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01/02/2018

Le bien peut faire du bruit, le bruit peut faire du bien

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Coutumière en milieu catholique français, la frilosité  n'est vraiment plus d'actualité. Pourquoi certains semblent-ils avoir peur de regarder un problème qu'il faut tirer au clair ?


 

 

Débats des radios, débat le 7 à La Procure de Paris, débats sur Facebook, débats dans les journaux papier :  la floraison subite de livres sur le catholicisme et les catholiques fait du bruit. Et ce bruit fait du bien, contrairement à l'adage des bons messieurs qui exaspérait Bernanos ! Mieux vaut voir les problèmes plutôt que de regarder en l'air...

Quels problèmes ?  Ceux que pose depuis cinq ans la dérive d'une partie de la droite catholique française, qui mélange : 1. sa coutumière frilosité ("débattre serait se diviser") ; 2. une inédite mansuétude envers les droites extrêmes (d'abord les "catho-identitaires" [*] puis les identitaires tout court c'est-à-dire les néo-païens) ; 3. et surtout l'inféodation à un système économique critiqué par tous les papes : système qui rend cette droite allergique à François et à son enseignement social (Laudato Si', Evangelii gaudium, etc) ; allergie apparue dans les médias US dès les premiers discours du pontificat, et rapidement relayée - en France, en Italie - par des membres de la grande bourgeoisie d'affaires. Son sous-produit est la campagne bergogliophobe dans le domaine religieux et moral, menée  à coups de fake news et de buzz délirants contre pape et évêques.

Renforcée par l'obsession anti-immigrés, la virulence de ces nombreuses attaques vient (non pas seulement mais en grande partie) de "cathos" affichés, dont les messages  trahissent le manque de connaissances théologiques et ecclésiologiques : un de leurs leitmotive étant par exemple d'opposer François à Benoît XVI, ils ignorent que Benoît XVI tenait des propos proches de ceux de François sur les futures tâches de l'Eglise en Europe.

La campagne anti-François déferle sur les réseaux sociaux, intoxique des catholiques français, influence des médias... Mais le pire est l'impression qu'elle donne au public non chrétien, qui prend la "cathosphère" bergogliophobe pour le vrai catholicisme. Interposée entre  l'Eglise réelle et l'opinion publique, cette "cathosphère" est un obstacle au témoignage chrétien. Il devenait donc urgent de dénoncer ce parasitage et de faire la lumière sur ce fourvoiement récent d'une partie des milieux catholiques français.

La lumière est en train de se faire. D'où l'irritation (suave) de ceux qui auraient pu signaler eux aussi le fourvoiement... mais ne l'ont pas fait  - pour des raisons qui leur appartiennent et dénotent une certaine incompréhension du monde actuel. En effet l'heure est au débat clair et concret, non aux sermons d'unanimisme... Il faut "bannir l'erreur qui nous divise", disait un vieux chant de pèlerinage : depuis cinq ans l'erreur était d'imposer au catholicisme un préalable politique, un conformisme de parti et de milieu, qui finit par faire préférer un antichrétien de droite à un chrétien de gauche ; partisanerie issue d'autre chose que de la foi, et qui aboutit à une limitation de Jésus-Christ.

D'où les nombreux livres qui paraissent aujourd'hui dont le mien ; d'où aussi l'approbation que beaucoup de prêtres et d'évêques adressent à leurs auteurs, "tant le sujet leur paraît important".

 

________

[*]  L'identitarisme "catho" n'est pas l'identité chrétienne (qui réside dans la personne du Christ) mais au contraire une posture de repli sur soi : donner un vernis "catholique" à des peurs et des réflexes viscéraux, confondus avec une "identité". Peurs et réflexes qui expriment plutôt une incertitude sur soi-même, et qui devraient être évangélisés comme les évêques français le rappellent ; ce qui leur vaut des flots d'insultes sur Twitter.

 

 

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Commentaires

St FRANÇOIS DE SALES

> "L'adage des bons messieurs" que vous récusez : "Le bien ne fait pas de bruit le bruit ne fait pas de bien" est de St François de Sales.

