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14/02/2007

En France, la crise du sacerdoce - et son seul remède

En analysant l'Annuaire pontifical, voici l'image du sacerdoce en France depuis 40 ans :


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1. Evolution des vocations sacerdotales, 1965-2006

 

 

 C’est un effondrement sans précédent historique, même par rapport à la période 1790-1801.

Cet effondrement est marqué par :

a) une chute continue du nombre des séminaristes, et donc du nombre des prêtres. La moyenne d'âge des prêtres français ne cesse d'augmenter; il est actuellement de 67 à 72 ans selon les diocèses.

b) une chute sur une période incomparablement longue: au moins quarante ans, si l'on prend comme point de repère l'année 1965, qui marque la fin du concile Vatican II.

 

 

  De 1966 à 2006, on distingue trois périodes:

 

 

 

>  Effondrement : 1966-1975 

 - Entrées en première année de séminaire:

* 1966: 902

* 1975: 202

- Nombre de séminaristes:

* 1966: 4536

* 1975: 1297

 - Ordinations sacerdotales:

* 1966: 566

* 1975: 170

  

> Palier: 1976-1995

 - Entrées en première année de séminaire:

* 1976: 215

* 1995: 204

- Nombre de séminaristes:

* 1976: 1180

* 1995: 1155 

- Ordinations sacerdotales:

* 1976: 136

* 1995: 121

 

> Nouvelle baisse: 1996-2006

  - Entrées en première année de séminaire:

* 1996: 180

* 2004: 135 (en 2002: 116)

* 2006 : 146 (en 2005 : 142) 

- Nombre de séminaristes:

* 1996: 1103

* 2004: 758 (773 en 2003; 831 en 2002)

* 2005 : 784

* 2006 : 764 

- Ordinations sacerdotales (prêtres diocésains):

* 1996: 128

* 2004: 90 (105 en 2003; 132 en 2002)

* 2005 : 98

* 2006 : 94

   

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2. Les ordinations de prêtres diocésains dans les diocèses

 

 

- En 2002, les deux tiers des 92 diocèses de la France métropolitaine ont eu zéro ordination, ou seulement une seule. Ces 66 diocèses se répartissent ainsi:

* 36 diocèses: 0 ordination

* 30 diocèses: 1 ordination

 

- En 2004, la situation s'est aggravée: de 66 diocèses, on est passé à 75:

* 51 diocèses: 0 ordination

* 24 diocèses: 1 ordination

et

- En 2005, le nombre de ces diocèses est de 70 :

* 48 diocèses : 0 ordination

* 22 diocèses : 1 ordination

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3.   Le nombre de prêtres diocésains en France

 

-         1948 : 42 500 

-         1965 : 41 000 

-         1975 : 36 000 

-         1995 : 22 200 

-         2005 : 15 900  

          (âge moyen : 70 ans).

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Commentaire : 

 

 

 

>  La chute des vocations correspond à la chute verticale de la foi et de la connaissance religieuse (chez les  catholiques sociologiques et les postchrétiens) : chute qui apparaît dans tous les sondages, et que l’expérience quotidienne le confirme.

 

 

 

>  Le remède ne consiste évidemment pas* dans les bricolages institutionnels recommandés par les médias (mariage des prêtres, sacerdoce des femmes). Ni a fortiori  dans l’effacement de la fonction sacerdotale, telle que la préconisent certaines personnalités françaises y compris dans le clergé. Ces bricolages sont à côté du sujet, qui n’est pas administratif mais spirituel !

 

 

 

>   Le seul remède est indiqué par Benoît XVI et par de très nombreuses voix dans l'Eglise de France. Il s'agit :

 

a)  d’ouvrir les fenêtres de la vieille Europe sur le reste de la planète chrétienne, qui a de rudes problèmes mais pas de « dépression nerveuse spirituelle »  (due au gavage psychologique hédoniste) ;

 

b)  de susciter un réveil de la foi :

- par le chemin spirituel,

- et par une intense campagne de « découverte du contenu » du catholicisme : contenu ignoré, aujourd’hui, par la plupart des Européens se disant machinalement encore catholiques. 

 

Comme exemple, nous allons mettre ici en ligne le « plan de Carême » d’une paroisse de la région parisienne.

 

 

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(*)  "Evidemment pas" : dans la mesure où la crise de recrutement chez les pasteurs protestants est aussi grave, voire plus, que chez les prêtres catholiques.

 

 

Commentaires

DES EXEMPLES À SUIVRE

> Il faut aussi des exemples à suivre. Pour que nos enfants aient envie de devenir prêtre, il faut que dès aujourd'hui ils s'identifient au prêtre. D'où l'importance que des petits garçons servent la messe. D'où l'importance que les prêtres se distinguent de la masse, que leur tenue soit le symbole de cette distinction. D'où l'importance que les prêtres parlent de la mort, du salut et de Dieu, plutôt que de morale humaniste pour ce monde comme n'importe quel monsieur tout le monde, présentateur du 20h à la TV à ses heures.

Écrit par : Maximilien FRICHE | 14/02/2007

Foi, Amour et Vatican II

> Les vocations sacerdotales naissent un peu comme "les champignons": s'il n'y pas d'humidité sur un terrain favorable, c'est inutile. Il faut donc tous nous replonger dans la grâce du baptême pour nous réimprégner à nouveau du trésor magifique de la foi. Quant au climat, il est crucial d'apprendre à aimer l'Eglise catholique. "Celui qui ne sème pas dans la foi de Pierre n'a aucun avenir" disait Saint Thomas Becket. Enfin, n'oublions pas la famille! Au début de la Création, Dieu a crée l'homme et la femme et inventé l'amour humain, source de fécondité.
Un travail en profondeur sur une génération s'ouvre sous nos yeux. Comme disent les bons sportifs, il va falloir mouiller nos maillots pour laisser enfin toute la place à l'Esprit du Concile Vatican II.

