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22/07/2016

"Catholiques non chrétiens" : l'offensive s'étale

pape françois,christianisme,catholiques

Lisez cet entretien avec Maffesoli, il est symptomatique :

http://www.nice-provence.info/blog/2016/07/20/michel-maff...

Mon commentaire :


 

L'offensive a commencé en sourdine dans les années 2013-2014, à la faveur de la confusion créée par (et autour de) la loi Taubira. On vit alors apparaître ceux que Mgr Daucourt [1] a nommé, en un raccourci foudroyant, "les athées pieux" : ceux qui venaient en apparence "défendre le catholicisme culturel" [2] sans partager la foi chrétienne. Démarche que les chrétiens catholiques auraient pu accueillir avec joie si elle n'avait véhiculé, en profondeur, une idée que l'on croyait disparue depuis Maurras... Idée à double fond : 1. en surface, elle postule qu'il n'est pas nécessaire d'être chrétien pour être "catholique" ; 2. en profondeur, elle suggère que le catholicisme nous protège contre le christianisme. Le jeune Maurras des années 1890 exprimait carrément l'idée 2, martelant que le catholicisme "romain" contribuait à la civilisation dans la mesure où il mettait en quarantaine le "venin révolutionnaire" de l'Evangile. Le Maurras des années 1920 s'était installé dans l'idée 1, affichant un soutien combatif à l'Eglise catholique tout en restant allergique au christianisme, coeur du catholicisme. Le Maurras de 1926, explosant de fureur contre la décision romaine de mise à l'Index, a montré le véritable visage de l'athéisme pieux : comme allaient le faire, 90 ans plus tard, les fureurs des athées pieux de 2016 contre le pape. Fureurs issues dans les deux cas du même malentendu : les athées pieux ne soutiennent que l'idée qu'ils se font du catholicisme ; et cette idée est fausse quant à l'essentiel.

Comme l'écrit Maritain à propos du maurrassisme dans Clairvoyance de Rome (1929) : "Le mal que l'Eglise a dénoncé se cachait sous mille apparences de bien, d'ordre, de restauration civile, d'intégrisme doctrinal... Aujourd'hui l'Action française elle-même se charge, non seulement par sa révolte obstinée et par ses campagnes contre le Saint-Siège, mais par des manifestations doctrinales comme le petit livre de M. Pujo, de faire voir à tous à quel point ce mal était grave, à quelle profondeur des erreurs concernant des points essentiels à la doctrine, à la morale et à l'esprit catholiques avaient pu, à la faveur de son enseignement, descendre dans les esprits..."

J'ai analysé dans ce blog le phénomène des "athées pieux" de 2016. Ce qui m'a valu des prises à partie :  " pourquoi ne pas les accueillir ? d'ailleurs qui sont-ils ? et même, existent-ils ?"  Mais oui, ils existent ! Témoin l'interview de Michel Maffesoli citée dans le lien ci-dessus (nice-provence.info). Cette interview vient de la revue Eléments, passée elle aussi (comme autrefois Maurras) de l'antichristianisme tranchant à un antichristianisme feutré, habile et plus efficace : désorienter les catholiques au lieu de les attaquer de front. Dans les années 1970, les cercles de la droite catholique avaient sonné le tocsin contre l'antichristianisme tranchant ; en 2016, une partie de la droite catholique pactise avec l'antichristianisme feutré. Ça donne la mesure du déboussolage contemporain.

Michel Maffesoli est réputé proche du sarkozysme : posture rare chez les sociologues, mais fréquente chez les athées pieux. Il est vrai que Maffesoli est un sociologue postmoderne, donc porté sur le subjectif qui permet n'importe quoi [3] : l'argumentation "maffesolienne" est dominée par "l'indifférence à peu près totale pour la question de la vérité", disent ses confrères. Son interview sur le catholicisme et le christianisme est un symptôme de cette indifférence envers le vrai. Extraits, accompagnés de mes commentaires :

 

M.M. - "Le fondement même de la vie sociale est ce que [Durkheim] nomme le 'divin social' [...]  On voit contemporainement resurgir une telle religiosité, un religieux diffus que je nomme, après Jacques Maritain, le Sacral... Voilà en quel sens ce qui est catholique, partage de rituels, d'émotions, de passions religieuses, n'est pas réductible à une doctrine chrétienne. Il y a dans le catholique quelque chose de païen, voire d'idolâtrique, dont les cultes des saints sont l'expression achevée..."

