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16/05/2016

Constats d'un ex-banquier central

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...sur la tyrannie des marchés :


 

''Les mouvements de capitaux font la loi'', déplore à son tour Jacques de Larosière, ex-directeur général du FMI et ex-gouverneur de la banque de France (Le Monde de ce week-end). Cet entretien montre que le fameux étatisme n'est pas la cause déterminante – en dernière instance – de l'impasse économique actuelle. Cela peut-il ouvrir les yeux du public intoxiqué par les ultra-libéraux ?  Extraits :

 

Question rituelle de la journaliste sur les ''menaces'' qui pèseraient sur l'indépendance de la BCE*... Réponse de Jacques de Larosière :

'' Aujourd'hui la BCE est indépendante du pouvoir politique, comme toutes les grandes banques centrales. Mais ces institutions ne sont-elles pas tombées dans une autre forme de dépendance, cette fois aux marchés financiers ? Lorsque l'on constate l'énorme pression exercée par ces derniers en faveur de telle ou telle décision monétaire, on peut légitimement se poser la question. Cela confirme que les mouvements de capitaux font la loi aujourd'hui. ''

 

Réponse à une question sur la dette :

''Toutes les crises financières sont le résultat d'une bulle d'endettement, qui finit par éclater avec fracas. C'est, là aussi, l'un des effets secondaires du 'non-système' monétaire où nous sommes depuis 1973** : il encourage la dette ! Auparavant les Etats étaient contraints de limiter leur endettement pour être en mesure de maintenir un taux de change stable. Mais ce garde-fou a disparu...''

 

Réponse à une question sur l'inflation faible :

''Une partie de cette modération n'a rien à voir avec l'action des banques centrales. Elle est le résultat d'un phénomène concomitant, à savoir la globalisation des échanges. L'ouverture des frontières des pays émergents à bas salaires et la pression à la concurrence qui l'a accompagnée ont provoqué une modération des revenus salariaux – et donc de l'inflation – dans les pays industrialisés tels que les Etats-Unis, l'Europe*** et le Japon...''

 

_______________

* et de la Réserve fédérale américaine.

** 1973 : adoption des taux de change flottants, après la décision US (1971) de supprimer la convertibilité-or du dollar.

*** Appeler l'Europe ''un pays'' montre une persistance du vocabulaire technocrate.

 

 

NDPP - Prônés par le gourou ultra-libéral Milton Friedman ("la monnaie est une marchandise comme une autre"), les changes flottants ont favorisé les attaques contre les monnaies, l'empire de la spéculation et l'instabilité financière endogène du néocapitalisme : donc ses crises systémiques de plus en plus graves... Dès 1999, Maurice Allais soulignait que les changes flottants instauraient le désordre généralisé, aggravaient les risques de chaque opération internationale, et ne pouvaient qu'entraîner "une crise mondiale de type 1929". Ce constat s'était heurté à l'indifférence de la presse parisienne - sauf le commentaire dédaigneux d'un chroniqueur ultra-libéral du Monde. La suite a montré lequel des deux se trompait.

                                                                                                          

 

Commentaires

17 ANS DE RETARD

> C'est bien, mais J. de Larosière aurait pu le dire avant, et surtout tirer les conséquences des analyses de M. Allais de 1999 comme vous le rappelez. 17 années de retard ! pas brillant.
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Écrit par : BCM / | 16/05/2016

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