Abbé Dominique Rimaz
Vice-coordinateur européen des vocations

Écrit par : Abbé Dominique Rimaz | 14/02/2007

À FOND

> ben mon vieux, t'es à fond dedans toi

JP


[De PP à JP - Ben ouais.]

Écrit par : jp | 14/02/2007

ETATS-GENERAUX

> Les vocations reprendront-elles tant que durera cette ère chèvrechoutiste où l'on tente d'amalgamer foi catholique et droitsdel'hommisme ? J'en doute. Est-on encore vraiment convaincu de la vérité du catholicisme et qu'en-dehors de l'Eglise il n'y a pas de salut? J'en doute aussi. Comment veut-on faire renaître l'esprit missionnaire si l'on n'est pas convaincu que l'Eglise est seule dépositaire des trésors du salut? Vatican II a été pour l'Eglise ce que les Etats-Généraux ont été pour la royauté et l'on connaît la suite. Pour en sortir, il faudra être déterminé à mener une véritable entreprise de restauration catholique qui nous débarrasse une fois pour toutes de ces catéchismes édulcorés et de ces préchi-préchas imprégnés d'un esprit de compromis avec les idées libérales et modernistes...

Écrit par : hildebrand | 14/02/2007

[De PP à Hildebrand :

Permettez-moi de vous demander en quoi la constitution dogmatique de Vatican II sur l’Eglise («Lumen Gentium » : « Lumière des nations ») est un texte chèvre-chou, digne des Etats-Généraux ?
Ou la constitution de Vatican II sur la liturgie ?
Ou la déclaration sur l’apostolat des laïcs ?
Même Mgr Lefebvre a voté à peu près TOUS les textes de Vatican II. En vérité, ce que les « amis du désastre » ont fait dans l’Eglise à partir de 1970, sous l’emprise de diverses influences d’époque, a été le contraire de ce que Vatican II avait décidé !
Quant aux Pères conciliaires, ils étaient l’Eglise universelle, parfaitement légitimes et éclairés par l’Esprit Saint : c'est ce que postule la théologie la plus traditionnelle… Il faut se demander de quel point de vue on se place...]

Écrit par : PP | 14/02/2007

COMME AU Ve SIÈCLE

> Si vous lisez le Clovis de Michel Rouche, vous vous apercevrez que la situation du Ve s était dans un état proche du notre actuellement. Presque plus d'évêques, peu de prêtres et une Gaule (peu évangélisée dans ses campagnes) entourée de peuples ariens (doctrine proche de l'islam de nos jours) et dont les cadres sociaux et culturels étaient en ruines. Puis nous avons eu saint Rémi, Clotilde et Clovis dans ce qui deviendra la France, et Saint Benoît en Italie qui changea tout en Europe avec sa règle. Alors ne desespérons pas et au boulot avec foi en Dieu, amour de l'Eglise et fidélité aux Ecritures.

Écrit par : VF | 15/02/2007

SEULEMENT DES SAINTS

> l'argument de Vatican II qui serait responsable de cette importante diminution des vocations ne tient pas la route deux minutes. Il y a des églises qui n'ont pas le problème que nous connaissons. Par exemple, en Afrique ou en Pologne. Au Bénin, les prêtres et les conversions sont nombreux et ils sont à l'aise avec Vatican II. En Pologne, Jean-Paul II alors évêque a dés après Vatican II dont il fut, chacun le sait, un élément moteur, instauré un synode dans son diocèse pour profiter de l'enseignement de ce Concile. Et comment ne pas penser aux moines de Tibhirine qui nous ont laissé un exemple poignant. Qui se pose sincèrement la question de savoir s'il étaient des années 70-90 comme on dit ? C'était seulement des saints et cela suffit...

Écrit par : o. le pivain | 15/02/2007

CEUX QUI PARTENT ET CEUX QUI RESTENT

> Sur le terrain, je connais maintenant 2 scholastiques et un profès qui ont quittés les ordres, surement parcequ'il y a peu de vocations mais aussi par manque d'orientation... les jeunes prenant le chemin de la prêtrise sont un peu démunis devant leur manque d'expérience de la vie et la rigueur du sacerdoce actuel dans un environnement qui se déchristianise, mais qui est très exigeant, quand on regarde l'agenda d'un prêtre et ses dizaines de mi-temps, on est loin du sacerdoce du curré de campagne... D'un autre coté j'en connais quelques uns qui sont toujours fidèles à leurs engagements, et c'est cela les fondations solides qu'il faut à l'Eglise en ces temps.

Écrit par : Emmanuel | 23/02/2007

LES ADOS

> J'avais lu (où et quand, je ne m'en souviens plus) que le nombre de séminaristes en France était proportionnel à celui des croyants pratiquants et ce depuis 50 ans.
Bref, la solution est serait donc bien dans l'approfondissement de notre foi : un catéchisme où l'on n'apprend pas "qu'il est bien de faire des bonhommes en pâte à modeler pour voir combien la création a été difficile pour Dieu" (véridique malheureusement), un catéchisme où l'on décortique notre foi et où on nous éveille à l'imitation des saints.
En effet, il ne faut pas s'étonner si les ados se détournent d'une foi qui leur est présentée comme complètement charbonnière et désincarnée en même temps. ll faut une foi vivante tous les jours et bien comprise. Et si les ados se détournent de la foi, il est logique que le nombre de prêtres ne soit pas élevé.

Écrit par : Quod absconditus | 28/02/2007

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