>  Mon commentaire :

1. Citer Maritain dans ce cadre est une esbroufe alors que c'est Maritain (en 1926 et 1929) qui, le premier, a dénoncé le phénomène de la corruption d'esprits catholiques par l'athéisme pieux : et précisément à propos de Maurras, l'athée pieux par excellence. 

2.  L'indifférence maffesolienne pour la question de la vérité (voire de la réalité) éclate dans sa définition de "ce qui est catholique" : sa vision du culte des saints est digne de la loge de Fouzy-les-Ridelles sous le ministère Guizot. 

3.  Dire que le catholicisme n'est pas le christianisme est une absurdité. Surtout sous l'angle simili-heideggérien (le christianisme censé détruire le lien homme-cosmos) choisi par Maffesoli !  Le sociologue n'a visiblement pas lu Louis Bouyer, théologien de premier plan, dont l'oeuvre  - notamment Le rite et l'homme (1962) et Cosmos (1982) - montre comment la révélation chrétienne "convertit les représentations multiséculaires des cultures dans lesquelles elle s'enracine sans les anéantir"  [4]. Convertir n'est pas refouler : c'est assumer en transcendant. A propos du mythe christianisé de Brocéliande et du Graal, par exemple, Bouyer écrit en 1986 : "Au centre de la forêt, la source atteste de la présence vivifiante, aux racines de tout être et de l'existence même, d'un monde labile et cristallin, où tout ce qui sera jamais préexiste dans l'unité d'une insurpassable, inentamable perfection. Toute la multiplicité des choses ne fera que déployer cette unité latente de la source, comme l'arc-en-ciel la lumière blanche traversant le prisme de ses eaux... En ce monde touffu, palpitant, progressif, où nous naissons et nous mouvons, où nous mourrons et nous résorberons, cependant qu'il ne cessera pas pour cela de frémir et de craquer sous la poussée de vies toujours neuves, a son modèle inexprimable... Cet autre monde, incorruptible, insécable, de pure et radieuse beauté, rayonnement immédiat de la divinité transcendante, est la fontaine inexhaustible de toute la multiple et chatoyante bonté de la vie, maternellement inépuisable." On trouve des passages équivalents au XIIe siècle chez les scolastiques Alain de Lille et Hugues de Saint-Victor, ou chez sainte Hildegarde de Bingen... Voilà ce que pense la théologie. Que Maffesoli et les néopaïens l'ignorent n'est pas étonnant. Ce qui étonne, c'est que des catholiques de 2016 soient fascinés (inculture ?) par les néopaïens et Maffesoli.

 

M.M. - "..Il faut affirmer avec force qu'il y a dans ce catholicisme populaire une forte dose de paganisme..."

> Mon commentaire - Evidemment ! Mais pas dans le sens - bas de plafond - où l'entendent Maffesoli et les néopaïens. Selon eux le paganisme serait le sens caché du catholicisme. En fait (historiquement), c'est l'inverse : la révélation chrétienne vient donner sens aux mythes, intuitions des hommes nées de leur expérience du monde. "S'il n'y a de religion vraie que personnelle, intérieure et spirituelle, il est tout aussi vrai que l'homme est un esprit immergé, incarné dans le cosmos et qu'il n'existe pas isolément... Il est absolument nécessaire à l'homme, pour qu'il trouve Dieu et vive en Lui, de le rencontrer à travers son expérience du monde et de la vie avec les autres..." (Louis Bouyer, Le métier de théologien, 1979).

 

"Les fêtes des Rogations, exemple type de la rémanence du paganisme dans le catholicisme : 'do ut des', je te donne ma prière pour que tu me donnes des biens terrestres..."

> Mon commentaire - Toujours la fausse perspective. Maffesoli et les néopaïens ne comprennent pas le catholicisme :  ils voient une "persistance du paganisme" dans ce qui fut une christianisation des rites agraires. Du "do ut des" des paganismes, le rite chrétien a fait  l'attitude inverse. Il ne s'agit plus de marchander avec le divin : il s'agit, non seulement de chercher une harmonie entre les gestes humains et les lois qui régissent l'univers, mais de rendre grâce pour la Parole créatrice et salvifique, unique source de ces lois. Et ceci jaillit de la Bible "monothéiste" : ce qui réfute les élucubrations néopaïennes sur le "polythéisme de l'âme".

 

"Il y a eu une lente, mais importante protestantisation du catholicisme, qui a alors abandonné le latin (langue sacrée et mystérieuse) et une grande part de ces rituels magiques qui assurent la cohésion mystérieuse du vivre ensemble..."

