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25/04/2007

La présidentielle, les catholiques... et ce qu'est réellement la foi religieuse

Bien autre chose qu'une question de "convictions" : 


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La présidentielle fait naître un débat entre catholiques sur leur rôle dans la Cité  - face à des tendances lourdes et nouvelles, qui obligent à repenser la question des formes de l’engagement social. Ce qui n’évangélise pas ne sert à rien. Donc ce débat aide à mieux saisir ce qu’est la démarche de foi en elle-même. Et c’est bien autre chose qu’une question de convictions :

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m<< C’est un chemin qui conduit d’une vision d’extériorité à une vision d’intériorité, où l’on cesse enfin de concevoir et de prêcher la religion comme une relation avec un être extérieur qui s’ajouterait à notre existence pour la conforter, la diriger, la surveiller ou la juger. Le Tout Autre qui serait un Tout Extérieur, qui serait au-delà du cercle des choses visibles et avec lequel nous entretiendrions des rapports de dépendance aliénante, est proprement aberrant. On comprend que les attaques des maîtres du soupçon [Nietzsche] soient maintenant dans l’air du temps…

 

Dans la vision d’intériorité, au contraire, Dieu n’est pas victime d’une mesure de ségrégation, il n’est pas seulement ailleurs, ni au-delà, dans un autre monde où il faudrait émigrer pour le trouver, mais en plein cœur de l’humain comme sa raison d’être, son âme et le dynamisme de son dépassement. Par conséquent, Dieu est à chercher dans la dimension de profondeur la plus existentielle, dans ce qui fait qu’un homme est un homme et sans quoi il cesse de l’être.

 

Si la profondeur est vraiment le domaine de la religion, on voit aussitôt que personne ne saurait vivre pleinement sans la rencontrer, que tout dualisme devient impensable, et qu’il n’est plus possible d’enfermer Dieu dans un domaine réservé, en marge de l’existence pratique. La foi n’est plus alors une rallonge ou un luxe inutile, mais la vie même dans ce qu’elle a d’essentiel, où donc il devient plausible que sans Dieu il n’y a plus d’homme. Transcendance, oui, mais qui est un au-delà au cœur de notre vie (Bonhoeffer), non pas infiniment loin, mais toute proche, une couche de vérité si profonde qu’on l’atteint non pas aux frontières de la vie, mais en son centre, non pas par une fuite, mais par une plus profonde immersion dans l’existence, selon la belle expression de Kierkegaard.

 

Ici, beaucoup mieux que de comprendre, il s’agit de se laisser prendre, de se laisser saisir par le Christ, car un moment doit venir où nous devons croire en vertu d’une expérience immédiate, d’un contact personnel : chemin de Damas en dehors duquel il n’y a pas de disciples. Or voilà bien notre espérance : susciter en chacun le disciple qui répondra en temps voulu à l'appel intérieur qui lui dit : Viens et suis-moi. >>

 

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Sagesse et pratiques du christianisme

(A. et R. Goettmann, Plon-Mame 1995).

 

 

 

 

 

Commentaires

MAGNIFIQUE

> Magnifique texte. A côté de ça (qui irrigue la vie quotidienne tout entière, donc aussi la vie de la Cité, par surcroît), les arguments nains du "politique d'abord" disparaissent. Politique peut-être, politique aussi. Mais "d'abord", sûrement pas.

Écrit par : D.a.l. | 25/04/2007

L'EXEMPLE DE CHARLES DE FOUCAULD

> Je pense que notre époque est marquée par deux pathologies opposées:
- la pathologie de la différence de Dieu qui devient alors complètement extérieur, et donc menaçant ou gênant pour l'homme;
- la pathologie de la proximité de Dieu, si proche qu'il finit par disparaître dans l'humanité, l'homme prenant sa place dans une divinisation orgueilleuse de lui-même.
Notre époque est marquée par le choc entre ces deux pathologies, bien plus que par le choc des civilisations.
L'itinéraire de Charles de Foucauld peut nous éclairer: englué dans un athéisme pratique, il a découvert, par l'Islam, la différence de Dieu qui lui manquait tant. Il est ainsi redevenu chrétien; sa vie a recommencé à respirer avec les deux poumons du Dieu autre "autrement qu'autrui" et du Dieu "plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes". Il a été libéré de l'athéisme étouffant sans adhérer pour autant à l'Islam.

Écrit par : BH | 25/04/2007

LE VOTE

> Puis-je vous inviter à lire quelque chose de plus prosaïque concernant le prochain vote, qui pose problème pour les catholiques:

http://www.hermas.info/article-6482868.html

Peut-être pouvons-nous encore interpeler les candidats ? Je l'espère à défaut d'y croire vraiment !

Cordialement

Écrit par : F. | 25/04/2007

> "...où donc il devient plausible que sans Dieu il n’y a plus d’homme."

Les régimes génocidaires l'ont confirmé.

Écrit par : Qwyzyx | 25/04/2007

L'ANALYSE DU P. GARRIGUES

> Il me semble que dans ces débats - dont l'existence même est une bénédiction, ne le perdons pas de vue - l'analyse du P. Garrigues, dans libertépolitique.com, répond véritablement à cette exigence d'une vision d'intériorité. Il ne s'agit pas d'échapper, par révolte ou lassitude, ou désespoir, à la sphère du politique pour se réfugier dans le divin. Il s'agit, dans un problème humain concret et déterminant, d'accepter de s'engager comme des chrétiens incarnés. Notre humanité n'a pas de sens sans la vie sociale, il est aisé de le comprendre. Mais l'inverse est également vrai. Notre vie sociale n'a pas de sens sans notre humanité, et cette dernière n'est telle que par le christianisme. Il faut donc tout assumer, et plus les enjeux humains sont graves, et plus notre conscience chrétienne doit être en alerte.

Dans cette approche, où le témoignage devient aussi une priorité non négociable, nous avons besoin de nos Pasteurs. C'est pourquoi nous avons lancé, sur Hermas, un appel qui leur est destiné : http://www.hermas.info/article-6483831.html. Il ne paraît pas concevable, dans de telles circonstances, que les chrétiens, qui sont citoyens ET fidèles, soient laissés sans orientation. Pouvez-vous nous aider à le diffuser ?

Écrit par : Pierre Gabarra | 25/04/2007

LAMARTINE

> Notre crime est d'être homme et de vouloir connaître
Ignorer et servir c'est la loi de notre être.

écrivait Lamartine dans es méditations poétique. Est-ce cela encore la christianisme politique?

Écrit par : papageno | 30/04/2007

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