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24/11/2011

Annexe du 'Manifeste des chrétiens indignés'

Voir dans ce blog le Manifeste, note du 2/11 - Illustrations apportées -- au point 2 : « Aux côtés du Christ, en route vers une sobriété joyeuse », témoignages :


 

 
<< Auteurs de ce manifeste, nous avons voulu laisser le témoignage des changements survenus dans notre vie quotidienne ces dernières années. Dans les pages qui suivront, nous avons retranscrit fidèlement les propos des uns et des autres en les ordonnant comme eux-mêmes l’ont souvent fait :

 -          le Christ en tête,

 -          la vie dans l’Église,

 -          puis le souci des autres et le sens donné à la vie sociale,

 -          la naissance d’une conscience politique ensuite

 -          qui débouche enfin concrètement sur l’ajustement de notre vie aux défis de l’époque.

 

Qui sommes-nous ? Professeurs, musiciens, salariés, cadres d’entreprise, mères au foyer, anthropologues, hauts fonctionnaires, journalistes… Jeunes ou âgés, citadins et habitants des campagnes, mariés, parents ou célibataires, nos horizons vont au-delà des limites habituelles qui fixent souvent les cadres de nos relations d’amitié ! S’il est bien une caractéristique de notre groupe, c’est sa diversité.

 

De plus, les épreuves de la vie n’ont pas épargné certains d’entre nous : « Mon épouse et moi-même avons deux jeunes enfants, et le dernier, atteint d'un handicap psychomoteur, est incapable de s'alimenter. Par la grâce de Dieu toute la famille va très bien et ce qui fut d'abord une épreuve se trouve être depuis, et au quotidien, une véritable grâce. » Une seconde famille a également un fils malade, et un couple attend toujours l’enfant qui ne vient pas. Bref, nous vivons bien sur la même planète que vous qui nous lisez !

 

I                     Le Christ et l’Église sont au cœur de nos vies.

 

Nous cherchons tous le Christ.

 

Dans notre groupe, les convertis ou ‘’born again’’ sont nombreux. Le chemin de foi n’est pas évident pour autant, mais il est envers et contre tout le fil rouge de nos existences et le socle de nos engagements.

 

-          « Aux côtés de celle qui est devenue depuis ma femme, j'ai découvert la foi chrétienne. La grâce de la conversion s'est affirmée clairement au cours d'une retraite au foyer de charité de Tressaint. Les longues heures de "méditation transcendantale" se sont muées en heures de prières. Après trois ans de catéchuménat, j'ai reçu le baptême. J'avais alors vingt-cinq ans et je suis né. »

 

-          « Ma vie a basculé un beau jour de décembre 2003. Ce jour-là, depuis le milieu de l’étouffante impasse dans laquelle je me trouvais alors, le Seigneur, dans sa délicatesse infinie, est venu se présenter à moi, me saisissant de tout son amour et me faisant le don de la foi. »

 

-          « Je me considère comme un converti, même s’il semblerait qu’on me qualifie plutôt de recommençant. »

 

-          « [Tout cela] mériterait d'être complété par une petite phrase qui m'accompagne au quotidien depuis qu'un prêtre me l'a suggérée : Ô Jésus doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien". » 

 

-          « Je viens d'une famille de Corses pieds-noirs. J'ai grandi dans un milieu traditionnel limite intégriste. J'ai donc eu une éducation religieuse sérieuse mais très ritualiste et fortement identitaire. J'ai passé une partie de mon enfance dans les cités HLM de Marseille avant de partir vers la Côte d'Azur. C'est à l'âge de 18 ans, quand un ami de lycée m'a littéralement traîné à l'aumônerie que j'ai commencé ce que j'appelle ma conversion en découvrant grâce à un prêtre issu du Renouveau charismatique ce qu'était la foi en Christ. Puis j'ai entamé mon chemin avec des périodes de confiance et d'abandon total et des moments de découragement, voire d'effondrement, de révolte, de luttes très dures. La découverte du blog de Patrice de Plunkett fut pour moi une immense ouverture. Je découvrais la doctrine sociale de l’Église et la confirmation que la foi n’est pas un drapeau ou une identité mais uniquement une rencontre personnelle. Cela me permit d’achever une conversion commencée il y a longtemps. »