>  Mon commentaire :

1. Maffesoli et les néopaïens  - désormais suivis de certains catholiques - retrouvent ici le système maurrassien, dont l'un des piliers idéologiques était l'hostilité au protestantisme...

2. ...mais, de façon comique, c'est au calvinisme du XVIe siècle qu'ils empruntent l'idée des "rituels magiques" ("idolâtres") censés caractériser le catholicisme ! Les  calvinistes jugeaient abominable cette "idolâtrie", Maffesoli et les néopaïens la jugent admirable, mais les uns comme les autres partagent la même erreur totale quant au sens des rites catholiques. Le paysan illettré au fond de l'église d'Ars ("je L'avise et Il m'avise") savait ce que le sociologue postmoderne et les idéologues néopaïens ignorent : qu'une idolâtrie convertie n'est plus une idolâtrie, mais que la conversion ne supprime pas l'objet de l'idolâtrie (s'il appartient réellement au cosmos) : elle le transcende en l'assumant.

 

"Qu'est-ce que le paganisme sinon l'ancrage dans le pays, dans la terre, en un mot la participation magique au cosmos ? Une transcendance immanente en quelque sorte..."

> Mon commentaire :

1. Sur "l'ancrage dans le pays" : en quel sens faut-il entendre "pays" ? Que ce soit au sens germanique de Heimat (la terre natale comme monde spirituel) ou au sens de "pays historique", Maffesoli a beaucoup à apprendre du catholicisme moderne : notamment de la "théologie du peuple" argentine à laquelle se rattache François - et de l'enseignement de ce pape lui-même. D'ailleurs Benoît XVI et Jean-Paul II, chacun à sa manière, ont eux aussi enseigné une théologie chrétienne de l'attachement au pays... Sans oublier Bouyer montrant que la Révélation, dans son développement historique, émerge "pour ainsi dire de l'historicité même de notre connaissance fondamentale du monde" (Cosmos, p. 30).

2. Sur la "participation magique au cosmos" : cette conception de la magie est digne d'une monitrice de gymnastique New Age des années 1980. Car la magie n'est pas "participation" au cosmos. Son postulat, au contraire,  est la toute-puissance de l'esprit humain sur des entités occultes (censées résider dans le cosmos) à l'aide de techniques acquises par "science"  [5] ! Il s'agit donc d'un culte de l'illimité : chose incompatible avec le culte des limites que supposerait "l'ancrage dans le pays, dans la terre"... Voilà une incohérence chez Maffesoli. En cela il diverge tout de même d'avec les néopaïens, qui idolâtrent - quant à eux - les limites : d'où la fascination qu'ils exercent sur certains catholiques, incapables apparemment de voir la différence radicale qui sépare respect et idolâtrie...

En fin de compte, ni Maffesoli ni le compagnonnage des néopaïens avec Maffesoli ne sont préoccupants. Ce qui l'est, c'est la fascination de catholiques envers les néopaïens. C'est un phénomène très récent, qui ne date que de deux ou trois ans. Il s'explique par la polarisation fiévreuse [6] de ces catholiques sur la loi du mariage "pour tous" (alors que les ravages sociaux du néolibéralisme les laissaient indifférents). La fièvre étant mauvaise conseillère, ils se sont jetés - oubliant l'essentiel - dans l'erreur d'une alliance avec des courants assez rusés pour surfer sur la vague, mais dont la seule constante sous des formes variables est la phobie envers le Christ.

Les catholiques ainsi fascinés font partie également, notons-le,  d'un front du refus face à la mise à jour de l'Eglise entreprise par le pape : libéraux économiques exaspérés par Laudato Si' ; bien-pensants paniqués par de fausses rumeurs ; intégristes (avoués ou non) en rupture avec la Tradition vivante ; droite réac irritée depuis cinquante ans parce que l'Eglise ne lui ressemble pas...

D'où la nécessité d'une prise de conscience : catholiques autour de notre pape, reprenons la parole !

 

______________

[1]  évêque émérite de Nanterre (Hauts-de-Seine).

[2]  "culturel" au sens postmoderne du mot : non la culture dans son ensemble, mais les coutumes qui en découlaient plus ou moins.