MG


( PP à MG - Bien entendu, mais : St François de Sales l'appliquait à un point précis, sans en faire une norme en tous domaines ni surtout un prétexte - comme le firent très abusivement les "bons messieurs". ]

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Écrit par : Michel de Guibert / | 01/02/2018

DISCUSSION

> Quels que soient les errements politiques des catholiques, qu’il s’agisse des salonnards experts en « christianophobie », des fourvoyés de « Sens commun », des sociétaux-libertaires de « Témoignage chrétien », des anticléricaux battant pavillon des « baptisés de France » ou des jeunes paumés du MRJC, est-ce que nous n’exagérons pas l’impact des twittos et autres buzzistes en tout genre des « réseaux sociaux cathos » ? Est-ce que vous-même, cher PP, vous ne surréagissez pas à ceux qui trompettent en 140 signes et dont, il faut bien le dire, le peuple chrétien se contrefiche, dans sa grande majorité ?
Je reste d’accord avec saint François de Sales : « Le bien ne fait pas de bruit… » – sachant que le « patron des journalistes » (pauvre de nous !) sut lui-même, dans sa prédication, faire le bruit qui s’imposait (« c'est par la charité qu'il faut ébranler les murs de Genève, par la charité qu'il faut l'envahir, par la charité qu'il faut la recouvrer… » – 140 signes !).
De ce point de vue, s’il existe une œuvre de salubrité publique catholique, dont sont comptables en tout premier lieu nos évêques, c’est d’abord de dégager le pape François des cultes en sorcellerie voire en idolâtrie dont il est parfois l’objet ! Tâche dont vous vous acquittez fidèlement, il est vrai, Patrice, en tant que journaliste que je qualifierai d'« épiscope » (étymologiquement : « inspecteur, veillant sur… ») puisque désireux de nous transmettre avant tout « ce que dit réellement l’Eglise ».

Denis


[ PP à Denis - D'accord : on ne peut rien dire sur Twitter, même depuis l'allongement des tweets à 240 signes. C'est pourquoi les débats se passent sur Facebook, où l'on peut discuter à l'aise et aussi longtemps que nécessaire.
Et pardon, cher Denis, mais vous avez tort de sous-estimer le problème de la fausse cathosphère (ultraconservatrice) des réseaux sociaux. Elle fait réellement écran opaque entre l'Eglise réelle et l'opinion publique. Elle entretient des milliers de fourvoyés dans leur bulle de hantises et d'hostilité au pape et aux évêques...
On ne peut pas affirmer que "le peuple chrétien s'en fiche" : il est peu ou prou perméable à la désinformation, qui joue sur les angoisses diffuses de notre époque, angoisses auxquelles les cathos sont très exposés. Je donne des exemples de cette perméabilité dans mon livre...
D'où l'urgence de dissiper toute cette confusion, et ça ne peut se faire qu'en en parlant. ]

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Écrit par : Denis / | 01/02/2018

à Denis et PP

> On ne répond pas à l'erreur par le silence, mais par l'explication et le témoignage.
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Écrit par : B. Le Diberder / | 01/02/2018

ÉVÊQUES

> OK, Patrice. Je vous donne acte des méfaits de cette "fausse cathosphère" d'ultraconservateurs. Mais j'insiste sur la responsabilité des évêques de ne rien laisser passer à ce titre, et donc d'expliquer et de témoigner sans relâche de ce que l'Esprit dit à l'Eglise… dans la fidélité au pape François !

Denis


[ PP à Denis - Bien d'accord là-dessus. Les messages d'évêques que je reçois à propos du livre sont très positifs. ]

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Écrit par : Denis / | 01/02/2018

DU P. NADLER

> Je me permets de reproduire le message du P. Nadler (Facebook) :

""On n'annonce pas le salut au XXIe siècle comme on l'annonçait au XIe siècle" - Merci Patrice de Plunkett pour cet essai passionné que vous adressez aux catholiques de France... et d'ailleurs. L'enjeu, c'est l'évangélisation - et donc le salut - de nos contemporains."
______

Écrit par : du P. Nadler / | 01/02/2018

Mgr AUPETIT

> Moi, j'ai bien aimé les derniers mots de l'homélie du nouvel archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, lors de son installation à Notre Dame : "Ne regardez pas l'archevêque, contemplez le Christ !"
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Écrit par : Michel de Guibert / | 01/02/2018

INTÉGRISTES ET LIBÉRAUX-CONSERVATEURS : DEUX CHOSES DIFFÉRENTES

> Un point concernant l'inféodation à la doctrine ultralibérale. Dans votre réponse à un de mes précédents commentaires, vous aviez écrit (ou sous-entendu, je ne saurais vous citer textuellement) que les intégristes (modèle Lefebvre) ne sont pas libéraux au plan économique, pour la plupart d'entre eux en tout cas. Leur profil serait-il donc différent de celui de nos catho-identitaires Delsol/Beigbeider ?