 

-          « Nous sommes ancrés dans notre foi en Christ et nourris quotidiennement par la lecture et relecture des Évangiles. […] Toutes nos actions écologiques et sociales ne prennent vraiment sens que dans cette foi catholique. »

 

Nous prenons part à la vie de l’Église dont nous sommes les enfants.

 
 Certains se sont engagés dans le scoutisme, d’autres dans l’animation de groupes de prière (prière des mères, prière entre voisins). Les uns sont responsables d’un groupe paroissial d’adoration, beaucoup sont membres de l’équipe d’animation paroissiale (service de la liturgie, animation des chants…), d’autres encore membres de groupes d’Action catholique. Ici un membre lié au mouvement des Focolari, là un autre membre qui appartient à la communauté de l’Emmanuel, d’autres à la Communauté Vie Chrétienne (CVX) ou encore un qui passe une année dans une École de charité et mission.

 

-          « Le groupe de jeunes couples auquel nous appartenons sert par ailleurs d’équipe liturgique certaines semaines.»

 

II                 Notre foi, la doctrine sociale de l’Église et les enjeux de notre époque conduisent nécessairement nos choix de vie personnels ou familiaux vers la sobriété.

 

1.     Nos choix de vie ont une portée largement spirituelle.

 

Chrétiens, nous essayons d’abord de vivre dans l’unité. Vie spirituelle et vie sociale ne peuvent pas rester longtemps séparées. Nous ne cherchons pas à nous donner bonne conscience mais à engager une transformation intérieure qui désencombre nos vies en la libérant de la surenchère matérialiste qui caractérise notre temps. Cette vie intérieure contribue à éclairer la portée de nos choix de vie, et en particulier nos responsabilités dans cette époque qui a exploité sans retenue des ressources limitées dont nous devions être les intendants prudents.

 

-          « C’est dans l’enracinement de mon chemin de foi que se sont forgées mes convictions politiques. Et c’est de façon de plus en plus claire pour moi que s’est imposée une continuité entre le mystère de la pauvreté évangélique et l’impératif, sur le plan politique et existentiel, d’un tournant radical vers la sobriété et le partage ».

 

-          « Nous voilà partis sur un chemin qui nous fait approfondir notre foi, un chemin qui nous redonne la paix. »

 

-          « Au sujet de la dimension spirituelle et intérieure de nos échanges, je parlerais de deux choses: la liberté et la joie. Liberté d’abord, gagnée en nous libérant des soucis, des angoisses de budgets, de crédits, de manquer la dernière occasion, la dernière promotion ou de manquer tout court. On ne sent plus ce poids de l'achat et du paiement sur nous. On est libéré du fardeau d'avoir toujours plus. La joie ensuite. La joie de remettre quelque chose en marche, de redonner ‘’vie’’ à un objet promis à la casse, d'éviter de puiser encore une fois dans les réserves de la Terre et de mon compte en banque. Quand je répare un truc ou que je bricole dans la maison, j'ai l'impression de construire, d'apporter quelque chose à ma famille et en plus j'ai une joie personnelle d'y arriver. »

 

-          « La crise de 2007-2008 fut un déclencheur, une invitation à comprendre comment on en était « arrivé là », et à approfondir des interrogations latentes sur les dysfonctionnements de notre système économique, social et politique, mais aussi de notre mode de vie. Cette période de questionnements a permis un approfondissement de notre vie spirituelle et sacramentelle, une fréquentation plus grande des textes du magistère, mais aussi de plusieurs économistes ‘’hétérodoxes’’, des échanges et des dialogues riches et variés sur le blog de Patrice de Plunkett, la découverte in fine que d’autres styles de vie sont possibles, sous les couleurs de la « sobriété joyeuse » promue par Benoît XVI, plus épanouissants, plus conformes à nos responsabilités sociales de chrétiens, compatibles avec les limites de la Création que Dieu a confiée à notre garde, et non moins « joyeux » voire « festifs » que notre « vie d’avant ».