[3]  cf. l'article-pastiche ravageur publié en 2015 dans la propre revue de Maffesoli par deux sociologues anti-maffésoliens : "Automobilités postmodernes". Extrait : "Ainsi la masculinité effacée, corrigée, détournée même de l'Autolib' peut-elle (enfin !) laisser place à une maternité oblongue - non plus le phallus et l'énergie séminale de la voiture de sport, mais l'utérus accueillant de l'abri-à-Autolib'.." Etc... D'où l'éclat de rire général (Le Monde 10/3/2015) et la démission de Maffesoli du poste de directeur de la revue, qu'il avait fondée.

[4]  Marie Hélène Grintchenko, Une approche théologique du monde : 'Cosmos' du P. Louis Bouyer (Bernardins, 2015).

[5]  Apulée, De la magie (IIe siècle).

[6]  Bien entendu il fallait s'opposer à cette loi (pour des raisons d'ailleurs partageables par les incroyants). L'erreur - mère de toutes les dérives - était de ne plus penser qu'à ça... C'est ce que l'épiscopat a tenté de faire comprendre par son sang-froid. Ce qui lui a valu des insultes.

 

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Commentaires

LE LIEN

> " Ce qui l'est, c'est la fascination de catholiques envers les néopaïens. [...] Il s'explique par la polarisation fiévreuse [6] de ces catholiques sur la loi du mariage "pour tous" (alors que les turpitudes du néolibéralisme les laissaient indifférents) "
Je ne dis pas que je n'approuve pas (je souscris habituellement à vos analyses).
Simplement comment se fait ce lien entre attrait pour un néopaganisme et opposition au mariage " pour tous " ?

Roque


[ PP à Roque
A travers un quadruple sas :
1. le vieux réflexe du "pas d'ennemis à droite", typique d'un milieu conservateur perpétuellement à la recherche de 'l'union des droites" censée sauver le pays (quelles que soient les droites, et quoi qu'elles pensent).
2. une panique sans précédent provoquée par la loi Taubira, qui a donné aux conservateurs l'impression que leur monde s'effondrait ; panique comparable seulement à l'obsession anticommuniste d'autrefois, qui mena - elle aussi - à des fourvoiements.
3. un complexe d'infériorité intellectuelle devant les idéologues néopaïens, censés être des érudits encyclopédiques. Ils sont en effet plus érudits que le conservateur moyen, issu des business schools plutôt que de la rue d'Ulm...
4. une complète ignorance de l'idéologie néopaïenne (comme de toutes les idéologies) : sinon le conservateur saurait que les néopaïens - relativistes par nature - varient souvent sur les questions sociétales. En 1975, par exemple, ils étaient partisans résolus de la loi Veil qui était en horreur à l'opinion catholique... Mais les conservateurs n'ont pas de mémoire : paradoxe qui s'ajoute à leur incapacité à identifier les causes (économiques) de ce qu'ils déplorent (dans la société). ]

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Écrit par : Roque / | 22/07/2016

TRADITION VIVANTE

> Ce qu'est réellement la Tradition vivante à l'oeuvre dans l'Eglise corps mystique du Christ :
" Le travail diffus des membres contribue à la santé du corps, sous la direction du pape qui, seul, dans l'unité d'une conscience divinement assistée, en concerte et en stimule le progrès... Par des voies multiples, régulières, méthodiquement déterminables, la connaissance claire et formulée parvient à exprimer de plus en plus pleinement les réalités profondes où elle s'alimente."
(Maurice Blondel, 'Histoire et Dogme - Les lacunes philosophiques de l'exégèse moderne', 1904)
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Écrit par : Guillemot / | 22/07/2016

> à rapprocher de Newman : la "tradition prophétique", vie de l'Esprit exprimée à travers les écrits des docteurs de l'Eglise, la liturgie et la vie des chrétiens : Tradition vécue au quotidien continuellement. Loin du juridisme des conservateurs en lutte aujourd'hui contre le pape.
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Écrit par : Luc Leberre / | 22/07/2016

SORCIÈRES

> Sur les dangers du néo-paganisme. Le parallèle est peut-être excessif, mais j'ai appris que si c'est à la Renaissance et pas au Moyen-Age que l'Occident a brûlé des sorcières, c'est parce qu'on s'était remis à croire à la sorcellerie, superstition éliminée par le christianisme mais revenue avec l'intérêt pour les philosophies antiques.

