l'humain afin de le laisser libre de se nourrir au Marché libéral. Leurs détracteurs partent de la loi symbolique, de la réalité transcendantale. Leurs arguments ne peuvent donc pas être recevables. Leurs analyses ne peuvent qu'être pauvres et limitées car elles ne partent pas des vérités ineffables de la liberté sartrienne, de l'absence de transcendance kantienne, de la domination absolue du monde par la volonté cartésienne.

Je ne fais ici que quelques considérations sur les conséquences des formes de la domination féminine. L'hypothèse faite ici m'apparaît comme fort riche. Il doit être possible de la développer beaucoup plus loin et dans d'autres formes, sous d'autres aspects. L'une des conséquences extraordinaires est qu'elle unit l'inconscient, le Marché, le LGBT et le libéralisme.

En face, je trouve la Très Sainte Vierge Marie. Aux noces de Cana, elle lance le Christ dans l'action. Il n'était qu'un invité. Elle lui a demandé de se bouger et d'agir. Elle Lui a, à sa façon, forcé la main. Mais après, Il a du admettre que c'était le moment d'y aller car Elle avait raison. La Très Sainte Vierge Marie a également posé les conditions de l'action du Christ. Elle a bien précisé que les serviteurs devaient faire "Tout ce qu'Il vous dira". Ça c'est une femme. Elle est un modèle.
Elle place chaque femme derrière chaque grand homme. Elle fait que chaque femme peut placer un homme de valeur dans le monde. Elle montre qu'une femme peut éduquer un homme de valeur et parfaitement digne de confiance. J'en oublie. Mais elle mérite la place particulière que l'Eglise catholique romaine Lui accorde. Elle donne une dignité infinie à toutes les femmes. Montre leur importance dans l'humanité. Ce n'est vraiment pas une petite place. Lui rendre un culte devient très sensé.
Elle dit que le rôle d'une femme est énorme. Elle laisse aussi les hommes agir. Ils ne sont pas tous le Christ. Elles ne sont pas toutes la Très Sainte Vierge Marie. À eux deux, ils posent un modèle de relation hommes-femmes.
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Écrit par : DidierF / | 09/08/2013

BILANS

> Le bilan des guerres des XVIème et XVIIème siècles fut de fait épouvantable et il est légitime d’y voir une cause de bouleversement. Est-ce la seule ? Car cette boucherie résulte moins de la capacité à sacrifier sa vie que du mépris total de celle des autres. Ces guerres furent exécutées par des Grands extraordinairement orgueilleux dans leur « désir de gloire » et des soudards qu’ils recrutaient en les laissant vivre sur le terrain et qui, de haut en bas de la hiérarchie militaire considéraient bourgeois et paysans comme bons à être pillés, violés, massacrés. Les 15 ou 20 millions de morts - pas très loin de la grande guerre – imputables à la guerre de Trente Ans entre Frise et Moravie, entre Plaines de la Saône et Poméranie n’étaient que très minoritairement des combattants. Si on veut s’en faire une idée, il suffit de se reporter à ce qui se fait de pire en Afrique depuis 50 ans. Il y a eu d’autres réponses que le libéralisme : la modernisation des Etats, des armées, ou encore la notion de République, dans la mesure ou elle se référait à une vertu (idéalisée ?) antique.
Ce qui est consternant dans ces drames, c’est l’impuissance totale des institutions chrétiennes, catholiques ou non, à entraver le développement de cette violence. On était bien loin de la Trêve et de la Paix de Dieu…Il y a eu une sorte de retrait ou au moins de résignation de l’Eglise, pour raison d’obéissance devenue soumission au pouvoir légitime, retrait illustré dans un autre domaine par un consternant silence face à la traite négrière.
Cela conduit a une interrogation plus grave. S’il y a eu à partir du XVIème s. une perte progressive de la « common decency » n’est-ce pas du en partie à cet abandon du champ de la morale politique accompagné de la fragmentation de la chrétienté par la Réforme et en partie aussi à l’accroissement des contacts avec d’autres peuples, sagesses et religions, tout cela ne relativisait-il pas la Révélation et la morale qui s’y rattachent ?. Et de nos jours, la folle avancée du relativisme n’accompagne-t-elle pas l’emballement de la mondialisation ? D'ou la grande question: ou et comment retrouver un sens et une morale commune dans le grand bazar mondial ?
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Écrit par : Pierre Huet / | 09/08/2013

