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07.02.2008

Le foetus est un être humain - Revirement historique de la Cour de cassation

Une décision retentissante qui ouvre des perspectives :


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L'info choc :

<<  Un foetus né sans vie peut être déclaré à l'état-civil, quel que soit son niveau de développement, a jugé mercredi la Cour de cassation dans trois arrêts concernant trois familles. Les parents de trois enfants morts-nés entre 1996 et 2001 avaient porté l'affaire en justice après s'être vus refuser la possibilité d'enregistrer leur enfant à l'état-civil.   >>

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Les faits :

<<  Depuis plusieurs années, des associations demandent que soit comblé le vide juridique pour les foetus de 16 à 22 semaines nés sans vie après une mort in utero ou une interruption médicale de grossesse.  En obtenant le droit d'inscrire leur enfant sur les registres de l'état-civil, les parents vont pouvoir lui donner un nom,  organiser ses obsèques et faire leur deuil.

Actuellement, dans la plupart des hôpitaux, les foetus de moins de 22 semaines sont encore incinérés avec les déchets du bloc opératoire. Jusqu'à présent, les enfants dont un médecin pouvait attester qu'ils avaient vécu au moins quelques instants se voyaient dresser un acte de naissance, ainsi qu'un acte de décès.  Les autres ne pouvaient bénéficier, depuis 1993, que d'une "déclaration d'enfant sans vie" et ce seulement s'ils répondaient à la définition d'enfant viable donnée en 1977 par l'Organisation mondiale de la Santé, soit un poids de plus de 500 grammes ou une grossesse de plus de 22 semaines. Or les trois foetus concernés avaient entre 18 et 21 semaines et pesaient entre 155 et 400 grammes.  Le TGI et la cour d'appel avaient donc débouté les familles.  Mercredi, la Cour de cassation a jugé que l'article 79-1 du code civil "ne subordonne pas l'établissement d'un acte d'enfant sans vie ni au poids du foetus, ni à la durée de la grossesse".  >>

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Le commentaire  n° 1  des médias : 

<<  Par une telle décision, la Cour de cassation décide de bousculer le législateur  pour qu'il fasse "oeuvre d'harmonisation". >>

 

[ Mon propre commentaire – Depuis la loi Veil, une pensée-zéro régnait à ce sujet. Le législateur et les tribunaux évitaient tacitement de poser le problème de la personnalité du fœtus. La jurisprudence de la Cour de cassation était d’ailleurs allée loin dans ce sens, notamment lors de l’arrêt Perruche. On assiste donc aujourd’hui à un revirement. Faut-il y voir une prise de conscience des juges, ou seulement un effet de la  justice "aide psychologique au deuil", notion qui progresse partout en Occident ? En tout cas une bombe dialectique vient d'exploser. La pensée-zéro est disloquée. C'est une situation intenable qui aura des conséquences. ]

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Le commentaire n° 2 des médias, terrifiant :  

<<  Réconfortants pour les familles, ces arrêts "risquent de provoquer une grande anarchie", souligne une source judiciaire. On peut en effet imaginer que des mères qui décident d'interrompre volontairement leur grossesse profitent de la nouvelle donne pour déclarer leur enfant et ainsi bénéficier des avantages sociaux qui y sont liés. >>

 

[ Mon propre commentaire – De deux choses l’une : ou bien cette perspective terrifiante est exacte, et l’état d’esprit de la citoyenne-consommatrice de 2008 est devenu un problème. Ou bien cette perspective n'est qu'un réflexe mental de juges ou de journalistes : auquel cas c’est eux qui constituent le problème. ]

 

 

Commentaires

CONSCIENCE

> est-ce que cela pourrait permettre de prendre conscience que l'interruption médicale de grossesse se pratique sur quelque "chose" qui a un statut juridique à l'état-civil? Je prends le cas des trisomiques, par exemple... Savez-vous ce qu'il en sera?

Ecrit par : le chafouin | 07.02.2008

AVANTAGES ?

> Après la très bonne idée du Moratoire sur l'avortement et l'excellent film (pro-vie) Juno, encore une bonne nouvelle.
Je reste cependant dubitatif sur l'exsistence ''d'avantages sociaux'' liés à un enfant né sans vie.

Ecrit par : Louis | 07.02.2008

DANS LA TÊTE

> Citée dans "le Parisien", la vice-présidente de l'association des centres d'interruption de grossesse et de contraception (ANCIC) "s'énerve" : "c'est nier l'histoire de la grossesse qui se construit dans le temps (...) Les femmes ne peuvent pas vivre avec de tels cimetières dans la tête!".

Tout le problème de l'avortement me semble résumé par cette dame: ce crime effroyable fait effectivement vivre les femmes concernées avec un cimetière dans la tête.