Luc


[ PP à Luc
Il faut distinguer la sorcellerie (populaire donc rurale) de l'occultisme des classes dominantes, répandu entre la Renaissance et le XVIIe siècle.
Au Moyen Age, des inquisiteurs - contredisant leurs frères dominicains Sprenger et Kramer (auteurs du 'Malleus maleficarum') - voyaient les sorcières comme de simples folles.
L'obsession de la sorcellerie à partir de la Renaissance est le privilège des tribunaux séculiers.
Le pic de la chasse aux sorcières est atteint au XVIIe siècle et dans les pays protestants d'Europe du Nord,
Il faut attendre la mi-XIXe pour voir apparaître une surinterprétation paganisante du phénomène des sorcières :
- d'abord avec l'idéologie féministe et anticléricale de Michelet ('La Sorcière' : 1862),
- puis avec le courant néopaïen "völkisch", prétendant que la sorcellerie serait une résurgence des cultes païens locaux.
Ce dernier argument n'a aucune base documentée. Dans les pratiques populaires de magie, les quelques (vagues) traces de paganisme étaient plutôt des échos (très lointains) de vestiges de l'occultisme post-gnostique de la fin de l'Antiquité : p. ex. la formule "abracadabra".
Or la magie gnostique, diffusée dans le Bas-Empire romain à partir de l'Orient, était le sous-produit des spéculations de théoriciens sophistiqués qu'Irénée de Lyon ('Contra Haereses') réfuta longuement. Pour ces deux raisons, elle n'avait rien à voir avec des cultes ruraux de souche locale... ]

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Écrit par : Luc / | 22/07/2016

ROUNDUP

> Mince alors !
Ce n'est plus du réchauffé qu'on nous sert, c'est carrément le carbonisé du fond de la casserole !
Ça fait des générations qu'on nous sert tout ce fatras. Des générations que l'Église a su répondre, avec constance et justesse, à tout ça.
Le problème, c'est que ce qui reste de culture chez nos contemporains a régulièrement été passée au Roundup : ça permet de faire gober beaucoup plus facilement ce genre de fadaises, et je suis poli.
Quant au concept de catholique non chrétien, il me permet de rappeler ici que ma grand-mère est une excellente perchiste non pratiquante... (idem pour l'haltérophilie, et tant d'autres disciplines).
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Écrit par : Fernand Naudin / | 22/07/2016

MILIEU DU XIVe

> Je confirme ce que dit PP (j'ai étudié ce sujet pendant un an dans un cours: de mémoire "Réforme et religiosité de la Renaissance").
Il y a aussi qu'au Moyen-Âge on pratiquait les exorcismes, et que cette pratique a quasiment disparu à partir de la Renaissance et n'existait pas dans les pays protestants.
Le décadence morale et religieuse commence au milieu du XIVe.
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Écrit par : E Levavasseur / | 22/07/2016

SORCELLERIE

> Et on pourrait ajouter, au sujet des procès en sorcellerie, que, si le pic a été atteint en Europe du Nord, c'est dans les Alpes qu'ils sont apparus et c'est encore dans les Alpes que les derniers ont eu lieu (Genève, Savoie...).
Les historiens voient un lien. Les Alpes de la fin du Moyen-Age et l'époque moderne voient des pouvoirs puissants, à l'échelle européenne ou locale, se concurrencer : royaume de France, Autriche, Genève, la confédération helvétique en formation, et qui n'était pas neutre militairement, duché de Savoie... Le procès en sorcellerie ont été une façon pour ces pouvoirs de manifester leur contrôle d'un territoire et de se rendre visibles.
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Écrit par : Aurélien Million / | 22/07/2016

LOUIS XIV

> Et en France, c'est Louis XIV qui donna l'ordre de cesser de poursuivre et de condamner pour sorcellerie. Ce n'est pas, comme on l'entend souvent, l'esprit rationnel des "Lumières" qui mis fin aux superstitions.

VF


[ PP à VF - Geste d'autant plus méritant que son règne connut la magie noire : 1679 et 1682, affaire des poisons... ]

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Écrit par : VF / | 22/07/2016

