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27/09/2017

Macron, virtuose du double langage

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Une "relance de l'Europe" (notamment militaire) par l'Elysée ?


 

M. Macron "relance l'Europe". Ses propositions contiennent des idées de bon sens mais aussi des idées factices, notamment celle d'une armée européenne dotée "d'une culture commune pour agir". Cette "force d'intervention" aurait "un budget de défense commun" : mais quelle "culture commune" pourrait exister entre des Etats qui ne partagent ni la même géopolitique, ni les mêmes intérêts - et dont certains s'en remettent aux Etats-Unis pour les questions de "défense",- ce qui fait d'eux un rouage dans la nouvelle guerre froide du complexe militaro-industriel américain ?

Toute la question est là : l'UE étant le verso de l'OTAN, les gouvernements de l'UE suivent plus ou moins la politique étrangère de la Maison Blanche et parfois renchérissent sur elle. La doxa en vigueur est de feindre de croire à une menace d'invasion de l'Europe par l'armée russe, pour approuver l'engrenage militaire US sur la Baltique et en Ukraine : situation absurde (voire dangereuse) qui annexe les Européens - en tout cas les Français - à des intérêts contraires aux leurs, et qui interdit toute réflexion stratégique.

Il arrive à M. Macron d'exprimer des vues autres que celles de Washington. Mais il les contredit lorsqu'il évoque les moyens de concrétiser ces vues. Il se dit partisan de la souveraineté, mais il la transfère à "l'Europe", or l'UE n'est pas indépendante des Etats-Unis et ne veut pas l'être ; elle ne veut d'ailleurs pas avoir une géostratégie ; elle est hors d'état de définir une politique autre que celle des poncifs internationaux habituels. Le militaire n'étant que l'outil du politique, à quoi servirait une euro-armée s'il n'existe pas de politique européenne ? et comment y aurait-il une politique de l'UE, puisque l'UE s'est construite contre la notion même de politique ?  Une plate-forme de libre-échange n'a pas d'armée. Quant à M. Macron lui-même, nombre de ses discours sont contredits par ses décisions pratiques (par exemple sur le climat alors que M. Macron approuve le CETA) ; ou bien ce sont des propositions cosmétiques dont il sait que l'UE ne voudra pas. Son idée de défense européenne "en complément de l'OTAN" n'a pas plus d'authenticité que sa taxe carbone européenne, vouée au même insuccès que sous Sarkozy. Double langage de sa part ?  Selon Benjamin Coriat (des 'Economistes atterrés'), "Macron met en avant des perspectives dont il sait qu'elles n'auront aucune chance de voir le jour."

 

 

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10:13 Publié dans Europe, Macron | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : macron, europe, défense

Commentaires

SABORDAGE MILITAIRE

> L'idée d'une armée fédérale européenne, même à titre de prototype, reviendrait à une dilution des forces françaises dans le grand tout européen, la France étant aujourd'hui la seule grande puissance militaire des Vingt-Sept. La France n'aurait donc rien à y gagner, sauf au plan budgétaire : le fardeau de l'entretien d'une telle armée ne reposerait plus sur le seul contribuable français mais sur l'Union dans son ensemble.
Une fois le sabordage acté, on ne voit guère comment la France pourrait prétendre conserver son siège de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations unies : "la France, combien de divisions ?"...
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Écrit par : Philippe de Visieux / | 27/09/2017

NOT A BUG

> Sans oublier que, par la force des choses, une telle armée aurait nécessairement l'anglais (enfin, un sabir ayant autant en commun avec la langue de Newman, Chesterton et Tolkien qu'un Babybel avec un comté affiné) comme langue de travail. Si même la brigade franco-allemande n'évite pas cet écueil, comment imaginer qu'il en serait autrement avec vingt langues différentes ?
Enfin, j'imagine que pour reprendre une expression américaine, et venant de nos têtes pensantes formatées en école de commerce, ce serait à dessein et non par erreur ("it's not a bug, it's a feature").
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Écrit par : Dr. Zurui / | 27/09/2017

MOTS

> "Des mots magiques, des mots tragiques, qui sonnent faux... Si tu savais comme j'ai envie d'un peu de silence..."
Un beau duo d'Emmanuel Macron (ici encore bien photographié) et d'Europe :
https://www.youtube.com/watch?v=_ifJapuqYiU
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Écrit par : Alex / | 27/09/2017

MANIÈRE

> Nous avions déjà l'enfumage manière Hollande (chauffer à blanc l'opinion sur les "questions sociétales" pour essayer de masquer ses orientations libérales et atlantistes) voici maintenant la manière Macron: dire une chose et faire le contraire, proposer des changements dont on sait par avance qu'ils vont échouer ou dont on organise soi-même l'échec.
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Écrit par : B.H. / | 27/09/2017

TACTIQUES

> J'avais mal entendu... "Des mots magiques, des mots TACTIQUES qui sonnent faux "... Voilà qui éclaire bien mieux, décidément, les desseins de notre Emmanuel Machiavel.
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Écrit par : Alex / | 27/09/2017

MONOGAME

> Bon, un truc qu'on ne peut pas lui enlever : c'est le premier président monogame depuis...longtemps (Pompidou ? Peut-être Sarko ?).
https://fr.yahoo.com/news/femmes-attendaient-nues-l-apos-160000608.html
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Écrit par : Feld / | 27/09/2017

> La France possède déjà un armée européenne ; la Légion étrangère.
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Écrit par : t.beaux / | 27/09/2017

LATIN

> Il y avait une langue qui était vraiment européenne, et c'était le latin. C'était la langue utilisée durant des siècles par les savants pour se comprendre d'un pays à l'autre.
Mais naturellement, il n'est plus question de l'utiliser : pensez donc, c'est la langue de l'Eglise ! Pourtant, en dehors des langues proprement latines qui sont assez bien calquées sur le latin, les autres langues européennes ont encore à l'heure actuelle des emprunts au latin. Et comme plus aucun pays d'Europe n'a le latin comme langue officielle, et ce depuis bien longtemps, cela n'avantagerait personne.
Oh, mais si, pardon, j'oubliais : dans chaque pays, cela donnerait à la longue l'avantage aux gens instruits sur les baratineurs et ferait des citoyens des gens qui réfléchissent et se forgent leur propre opinion au lieu d'adopter le prêt-à-penser modèle unique. Une évolution dangereuse qu'il convient de prévenir par tous les moyens disponibles.
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Écrit par : Bernadette / | 28/09/2017

OBERKOMMANDO

> Du point de vue de l'UE, la question est peut-être simplement :
"comment disposer docilement de l'armement nucléaire français depuis Bruxelles ?".
De mémoire, il y a un dossier de l'UPR qui étudie, du point de vue de l'Allemagne, les différentes possibilités pour que l'Allemagne puisse disposer d'un armement nucléaire.
La solution la plus facilement réalisable était de faire passer le nucléaire français sous commandement européen (donc allemand ?).
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Écrit par : Isabelle Meyer / | 28/09/2017

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