Considérer que la qualification administrative de leur enfant puisse changer quoi que ce soit à la perception de leur acte est un grave manque de respect à leur égard.

Ecrit par : Arnaud de Latrollière | 07.02.2008

ASSOURDISSANT

> Le commentaire n° 2 des médias traduit, me semble-t-il, leur grande crainte qu'un tel arrêt, rendu dans un contexte d'aide psychologique au deuil, vienne remettre en cause le silence assourdissant entourant la réalité de ce qu'est un avortement en reconnaissant juridiquement que le foetus est un être humain, un des nôtres...

Ecrit par : Michel de Guibert | 07.02.2008

LA SUITE

> Bonne nouvelle, très bonne nouvelle, mais attendons la suite car le médiateur de la République vient de demander au gouvernement de saisir le parlement pour légiférer afin de mettre la loi en conformité avec la circulaire de l'OMS qui évoque comme critères: fœtus d'au moins 22 semaines, viable et de 500gr au moins. Prenez chacun des termes (si j'ose dire) et devinez la bataille des "experts". On devine déjà la lutte pour contrecarrer cette décision de la Cour de cassation qui en fait ne veut que mettre le Législateur devant ses responsabilités.
De plus n’oublions pas une autre décision antérieure de cette même Cour qui a refusé il y a quelques années de considérer la mort d’un fœtus lors de l’accident de sa mère comme un homicide. Ce matin sur les ondes d’une station de radio à vocation intellectuelle, un éditorialiste rappelait qu’un fœtus de ce fait n’était pas considéré comme une personne.
Comme les commentaires précédents l’ont souligné, les associations « pro-choix » commencent déjà leur lobbying.
Ceci étant leurs arguments de dire que la grossesse est « une histoire » et que les femmes ne doivent pas vivre avec un cimetière dans leur tête sont des aberrations car il s’agit de justement permettre le deuil, ce qui est le contraire de leur affirmation du cimetière dans la tête. Et dire que la grossesse est une histoire ne dit rien car l’être humain vivant dans le temps l’histoire n’est que celle du vécu dans le temps. Or celui-ci, comme nous le dit saint Augustin (Confessions XI), est une extension de l’âme, chacun vit donc son propre temps et certaines femmes « habitent » leur grossesse dès le tout début, personne n’a le droit de les en priver. Ceci étant, comme toujours en la matière, l’homme est le grand oublié. Tous les hommes ne sont pas que des géniteurs et l’amour qu’ils portent à leur femme doit être pris en compte et, en principe, une grossesse est une « histoire » à trois, il est important de considérer cet élément qui semble ne plus aller de soi. Bien sûr l'importance de la femme, la mère, est primordiale, mais si on accepte l'amour comme un don, tout ce qui vient détruire ce don demande un travail de réparation qui passe par la reconnaissance de la mort d'une personne (tout dans le fœtus lui permet d'être et de devenir une personne) pour aboutir au deuil qui n'est autre que la poursuite de la vie, avec certes une blessure indélébile, mais avec un apaisement qui peut devenir sérénité dans le souvenir., tout le contraire d’une mort occultée qui n’en fini pas d’étouffer. Une promesse de vie ne s’oublie jamais, n’en déplaise à certains.
Autrement dit la vigilance et la présence s’imposent.

Ecrit par : Albert E | 07.02.2008

La France n’est pas le monde entier.

> Je me pose donc une question. Comment les administrations des autres pays, celles des Etats-Unis, du Royaume Uni, de l’Espagne, de l’Italie, du Portugal, de l’Irlande, de l’Australie par exemple, se représentent-elles le fœtus de 16 à 22 semaines ? Se refusent-elles, comme le faisait jusqu’à présent l’administration française, à considérer qu’il est un petit d’homme, un être humain ? Ou bien tiennent-elles compte des données élémentaires de la science et l’intégrent-elles parmi les êtres humains ?

Il est possible d’ailleurs que les administrations des divers pays aient des points de vue distincts les uns des autres ; depuis longtemps, la science et l’administration évoluent sur des planètes différentes.