MAFFESOLI, COMTE, MAURRAS etc

> Cette interview de Maffesoli est avant tout un recyclage, un peu mis au goût du jour et ciblé sur le catholicisme, parce que le catholicisme est la religion qui a historiquement façonné les émotions, l'esthétique etc... de l'Europe, des "Formes élémentaires de la vie religieuse" de Durkheim...
Ne jamais oublier que Maffesoli s'inscrit dans une postérité décalée de la sociologie républicaine (au sens IIIe république) classique de la fin du XIXe siècle, postérité, il assume une partie de l'héritage de Durkheim par exemple, mais décalée car il est, en tant que disciple de Gilbert Durand, un critique virulent des limites du positivisme classique...
Bref, un drôle de mélange...
Penseur très influent à droite et détesté à gauche : dès que la droite gagne une élection, Maffesoli a une promotion et un poste d'influence dans les institutions universitaires de la République (voir sa notice wikipedia)...
A lire certains de ses textes, il faudrait retrouver les références, on a l''impression que son coeur penche plus du côté de Lucifer l'archange porteur de lumière et figure libertaire proche du nomadisme post-moderne que du Christ crucifié... :D
Le point commun avec Maurras, il y en a un en effet : mais qui n'est pas évident a priori. C'est le positivisme, ce que les cathos oublient bien souvent.
Et fondamentalement pour Maurras, comme pour Comte et comme pour Durkheim, auquel Maffesoli se réfère dans cette interview, la religion c'est du "social" et ce n'est que du social.
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Écrit par : Bruno / | 23/07/2016

PAS D'ACCORD

> Cher PdP svp n'oubliez pas de faire preuve d'un peu de charité et d'un peu de miséricorde à l'égard de vos frères.
"Athées pieux"est une insulte d'une rare violence qui semble révéler chez ceux qui l'emploient une forme de méchanceté assez étrangère à l'esprit évangélique.
Cette façon de classer les gens fait plus penser à l'Islam radical ou au communisme stalinien. Qu'y a t il de chrétien dans une telle attitude ? C'est pourtant l'année de la miséricorde. Seriez-vous franciscophobe ?

Roger


[ PP à Roger
- J'ai bien souvent rappelé ici que l'expression "athées pieux" n'est pas de moi, mais de l'évêque émérite de Nanterre (Hauts-de-Seine), Mgr Daucourt, dans une lettre de 2013 à ses diocésains : texte remarquable de lucidité et de charité, car dire la vérité est une forme de charité parfois très urgente. Mgr Daucourt était d'ailleurs plus sévère que moi (il en avait le droit) puisqu'il étendait le qualificatif "athées pieux" à certains comportements de catholiques militants... Je ne préciserai pas quels comportements, ne voulant pas vous agacer plus.
- Ne confondez-vous pas miséricorde et complaisance envers l'erreur ? Je me permets de vous suggérer de relire à ce sujet les Actes des Apôtres.
- Seul un intolérant pourrait considérer que le mot "athée" est insultant. Ayant été athée (résolu) pendant plus de dix ans, je peux vous certifier que ce qualificatif ne me gênait pas du tout.
- Mais lorsque j'étais athée, je ne donnais pas de leçons de catholicisme au pape... comme le font aujourd'hui les athées pieux de la droite dite libérale-conservatrice.
- "Islam radical", "communisme stalinien" ? deux idées fixes de la droite en question. Pourquoi opposer à mes arguments ces slogans, qui sont, eux, une insulte (et à quelqu'un qui publie sous son nom) ?
- Si ce blog vous paraît islamo-communiste et si les problèmes qu'il soulève vous irritent, le mieux ne serait-il pas d'en fréquenter un autre ? ]

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Écrit par : Roger / | 23/07/2016

DATATIONS

> "La décadence morale et religieuse commence au XIVe siècle" : euh, non, pas d'accord. Sauf à croire à un 'âge d'or de saint Louis', où le bon roi rendait la justice sous son chêne... Dater "la décadence morale et religieuse" du XIVe siècle, c'est faire bon marché de ces superbes 50 premières années du XVIIe qu'on a appelées le "siècle des saints" et qui ont vu la reconquête de la Bavière et de la Pologne sur le protestantisme, et du non moins superbe renouveau de l'Eglise dans la seconde moitié du XIXe siècle.
C'est un petit jeu facile que de faire remonter la "crise" le plus loin possible, mais on peut s'amuser à aller jusqu'au Christ comme ça, rien de moins. L'histoire de l'Eglise est faite de petites morts et de résurrections, et ça a commencé en l'an 33. Pensez donc ! Le Christ était mort, un des Apôtres l'avait vendu et les autres s'étaient presque tous enfuis en courant !
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Écrit par : Edel / | 23/07/2016