PV


[ PP à PV - Les intégristes "du bois de la porte de la chapelle", comme disait Pierre Chaunu, sont tellement coupés du monde actuel que leurs positions sont purement théoriques. Mais, de fait, ils n'ont rien à voir avec les libéraux-conservateurs type Delsol-Beigbeder. Pour les vrais intégristes, la "fidélité de toujours" est la seule chose qui compte. Pour les libéraux-conservateurs, la religion sert d'aumônerie à leur idéologie socio-économique. L'intégriste est fou à force de conviction ; le libéral-conservateur n'a que des "valeurs" indexées... Le chapitre 2 de mon livre parle du second et assez peu du premier, qui n'est plus dans le coup aujourd'hui. ]

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Écrit par : Philippe de Visieux / | 02/02/2018

FACEBOOK

> Je n'y suis pas, mais je me rends compte à quel point une majorité de nos contemporains voit et vit le monde à travers Facebook. Il est donc urgent d'y dissiper la désinformation... Mais je préfère n'y pas entrer malgré tout. Bon courage, cher PP. Il est heureux que les médias se rendent compte de la contre-offensive dont vous faites partie.

Alex

[ PP à Alex - Facebook est chronophage, mais permet des discussions sur le fond. Et sert de révélateur à l'inanité des rumeurs bergogliophobes... ]

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Écrit par : Alex / | 02/02/2018

DISCUSSION

> Je suis cent pour cent d'accord avec vous sur votre thèse selon laquelle les catholiques qui admettent l'ultralibéralisme et se complaisent dans l'hyper consommation, font fausse route et sont en contradiction avec le contenu de la Foi tel qu'il enseigné par les Évangiles et rappelé par le pape François.
Par contre je suis moins d'accord avec ce que vous dites dans les pages 80-90. Par centre vous faites silence sur les catholiques de gauche. Soit parce qu'ils sont dans le vrai, soit que c'est là où vous vous situez. Permettez-moi de vous rappeler que dans plusieurs ouvrages émanent de socialistes, il est clairement dit que "le parti socialiste est athée et matérialiste. "Comment des gens qui ont la foi, peuvent-ils admettre des principes tout à fait à l'encontre de ce à quoi nous croyons.
De même, dans ma région il y a des catholiques qui assistent à la messe le dimanche, qui font partie de groupes d'action catholique, et qui militent ou qui sont élus communistes. Ils soutiennent des régimes qui sont pour l'extinction de la religion.

Bernard


[ PP à Bernard :
- Merci de votre accord partiel.
- En revanche, je m'étonne de l'existence, en 2018, de catholiques de gauche qui soutiendraient "des régimes qui sont pour l'extinction de la religion". Ce que vous évoquez-là a sans doute existé à l'époque de la guerre froide, mais aujourd'hui c'est le musée Grévin. D'ailleurs je ne vois guère de régimes explicitement anti-religieux dans le monde actuel, sauf la Corée du Nord (que personne ne "soutient" en France) ; même la Chine et le Vietnam sont obligés de s'accommoder des diverses religions présentes sur leur sol.
Les "catholiques de gauche" que je connais sont dans la mouvance de Philippe de Roux ou celle du député Dominique Potier, qui vont dans le bon sens...
Dernier point : je m'étonne aussi que l'on raisonne encore en termes de "gauche" et de "droite", dans la société, et surtout dans le catholicisme où le seul vrai clivage est entre catholiques marchant avec l'Eglise et catholiques rejetant sa critique du capitalisme financier ultralibéral... ]

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Écrit par : Bernard / | 03/02/2018

"DROITE"

> Je vous fais remarquer que c'est vous qui utilisait le terme droite dans votre livre. Connaissant fort bien l'histoire des idées politiques, je sais bien que ça n'a plus guère de sens.