 

-          « Notre regard sur le monde sera bien plus joyeux et rempli de respect et de simplicité si nous savons à nouveau admirer l'araignée orbitèle qui construit sa toile, si nous savons remarquer le matin où les chants de rouges-gorges sont plus nombreux que la veille, celui où telle fleur est apparue dans le sous-bois, lire le rythme des saisons dans un bourgeon, un chant d'oiseau, la lumière changée, admirer le papillon, s'attendre à voir le castor sur la berge - et pas sur une page Wikipedia. Se rendre présent à la Création : aux nuages, au soleil, à la plante, à l'oiseau, au lézard, à l'insecte. Se dire que - même si on n'est pas très calé en écologie - ils ne sont pas là "par hasard" mais qu’ils sont en train de jouer leur partition dans un concert, leur part dans un ballet. Qu'il y a sens pour le genêt à pousser sur ce coteau, pour la pie-grièche à se percher sur le genêt. C’est une réalité profonde pour moi, et je pense que cela peut aussi répondre à des recherches, à des attentes, et amener à plus de respect, de paix et de sérénité aussi.»

 

2.     On ne peut pas distinguer enjeux sociaux et enjeux écologiques : tout se tient.

 

C’est aussi en rencontrant les plus pauvres, et pour certains en vivant au milieu d’eux, que nous avons compris l’ardente nécessité de vivre simplement.

 

-          « J'ai fait trente-six boulots pour payer mes études et j'ai exercé près de dix ans dans des établissements ZEP. Ces diverses expériences m'ont ouvert sur la société, le système économique et le souci des petits, des pauvres, de ceux qu'on laisse au bord de la route. »

 

-          « Après une année assez prenante de colocation avec des personnes de la rue, j’ai repris la distribution de repas aux Restos du Cœur. »

 

-          « Nous avons vécu deux années dans un petit village en Asie. Nous n’avons pas idéalisé la vie de ceux que nous avons rencontrés, mais nous avons cependant réalisé à quel point notre mode de vie occidental nous a peu à peu coupé de l’essentiel : la relation à l’autre, la vie communautaire. »

 

3.     Vers la sobriété

 

Ø  Un chemin ouvert à tous

 

Beaucoup d’actions relatées ici pourront sembler hors de portée à certains. Il n’est pas facile de cultiver son potager biologique quand on habite un petit appartement en ville ou un logement dans une zone relativement polluée. Les auteurs de ce manifeste et les sympathisants qui ont apporté leurs témoignages viennent d’horizons socio-économiques variés. Tous ne mettent pas en pratique toutes les actions que nous avons réunies ici mais chacun cherche à agir à la mesure de ses moyens. Nous sommes conscients qu’il s’agit d’abord d’un chemin individuel et que chacun assortit ses choix à ses contraintes (situation professionnelle, revenus, situation géographique, conjoint...).

 

Ces actions ne sont donc pas une liste de conduites auxquelles le bon chrétien doit impérativement se conformer mais d’abord des suggestions dans lesquelles chacun peut trouver, selon son cheminement personnel, matière à réflexion et à approfondissement. En réunissant ces témoignages, nous avons voulu vous proposer une démarche qui débouche sur une autre vision de la vie et une autre façon d’être au monde.

 

Ø  Nous cherchons à ce que notre mode de consommation permette aux producteurs de vivre décemment. En particulier, que notre argent aille en priorité chez celui qui produit et non pas chez celui qui distribue, dont les marges excessives étouffent celui qui crée la vraie valeur.