REPRESSION GAUCHISTE

> L'extrême gauche panique au souffle ravageur d'une pensée michéenne qui a déjà grandement ébranlé les mythes progressistes de gauche. Alors, elle passe à la contre-offensive et les têtes pensantes du bon ordre gauchiste surgissent à la rescousse des bons vieux schémas d'antan, mis en péril par le trublion inclassable.
Quand toutes les conditions intellectuelles et historiques sont réunies pour un vaste réajustement des lignes idéologiques, on assiste d'autant plus à leur durcissement rageur et apeuré : Luc Boltanski soupçonne Michéa de conspirer à une révolution conservatrice ; Philippe Corcuff reproche à Michéa de vouloir abandonner le qualificatif même de gauche ; et surtout Frédéric Lordon publie un texte intitulé « impasse Michéa ». Bien sûr Lordon suit Michéa dans son intransigeance anticapitaliste, ou même dans sa démolition des organes branchés de la gauche (Libé, Les Inrocks, Canal), mais de là à rompre avec la gauche, halte-là ! Puis de s'attaquer à l'un des fondements de la pensée de Michéa, la common decency et à l'arrière-plan moral et anthropologique qui le sous-tend...
Résumé ici de ce grand bordel estival anti-michéen...
http://www.marianne.net/Michea-et-l-extreme-gauche-la-baston-de-l-ete_a231695.html
…Et ici le long texte de Lordon : http://www.revuedeslivres.fr/impasse-michea-par-frederic-lordon/
Ce qui évidemment complique ô combien les choses et qui contribue largement à alimenter cette contre-offensive, c'est qu'effectivement et malgré lui, la pensée de Michéa, est l'objet de multiples tentatives de récupération par toute une frange de l'extrême-droite (ben oui, l'extrême-droite ça existe!), qui compte les points, en vue de la grande revanche qu'elle prépare à notre beau pays, sous les drapeaux de la rébellion «politiquement incorrecte».
Quel barouf !
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Écrit par : Serge Lellouche / | 14/09/2013

MICHEA REPOND À CORCUFF

> Un extrait de la cinglante et amicale réponse de Michéa à Philippe Corcuff...
"il ne reste plus qu’une seule explication plausible à cette volonté qui est constamment la tienne de délégitimer à tout prix l’idée même de common decency. C’est qu’en tant que sociologue formé à l’école de saint Bourdieu (tout comme Boltanski et Lordon), il t’est forcément très difficile de reconnaître la place que devrait tenir la dimension morale dans toute critique radicale du capitalisme. Ce qui te conduit curieusement à retrouver –certes, sous une forme beaucoup plus « libertaire »– tous ces vieux réflexes léninistes que ton passage par la Ligue et le NPA n’a certainement pas dû améliorer."
http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/020813/en-reponse-corcuff
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Écrit par : Serge Lellouche / | 14/09/2013

GAUCHE-DROITE

> Dans sa réponse à Corcuff, Michéa revient une fois de plus sur le mythe d'un clivage gauche-droite qui remonterait à la Révolution française; pourquoi pas à la République Romaine, tant qu'on y est? Avant même que Marc Crapez ait réglé définitivement son compte à cette théorie farfelue, Emile Poulat avait déjà montré que celle-ci faussait complètement les véritables rapports de force à l'oeuvre dans la France du XIXe siècle. A savoir : les libéraux, les cléricaux et les socialistes. Au XXe siècle, avec l'invention du clivage gauche-droite, nous avons fait comme si ces trois forces antagonistes avaient disparu. Une telle occultation sert quels intérêts, au juste?
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Écrit par : Blaise Join-Lambert / | 14/09/2013

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