Bernard


[ PP à Bernard - Puis-je vous faire remarquer à mon tour que je suis bien forcé de l'utiliser, étant donné que le milieu dont je parle se présente lui-même sous le nom de "droite" ? Que ce soit une coquille vide est une autre affaire - et une réalité dont il est inconscient, tant le mot "droite" est son fétiche. ]

Écrit par : Bernard / | 03/02/2018

MISSIONS

> Tout le malheur vient de ce que plus personne ne sait ce que droite et gauche veulent dire sur le plan politique, c'est un blason que l'on arbore pour aller à la pêche aux électeurs.
Les choses étaient pourtant simples. L'Etat a des devoirs envers les citoyens, qui ont donc des droits. Le citoyen a des devoirs envers l'Etat, qui a donc lui aussi des droits.
Souvent, d'ailleurs, on est plus enclin à faire valoir ses droits qu'à accomplir ses devoirs.(Faiblesse inhérente à la nature humaine. Mais de quel prix serait la vertu s'il n'y avait la tentation ?) Encore faut-il avoir conscience de ce que sont ces droits et ces devoirs.
Certains pensaient qu'il fallait insister sur les devoirs de chacun. Et ils n'avaient pas tort.
D'autres, à juste titre, faisaient remarquer que les droits de certains étaient bafoués et qu'il fallait s'en préoccuper. Et ils n'avaient pas tort non plus.
Tant que ces deux tendances étaient présentes chez ceux qui nous représentent, qui représentent le peuple français, les débats pouvaient porter du fruit. Selon les circonstances, il était sain que l'une ou l'autre tendance domine pour un temps. Malheureusement, chacun des deux camps a fini par perdre son objectif de vue et s'est persuadé qu'il était à lui seul détenteur du salut de la France. Alors que c'était ensemble, quand ils défendaient chacun un point de vue sain, qu'ils pouvaient être utiles à la France.
Le résultat, c'est que ceux qui ont vraiment le souci du bien public ne risquent guère d'être élus à un poste important, que les politiques du devant de la scène sont des carriéristes dont le seul souci est de se faire élire ou réélire. Au lieu d'inciter les citoyens à la vertu, on flatte leurs vices, c'est un moyen rapide d'obtenir leurs suffrages. Et à la fin, on verse des larmes de crocodile au vu du résultat, que l'on attribue à une mauvaise conjoncture, à un manque de chance, à tout un tas de facteurs extérieurs.
Le jour où on se décidera à remettre les choses à l'endroit, quand l'Etat se préoccupera uniquement des missions qui sont les siennes, mais les mènera convenablement, les choses pourront commencer à s'améliorer. Encore faut-il que les citoyens poussent dans le bon sens pour que ce jour arrive.
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Écrit par : Bernadette / | 03/02/2018

@ PP

> " même la Chine et le Vietnam sont obligés de s'accommoder des diverses religions présentes sur leur sol"
Euh... Êtes-vous au courant que les partis communistes au pouvoir dans ces 2 États persécutent les chrétiens sauf s'ils leurs obéissent au doigt et à l'œil, qu'il est obligatoire d'être athée pour être membre des partis communistes chinois et vietnamiens et que le PCC continue à demander la promotion 'd'une vision scientifique du monde" (le matérialisme historique) et que les religions doivent "avoir un caractère chinois dans leur orientation", c'est-à-dire être au service d'un nationalisme bien plus agressif que celui dont vous vous plaignez en France ?

J


[ PP à l'anonyme :
- Non bien sûr, je ne suis au courant de rien de tout ça ; voyez-y un effet de mon inexpérience.
- Plus sérieusement : vous feriez bien de vous informer. La réalité est un tout petit peu plus complexe que ce que vous récitez-là. Un seul élément par exemple : il y a plus de Chinois chrétiens (toutes confessions confondues) que de membres du PCC.
- Je vous laisse, vous êtes en train de rater une émission de Fox News. ]

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Écrit par : j / | 04/02/2018

À LA CARTE

> https://cruxnow.com/church-in-the-usa/2018/01/17/new-study-seeks-understand-young-people-leave-church/
Cette intéressante enquête qui montre qu'outre-Atlantique, l'Église semble également en voie de ghettoïsation... Les raisons sont à l'évidence différentes mais l'idée d'une spiritualité à la carte semble être un dénominateur commun, conséquence du libéralisme sociétal actuel.
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 08/02/2018

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