 

-          « Nous faisons partie d'une AMAP [1], achetons tant que possible localement et le moins possible en supermarché », « […] nous sommes sur la liste d’attente d’une AMAP ». Ce témoignage revient souvent. »

 

-          « Je ne suis pas membre d'une AMAP, mais nous achetons tout ce que nous pouvons en bio et/ou en produit locaux (la coopérative bio n’est pas loin de chez moi, de même le primeur que nous connaissons bien et qui vend des produits et légumes du coin), et évitons la nourriture industrielle au maximum. »

 

-          « J’achète le moins possible en hypermarché (je sais, ce n'est pas facile!). »

 

-          « J’achète le plus possible des produits équitables. »

 

-          « Nous n’avons pas encore réussi à nous passer de la grande distribution, mais nous privilégions une enseigne relativement plus sociale et environnementale, par rapport à d’autres que nous ignorons délibérément. »

 

-          « Nous retrouvons progressivement un lien direct avec notre alimentation. Nous avons inauguré cette année un petit potager et un poulailler. Les enfants adorent jardiner, observer la croissance des légumes et les animaux. C’est à la fois ludique et éducatif (une initiation quotidienne à la nature et à ses rythmes), et délassant pour les plus grands. Cela fait du bien de faire quelque chose de physique quand notre travail est essentiellement intellectuel. La taille des caddies et la fréquence de nos passages au supermarché en a diminué d’autant (et ainsi notre ‘collaboration active ou passive’ avec le modèle social et environnemental discutable de la grande distribution). »

 

-          « Nous cherchons par notre consommation à favoriser une agriculture qui garantisse un revenu décent aux producteurs. »

 

-          « Le rappel du Saint-Père dans ‘’Caritas in veritate’’ comme quoi « chacun de nos actes économiques constitue un acte moral » (et a contrario, à l’occasion,… immoral) nous a beaucoup interpelés. Nous avons pris conscience que nos comportements – apparemment anodins – en tant que consommateurs sont porteurs de conséquences sociales au sens large, à côté de chez nous ou à l’autre bout du monde, et que le « rapport qualité /prix » et la « maximisation du profit personnel » ne peuvent plus constituer le seul critère d’achat. Nous achetons moins qu’avant, nous efforçant de diminuer le ‘’superflu’’, mais achetons ‘’mieux’’ (dans quelles conditions sociales et environnementales un produit a-t-il été fabriqué – son ‘bilan social’ et son ‘empreinte écologique’? Dans quelle mesure est-il durable ?), éventuellement « plus cher », si le « surcoût » se traduit par une plus grande équité, un bénéfice social ou environnemental. Il s’agit de réintroduire une dimension de don, de gratuité et de partage dans le « raisonnement économique », réinsérer « l’économie » dans le tissu des relations sociales, et ultimement, dans la théologie de la charité, comme ce fut longtemps essentiellement le cas jusqu’à la Révolution industrielle. Concrètement, cela implique de donner la préférence à des entreprises « sociales et solidaires », ou bien « conventionnelles », mais dont le patron et les actionnaires assument clairement cette responsabilité. Mais nous avons encore des progrès à faire ! »

 

Ø  Nous luttons contre l’omniprésence des échanges marchands et favorisons les échanges de services entre proches.

 

-          « Nous essayons de développer une vie d'entraide et de proximité autour de nous. »

 

-          « J'essaie de pratiquer les échanges de savoir au maximum: cours de chant contre couture par exemple. »

 

-          « Nous avons fait le choix d'un seul salaire pour privilégier la qualité et la richesse de la vie de famille. »

 

-          « Nous pratiquons l'entraide au maximum. »

 

-          « Nous nous faisons grassement fournir gratuitement par notre voisin et ami en divers fruits et légumes par dizaines de kilos, quand ce ne sont pas les fameux pieds de tomates, de concombres ou d'aubergine estivaux qu'il nous donne aussi généreusement. Il est agriculteur, membre de notre équipe d'Action Catholique, et en cours de démarche de labellisation bio pour son exploitation. J'ai honte, parce qu'on en profite sans pratiquement jamais avoir l'occasion de lui rendre service en retour. Quand je dis que c'est gratuit, c'est du gratuit de chez gratuit. »