Ecrit par : Sophrone | 07.02.2008

Réaction du planning familial :

> "La secrétaire générale du Mouvement français pour le planning familial, Maïté Albagly, s'est déclarée "scandalisée" par la décision de la Cour de cassation, jugeant qu'il s'agit d'une "usine à gaz".
Interrogée par l'AFP, Maïté Albagly dit être "scandalisée". "On respecte les familles, mais là (avec cette décision, ndlr), on ouvre une brèche", dit-elle, "on va finir par déclarer un embryon dès la conception, on monte quelque chose qui à la longue peut mettre en cause l'avortement".
"On dérape dans une folie", dit-elle. Cet arrêt donnant des droits sociaux comme le congé de maternité, elle interroge : "Pourquoi pas le congé aux pères, et pourquoi une femme qui avorte n'aurait-elle pas droit au congé maternité?", qui est "tout-de-même créé à l'origine pour s'occuper d'un enfant", rappelle-t-elle.
"Tout cela est lié à des forces qui luttent pour revenir en arrière dans l'acquis des droits des femmes", conclut-elle."
Une telle réaction me répugne. Elle préfère ignorer le calvaire de parents, et j'en connais, qui ont dû laisser leur enfant après plusieurs mois de grossesse, partir avec les autres déchets hospitaliers, mais surtout ne pas risquer qu'il puisse y avoir une interaction quelconque avec l'avortement festif qu'elle promeut dans le métro.
Heureusement que je sais que le Christ a pu entrer lui aussi dans de saintes colères. On ne m'en voudra pas. Même en ce début de Carême.

Ecrit par : koz | 07.02.2008

SE REJOUIR

> il y a de quoi se rejouir,
enfin une très très bonne nouvelle...
sera-ce de courte durée?
restons dans l''espérance, et croyons en la conversion;
"convertissez-vous, et croyez en la bonne nouvelle", nous a t-on dit hier, en ce mercredi des cendres...
...vous savez le jour du lancement du carême que vous vécu et avez entendu sur toutes les chaines de radios et de télés, comme pour le ramadan?.....euh, j'écris une anerie?

Ecrit par : jean christian | 07.02.2008

MILITANTISMES

> Les militantismes pro-avortement, pro-euthanasie et autres fonctionnent sur un soi-disant unanimisme émotionnel et idéologique (pour eux, il n'y a que les fascistes et les intégristes pour penser le contraire). Du coup, les événements comme la décision de la cour de cassation, ou encore le témoignage du kiné de Vincent Humbert, menacent immédiatement tout leur système de pensée et de pression médiatique. C'est le colosse aux pieds d'argile.

Ecrit par : B.H. | 07.02.2008

CYNISME

> Le commentaire N°2 traduit quand même un très grand cynisme et un grand mépris de l'humain. On voit d'abord l'argent, on ne fait pas confiance et on se moque de la femme qui vient de perdre un enfant et de la mort de cet enfant.
Un responsable des allocations familiales m'avait dit il y a un peu plus de dix ans que la fraude aux allocations s'élevait à 40 milliards. La fraude à la branche maladie était environ trois fois plus importante. Cette fraude n'est pas seulement le résultat d'un manque de civisme (ils n'y pas que des allocatires qui trichent, des prestataires trichent aussi) mais aussi d'un très grand laiser aller ; non pas des organismes sociaux dépourvus de moyens en la matière, mais du gouvernement, qui préfère culpabiliser les malades ou les femmes avortées en les faisant passer pour des profiteurs plutôt que d'organiser une gestion saine et transparente.
Il donne ensuite des leçons de gestion.

Ecrit par : Qwyzyx | 08.02.2008

VALEURS DE MORT

> Mes amis, les valeurs de vie ne progressent pas, c'est l'absurdité des valeurs de mort qui pose problème dans la pratique concrète.
Un foetus de 22 semaines et 499 grammes était une pièce anatomique
Un foetus de 22 semaines et 501 grammes était un enfant mort-né
Et il fallait que le personnel soignant aille expliquer ça à une mère éplorée. Absurde, inhumain, térébrant de bêtise. A l'image du Camp de Concentration qu'est entrain de devenir le monde, grâce à l'idéologie du IVème Reich Progressiste.

Ecrit par : LBDD | 08.02.2008

Un ouvrage pouvant intéresser le débat :

> Une étude sociologique a été menée par Anne Paillet au sein d'un service de réanimation néonatale.

Elle révèle les "différends moraux" qui animent les équipes soignantes face à un diagnostic lourd comme un état de mort apparente.

Une approche divergente est sensible entre les médecins attachés à ne "pas arrêter à tort" et les infirmières qui préfèrent que "ça casse" plutôt que d'offrir un handicap massif en guise d'existence. Une autre divergence porte sur la révélation du diagnostic. Les infirmiers sont plus tentés d'impliquer les parents quand les médecins entretiennent le "devoir de mensonge" pour les tenir à l'écart et préserver le père et la mère de toute culpabilité (1).

Cette étude montre aussi que la réanimation néonatale a la particularité d'avoir épargné les médecins qui y exercent de la remise en cause de leur pouvoir.

Sauver la vie, donner la mort.
Une sociologie de l'éthique en réanimation néonatale.
Anne Paillet
Editions La Dispute.

Ecrit par : Qwyzyx | 08.02.2008

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