« Pentecôte, nouvelle évangélisation et mission intellectuelle du catholicisme | Page d'accueil | Pentecôte : un peuple chrétien planétaire. L’unité dans la diversité... »
11.05.2008
OGM : un avis scientifique ? Non : une pression du lobby biotech sur la classe politique
Bruxelles a-t-elle définitivement abdiqué entre les mains du big business ?
Les médias :
<< La Commission européenne, divisée sur les OGM, a encore refusé de trancher mercredi sur l'autorisation de cultiver une pomme de terre et des variétés de maïs génétiquement modifiées. La Commission réclame un nouvel avis de l'Autorité européenne de sécurité des aliments. Le porte-parole de la Commission, Johannes Laitenberger, a justifié ce nouveau report par l'absence de consensus entre commissaires sur ce dossier sensible, qui oppose défenseurs de l'environnement aux intérêts industriels et commerciaux. "Des doutes ont été émis et il a été décidé de demander davantage d'éclaircissements", a-t-il simplement précisé.
"Si les évidences scientifiques confirment que le produit est sûr, alors il sera autorisé", a-t-il affirmé.
Ce nouveau délai a consterné les défenseurs de l'environnement, qui avaient cru que les homologations seraient rejetées comme le préconisait le commissaire à l'Environnement, Stavros Dimas.
Les OGM en attente d'homologation européenne sont la pomme de terre Amflora de l'allemand BASF, dotée de gènes résistants aux antibiotiques, et plusieurs variétés de maïs résistantes aux pesticides: le Bt11 du suisse Syngenta, le 1507 de l'américain Pioneer-Dow et plusieurs hybrides de l'américain Monsanto. La Commission européenne, qui n'a plus délivré d'autorisation pour des cultures d'OGM dans l'UE depuis 1998, est sous pression depuis plusieurs mois sur ce dossier. Face aux écologistes, BASF a mené une campagne de lobbying à la mesure des enjeux économiques. Les gains pour le groupe sont en effet estimés à 100 millions d'euros par an si l'Amflora est autorisée.
C'est l'incapacité des ministres des pays membres à trancher qui contraint la Commission européenne à statuer. Or, son président, le Portugais José Manuel Barroso, veut éviter les polémiques alors qu'il est pressenti pour un second mandat à la tête de l'exécutif européen à partir de 2009.
Mais la décision de demander un nouvel avis à la très critiquée Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) est loin d'apaiser le débat. L'EFSA a déjà été consultée à deux reprises sur ces OGM, et à chaque fois, elle les a déclarés sans risques. "L'EFSA, consultée à 16 reprises sur des OGM depuis 2005, n'a jamais rendu d'avis négatif. Tout ce qui lui a été présenté a été accepté", a ainsi reconnu M. Laitenberger.
"La Commission doit cesser de se cacher derrière l'EFSA et de fuir ses responsabilités. Le renvoi de sa décision est une farce et l'affaiblit", a jugé mercredi l'eurodéputée allemande Hiltrud Breyer.
Au-delà des cas actuellement en suspens, c'est tout le processus d'homologation des OGM dans l'UE qui est contesté par plusieurs Etats membres. Certains comme la France reprochent à l'EFSA de fonder ses avis sur des données fournies par les industriels eux-mêmes. "On ne peut pas laisser l'expertise au producteur", s'est ainsi insurgé en mars le ministre français de l'Environnement, Jean-Louis Borloo. Il veut une profonde réforme du processus pour, dit-il, "compliquer les procédures de mises sur le marché". Mais l'exécutif européen refuse pour l'instant de reprendre à son compte de telles critiques. >>
m
Commentaire - Le plus significatif est « l’incapacité » (alléguée) des ministres à trancher ! On devine derrière (grondant sourdement) la classe politique de droite, qui cousine avec l’industrie biotech – et qui n’hésite pas à mordre pour empêcher les lois de prudence, comme on l’a vu récemment en France.
C’est cette menace qui rend les gouvernements « incapables » de prendre la seule décision rationnelle : ordonner les expertises indépendantes… qui n’ont pas été faites, ainsi que le reconnaît Borloo. Ni dans le cas de ces OGM-là, ni dans le cas des autres !
Les porte-paroles de l’industrie biotech nous expliquaient que la sécurité n’était pas leur problème puisque c’était « celui de l’Etat » (sic).
Les libéraux nous expliquent que l’Etat ne doit pas se mêler de l’économie.
Faites le compte : vous voyez pourquoi Bruxelles et toutes les capitales d’Europe se jugent vaincues d’avance par Monsanto & Cie. Nous sommes dans la postdémocratie, comme disait Zinoviev.
m
00:19 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : écologie, ogm, transgénique


Commentaires
ET PENDANT CE TEMPS-LÀ
> Et pendant ce temps-là de gros bateaux débarquent dans le port de Brest de pleines cargaisons de maïs OGM en provenance d'Amérique du Nord pour nourrir le bétail français (je précise que je ne suis pas trotskyste).
En fait, il faut faire de l'affichage médiatique = Grenelle de l'Environnement pour rassurer l'électeur et, pour le reste, c'est tout pour le business.
Ecrit par : olivier le Pivain | 11.05.2008
HAUT LES FOURCHES
> On se paie notre tête avec ces histoires d'OGM soi-disant pour nourrir les masses affamées du Sud. En fait c'est simple : l'industrie biotechnologique veut mettre sous son contrôle toute la ressource alimentaire de la planète. Sous prétexte humanitaire éventuellement.
Ah les tordus ! Et nos élus qui nous votent une loi pénale spéciale pour défendre (contre nous) les pauvres multilliardaires accapareurs de la bouffe mondiale !
Haut les fourches ! Ce sera bientôt l'heure de rebrûler des châteaux.
Ecrit par : Jacques B. | 11.05.2008
SANS ALLER JUSQUE LÀ
> Sans aller jusqu'à l'incendie de châteaux (au prix du pétrole ça serait coûteux), impliquer nommément cette industrie pilotée par une super-élite me semblerait équitable. Parce quand même, y a de l'abus. Euphémisme.
Ecrit par : Froido | 11.05.2008
EN PRIORITE
> Les OGM vont en priorité :
- au maïs d'alimentation du bétail pour les consommateurs des pays riches
- à l'éthanol des pseudo-biocarburants (au détriment des cultures vivrières)
- au coton (et là ça dysfonctionne à plein et ça mène les Indiens au suicide).
Qu'il se lève l'enfoiré qui va défendre ça au nom de ses petits investissements, et je lui latte la g...
Nedludd
[ De PP à N. - Range ton épée, Pierre. ]
Ecrit par : Nedludd | 11.05.2008
POUR LE MOMENT
> Heureusement que l'opinion publique empêche -pour le moment encore -le basculement vers l'adoption de lois qui serviraient les intérêts économiques et industriels particuliers plutôt que les intérêt de la personne humaine.
Ecrit par : Gégé | 11.05.2008
Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.