 

-          « Nous prêtons des livres ou CD qui nous ont plu et réciproquement. »

 

Ø  Cultiver une relative indépendance participe de notre dignité humaine. C’est par ailleurs une voie de salut pour tous les pauvres de cette terre, qui souffrent de leur total assujettissement aux lois des échanges économiques, conçues pour les plus riches. Cela implique entre autres de redécouvrir la nature et de réapprendre les savoir-faire traditionnels.

 

-          « J’ai acheté un livre sur les plantes sauvages comestibles (même si je ne suis pas encore passé à l’acte, sauf pour les mûres, le sureau et les pissenlits !) »

 

-          « Nous avons un potager (pour la première année), un verger, un bois et six poules! Le grand luxe! Et depuis peu, nous produisons des champignons dans la cave… »

 

-          « Nous faisons beaucoup de cuisine, avons une yaourtière, faisons notre pain maison dans un four électrique lambda. »

 

-          « Nous n'achetons quasiment plus de plats ou de pâtisseries industrielles, presque tout est fait maison (merci ma chère et tendre !).»

 

-          « Nos achats sont limités au strict minimum (même s’il y a encore des progrès à faire, comme par exemple fabriquer des pâtes fraîches, ce qui est très simple…).»

 

-          « Nous avons un petit potager de 20m² dans notre jardin qui nous donne nos tomates, courgettes, concombres, aubergines et (pas assez de) pommes de terre l'été, et les poireaux l'hiver. »

 

-          « Nous privilégions le ‘’fait-maison’’ en faisant notre pain nous-mêmes (une fois par semaine), mais également divers sirops, confitures, compotes – avec les fruits ramassés dans le verger ou cueillis dans la nature - et autres conserves de légumes en saison. ‘Faire’ plus souvent de la cuisine, de la pâtisserie (et non plus l’acheter), constitue une activité très sympa en famille, contribue à une alimentation plus saine et constitue aussi une économie non négligeable. »

 

Ø  Nous cultivons l’émerveillement devant les merveilles de la Création.

 

-          « Nous essayons de transmettre le goût des choses simples et l'émerveillement à nos enfants. »

 

-          « Nous valorisons les promenades dans la nature qui sont l’occasion de s’émerveiller toujours plus des beautés de la Création. »

 

-          « Nous installons des boules de graisse pour nourrir les oiseaux l’hiver dans les parcs environnants et sur notre balcon et en proposons à nos familles, amis et voisins. Nous posons également des nichoirs adaptés aux différentes espèces.»

 

-          « Prendre le pli de vivre le moment présent, le vivre pleinement, éviter de fuir ce présent – éventuellement pénible ou contrariant – en se projetant dans un avenir idéalisé (mais ne pas arrêter de faire des projets, bien au contraire !). Prendre le temps de contempler et de ‘savourer’ la beauté qui nous entoure, la rapporter au Créateur et apprendre aux enfants à faire de même : un beau coucher de soleil, la lumière dorée de l’automne sur les couleurs changeantes de la nature, le bel ordonnancement d’une architecture classique souvent côtoyée. Beaucoup de ‘cadeaux’ quotidiens que nous ‘voyons’ trop souvent distraitement sans les ‘regarder’, plongés que nous sommes dans nos pensées et préoccupations du moment. »

 

 

Ø  Nous luttons contre la virtualisation des échanges qui, sous couvert de rapprocher les gens et d’accélérer les échanges, accroît la dépendance à la consommation et le sentiment de solitude. Internet ignore ce qui fait la richesse essentielle d’une relation, à savoir une rencontre authentique entre deux personnes qui se voient vivre.