LE TOURNANT DU XIVe

> Personne ne nie les relèvements religieux dont vous parlez mais le sujet ici n'était pas seulement religieux mais aussi politique et social.
On a déjà abordé le sujet plusieurs fois sur ce blog notamment sur le fait que le 13e siècle était loin d'être parfait (Saint François qui s'entend dire "restaure ma maison qui s'écroule", la 4e croisade, etc).
Mais cela n'empêche le 14e siècle d'être un véritable tournant avec une crise morale des classes dirigeantes accompagnée de la montée du pouvoir des puissances de l'argent, le Grand Schisme d'Occident, la peste et l'immixtion de la peur dans la psychologie européenne, les danses macabres. Il y a un avant et un après.
Il y a quelque chose qui s'est cassé à ce moment-là au plan politique et social et dans les relations politique/religieux.
Ce n'est pas un jeu, c'est une constatation faite par les historiens...
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Écrit par : E Levavasseur / | 24/07/2016

CHAQUE GÉNÉRATION

> D'accord avec vous, Edel. Cette volonté de trouver la "racine" du mal, de la "décadence", le point d'origine du désastre de "notre époque" est illusoire. C'est chaque génération qu'il faut évangéliser et chaque époque à ses particularité, ses défis, ses problèmes et ses grandeurs. On peut trouver des cassures, des ruptures ou des élans, des "renaissances", mais notre époque à nous est unique.
Ceci dit, je mettrais un bémol au glorieux XIXe catholique. Coincé entre jansénisme toujours pas évacué, nostalgie monarchique et volonté de "reconquérir" les âmes perdues par la Révolution et la République, il ne fut pas, à mon avis, une réussite.
Certes, il y eut de grandes âmes (Ozanam, Thérèse, Foucault, etc.) mais chaque époque a les saints dont elle a besoin.
Par contre, elle nous a légué un catholicisme pollué de moralisme bourgeois (au sens marxiste) et de puritanisme anglo-saxon qui pèse encore sur nous (cf le petit débat sur la tatouage sur Aleteia. C'est amusant et très éclairant). En ceci, d'avoir un pape argentin pour le XXIe s est une grâce dont on n'a pas fini de voir les conséquences.

VF


[ PP à VF - Que notre époque soit unique (inédite) pour sa panne de civilisation, est un constat que font aussi les sociologues et les philosophes les moins "catho". Témoin le gros et difficile ouvrage de Bernard Stiegler sur la disruption. La différence est que beaucoup de ces sociologues et philosophes voient ce que le catho français moyen refuse encore de voir : le rôle déterminant du système économique dans cette panne sans précédent... ]

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Écrit par : VF / | 25/07/2016

LA PREMIÈRE

> C'est surtout que notre époque est la première à vouloir bâtir une société sans religion. Toutes les civilisations ont été religieuses et ont tenu compte du passé; la nôtre est la première à vouloir se batir toute seule par elle-même.
Le tournant du 14e entraîne une baisse d'autorité morale de l'église ainsi que de l'État d'où des contestations religieuses au 15e siècle (Bohême) qui vont entraîner au siècle suivant la Réforme protestante dont nous vivons toujours les conséquences.
Tout à fait d'accord sur le 19e siècle.
(PS : et j'ai le droit d'écrire immiscion à l'ancienne plutôt que immixtion, monsieur PP.)

EL


[ PP à EL - mais vous avez tous les droits, monsieur EL ; incriminez plutôt le logiciel de correction automatique. ]

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Écrit par : E Levavasseur / | 25/07/2016

SONDAGES

> Peut-être à rapprocher du sondage récent de 'La Croix' qui fait apparaitre que pour moins de la moitié des jeunes chrétiens, la dimension spirituelle ou religieuse est importante pour réussir sa vie personnelle! J'avais cru remarquer ce fait, mais cette fois un pourcentage le quantifie (pardon d'aimer les chiffres mais dès que l'on parle d'ensembles à forte cardinalité cela devient indispensable).
http://www.la-croix.com/Religion/France/Des-jeunes-plus-croyants-que-leurs-aines-2016-07-24-1200777920
Je trouve que ce sondage mériterait un article à part entière, car il est riche d'enseignement et peu analysé dans ce journal.

JClaude


[ PP à JC :
Sonder sur le degré d'adhésion aux positions économiques du pape a un sens. Sonder sur la spiritualité n'en a guère... Il faut se méfier des sondages lorsqu'ils concernent une question aussi impalpable.
Et vaudrait-il mieux que les sondés nous expliquent qu'ils prieront au bureau parce que "Jesus was a capitalist", comme disait le Tea Party ? ]

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Écrit par : JClaude / | 25/07/2016

OEILLÈRES

> Salut en Christ,
Les athées pieux, catholiques non chrétiens, djihadistes non musulmans, tous ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez! Oeillères, peurs qui engraissent le néfaste complexe militaro-industriel - US tout particulièrement; crise - notamment suscitée par un capitalisme devenu fou, qui appelle extrémismes, fondamentalismes et renforce corruption et dictature; crise de la foi également. Foi fossilisée dans une tradition morte, foi réduite à un élément culturel, foi instrumentalisée, mais aussi foi évacuée avec son Mystère, avec les Mystères, foi dissoute dans l'allégorie, la Résurrection du Christ Jésus réduite à un mythe... Sous couvert de fidélité d'une part, sous couvert de modernité d'autre part, que d'impasses. Et pourtant, ma Joie, Jésus est ressuscité! Alléluia! Il est VRAIMENT ressuscité! Oui! Et il est même essentiel pour notre foi vivante et fondamentalement actuel, vital afin que nous puissions poursuivre avec un réel progrès vers notre destination, qu'Il le soit effectivement. Paul, Pierre Teilhard de Chardin et d'autres qui ont su VOIR, ont saisi l'importance absolument constitutive pour notre foi et pour notre goût d'aller de l'avant, de la réalité de la Résurrection. Progressisme, un mot galvaudé sous la plume des négationnistes de la Résurrection qui, aveugles, se fourvoient en prétendant éclairer raisonnablement les consciences, alors qu'en fait, ils les embrument. Il n'existe foncièrement nul motif au sens d'un authentique progrès, d'un réel progressisme, pour réduire la Résurrection à un mythe; au contraire et j'en suis profondément convaincu - pardon, convaincue, qu'afin d'éviter stagnations et écueils, nous devons nous laisser traverser par la Lumière incréée qui rend diaphane l'étoffe de l'Univers et illuminer par la Résurrection du Christ Jésus.
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Écrit par : Pierronne la Bretonne / | 25/07/2016

LA RÉUSSITE ?

> Pas d’accord, la question était précise :
Question : « Diriez-vous que la dimension spirituelle ou religieuse est importante ou pas importante pour réussir sa vie personnelle ».
Réponse : oui à 43% pour les chrétiens français, 71% pour les autres religions.
Si ces chiffres ne vous font pas tomber de votre chaise ! La réussite matérielle est donc plus importante que préserver son âme, ce qui est exactement l’inverse du message du Christ.
Je n’étais pas convaincu, mais je suis forcé de l’admettre : il y aurait 57% d’athées pieux parmi les jeunes (c’est probablement pire dans les générations 68 et post 68). Triste constat.
Et cela consolide mon opinion que c’est notamment du à un énorme problème dans la catéchèse depuis une cinquantaine d’année.
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Écrit par : JClaude / | 25/07/2016

> c'est déjà ça il n'a pas écrit "im-miction" !
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Écrit par : E Levavasseur / | 25/07/2016

LE SONDAGE

> "Notre époque est la première à vouloir bâtir une société sans religion". Ah bon ? nous vivons dans l'URSS des années 1920 ? J'avais pas remarqué.
Sur le sondage de 'La Croix', il est très riche en enseignements, mais il faut aller chercher le pdf des données complètes, qui ne sont pas reprises dans l'article (c'est un article, pas une thèse). Les croyants qui se disent pratiquants, toutes religions confondues considèrent au contraire que la vie spirituelle est importante à 80%. Le groupe des "pratiquants" est réparti comme suit : deux tiers de catholiques, 20 % de musulmans, 10 % de protestants, les petits bouts restants juifs et bouddhistes.
Par ailleurs, les "croyants non pratiquants" ont l'air de n'exister que chez les cathos : dans ce groupe, 86 % sont catholiques...
Autrement, il confirme le sondage de l'an dernier qui indiquait déjà un regain d'intérêt pour la religion de la part des jeunes.
Autre élément bizarre, que je viens de découvrir : il semble y avoir une corrélation entre l'absence de religion et la difficulté d'insertion sur le marché du travail. Les personnes en recherche d'emploi sont le groupe où les gens se déclarent le plus "sans religion", avec un chiffre beaucoup plus élevé que partout ailleurs... Est-ce que le chômage ferait renoncer à la religion ? Ou est-ce que être sans religion rendrait plus difficile l'accès à l'emploi ? Ou encore, y a-t-il un facteur tiers inconnu ?
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Écrit par : Edel / | 25/07/2016

PREUVE

> faut sortir le soir.
J'aime bien la preuve à l'appui ("très riche en enseignement"-sic) qui ressemble à une analyse faite par Nadine Morano.
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Écrit par : E Levavasseur / | 26/07/2016

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