 

-          « Nous avons deux vieux portables sans forfait que l'on n'a pas achetés et dont on va se débarrasser un de ces jours. Je regrette en cette période d'écriture d'être toujours sur mon ordinateur, si vous saviez. Et je voudrais parfois m'en défaire, vraiment. »

 -          « Nous empruntons énormément à la médiathèque voisine (CD, DVD, livres etc.) au lieu d'acheter sans cesse et du coup nous ne regardons plus les chaînes de télévision. »

 -          « Je n'ai pas voulu du tableau blanc interactif pour faire mes cours. »

 -          « Nous n'avons pas la télévision.»

 -        « Nous n’avons pas de télévision ni d’ordinateur personnel non plus, et seulement un téléphone portable basique. »

-          « Nous essayons de diminuer notre utilisation d’Internet et des téléphones portables, lesquels sont aussi très simples et sans accès à la toile. »

-          « Nous essayons de sourire à tout le monde. J'avoue, avec trois ados et une pré-ado, ce n'est pas gagné. »

-          « Nous avons opéré un retour en arrière en renonçant à nos achats sur Internet. Nous préférons aujourd’hui, même si c’est plus cher, faire vivre les petits commerçants de notre quartier. »

-          « Je n’achète plus aucun livre sur Internet, et j’accepte d’attendre quelques jours l’arrivée de mes commandes. Je ne m’en porte pas plus mal, et je redécouvre la joie de fouiller chez le libraire. »

-          « Se donner les moyens de prendre du temps en couple et en famille, au quotidien, malgré un emploi du temps souvent chargé, avec les amis aussi. Rester ouvert et disponible pour l’inattendu, le ‘non-programmé’. En laissant la télé éteinte (volontairement, pas de connexion au câble), nous passons la plus grande partie de nos soirées à parler en couple. Le soir, les enfants (3 et 6 ans) ont droit à une histoire ou à un conte, ou encore le droit de feuilleter les albums de photos avec un de leurs parents. Une fois de temps en temps au cours de la semaine, ils visionnent un DVD (Disney ou autres dessins animés)...en langues étrangères. Autrement, ils jouent beaucoup au jardin. Jusqu’à présent, cela ‘fonctionne’. »


_________

 

[1]  Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne : voir http://www.reseau-amap.org/

 

À suivre

Commentaires

UN EVEQUE AUX INDIGNéS ?

> [NDLR : Merci à vous, cher PP, de mesurer mes questionnements assez souvent maladroits ; par exemple le commentaire ci-dessous]

Les indignés orphelins ? A entendre certains médias, Danielle Mitterrand leur servait de figure tutélaire. Qu’elle repose en paix, elle qui comprenait mal la charité chrétienne, au point de mesurer ses compliments à Mère Teresa (sa dernière interview pour « La Vie », extraits en ligne : www.lavie.fr/actualite/france/danielle-mitterrand-l-ultime-interview-22-11-2011-22005_4.php ), lui préférant Sœur Emmanuelle.
Reste que les indignés, et en particulier les indignés chrétiens, traversés de tendances diverses, des identitaires tradis aux sociaux-écolos en passant par les « barjots » (de Frigide), auraient avantage à se doter d’une figure emblématique – un autre Abbé Pierre – pour faire entendre leur voix.
Alors un prêtre, un diacre, voire un évêque pour paître le troupeau des indignés ? « Evêque aux indignés »… ça aurait de la gueule, non ? (au sens de « coup de gueule évangélique », s’entend). A condition, évidemment, d’éviter le piège d’une « néo-théologie de la libération » à laquelle certains pourraient être tentés de réduire un tel mouvement.

D.

[ De PP à D. - Mais Joseph Ratzinger lui-même a appelé à une "néo-théologie de la libération" (J'ai souvent cité son document de 1986). ! L'idée de théologie de la libération (se libérer des structures de péché) est excellente. Pas besoin pour ça de faire des emprunts au Che. ]

réponse au commentaire

Écrit par : Denis / | 24/11/2011

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